Epilogue

par Kippert-san

                Kanon salua ses camarades de classe et s’en alla de son côté, ses écouteurs dans les oreilles, un morceau de visual kei à fond. Il marchait vers le bureau de son cousin Miyavi, comme tous les soirs. Il arriva rapidement  à l’immeuble et monta les étages pour atteindre les bureaux du AZN Pride. Il vit Reita, occupé à textoter à son amant, accoudé à la machine à café. En voyant le petit brun, il lui adressa un sourire radieux.

« Yo, ça va, demanda le blond.

-Oui, très bien ! Et toi ?

-Impec, comme toujours, rit-il.

-Et…Ruki ?

-…Ca va mieux, il commence à s’en remettre. La chanson lui permet d’extérioriser ce qu’il a vécu comme traumatisme. C’est…une sorte de cure efficace.

-Bon, tant mieux, dit Kanon, en approuvant d’un signe de tête. Je vais voir Miyavi. »

                Reita approuva d’un signe de tête et but une gorgée de café. Le lycéen passa devant le bureau vide de Ryoga. Il soupira et s’approcha de celui de son cousin. Il entra et il rougit : l’excentrique était avec Kai dans une drôle de posture ! Le jeune homme s’excusa et sortit précipitamment.  Quelques minutes, Miyavi sortit torse nu comme si c’était la chose la plus normale au monde. Kai le suivit, réajustant sa chemise, le rouge aux joues. Les deux s’amants s’enlacèrent.  Depuis l’incident de la DollHouse, le petit brun avait cédé aux avances de l’excentrique et ils filaient le parfait amour, et même un peu trop car ils ne se gênaient pas pour se câliner un peu n’importe où. L e plus grand sortit une cigarette et se mit à fumer.

« Alors Kanon, ça va ?

-Oui, mais vous n’avez pas honte, dans ton bureau, dit le plus jeune choqué, tu n’avais même pas fermé la porte !

-Il faut toujours frapper avant d’entrer, répliqua Miyavi.

-Pfff, soupira Kanon. Enfin, des nouvelles de Shin ?

-Si il continue à faire preuve de bonne conduite, il sera libéré bientôt. On va le voir avec Kai. Tu veux venir ? »

                Le petit brun acquiesça d’un signe de tête. Sur le trajet pour la prison, il se remémora le soir à la DollHouse. Après avoir abattu de sang froid Mana, Shin fut arrêté par la police prévenue par Reita. Il fut jugé et condamné pour homicide même si c’était pour un cas de légitime défense. Ruki fut amené à temps à l’hôpital. Malheureusement, suite à ce traumatisme, il perdit l’usage de sa voix pendant quelques semaines. Et RyogaKanon retint ses larmes.

                Ils arrivèrent devant la prison. Ils rentrèrent en silence et entrèrent dans la salle des visites. Quelques instants plus tard, deux gardiens amenèrent un Shin menotté. Malgré sa réduction au statut de prisonnier,  il gardait son air fier. Il s’assit à la table mise à disposition face à ses amis et leur sourit. Chaque semaine, Miyavi venait le voir, accompagné ou non. Après un silence assez pesant, Shin le brisa et entamant la discussion. Ils parlèrent de tout et de rien.

« Enfin, j’espère qu’ils vont bientôt me lâcher, je m’ennuie, dit Shin en s’appuyant sur ses mains.

-Oui, ne t’en fais pas, dit Kanon avec un sourire.

-En tout cas, merci de venir me voir !

-C’est rien mon Shin Chou, dit Miyavi en chantant.

-Arrête les surnoms débiles, soupira le jeune prisonnier. Et sinon…hésita-t-il, des nouvelles de Ryoga ?

-Non, toujours rien, répondit l’excentrique l’air grave.

-Est-ce qu’il est…

-Non enfin, on ne sait pas.

-Je vois, dit Shin. »

                Aucun n’osa briser le silence, suivant ce sujet tabou.

Après l’incident de la DollHouse, Ryoga sombra dans une violente dépression. Il ne supportait pas la perte de Reno. Il ne mangeait plus, il ne dormait plus. Il fut enfermé à l’hôpital sous haute surveillance. Il avait essayé de mettre fin à ses jours plusieurs fois. Le jeune journaliste n’était plus que l’ombre de lui-même, il était comme une poupée, lui aussi, sans âme. Kanon, Miyavi et même Reita essayèrent de lui redonner le moral mais sans succès. Jusqu’au jour où, le lycéen vint le voir et le trouva l’air en forme et radieux, assis dans son lit d’hôpital. Certes, il avait perdu du poids mais, il semblait avoir retrouvé la joie de vivre.  Les médecins l’autorisèrent donc à quitter l’hôpital. Pour fêter ça, Miyavi organisa un petite fête chez lui. (Mais avant ils étaient passés voir Shin pour le mettre au courant de la sortie du jeune journaliste) La soirée fut joyeuse : Ruki était souriant, malgré le fait qu’il soit encore muet, Reita n’arrêtait pas de faire des blagues, Kanon riait beaucoup, Kai et Miyavi n’arrêtaient de se câliner et de s’embrasser, se faisant doucement charrier. Quant à Ryogâ, il était redevenu le jeune homme souriant et séduisant qu’il était. La soirée fut mouvementée et alcoolisée, donc tout le monde dormit chez l’excentrique. Le lendemain matin, Ruki pleurait et tentait de réveiller tout le monde, il n’arrivait toujours pas à parler et ne pouvait pas dire ce qu’il avait, ce qui inquiétait Reita. Ils se réveillèrent tous et rapidement ils comprirent ce qui se passait : Ryogâ était parti. Ils se rendirent donc précipitamment chez lui et ils trouvèrent la clef laissée dans la serrure. Ils rentrèrent, l’appartement était vide. Kanon trouva un mot laissé sur la table de la cuisine.

« Je suis désolé…

Je devais partir.

Merci à tous d’avoir été là tout au long de cette aventure

Et merci pour cette dernière soirée avec vous.

Je ne vous oublierais pas, je vous aime.

Ryogâ

PS : Miyavi tu es trop chou avec Kai.

Kanon, ne t’arrêtes pas de sourire. »

Tous inquiets, ils se rendirent au commissariat et dans les hôpitaux pour savoir si ils n’avaient pas récupéré un jeune homme qui aurait fait une tentative de suicide mais, aucun signe de lui. Ils continuèrent d’enquêter ainsi, pendant des semaines mais rien. Ryogâ avait disparu. Personne ne savait si il était simplement parti ou, si il était allé rejoindre son cher et tendre Reno.

Kanon, à ces pensées, ferma les yeux pour retenir ses larmes. Il avait des sentiments pour Ryogâ, et son départ lui déchira le cœur. Sans son cousin, il serrait sans doute, lui aussi, tomber en dépression. Soudain, il sursauta en sentant la main de Shin posée sur la sienne.  Le lycéen releva la tête et vit le sourire radieux du jeune voleur.

« -Allez Kanon sourit, dit-il doucement. Je serais bientôt là. »

                Le lycéen sourit à son tour, en rougissant légèrement. Ce geste lui redonnait de l’espoir, rien n’était perdu et, qui sait, Ryogâ avait peut être retrouver le bonheur lui aussi en partant…