Crush 2

par bluebunny404

Comme tous les matins, je prenais le bus pour aller en cours, je n’en avais vraiment pas envie, j'étais épuisé. Insomniaque et à moitié dépressif, mes nuits étaient courtes et agitée, pas le temps de me reposer. Pour ne rien ajouter, je vivais à presque deux heures du lycée et pas d'accès au pensionnat, plus les devoirs, j'avais l'impression de ne plus avoir de vie... C'était pour la bonne cause, c'était pour me préparer pour mes études supérieures, pour ma carrière, même si la motivation disparaissait avec le temps... Puis avec mes parents toujours sur le dos, à me mettre constamment la pression j'avais presque plus de plaisir à faire quoique ce soit.

Il y avait bien une chose qui me ravissait chaque matin, qui me donnait envie de sortir de mon lit, d'aller en cours du matin au soir, c'était de prendre ce dernier bus qu'il me restait avant d'arriver au lycée. Non pas que j'aime particulièrement les transports en commun mais les personnes se trouvant dans celui-ci étaient spéciales, une en particulier. Il était là tous les jours, dès que je montais dans cette ligne. A chaque fois que je l'apercevais je ne pouvais m'empêcher d'être heureux. Il était différent des autres et j'avoue que ça m'attirait. Asocial comme je suis, je me contentais de le fixer durant ces vingt minutes allé et vingt minutes retour. Mon petit plaisir à moi.
Il arriva à l'arrêt de bus où j'attendais déjà, bien que concentré sur mon livre, j'avais un radar interne qui m'alertait de sa présence. Aujourd'hui je le trouvais encore plus beau qu'à son habitude. Ses cheveux étaient blond platine, légèrement grisés, lui allant à merveille, je ne l'avais jamais vu avec une autre couleur à vrai dire. Il n'était pas grand, je dirais même légèrement plus petit que moi mais avait le double de mon épaisseur, voir le triple tellement j'étais chétif. Étant donné le temps estival, il portait un débardeur assez lâche, montrant ses bras musclés comme j'avais et assez coulant pour souligner ses abdos et pectoraux qui semblaient magnifiques. J'en avais l'eau à la bouche. Vu comme ça il ressemblait à mon homme idéal. Son slim dessinait bien, très bien même, la forme de ses cuisses, gonflées comme pas possible et de ses mollets tout étant développés. Ses proportions étaient magnifiques. Ses chaussures semblaient usées. J'avais entendu parler qu'il dansait énormément alors cela venait sûrement de là, sa tenue mégère et confortable, des baskets presque trouées, une musculature fine.

Le bus arriva enfin je me retrouvai à la porte en même temps que lui, il me sourit et s'écartant pour me laisser monter le premier. Mon cœur fit un bond, son visage s'illuminait lorsqu'il montrait ses dents, au passage blanches et bien alignées. N'avait-il pas de défaut ? Je m'assis à ma place habituelle et lui a sur le siège de l'autre côté du couloir, nous étions séparé par ce vide et la circulation qui y passait. Je le fixais et le déshabillait du regard me demandant comment il faisait pour ne pas me remarquer et venir me demander d'arrêter, ça doit vraiment pas être confortable pour lui... Je me forçais pour détourner les yeux de sa personne mais rien y faisait, je revenais automatiquement sur lui, comme un aimant.

La musique de mon portable tournait et ne cessait de me mettre des chansons soit parlant d'amour soit de sexe, c'était légèrement gênant d'écouter ça en le regardant. Je n'avais jamais eu de pensées obscènes le concernant, juste les battements de mon cœur qui s'accéléraient. Je n'avais aucune raison d'être attiré par lui, je ne le connaissais pas du tout, et ce n'était pas son corps qui m'intéressait. Ce qu'il dégageait me prenait dans ses filets. Je ne pouvais pas résister à son charme mais je n’osais pas l’approcher, je me contentais de lui rendre ses sourires sans signification.

Il ne semblait pas bien aujourd’hui, son visage était fermé, pensif. Les yeux rivés sur son portable, j’avais juste envie de le réconforter, et si j’avais pu lui envoyer mes messages pour lui redonner le sourire. Je voulais qu’une seule chose, le prendre dans mes bras et le serrer contre moi. Disons que ce couloir m’en empêchait… Le bus s’arrêta, il se remplit soudainement, il y avait toujours beaucoup de monde ici. Une tâche rouge apparu et me bloqua la vue quelques secondes avant de se déplacer pour se tenir à la barre juste devant moi. Automatiquement je retournai la tête vers ma distraction quotidienne. Il le regardait, ses lèvres s’étiraient doucement. Ressentait-il ma même chose que moi mais pour cette personne ?

Je baissais la tête, le cœur lourd et me mit à regarder par la fenêtre. Rapidement, quelques chose me dérangea, comme une pression.