Wanna be startin' somethin'

par makeartnotwar

Le soir, nous rentrâmes au ranch aux environs de 21h. Je ne parlais pas, j'étais perdue et remontée contre lui, mais je n'avais pas bronché pour autant. Michael m'emmena sur la colline qui donnait vue sur Neverland. Cette vue était magnifique, elle me détendait, et Michael le savait. Je me sentais un peu mieux, assise dans l'herbe à observer les lumières du ranch s'illuminer dans la nuit, mais la phrase de mon confident résonnait dans ma tête. Soudain, je sentis un bras entourer ma taille. Je posai ma tête sur l'épaule de Michael.

- Je te sens tendue, murmura-t-il. Pourtant, c'est bien le dernier endroit où tu pourrais l'être, d'habitude.

- Pourquoi tu ne m'as rien dit, Michael ? Je croyais être ta confidente, ta meilleure amie, je croyais que tu me disais tout. Moi je te dis tout, je n'ai aucun secret pour toi, tu sais tout de moi.

- Je sais.

- Alors pourquoi ? Je ne comprends pas...

Je levai la tête et le regardai, lui regardait au loin. Ses jolies ondulations noires tombaient sur son front et ses tempes, ses yeux brillaient. Il soupira et me regarda après quelques secondes, puis détourna à nouveau le regard vers l'horizon. Comme s'il n'osait pas. Et cela ne m'étonnait guère, Michael était un homme extrêmement pudique et timide, ce qui le rendait d'ailleurs adorable.

- Tu es jalouse ?

Que devais-je répondre ? Moi-même je ne le savais pas. Je ressentais quelque chose, qui me mettait mal à l'aise en sachant que Michael en aimait une autre. Mais était-ce de la jalousie ?

- Peut-être. Je ne sais pas.

Un sourire étendit ses lèvres. Qu'est-ce qu'il était beau. Je fis remonter ma main, qui était posée sur son pectoral, jusqu'à sa joue. Il tourna la tête vers moi, son sourire avait disparu et laissait place à une expression étonnée et... Je ne saurais dire quelle était cette expression, mais nos lèvres se touchèrent. Il glissa sa main dans mes cheveux, la mienne était toujours sur sa joue, je la caressais pendant que mes lèvres caressaient les siennes. Nous restâmes à nous embrasser une bonne minute pendant laquelle ce qui se trouvait autour de nous se figea, puis nous nous séparâmes. Les joues de Michael avaient rougi, les miennes devaient être dans le même état.

- C'est toi dont je parlais, m'avoua-t-il tout bas.

- Michael, on ne peut pas...

- Tu ne m'aimes pas ?

- Si, je t'aime, mais on ne peut pas être ensemble. Tu es Michael Jackson, répondai-je en baissant les yeux.

- Et alors ?! Je suis humain, je veux vivre une histoire d'amour moi aussi, je veux vivre !

Il éclata en sanglots et descendit de la colline pour rejoindre la grande villa. Je me sentais coupable de lui avoir répondu de cette façon. Il détestait qu'on lui rappelle qu'il avait une vie différente des autres, et j'avais fait la bêtise de le faire.

Je restai assise sur la colline pendant encore un bon quart d'heure puis décidai d'aller lui parler. Je ne suis pas le genre de personne qui blesse quelqu'un et qui reste sans rien faire, je me sentais mal quand je le faisais pleurer, et Dieu sait que ça arrivait rarement. Je respirai un bon coup et rentrai donc dans la maison. Je savais que Michael s'était réfugié dans sa chambre, alors je m'y rendis directement. Quand j'entrai dans la pièce, il sanglotait sur son lit. Cette image me fit un énorme pincement au coeur.

- Applehead... dis-je tristement en allant m'asseoir à côté de lui.

- Pourquoi n'ai-je pas une vie normale, hein... pleura-t-il, le visage caché dans ses mains.

Je le pris dans mes bras et l'allongeai avec moi sur le lit. Il pleurait beaucoup, cela me faisait mal au coeur. Je le câlinai un long moment et il finit par cesser de sangloter. Je séchai les larmes restées sur ses joues et embrassai longuement son front.

- C'est fini ce gros chagrin...?

- C'est un chagrin constant, tu sais, me répondit Michael en reniflant. Ce serait pire si tu n'étais pas là.

- N'en parlons plus. Profitons de nos moments ensemble, tant que je suis à Neverland.

- Embrasse-moi.

J'obéis et l'embrassai tendrement, espérant que ce baiser le rassure. J'aimais Michael, et ça depuis toujours. Au début, ce n'était qu'une amourette d'adolescente envers un héros qui m'avait sauvée de la misère. Mais peu à peu, cela s'était transformé en sentiments amoureux. Ceux d'une femme envers un homme, enfouis au fond de mon coeur, et qui avaient fini par faire surface à la découverte d'une réciprocité. Mes sentiments à présent dévoilés, je ne voulais plus me cacher. Tellement de choses nous séparaient, et tellement de choses nous rapprochaient en même temps. Je pense qu'à partir du moment où deux personnes sont liées par l'amour, le reste n'est que broutilles.

Etant donné que nous n'avions pas dîné avec notre journée chargée, j'allai préparer des sandwiches dans la cuisine. Michael adorait mes sandwiches, parce que j'avais un ingrédient secret. Au bout de 6 ans d'amitié, il ne connaissait toujours pas le secret de mes sandwiches, et à chaque fois qu'il me reposait la question à propos de cet ingrédient, je ne lui répondais jamais. Il essayait de me faire parler avec des chatouilles et autres tortures, mais je ne craquais jamais. Ce jeu nous amusait, et c'était un bon prétexte pour que Michael me chatouille.

- Mike, arrête ! criai-je en riant aux larmes.

- Noooon, je veux savoir !

- D'accord, d'accord, je vais te le di-hiiiii !

À chaque fois que je poussais ce cri, il explosait de rire et ne s'arrêtait plus pendant cinq bonnes minutes, et moi, je suivais. Quand nous fûmes calmés, les yeux encore larmoyants, je lui avouai enfin.

- En fait, c'est juste des cornichons.

- Pardon ? Des cornichons ? C'EST TOUT ?!

Il semblait vraiment énervé, ce qui me fit éclater de rire, suivie de Michael. Nous rîmes encore et encore, décidément, c'était vraiment notre soirée. Après cette épique partie de rigolade, nous mangeâmes sagement notre sandwich. Michael était vraiment adorable quand il mangeait, il le faisait par minuscules bouchées. Moi à côté, je mangeais comme un cochon et j'en mettais partout ; Applehead m'engueulait souvent à cause de ça.

- Mange correctement, petite cochonne !

- Mais ! protestai-je, la bouche pleine.

- Pas de "mais", tu es sur mon lit, insista Michael.

Je déposai un baiser sur sa joue et il ne fit plus de remarque. Les bisous, ça marchait toujours.

Je finis mon sandwich assez rapidement, puis vint le tour de Michael. Il posa nos couverts sur le chevet et se jeta sur moi, m'emprisonnant entre ses bras. J'adorais qu'il fasse ça, s'en suivaient des bisous partout. Ce genre de jeux était toujours innocent, ça n'était jamais allé plus loin, même si cela m'avait traversé l'esprit de nombreuses fois. D'ailleurs, je me demandais, qu'en était-il de Michael ? En vérité, je me posais des tas de questions.

- Mickey, depuis quand m'aimes-tu ? lui demandai-je timidement.

- Depuis toujours Minnie, quelle question.

- Je veux dire... Depuis quand es-tu amoureux ? Si tu l'es, bien sûr...

- Oui, je le suis, répondit-il en commençant à rougir. Quand tu es devenue une vraie femme, tu m'attirais beaucoup, physiquement. Et puis, plus le temps passait, plus ça allait loin. Je suis tombé amoureux peu de temps après ton vingtième anniversaire, il y a deux mois, je dirais.

- Oh... C'est tout récent.

- Et toi ?

Je ne savais pas si je devais lui dire, mais je me sentais dans le besoin de le faire, alors je lui ai tout avoué. L'amourette d'ado' qui se transforme en vrais sentiments amoureux, les soirs où j'imaginais bien plus que des bisous avec lui, et toutes les petites choses. J'étais certainement rouge, c'était la première fois que je révélais tout ça.

- Vraiment ? me demanda-t-il, visiblement très surpris.

- Oui, vraiment.

- À vrai dire... Moi aussi je nous ai imaginés... Enfin, tu vois quoi... Oh mon Dieu, tu dois me prendre pour un pervers ! C'est ça, tu me prends pour un pervers ?

- Bien sûr que non, Mike, répondai-je en souriant, amusée. Pas du tout.

- Oh, vraiment ? dit-il de son air étonné, ses sourcils haussés. Tant mieux.

J'embrassai sa joue et m'allongeai tranquillement sur les coussins et peluches qui envahissaient le lit. Il rit en me voyant comme ça et sauta dans les peluches avec moi. Nous restâmes dans le silence pendant un moment, puis je brisai le silence.

- Michael...

- Oui, honey ?

- Je t'aime.

- Je t'aime aussi.