Chapitre treize

par Hon no Shojo

POV ???? (Hahaha, qui est-ce ?)

            Je n’en peux plus. Il va me rendre fou. J’ai tant envie de lui. Quand va-t-il enfin se décider ? Il me manque. Je ne supporte plus de le voir si loin de moi, il ne peut pas voir mes sentiments en étant à une telle distance. Je n’arrive plus à me battre. Je le veux tout entier, je veux qu’il vienne. Tu me l’as dit, que tu m’aimais. Que tu m’as toujours aimé. Tu me l’as dit cent fois. Alors pourquoi ai-je l’impression que tu ce n’est pas le cas ? Tu me fuis, pourquoi ? Je souffre tant. Je brûle de désir pour toi. Mon corps tout entier est embrasé par tes paroles. Je t’en prie… Viens à moi.

POV RyeoWook

            C’est la quatrième fois en trois jours que je fais une gaffe ! La dernière fois, j’ai arrosé LeeTeuk de sauce tomate en pensant que KyuHyun allait venir piquer dans mon plat ; la deuxième, je suis entré dans la salle de bain en pensant pouvoir prendre une bonne douche… à la place, je suis tombé sur HanKyung en train de se caresser – c’est très peu plaisant à voir, même si c’est lui ; la troisième fois, j’ai surpris KyuHyun et SungMin en pleins ébats alors que je venais juste leur demander de la colle – Kyu m’a d’ailleurs chassé à coups de peluches roses ; et la dernière, la meilleure, j’ai ébouillanté YeSung avec la casserole de raamen. Le pauvre a une marque rouge sur l depuis deux jours !

« RyeoWook ! M’appelle LeeTeuk.

- Oui, Hyung ?

- Tu as quelque chose de prévu, aujourd’hui ? On comptait faire deux ou trois achats et puis, il nous manque des pots de peinture, notre chambre, à Nounours et moi n’est pas finie ! »

            Ah, c’est vrai, mon pauvre Hyung KangIn s’est trouvé affublé du nouveau sobriquet de Nounours par LeeTeuk qui l’appelle ainsi depuis peu ; pas que ça me fasse rire, mais plutôt que ça me torture l’esprit et que je me contrôle assez bien pour ne pas me pisser dessus.

« Non, je n’ai rien prévu, répondis-je. D’habitude, pendant nos jours de repos, je cuisine ou je regarde la télé.

- Tu ne fais rien alors ? Chouette, tu vas pouvoir l’accompagner ! me lance KangIn en poussant LeeTeuk vers moi pour aller rejoindre YeSung et SiWon qui se font enseigner l’art des jeux vidéo by KyuHyun.

- Nounours ! s’exclame notre leader en courant vers lui. Tu ne vas pas m’abandonner ?

- Il fait froid dehors !

- Mais-euh, Nounours, s’il te plaît !

- C’est notre leader ? demande sérieusement YeSung en regardant LeeTeuk de façon indescriptible mais carrément tordante.

- Il lui ressemble mais je pense que ce doit être un usurpateur, se prend au jeu SiWon, hilare. Comme moi dans les SNL…

- Vous deux, vos gueules ! s’exclame LeeTeuk. Allez, s’il te plaît… »

            Il l’enlace pour l’embrasser et fait sensuellement rencontrer leurs bassins. KangIn se mord la lèvre, retenant un gémissement, et repousse gentiment le leader.

« Désolé, Choupi, mais ce matin, je ne veux pas sortir. Je suis crevé pour aller dehors mais très en forme pour te faire monter aux rideaux, qu’est-ce que tu en dis ? »

            Le visage de LeeTeuk s’éclaircit et tous deux vont s’enfermer dans leur chambre où des cris ne tardent pas à en sortir. KyuHyun regarde dans leur direction, blasé, tout en donnant une manette à SiWon.

« Ils sont pathétiques…

- HeeChul a complètement contaminé LeeTeuk, regardez notre bien-aimé leader descendre lentement mais sûrement dans les ténèbres obscures du plaisir sexuel et de la luxure, récite SiWon.

- En attendant, il a raison, il nous manque des pots, fait YeSung en reposant sa manette. Et ce n’est pas les deux animaux en rut qui vont aller en acheter. Bon, je suppose que c’est moi qui vais m’y coller. Une âme charitable pour m’accompagner ? »

            KyuHyun ne répond pas et secoue la télécommande qu’il a en main pour lui faire comprendre qu’il est occupé ; SiWon fait pareil, lui lançant un petit regard désolé.

« Vous auriez au moins pu me répondre. Bon, merci quand même, j’en attendais pas tant…

- Attends, Hyung ! Je viens avec toi ! »

            C’est moi qui viens de crier, m’étant levé. Je regarde YeSung d’un air que j’espère le plus déterminé possible… même si j’ai l’impression – et je doute d’être le seul – d’avoir deux tours de Pise en gélatine à la place des jambes. Mon Hyung m’observe longuement avant de lâcher pour mon plus grand plaisir :

« D’accord, Wookie. Habille-toi chaudement, il fait froid dehors. »

            Il fait tellement attention à moi, en ce moment, ça me fait littéralement fondre. Je ne pensais pas ça possible mais je l’aime de plus en plus à mesure du temps qui passe. J’aimerais tellement que ce soit réciproque…

            Nous partons tous les deux quelques minutes plus tard ; SungMin et KyuHyun me font des clins d’œil que j’essaie vainement de dissimuler à YeSung qui heureusement est occupé à parler avec SiWon. Mes deux hyungs me souhaitent silencieusement bonne chance tandis que SiWon se contente d’une petite tape sur le dos et d’un léger baiser à la commissure des lèvres, ce qui me fait rougir instantanément ; par chance, YeSung n’a rien vu, ou alors il a sûrement cru à un bisou sur la joue.

            Il fait plutôt froid dehors ; bon sang, j’ai le nez frigorifié ! Et il ne neige même pas ! Je ne sens plus mes doigts, j’aurais dû mettre des gants ! YeSung n’a pas l’air d’être touché par l’air glacial qui nous entoure, je crois même qu’il s’en fiche ; mon adonis est définitivement un extraterrestre mais alors, le plus beau que je n’ai jamais rencontré !

« Tu as froid ? me demande-t-il en se tournant vers moi.

- Un… Un peu.

- Hm. »

            Il sort sa main de sa poche et se colle au maximum contre moi, plongeant ses doigts dans la mienne. Je sens de la chaleur sur mon poignet, c’est si doux… Mon cœur va à cent à l’heure, je sais bien que c’est parce que je l’aime mais pourquoi j’arrive à sentir des pulsions dans ses veines ? YeSung, dis-moi à quoi tu penses !

« Tiens, Wook, tu as froid mais ta main est bouillante, remarque-t-il.

- Ah…, répondis-je en souriant, un peu gêné, c’est parce que tu me la réchauffes.

- Tes lèvres sont toutes gercées.

- J’ai dû oublier mon stick à la maison.

- Tu veux que je te les réchauffe aussi ? »

           Je m’arrête en plein milieu de la rue. Qu’a-t-il dit ? Et comment compte-t-il me les réchauffer ? Kim RyeoWook, calme-toi, tu ne sais plus ce que tu penses, arrête de te faire des films !

« Si je te les lèches, tu penses que ça va marcher ? »

            Je m’étouffe avec de l’air. Comment ça, me les lécher ? Oh là là, j’ai chaud tout à coup, toutes ces épaisseurs d’habits sont de trop, décidément ! Me les lécher… ce sera la première fois qu’il posera ses lèvres sur les miennes… une telle occasion ne se représentera pas. Mais il y a du monde, tout autour, non YeSung, tu ne peux pas faire ça ! Mes pensées sont trop désordonnées pour que je puisse sentir instantanément quelque chose de chaud et humide sur mes deux croissants de chair. C’est si doux, si chaud… je ferme les yeux durant quelques secondes, les rouvre : YeSung est en train de me lécher les lèvres, doucement, il passe sa langue dessus, les humidifie… j’ai l’impression que le temps s’est arrêté, mon cœur va exploser et dire qu’il ne m’embrasse même pas !

« RyeoWook, me souffle-t-il en deux passages.

- Hm… »

            Je n’ai plus l’esprit clair, je m’adonne complètement aux sensations nouvelles qu’il me procure. Sa langue pénètre très doucement la barrière de mes lèvres et se heurte à mes dents. Immédiatement, j’ouvre la bouche et sort ma langue de son antre pour aller cajoler la sienne. Ce trop-plein de frissons va finir par avoir raison de moi. Je tremble, je vais m’effondrer, YeSung me retient contre le mur. Un mur ? Au diable les convictions et les péchés, SiWon peut aller se faire voir avec sa Bible, je m’en fiche, YeSung me lèche les lèvres et sa langue joue avec la mienne, qu’est-ce que j’ai besoin de plus ? Il se sépare de moi et murmure dans un petit rire :

« Apparemment, ta langue est moins engourdie que tes lèvres… »

            J’ai le regard embué par la précédente vague de plaisir et ne saisis pas très bien ce qu’il se passe.

« Ouah ! »

            Je me plaque moi-même le dos contre le mur, horrifié. J’ai embrassé YeSung… YeSung… YeSung… J’ai embrassé… l’homme que j’aime ! Quoi ?!!? Mon Hyung rigole encore, qu’est-ce que ça veut dire ?

« J’ai été un peu pris de cours, fait-il en s’essuyant les lèvres. Mais au moins, tu n’as plus les lèvres gercées, c’est déjà ça.

- Pardon…

- Pardon de quoi ?

- De t’avoir embrassé. Avec la langue, en plus.

- Ne t’excuse pas, Wookie ! Ce n’est pas comme si c’était la première fois qu’on s’embrassait. Et puis… c’était plutôt agréable, tes lèvres sont si douces… Je ne pense pas en avoir goûté d’aussi bonnes, je recommencerais bien, tiens ! »

            Et sans attendre, il plaque à nouveau ses lèvres contre les miennes, me faisant chavirer. YeSung me fait tellement de bien rien qu’en m’embrassant ; il bouge doucement sa bouche sur la mienne, par réflexe, je l’ouvre lentement et viens caresser la sienne de ma langue. Aussitôt, il entrouvre les lèvres et me laisse câliner son petit muscle rose. Je ferme les yeux, savourant pleinement ce baiser si doux, si chaud, si plein de sens à mes yeux. J’ai le cœur qui va exploser et les joues en feu. Ça fait si longtemps que j’espère ça de sa part ! Je passe mes bras dans son dos et le colle un peu plus à moi ; il me prend les hanches et les caresse doucement. Je gémis à travers notre baiser et mon boxer accueille, contre mon gré, un début d’érection dont je suis assez gêné car YeSung peut la sentir à tout moment. Nous finissons par nous séparer, à bout de souffle. Je n’ose pas regarder YeSung, est-ce que ça veut dire qu’on est ensemble, maintenant ?

« On devrait y aller, me dit-il. Teukie va péter un câble, sinon…

- Vu que KangIn Hyung le retient sous les draps, je vois mal comment il pourrait nous en vouloir, répliquai-je en riant.

- Hm, c’est vrai. »

            Je rigole encore : YeSung a beau être lucide par moments, il reste toujours aussi naïf et innocent ! Je l’aime tellement, mon Dieu, faites que jamais on ne me l’enlève !

« Au fait, Wook… on pourra recommencer, après ?

- A quoi ?

- A… s’embrasser. »

            Il n’en faut pas plus pour que je rougisse comme mon nez déjà cerise. Je pourrai encore… l’embrasser ? Sentir ses lèvres sur les miennes, son souffle chaud se mêler au mien ? SiWon, si tu es allé prier pour moi ce matin, je te baiserais les pieds jusqu’à en être asphyxié par leur odeur !

« Autant que tu voudras, murmurai-je en baissant la tête, les joues brûlantes.

- J’aime beaucoup tes lèvres, Wookie. Quand tu m’embrasses, je suis plus calme, détendu, je suis heureux. Tu veux bien être ma source de bonheur ? »

            YeSung n’a pas encore compris mes sentiments à son égard ; ce baiser était peut-être trop prématuré pour qu’il puisse en comprendre le sens. Ce n’est pas grave. C’est déjà un grand pas. Pour moi, Kim RyeoWook et pour toi, Kim JongWoon, c’est le début de notre amour. Je ferai tout pour qu’on soit enfin heureux tous les deux. Et je te les ferai dire, ces trois petits mots que j’ai tant envie d’entendre. Ces trois petits mots qui feraient fondre la glace prononcés par ta magnifique voix. Ces trois petits mots qui me réchaufferont le cœur et le feront chavirer s’ils sont de toi. Je t’aime.

            YeSung me reprend la main et nous continuons à avancer au milieu de tous ces inconnus qui ne savent rien de notre amour. Dieu sait pourtant combien j’ai envie de le leur crier. Mais je me retiens. Pour lui. Pour moi. Pour nous.

« YeSung… je t’aime… »

            Je l’ai prononcé si bas qu’il n’a pas pu l’entendre.

« Tu as dit quelque chose ? me demande-t-il en se tournant vers moi.

- Non, répondis-je en m’enfonçant le visage dans mon écharpe. »

            Le supermarché est trop proche. J’aurais aimé rester main dans la main avec YeSung pour toujours, à marcher indéfiniment sur ce trottoir, au milieu des passants, à vivre un amour silencieux. Mon Hyung prend un sac et nous nous dirigeons vers les rayons. Ils vendent de tout, ici : aliments, vêtements, accessoires, cosmétiques, décoration… Nous allons en priorité au rayon de décoration, nous sommes venus pour la peinture de LeeTeuk Hyung, pas pour les courses de ShinDong ! YeSung regarde la liste que lui a donnée le leader.

« De la peinture rouge… Wook, tu sais où on peut trouver de la peinture verte, par hasard ?

- LeeTeuk veut que sa chambre soit verte ? m’étonnai-je. Fais-moi voir  la liste.

- Non. »

            Je vais vers lui pour la lui prendre mais il est plus grand que moi et lève aisément le bras pour la mettre hors de ma portée. Je fronce les sourcils et saute pour l’attraper. Il sourit machiavéliquement et se met sur la pointe des pieds. Je soupire.

« Ye, t’es pas drôle ! Je vais bouder, maintenant ! »

            Et pour affirmer mes dires, je lui tourne le dos et croise les bras en faisant la moue, ravi de mon effet. Seulement, je n’avais pas prévu sa réaction et alors que je boude encore, il me retourne subitement et colle brutalement ses lèvres aux miennes, forçant immédiatement mes croissants de chair de sa langue. Je me sens partir, tout à coup, et lui rends son baiser tout aussi fougueusement. Nous nous dévorons la bouche durant quelques secondes avant que je ne me rende compte de l’endroit où on est.

« Ye, attends ! l’arrêtai-je en m’écartant subitement. On est au supermarché !

- Et alors ? me questionne-t-il avec détachement.

- On ne peut pas faire… ça ici, c’est tout ! »

            Pour toute réponse, il m’embrasse chastement, me tire la langue et riposte, un sourire taquin en coin :

« C’est pour te punir de me bouder comme ça, tu n’as pas le droit. »

            Je rougis et baisse la tête, impuissant et désarmé. Je ne pourrai jamais le bouder, je ne pourrai même jamais le détester, jamais, jamais, c’est impossible, je l’aime trop !

« Tu triches, ne trouvai-je rien de mieux à dire.

- Pardon ?

- Tu triches. Tu n’as pas le droit de m’embrasser par surprise comme ça, c’est pas du jeu.

- Qui a dit qu’on devait respecter les règles, mon petit Wookie ? Tous les coups sont permis. »

            Tous les coups sont permis ? Intéressant… Sans attendre, je me jette sur ses lèvres comme un affamé et suçote sensuellement sa langue telle un petit bonbon avant de me séparer de lui en me léchant les lèvres, gourmand et fier de mon initiative. YeSung n’a pas l’air remis de ce qu’il vient de lui arriver et passe doucement la bouche.

« Waouh, Wook, tu m’as surpris !

- Ce n’est pas toi qui as dit que tous les coups sont permis ?

- Si. Et j’ai eu raison, apparemment. »

            Là, c’est lui qui me prend de court ! Il a le chic pour les allusions embarrassantes. Il me sourit. Je remarque alors qu’il tient deux pots de peinture dans les bras. Des pots de peinture bleue.

« Ben quoi ? me fait-il. Ce n’est pas toi qui voulais que notre chambre soit bleue ? Tu as changé d’avis ? »

            Je suis tout ému, il le savait, que je la voulais bleue ? Les larmes viennent prendre d’assaut mes yeux tandis que je me serre contre lui en chuchotant :

« Ye… Merci…

- Y a pas de quoi. Après tout, c’est normal d’avoir la couleur de nos ELFs adorées sur nos murs, non ? »

            Je souris. Nos chères ELFs… Plus tard, après avoir bataillé ferme pour avoir la liste de Teukie et trouvé les bons pots, YeSung m’entraîne dans les rayons « pâtes » et cherche sur les étagères ce qui pourrait lui convenir.

« Tu veux des pâtes, ce soir ? l’interrogeai-je, attendri.

- Des ramyun, oui, me répond-il en saisissant un paquet.