The final countdown

par MusicandCo4ever

Chap 7 : The Final Contdown

 

- L et Whoo Hyun –

 

 

            - Karaoké, quelques heures plus tôt -

 

-  Ça fait du bien de chanter un bon coup ! Lança Hoya en s’asseyant de nouveau avec nous, les joues rouges. J’ai trop chaud…

 

Il bu un coup, remarquant que nous étions enfin tous réunis autour de la petite table basse.

 

            - L, ton strap s’est cassé ? S’étonna-t-il.

 

Effectivement, plus tôt dans la soirée, j’avais voulu prendre mon portable dans ma poche, mais le petit lapin y était resté accroché, et s’était détaché.

 

            - C’est dommage, je l’aimais bien, soupirais-je.

            - N’empêche, je sais que le but est de mettre mal à l’aise, et c’est ce qui fait son succès, mais je me demande pourquoi ils ont choisi de le représenter brûlé, pas vous ? Questionna Kenya après quelques secondes de silence.

            - C’est pour faire un exemple.

 

Nous nous retournâmes à l’unisson vers WhyWhy, qui rougit, mais qui poursuivit jusqu’au bout son idée.

 

            - L’idée du corps carbonisé fait référence à la sentence du bûcher, qui n’est rien d’autre qu’une façon cruelle d’exhiber la mort. L’utiliser dans Rabbit Doubt, c’est un peu montrer ce qui se passe quand le loup survit, et qu’il décide de tuer un menteur, qu’il désigne comme coupable…

 

Un grand silence légèrement pesant s’installa.

 

            - Théorie intéressante, mais comment tu en es arrivé à penser sa ? Le questionna Kenya.

            - Je… J’ai beaucoup étudié les différentes manières « provocantes » de se suicider, telles que la pendaison, l’immolation, s’ouvrir les veines… Se sont des mises en scènes, faites pour provoquer la peur et le dégoût, bref de déranger les vivants. J’ai eu une période de ma vie très sombre, qui me faisait penser à pleins de choses sordides, c’est pour sa que j’ai trouvé un refuge dans ce jeu…

 

Il se tût, honteux, et sans doute gêné de s’être autant confié. Hoya s’approcha de lui, pris une de ses mains et la posa sur son cœur. Je vis les marques sur les poignets de WhyWhy, mais ne dit rien.

            - Le passé c’est du passé, on peut pas revenir dessus, juste vivre avec. Celui qu’on a rencontré aujourd’hui est un pote qui sourit tout le temps, un partenaire de jeu qui aime s’amuser. Profite du moment présent, et surtout, n’oublies jamais ces battements, ce bruit dans ton corps : C’est ce qui te maintiens en vie. Rien d’autre. Et tu peux savoir qu’à présent tu nous as.

 

WhyWhy sourit tristement, les larmes aux yeux. Il avait comprit que malgré son air extravagant permanent, Hoya semblait comprendre très vite les gens. Ce dernier lui lança un dernier regard, avant de lui sourire comme avant, car il savait qu'à présent, qu'on reste en lien ou pas, il y avait quelque chose entre eux. Dong Whoo était allé chercher des boissons pour détendre l'atmosphère et Sung Jong retournait chanter comme si de rien n'était.

Car il y avait entre eux l'intimité d'un secret bien gardé.

 

            - Toilettes du karaoké -

 

            - C'est quand même pas la joie dans la tête de l'autre efféminé d'empêche.

 

Kenya se rinçai le visage pendant que j'utilisais une des cabines.

 

            - Sa peut arriver à tout le monde un coup de blues, déclarais-je à travers la porte.

            - Sérieux, tu parles même quand t'es aux chiottes?

            - C'est toi qui a commencé, lui fis-je signaler.

 

Je sortis le rejoindre devant les miroirs.

 

- On a parlé du symbole du jeu, mais pas du jeu en lui-même: pourquoi ‘‘Rabbit Doubt’’ ?

- C’est simple, ils ne se sont pas foulés, comme nous avec nos pseudos d’ailleurs, commençais-je après une minute de réflexion. ‘‘Le doute du lapin’’, soit des joueurs, à décider qui est le loup, ou ‘‘Le lapin du doute’’, désignant le loup.

 

Il sembla pensif, pesant mes arguments.

 

            - C’est que tu fini par beaucoup parler, fit-il remarquer.

            - L’alcool, sa aide, dis-je, impassible.

            - Je pense que, à partir du moment où quelqu’un a un doute sur ses propres certitudes, ses valeurs morales, il est foutu. Le doute sur ses choix et ses actions peut tuer un homme.

 

Je le dévisageai, suspicieux. Il était vraiment étrange.

 

            - Pourquoi tu me racontes sa ?

            - Je sais pas, j’ai un mauvais pressentiment quant à cette soirée. Un doute.

 

Il me sourit, une lueur mauvaise traversant son regard. Il avait dû boire encore plus que moi.

 

            - Je sors prendre l’air, m’en veux pas, lui lançais-je.

 

J’avais la main sur la poignée de la porte lorsqu’il me murmura une dernière phrase avant d’entrer dans une cabine.

 

- Dans le doute, dites la vérité.

 

                                               - Fin du flash-back -

 

            - Quoi, t’as capté un truc ? Me demanda Whoo Hyun.

            - Je sais qui est le loup, dis-je dans un souffle.

 

Ayant tous plus ou moins bu au cours de la soirée, ces souvenirs m’étaient revenus comme une claque. J’aurais dû m’en rappeler, j’aurais dû comprendre dès le début que c’était une mise en garde, presque une promesse. Celle que nous allions tous mourir. Dès que le moindre doute était né. Dès que le moindre mensonge avait été dévoilé. La porte nous ayant menée à cette pièce s’ouvrit complètement dans un long grincement. Une silhouette apparut dans l’encadrement. La tête collée contre la sortie, je fermai les yeux au moment où Whoo Hyun écarquillait les siens.

 

            - Je savais que tu finirais par comprendre. Tu étais le seul qui le pouvait.

 

Il n’était pas mort. Ce n’était qu’une illusion, ou pire, le corps de quelqu’un d’autre. Cette voix douce, comme apaisée, ce ton supérieur, ce sourire dans cette phrase. Je me décidai enfin à me tourner vers la silhouette, ouvrant les yeux. Whoo Hyun s’était relevé, une larme d’incompréhension coulant sur sa joue.

 

            - Pour-Pourquoi ? Chuchota-t-il comme pour lui-même.

            - J’adore ce mot. C’est celui que vous dites tous à chaque fois, t’imagine pas à quel point c’est enivrant. Pourquoi tout sa ? Pourquoi nous ? Pourquoi ce rapport avec le jeu ? Pourquoi ? Why Why... ? C’est juste magique !

 

Sung Jong.

 

            - D’habitude, les joueurs qui ne trouvent pas la sortie avant l’aube doivent mourir, sa m’arrangeait car personne n’y était arrivé, préférant s’entretuer, à l'exception d'une seule personne, et vous vous  êtes ici avant même le crépuscule, un comble…

            - Les joueurs ? Des gens que l’on séquestre de force et que l’on tue, ce n’est pas un jeu, c’est du sadisme ! S’écria mon coéquipier.

            - Pardon ? J’ai tué personne pour l’instant, dit Sung Jong, offensé. Vous vous êtes séparés dès le début comme des crétins, et vous deux, vous vous êtes bouffés entre vous au lieu de vous épauler, je n’y suis pour rien. Et c’est Sung Yeol qui s’occupait de tuer les deux derniers. Je suis juste un loup qui regardait ses petits lapins se battre.

 

Des caméras, sans doute. Mais où était le point de contrôle ? Je n’étais plus sûr de rien. Avions-nous vraiment fait le tour de ce labyrinthe lugubre ? Est-ce qu’on nous observait ainsi depuis le début, guettant nos réactions ? Et surtout, qui était cette personne en face de moi, totalement différente de celui que j'avais rencontré la veille ?

 

- J'ai une petite heure à passer avant de m'occuper de vous et d'effacer les preuves, expliqua-t-il en s'asseyant tranquillement en tailleur sur le sol. Je vais vous raconter une histoire : celle de Sung Yeol.

 

Je m'assis également, ne cherchant pas la confrontation, et n'ayant plus rien à perdre. Même si je n'avais plus d'espoir, autant gagner un peu de temps tout en comprenant le pourquoi du comment. Who Hyun  nous dévisagea tour à tour, jugeant la situation légèrement décalée, mais s'asseyant à son tour, sur ses gardes.

 

- Il savait ce que je faisais, car il avait survécu à la partie précédente – une fille avec une tronçonneuse, sa tenait du miracle – et avait apprécié le concept. Il avait une vengeance à faire, et ayant tué la fille en question, il avait déjà dépassé sa limite de folie. Il était parfait.

 

J'en déduisis que sa vengeance se portait sur Dong Whoo, vu dans l'état dans lequel nous avions retrouvés son corps.

 

- Comment tu l'as persuadé de se débarrasser de Hoya ? Et pourquoi lui en premier ? Demandais-je sur le ton de la conversation.

- La drogue est très utile lorsqu'elle est bien utilisée, et le chantage aussi d'ailleurs. Il devait déjà avoir des tendances sado toute façon, car je lui ai juste dicté la phrase que je voulais faire passer, il s'est dit tout seul que ce serait fun de l'inscrire au scalpel sur le torse de ce pauvre Hoya, glauque non ? Car c'était un menteur, comme vous tous. Il m'a dit des belles paroles, m'a fait croire qu'il me comprenait...

 

Il semblait perdu dans ses pensées, se remémorant sans doute sa conversation avec Hoya. Ainsi, il était mort car il avait essayé de soutenir le plus jeune. Whoo Hyun l'avait également compris, car il lui lança un regard noir.

 

            - Sais-tu qu'il a tué un gamin en voiture ? Il est allé l'enterrer dans un parc sans rien dire à personne, a brûlé la voiture, et est rentré chez lui comme si de rien n'était. L'affaire n'a jamais aboutie. Et il osait me dire qu'il comprenait ce qu'était un mal être, cracha Sung Jong.

 

Whoo Hyun semblait septique, ce qui me fit sourire. Il avait été stressé dès le début, angoissé, paniqué, avait vomi, crié, pleuré, mais une fois arrivé devant la cause de tout ceci, plus rien. Juste de l’incompréhension. Et du scepticisme. Il me bluffait.

 

            - Arrête avec ce regard, Whoo Hyun, tu as déjà accompli ta vengeance dans la passé, et tu as des morts sur la conscience. Dors-tu la nuit ? Je t’aurais bien vu comme étant le prochain loup, sachant que tu es déjà accro aux antidouleurs et autres calmants. Tu pourrais être aussi bien que ce cher Sung Yeol.

 

Je me leva pour retenir mon ami qui s’apprêtait à se jeter sur Sung Jong. Il ne fallait surtout pas se mettre à dos la seule personne capable de nous sortir d’ici. Il se leva également, s’approcha de nous et soupira. Il passa entre nous deux et posa son poignet sur le petit boîtier. La porte s’ouvrit et une lueur illumina la pièce. Le soleil se couchait. Nous étions dehors. Un grand terrain orangé s’étendait jusqu’à des grillages pleins de barbelés. Je remarquai que notre ravisseur avait pris la précaution de prendre un bidon d’essence avant de refermer la porte. L’air était tiède et léger, avec une odeur agréable qui me frappa de plein fouet. Une odeur de liberté. Je jetai un coup  d’œil discret derrière moi. Le bâtiment ressemblait à une usine  abandonnée. Je vis les barreaux aux fenêtres, immobiles, froids, bien content d’être passé de l’autre côté.

 

            - C’était un ancien asile psychiatrique, fermé lorsque la police a découvert de quelle        manière était traité les patients, raconta Sung Jong, ayant vu mon regard.         Heureusement, le directeur avait fait s’écrouler le sous-sol pour que personne ne sache   où menait le chemin de fer que vous avez dû voir.

            - Tu en faisais partie ? Demanda Whoo Hyun, ironique.

- J’y fus interné, mais pour de mauvaises raisons, il y a déjà plusieurs années. C’est le premier endroit qui m’était venu à l’idée, mais je n'avais pas pu l'utiliser avant aujourd'hui.

 

Nous nous stoppâmes devant le grillage délimitant le terrain orangé. Et devant un trou béant à même le sol. Ce dingue nous avait creusé une tombe.

 

            - On va se lancer à notre recherche, tu ne perds rien pour attendre, tenta Whoo Hyun.

 

Sung Jong souri, fier. Je compris enfin.

 

            - Sung Yeol. Ce sera le criminel officiel. Ils pourront voir que nous étions cinq, dont un carbonisé et deux enterrés. Ils feront tout de suite le lien avec Dong Whoo, et le temps que quelqu’un arrive jusqu’ici, Sung Jong aura effacé toutes les preuves qui pourraient l’inculper. Tu as réussi, continuais-je, à mettre tout ce que tu as fait, toute cette stratégie partant d’un jeu sur portable, sur le dos d’une seule et même personne, et à le faire passer pour un vrai psychopathe, qui aura décidé de se donner la mort avec une overdose. Du pur génie.

 

J’éclatai d’un rire amer, presque fou. Car je savais que nous n’aurions aucune chance, et qu’en plus, il ne serait jamais jugé, continuant sans aucun doute ses massacres ailleurs…

 

            - Merci du compliment. J’ai bien sûr tout le temps qu’il faut pour effacer mes traces, et même commencer un nouveau jeu. Tu as été intelligent, et assez perspicace, mais sa ne t’aura servi à rien.

 

Sur ces mots, il nous planta une seringue dans le cou, avant de me pousser le premier de toutes ses forces pour me faire basculer dans ma tombe. J’étais paralysé, jusqu’à ce que je comprenne quel poison il m’avait injecté. Je fermai mes yeux lourds, persuadé de ne plus jamais les rouvrir.

 

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Je me réveillai en sursaut. Mon souffle était saccadé, mes yeux ne supportait pas la lumière, des tubes bloquaient mes narines.

 

            « - Il s’est réveillé ! Docteur, venez vite !!

   - Il respire mal… Compression… 1 milligramme de Soloxine, vite !! »

 

Ma tête tournait, tambourinait. Je ne savais pas où j’étais, ni ce qui ce passait. J’entendais juste un brouhaha assourdissant. J’essayais de me relever, mais on me repoussait.

 

            - Calmez-vous, vous venez de passer deux semaines dans un semi-coma artificiel, vous n’étiez pas censé vous réveillez aussi rapidement, votre corps ne suis pas le mouvement. Il va vous falloir encore quelques jours de récupérations, et que l’on vous laisse sous intubation cette nuit.

 

Je me détendis enfin, sachant ce qui m’arrivait, et de la bouche d’un médecin qui m’inspira tout de suite confiance. Ils purent faire leurs injections et vérifier que mon corps allait à peu près bien, ainsi que mon cerveau. Les infirmières partirent, et le médecin s’installa à mes côtés.

 

            - Peux-tu parler ? Me demanda-t-il.

            - Oui, mais je me sens très faible… Je suis sensé être mort, pourquoi suis-je là ? Et pourquoi en coma artificiel ?

            - Reste couché, et surtout, calme. Ton histoire est incroyable, et ton instinct de survie tout autant. Ton corps a subi quelques conséquences par contre…

 

Il se stoppa, se leva et alluma un écran en face de moi, auquel était accroché toutes mes radios. J’avais une sorte de fissure un peu de partout, et sans aucun doute des hématomes.

 

            - Tu as reçu des chocs sur tout le corps, mais surtout à ces endroits, désigna-t-il. Les côtes et les poignets montrent que tu t’es battu, mais le plus étonnant était ta cheville gauche et tes deux bras, ce sont des blessures invisibles de l’extérieur, qui montrent que l’on t’a transporté… C’est en entendant ton ami qu’on a compris, je pense que tu lui dois la vie, sourit-il.

            - Whoo hyun, il va bien ? Comment nous a-t-ils sorti de là ? Ils ont trouvé des indices dans l’établissement ? Questionnais-je en tentant de garder mon sang-froid.

            - Commençons du début : un camion militaire vous as trouvés à l’entrée du bâtiment, commença-t-il, gêné. Vous étiez pleins de terre, de sueur et de sang. On vous a ramenés ici, ton ami ayant presque perdu la raison. Il disait avoir été enterré vivant après que tu es reçu une sorte d’anesthésique. Nous pensons qu’il a été enterré peu après toi, est sorti de la terre grâce à ses mains et t’en as sorti par la suite.

            - Où est-il ? Demandais-je, incrédule.

            - Il est malheureusement mort la semaine dernière. Nous l’avions soigné de toutes ses     blessures, et il s’apprêtait à nous faire la déposition de tout ce qui s’était passé, mais       une infirmière lui a donné un médicament auquel il était allergique. Sa lui a été fatal.

 

Je supposa qu’il n’avais pas eu le temps de dire quoi que ce soit. Il avait réussi non seulement à sauver sa peau, mais également à me sauver en même temps, et il était mort de s’être fait soigner. Quelle ironie. Je m’assis difficilement. Comment allaient-ils me croire ? Le médecin m’indiqua d’un signe de tête le policier qui se tenait devant la porte, en me précisant qu’il ne savait rien d’autre de l’affaire que le nombre de morts et le lieu. Il me dit également que je pourrais marcher d’ici trois jours, vu la vitesse à laquelle je me rétablissais. Je le remercia, et il me laissa seul avec le grand policier étonnement jeune qui s’installa à mes côtés. Il se présenta en tant que commissaire, ne précisant pas son nom. Je l’écoutais plus ou moins, mon côté détestant les flics reprenant le dessus, jusqu’à ce qu’il parle de l’affaire en essayant de me poser des questions, et qu’un détail m’interpelle.

 

            - Vous pouvez répétez ? Il y avait la trace de six hommes ?

            - Tu pourrais au moins répondre à mes questions et m’écouter, continua-t-il de sa voix     rauque. Il y a trop de traces de pas, et il n’y a eu que cinq empreintes d’identifiées,         mais vous étiez six, j’en suis certain.

            - Le sixième est l’organisateur de tout cela, il nous avait dit qu’il effacerait toutes les      preuves…

            - Mon instinct, sans même parler de celui de flic, ne me trompe jamais. Le problème,       c’est que nous n’avons rien pu prouver jusqu’à maintenant, et que cette affaire a pris       une trop grosse ampleur durant ton sommeil, surtout au niveau médiatique. Même si tu             nous fais une déposition, si nous ne trouvons pas de preuves, toute l’affaire se       retrouverait sur le dos d’un certain Sung Yeol.

 

Il se leva et se dirigea vers la fenêtre, une lueur mélancolique dans le regard.

 

            - Je ne comprends toujours pas, même si je n'ai que dix ans de carrière, comment on        peut être aussi cruel, surtout partant d’un jeu sur portable. C’est carrément malsain.       C’est pour cela que j’avais besoin de ton témoignage, avoir au moins une preuve        concrète. J’aurais aussi voulu que tu m’accompagnes là où on vous a trouvés, pour   refaire le chemin que vous aviez faits, mais j’avais peur que sa te remues trop…

 

Je repris un air impassible. Nous y voilà : le gentil flic qui prenait soin de vous en vous demandant votre avis pour être certain que vous ne puissiez pas dire non. J’acquiesçai malgré tout. Je savais que j’étais forgé pour supporter de retourner là-bas. Il expira profondément, soulagé de ne pas avoir à négocier. Mais également débarrassé d’une sorte de fardeau qu’il avait dû porter durant ces deux semaines et dont je venais de l’en débarrasser.

Le fardeau d’être le seul à connaître, ou du moins à supposer, la vérité.

 

Pendant trois jours, je dus prendre un cocktail très strict d’anti-inflammatoires, analgésiques et autres comprimés pour pouvoir me rétablir correctement. Le commissaire en profita pour prendre ma déposition complète de tout ce qui s’était passé. Il n’avait pas parut étonné que Whoo Hyun et moi nous nous soyons battus, compris à qui appartenait le corps carbonisé qu’il n’arrivait pas à identifier, et s’offusqua ouvertement de tout le mal qu’avait commis Sung Jong. Pouvant enfin sortir de l’hôpital, je promis au médecin de revenir le voir avant la fin de la semaine, de suivre correctement mon traitement et de ne pas trop forcer sur mes muscles encore endommagés.

 

Nous arrivâmes à l'ESMPD, ou « établissement spécialisé pour le maintien des personnes dangereuses », véritable nom du bâtiment désaffecté. Un nom aussi terrible que les actes qu'il s'y passait, d'après l'inspecteur. Des voitures de police entouraient le secteur. Nous arrivâmes à ce qui avait été notre porte de sortie, à Whoo Hyun et moi. Le policier voulait que nous refassions le chemin ensemble en partant de la fin, afin de voir ce qu'ils avaient pu louper et boucler enfin cette affaire en trouvant de véritables indices, choses qui manquaient à son dossier depuis mon arrivée à l'hôpital. J'étais étonné de voir qu'il restait encore tous les masques, scalpels et autres objets en tout genre ayant servi pour notre captivité et sans doute pour d'autres avant nous.

 

- Il n'y a pas une empreinte, rien qui puisse indiquer leur provenance, m'expliqua le commissaire. Tu as l'impression qu’ils ne servent à rien hein ? Me taquina-t-il, voyant que je dévisageai les analystes présents dans la pièce.

- Je me dis juste qu'en deux semaines, il a facilement eu le temps de faire disparaître les preuves.

 

Je lui expliquai un maximum de choses en un minimum de mots, ne voulant ni le contrarier, ni me mettre la pression. Lorsque nous traversâmes le couloir aux fenêtres à barreaux, je ne pu retenir un hoquet. Se rappeler à quel point nous croyons mourir à ce moment-là était un supplice. L'inspecteur le remarqua, et me laissa le temps de reprendre mon souffle. Nous descendîmes la pente, et je lui raconta comment un morceau de plafond avait créé ce... truc. Il retrouva le sourire, comparant mes explications à un robot vendant des appartements. Dans la grande pièce régnait encore une chaleur prenant à la gorge, et une odeur indéterminable pour quiconque ne savant pas ce qui s'était passé. Les corps avaient été retirés, laissant place à des traces de sang ou de brûlé selon l'endroit. Cette fois-ci, je me dirigea vers les escaliers, et m'écroulai, mes muscles me faisant un mal terrible.

 

- Je retourne à la voiture chercher tes médicaments, essaye de te détendre, je n'en ai pas pour longtemps. Sa fait beaucoup d'émotions en si peu de temps.

- Ne me laissez pas, osais-je articuler, ayant remarqué l'absence de présence humaine dans cette pièce.

- Tu ne risque plus rien, L. tout est fini maintenant, me sourit-il.

- Je ne vous l'ai toujours pas demandé, mais quel es votre nom ?

- Je m'appelle Peter Kwon.

 

Je le regarda s'éloigner d'un pas précipité. Un téléphone sonna. Je ferma les yeux, laissant une larme couler le long de ma joue. Je m'approcha de la sonnerie, qui se situait dans les toilettes. J'entra dans la pièce lumineuse. Un petit portable était posé sur le lavabo. Je le pris et décrocha.

 

- Tu arrivais à le croire, n'est-ce pas ? Mais ce pauvre commissaire ne sais pas que j'avais un loup dans l'hôpital, et encore moins dans l'un de ses analystes, qui a pris soin de faire sortir tout le monde du bâtiment à l'instant, me lança la voix de Sung Jong, suivi d'un ricanement. Tu aurais pu être un sacré élément, mais tu es devenu trop dangereux pour que je puisse te laisser en vie. J'ai juré d'avoir votre peau à tous.

 

Je ne répondis rien, n'ayant plus de salive, plus de pensées, plus d'espoir. Un ''bip'' répétitif se fit entendre au-dessus de ma tête. Je regarda une petite lumière rouge clignoter au rythme du son. Je souris pour moi-même.

 

- Des bombes, n'est-ce pas ? Murmurais-je.

- Sacré élément, répéta-t-il, presque déçu. Ne t'inquiètes pas, je laisse ton super commissaire en vie, qu'il puisse culpabiliser de n'avoir jamais pu classer cette affaire. J'ai déjà effacé tes dépositions de tous ses ordinateurs. J'aime savoir qu'il restera une personne vivante souffrant à votre place...

 

Le petit bruit se fit plus rapide. Je ne pensa même pas à courir, sachant que s'il savait ce qu'il se passait, il me verrait grâce à une caméra ou quelque chose du genre, et qu'il me tuerai d'une autre manière. Pourquoi repousser à demain ce que l'on peut subir aujourd'hui ?

           

- J'ai hâte de recommencer une nouvelle partie. Je penserai à toi, tu seras mon nouveau trophée. Jusqu'au prochain.

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