Chapitre 9

par Nodie

J’arrivai devant le cinéma où je devais retrouver Anna. J’avais fait le chemin à pied, le bâtiment ne se trouvant qu’à quelques minutes de chez moi. Et puis, j’aimais marcher. Ça me permettait de faire le point, de me détendre.

 

La jeune femme attendait devant l’entrée et je ne pus m’empêcher de jeter un regard à ma montre, m’assurant que je n’étais pas en retard, ce qu’elle remarqua.

« Ne t’en fais pas, je ne suis pas là depuis longtemps, rit-elle. Et j’ai tendance à être en avance. 

- Ça m’aurait gêné de t’avoir fait attendre, avouai-je.

- Je sais. Allez, viens. »

Nous entrâmes, achetâmes nos places et nous rendîmes dans la salle de projection. J’avais laissé la jeune femme choisir le film et elle m’avait un peu étonné en choisissant un film d’action, quelque chose de bien bourrin. Mais ça me plaisait : je ne m’ennuierais pas.

 

Nous discutâmes un peu de tout et de rien pendant les publicités puis, durant toute la durée du film, nous restâmes concentrés sur les images qui défilaient devant nos yeux. Je jetais parfois des coups d’œil à mon amie qui souriait, semblant apprécier sa soirée. Ça me faisait sourire en retour. C’est fou ce que le bonheur d’une personne peut affecter l’humeur de ses proches. Enfin, proches : nous ne nous connaissions pas tant que ça, mais peut de personnes étaient aussi proche de moi qu’elle ne l’était.

 

Lorsque le film fut fini, je l’emmenai dans un fast food tout proche. Elle me parlait du film avec entrain, riant et parlant fort, signe de sa bonne humeur. Je l’écoutais avec attention et participais à la conversation avec entrain. Tant et si bien que je ne vis pas le temps passer. Je finis par remarquer que le petit restaurant se vidait peu à peu de ses occupants et que les employés commençaient à ranger et nettoyer. Je jetai un regard à l’heure qui était déjà bien avancée.

« Tu veux rentrer ? demanda-t-elle, l’air un peu déçue.

- Oh non, pas du tout ! Je me faisais la réflexion que je n’avais pas vu le temps passer. Je passe une très bonne soirée. »

Elle m’offrit un sourire tendre et mes lèvres s’étirèrent légèrement. Je la vis approcher la main de la mienne, sur la table, et mon sourire s’affaiblit. Elle posa sa main sur la mienne, sans me quitter des yeux et je baissai mon regard, retirant doucement ma main.

« Je... Désolé...

- Ce n’est rien, Harry. C’est à moi de m’excuser. Tu avais été très clair mais...je n’ai pas pu m’empêcher d’essayer... »

Je reposai mon regard sur elle pour jauger sa réaction et son sourire étirait toujours ses lèvres, même si l’étincelle dans ses yeux brillait un peu moins. Elle n’était pas en colère, ni vexée. Juste un peu déçue, mais elle s’en remettrait. Louis avait raison : elle comprendrait.

« J’aime les hommes, laissai-je échapper. »

J’écarquillai les yeux, n’en revenant pas d’avoir avoué ça. Pas que je n’assumais pas, mais je n’avais pas l’habitude de révéler aussi rapidement des choses aussi personnelles que mon orientation sexuelle. Je fus soulagé - et un peu surpris, je dois l’avouer - lorsque je vis son sourire s’agrandir.

« Rassure-toi, ça ne me choque pas. Et puis, ça me réconforte un peu : je n’aurai certes pas la chance d’être avec toi, mais ce n’est pas parce que je ne te plais pas. Enfin, si, dans un sens. Mais je ne suis juste pas née avec le bon sexe. »

Elle rit légèrement et son rire me fit du bien. Je me rendais compte que j’avais besoin de m’attacher à quelqu’un, que je ne voulais plus être seul, et elle était si gentille. La vie en solitaire est tellement fade. Désormais, j’aurais la possibilité de rire et partager des moments avec une personne charmante. Et ce sans ambiguïté.

« Merci, Anna. Je suis heureux de m’être enfin fait une amie.

- Et je suis heureuse que tu me considères ainsi. J’ai réussi à faire sortir Harold Styles de sa solitude ! »

Nous rîmes ensembles.

Nous quittâmes finalement le fast food et marchâmes tous les deux, voulant prolonger cette soirée. Nous finîmes par arriver devant chez elle et nous nous quittâmes, nous promettant de refaire ce genre de soirée.

Je retournai chez moi, souriant comme ça m’arrivait de plus en plus ces derniers temps.

 

*

 

J’étais douché, changé et couché. J’avais rallumé mon téléphone pour voir si j’avais des messages de Louis et fus déçu de n’en trouver aucun. Mais il était tard et il savait que j’étais avec quelqu’un, il n’avait sans doute pas voulu me déranger et devais désormais dormir. Mais je ne pus m’empêcher de lui envoyer un message.

 

Harry : J’ai passé une très bonne soirée. Tu avais raison : elle a tenté quelque chose mais je lui ai expliqué que je n’étais pas intéressé et elle a parfaitement compris. À vrai dire, j’ai laissé échapper que j’étais gay, et elle l’a très bien pris. Je crois que je me suis enfin fait une amie. Et je crois que c’est grâce à toi.

 

Harry : J’envisage parfois de te rencontrer... Enfin bref, on verra ça une prochaine fois...

 

Pourquoi j’avais dit ça ? Bordel... Je me créais des ennuis tout seul...

 

Harry : Bonne nuit Louis.

 

J’allais éteindre mon téléphone quand je reçus un sms.

 

Louis : Ça serait avec plaisir. Bonne nuit Haz’.