Chapitre six

par Hon no Shojo

POV LeeTeuk

                L’histoire avec HeeChul et HanKyung m’a contrarié, ce matin. Je ne peux pas croire que notre diva puisse quitter notre chinois alors que des mois durant, elle a clamé sous tous les toits qu’elle fera sa vie avec lui et qu’elle l’aimait passionnément. Non, je ne peux vraiment pas le croire !

                Cette après-midi, alors que nous avons décidé de nous offrir à tous une petite sieste, je déclare à KangIn que je vais prendre ma douche. L’eau ruisselant sur mon corps, je médite un peu sur les derniers moments qu’on a vécu : la promotion de Don’t Don, l’arrivée d’Henry et ZhouMi dans le groupe… et puis surtout, KangIn. Nous nous sommes avoué nos sentiments il y a à peine deux mois mais nous vivons une idylle de rêve ; notre première fois a été divine, nous n’avons pas attendu le soir pour se jeter l’un sur l’autre, en plein vestiaire, devant tous les autres. C’était assez gênant, je l’avoue, mais c’était si excitant…

                Sur le chemin du retour, je surprends HeeChul, en veste et chaussures, qui s’apprête à refermer la porte de sa chambre.

« Tu sors ? lui demandai-je. »

                Il claque la porte et se tourne vers moi.

« Non, je pars.

- Comment ça, tu pars ?!?

- C’est simple, je m’en vais. Ne t’inquiète pas, leader, je ne quitte pas le groupe. J’ai juste besoin de prendre un peu mes distances. »

                J’aperçois alors une valise à ses pieds.

« Quoi ? Attends… en tant que leader, j’exige des explications !

- Moins fort. Tu vas LE réveiller. »

                Il parle d’HanKyung. A-t-il seulement mis au courant son amant, au moins ?

« Je veux des séparations sans encombre. C’est mieux comme ça.

- Mais si tu décides de partir… où tu vas aller ?

- Chez les DBSK, je suppose.

- Ce n’est pas la porte à côté !

- Tant mieux, LeeTeuk. Je n’en peux plus, je suis fatigué. HanKyung me rend malade et j’ai besoin de m’éloigner de lui pendant un bout de temps. Je ne te demanderai rien d’autre.

- Ah ouais, rien d’autre ? Eh ben, j’espère parce que si tu pars, ce ne sera pas la peine de revenir !! »

                J’ai hurlé. C’était plus fort que moi. Cet abruti me rend maboule. Mais qu’est-ce qui lui prend, de se barrer comme ça, sans prévenir personne ? Heureusement que je l’ai chopé en flag parce que sinon, je m’en serais voulu à mort ! J’aurais été un leader minable, MINABLE ! Mes cris ont commencé à alerter du monde et RyeoWook, YeSung et le couple KyuMin pointent leur nez dans le couloir. Parfait, les gars, vous ne pouviez pas mieux tomber ! On va voir si cet imbécile veut toujours partir !

« Hyung, fait RyeoWook, étonné, qu’est-ce que tu fabriques ? Tu pars ?

- Non, non, je vais ramener ça à YunHo, lui ment mon cadet de dix jours avec un sourire forcé. Je reviendrai un peu tard, ce soir, je leur ai promis que je mangerai avec eux. »

                Oh, le menteur ! Je fais signe au petit attroupement de s’en aller prestement et, prenant HeeChul par les épaules, je le plaque contre le mur et grince, menaçant :

« T’as pas intérêt à faire de bêtises dehors ou je te jure que t’auras pas le temps de cligner des yeux que je serai déjà là pour te faire bouffer tes dents, pigé ? »

                En tant que leader, je peux me permettre de lui parler comme ça et puis de toute façon, il l’a bien mérité. Il ne relève pas ; l’imbécile, pourquoi est-il toujours obligé de faire tourner les autres en bourrique ? On avait bien assez de problèmes comme ça avec RyeoWook qui pleure chez SungMin et KyuHyun presque tous les soirs – et le KyuMin râle, enfin surtout KyuHyun, parce qu’il n’a plus de vie sexuelle épanouie et sollicite un relai, ce que l’EunHae et le KangTeuk hésitons à accepter – et ce crétin de YeSung qui est plus aveugle et bouché que jamais. L’autre jour, pour aider RyeoWook, SungMin a bien essayé de lui dire :

« Tu sais, Ye, RyeoWook t’aime beaucoup, même peut-être plus qu’un ami, tu ne t’en étais pas rendu compte ? »

                Et ce con lui a répondu :

« RyeoWook, plus qu’un ami ? Bwahaha, sacré Eternal Maknae, il faut toujours qu’il fasse des blagues à son hyung, celui-là ! »

                Ce qui avait beaucoup blessé ledit amoureux transi. Je crois qu’EunHyuk et DongHae ont été tellement peinés par sa réponse qu’ils l’ont enfermé dans la salle de bain et pour venger notre petit, sont allés s’envoyer en l’air dans le lit de notre lead vocalist. Et YeSung l’a eu assez mauvaise, il a refusé de leur parler pendant une demi-heure ; il craque trop facilement. Je m’aperçois que ça fait déjà quarante minutes que j’ai laissé KangIn en plan ; mais je n’en ai pas fini av

« ec HeeChul.

« Bon, leader, tu veux bien me lâcher ?

- OK, je te laisse ! Mais je t’aurais prévenu, à la moindre connerie…

- Tu m’pètes la mâchoire, OK. »

                Il dit ça avec tellement de détachement, ça m’énerve ! Prenant sa valise, il quitte le couloir pour se rendre dans l’entrée ; je le suis, passant devant EunHyuk et DongHae qui s’embrassent sur le canapé du salon. Le danseur principal se redresse et lance :

« Hé, HeeChul, où tu vas ?

- Je sors, Monkey.

- Mais tu vas où ?

- Oh, tu ne vas pas t’y mettre, toi non plus, hein ? Allez, DongHae attend des bisous, ne le fais pas poireauter. »

                Surpris, EunHyuk hausse un sourcil avant de recoller ses lèvres à celles de Hae. HeeChul ouvre la porte et me lance un dernier regard avant de disparaître pour de bon. J’ai un vide qui se fait dans ma tête : sans la Cinderella, l’appart va vraiment être moins animé, maintenant. Je ne formalise pas et retourne dans ma chambre, un peu chamboulé. KangIn m’attend sous les draps, torse nu, et s’exclame quand j’entre :

« Tu t’es passé un gommage sur le corps, pour prendre tout ce temps ? Même si ça te fait la peau douce, ça n’excuse pas ton retard !

- J’étais avec HeeChul, lui répliquai-je en refermant la porte. Il est parti, cet abruti.

- J’étais sûr que ce couillon n’aurait pas la foi de rester auprès de son chéri ! Il est pathétique !

- En attendant… comment je vais expliquer ça à Hyung, moi, maintenant ?

- T’auras le temps d’y penser, mon dieu, tu te fais trop de souci pour cette diva capricieuse ! Il reviendra, tu verras… parce que c’est un crétin. »

                Je souris de sa franchise et viens le rejoindre dans le lit, enlevant ma serviette, me retrouvant ainsi nu contre lui. Cette après-midi, pas de partie de jambes en l’air ou autre, je suis crevé par la matinée que je viens de passer – je n’ai rien fait mais ne rien faire me fatigue encore plus – et me colle à lui, nichant mon visage dans son cou. Je sens son érection contre la mienne mais je n’ai pas la foi de faire quoi que ce soit, ou en tout cas, pas maintenant, et m’endors dans ses bras.

 

 

POV KangIn

                Mon leader préféré – parce que je n’en ai qu’un – dans les bras, je lui caresse doucement les cheveux ; il s’est endormi. Cet homme est tout simplement magnifique, j’ai tellement de chance de l’avoir rien que pour moi et ce, pour longtemps. Apparemment, HeeChul est parti, hein… tant mieux, moi, j’en avais ma claque de l’entendre râler et chialer tout le temps parce qu’HanKyung a fait ci ou HanKyung a fait ça, mon Dieu, comme c’est chiant ! Ce mec n’a pas de limite, j’ai parfois du mal à croire qu’il ait le même âge que LeeTeuk. Cette année, nous avons fêté son anniversaire d’abord tous ensemble, puis, avec d’autres groupes comme les DBSK et les tout nouveaux SHINee ainsi que les BigBang et les TRAX ; et enfin, rien que tous les deux, dans notre chambre, autour d’un dîner aux chandelles préparé par mes soins… ou plutôt, cramé par mes soins, j’ai dû demander un peu d’aide à RyeoWook. Ce soir a été inoubliable : nous avions mangé – ou plutôt, JE lui ai donné à manger, usant parfois de ma méthode, c’est-à-dire, prendre dans ma bouche et faire transvaser le tout dans la sienne en l’embrassant –, ensuite, regardé les photos depuis nos débuts et même avant sur son ordinateur, en se marrant bien à chaque fois, et enfin, nous avons fini la nuit dans le lit, en étreintes chaud bouillantes.

« Je t’aime, YoongWoon, murmure mon Teukie, moitié endormi moitié réveillé.

- Moi aussi, je t’aime, JungSu, lui répondis-je en venant presser mes lèvres contre les siennes. »

                Je sens son sourire et il me rend mon baiser tendrement. Je pourrais mourir tout de suite foudroyé, s’il est dans mes bras, je peux mourir heureux ! Tout comme l’EunHae, les petits plaisirs simples sans pour autant s’envoyer en l’air sont pour nous des moments agréables que nous apprécions à leur juste valeur. Pas besoin de plus, juste un câlin l’un contre l’autre, nus accessoirement, mais toujours avec douceur.

 

                Le lendemain se fait plus dur pour moi : je ne suis pas du matin, contrairement à Teukie, qui me secoue quand je ne me lève pas aux mêmes heures que lui. Mais ce matin-là, mon amour a décidé d’être plus doux et me réveille agréablement avec un baiser.

« Bonjour, mon ange, me susurre-t-il à l’oreille, un sourire rayonnant aux lèvres. »

                Je souris  mon tour et me redresse pour l’embrasser à mon tour. Nos langues se rencontrent, se câlinent tendrement, je ferme les yeux, cet échange est divin et se savoure comme un bonbon. Nous restons sur mon lit comme ça pendant quelques minutes, ne nous arrêtant que pour respirer avant de se retrouver avec toujours plus de fougue. LeeTeuk s’allonge sur moi et commence à taquiner ma virilité en frottant sensuellement son bassin contre le mien mais je l’arrête et le fait reculer en chuchotant :

« Pas maintenant, Teukie, il est à peine sept heures et tu vas réveiller les autres. »

                Il prend un air mécontent et vient mordre un de mes tétons, le martyrisant avec sa langue, me suppliant :

« S’il te plaît, Woonie…

- Tu auras beau me faire ton numéro de charme, ça ne marchera pas ! m’exclamai-je en inversant les positions, me retrouvant sur lui. »

                Il rigole de son rire que j’adore, tellement unique, et se soulève pour venir m’embrasser. Je soupire, je ne peux pas lui dire non.

« Bon, d’accord, mais pas longtemps, OK ? »

                Il acquiesce avec un sourire radieux. Comme je l’ai dit, ça ne durera pas longtemps alors je n’attends pas et descends directement à son entre-jambe. Il n’est pas assez chaud pour l’instant alors pour l’exciter un peu plus, je titille son nombril avec le bout de ma langue, ce qui le fait se tendre et gémir. Comme il ne porte rien, ça va être facile. Cependant, il m’a réveillé trop tôt ce matin, certes doucement, mais trop tôt quand même. J’opte donc finalement pour le faire bisquer un peu et ne prends pas immédiatement son membre en bouche ; je joue avec ses bourses, les malaxe, les effleure de la langue. Il gémit, se cambre, gigote dans tous les sens.

« Hmm, Woonie, tu le fais exprès pour te venger ?

- Gagné ! »

                Je n’ai pas envie d’attendre moi non plus mais je prends sur moi pour me délecter de ma victoire. Je remonte à l’extrémité de son entre-jambe, sous ses gémissements.

« Hm, YoongWoon… Prends-moi vite, s’il te plaît ! Haan ! »

                Je ne fais pas mon chieur et prends son membre en bouche, appliquant un mouvement de va-et-vient bien trop lent pour lui.

« P… Plus vite !! Hmm, haaan !! »

                C’est qu’il est râleur, mon Teukie ! J’accélère la cadence et c’est finalement dans un dernier cri qu’il se déverse dans ma bouche. J’avale sa semence et me redresse, surplombant son corps du mien.

« Bon, écoute, tu es irrésistible, mon Teukie, mais là, j’ai très faim.

- Tu ferais passer ton estomac avant moi ? s’indigne-t-il, outré.

- Exactement ! »

                Mort de rire, je me lève d’un bond, laissant mon amant déstabilisé sur le carreau, et me rue hors de la chambre. Je cours jusqu’à la salle à manger où déjeunent tranquillement RyeoWook, SiWon, KiBum et SungMin et m’assieds d’un coup, le sourire plaqué au visage, sourire que je devine abruti, certes, mais amplement justifié.

« Tu as passé une bonne nuit, hyung ? me demande SiWon.

- Très bonne, oui ! m’exclamai-je, tout heureux en continuant à sourire comme un imbécile.

- Tu t’es levé avant LeeTeuk, c’est marrant, remarque KiBum. T’es tombé du lit ?

- C’est là que tu te trompes, mon cher KiBum ! C’est Teukie qui m’a réveillé mais comme il faisait son chieur du matin, je l’ai laissé tout seul dans la chambre !

- Oooh !! »

                Cette exclamation vient de RyeoWook, visiblement très impressionné. Il referme sa bouche en O et soupire :

« Si je pouvais faire ça, moi aussi…

- Y a aucun risque que Ye ne tombe pas dans tes filets, Wookie, l’assure très justement SungMin. Moi, j’ai eu du mal à faire succomber Kyu mais comme tu le vois maintenant, c’est lui qui ne me lâche plus !

- J’aimerais pouvoir en dire autant, Min…

- Allez, arrête de te morfondre comme ça, tu vas nous faire pleurer ! l’encourageai-je en lui donnant une bonne bourrade dans le dos, lui faisant recracher son bout de biscotte. Ce n’est qu’une question de temps ! »

                Il sourit timidement en me soufflant un « merci ». LeeTeuk débarque à son tour dans la cuisine, en boxer seulement, l’air bougon, vraiment de mauvaise humeur. Je rigole intérieurement et fais semblant de rien. Il passe à côté de moi, me touchant la hanche de sa main. Pathétique ! J’ai vu mieux comme approche ! Je vois SiWon lever les yeux au ciel, s’attendant sûrement à quelque chose de chaud entre nous. Mais ça ne se passe pas comme ça, je ne laisse rien transparaître et continue comme si je n’avais rien vu. Je savoure mon effet quand LeeTeuk paraît déçu par ce manque de réaction mais il n’abandonne pas. Quelques secondes après, il se sert du lait juste à ma gauche et en renverse – exprès, nous nous comprenons bien – sur moi, sur mon torse, précisément. Comme par hasard ! Il crie un « désolé » franchement pas convaincant et prend un torchon pour m’essuyer, s’attardant un peu trop sur mes abdominaux, passant longuement le tissu en prenant bien garde, bien sûr, à laisser ses doigts effleurer ma peau. Je souris, il a gagné. Alors qu’il s’évertue encore à essuyer une tâche invisible, je lui saisis le poignet et le ramène vers moi, chose à laquelle il ne s’attendait sûrement pas, et plonge mon regard dans le sien avant de venir poser mes lèvres sur les siennes et débuter un baiser langoureux comme nous les aimons.

« Tu es nul en comédie, Teukie, parvins-je à lui dire.

- Je sais. »