CHAPITRE 8 : TUTTI QUANTI

par Gaïa-sama

CHAPITRE 8 : TUTTI QUANTI



Séoul, Novembre 2013



On se dirigeait les douze vers le fin fond de la forêt. J’ai la trouille putain… Je n’ai aucune idée de ce qui est censé se passer les soirs de pleine lune ! On s’arrêta à un endroit bien reculé, Kris, Chen, Baekhyun, Kai, Sehun et Lay s’étaient écarté de nous autre et nous regardaient avec insistance.

Je soupirais. Je n’ai pas eu le temps de l’ouvrir que je sentais une profonde colère m’envahir suivie d’une douleur insoutenable. Cette douleur… Je la reconnais. C’est comme ce soir-là. Je tombais à genou sous les déchirures que me provoquait ma transformation, et j’essayais de jeter des regards autour de moi. Je ne voyais que des yeux passer de rouges à dorés, je n’entendais que des cris… Je m’allongeais et fis comme la dernière fois. J’abandonnais l’idée de lutter contre cette douleur, et la laissa m’achever, me couper le souffle… Puis repartir, doucement. Du plus profond de mon corps jusqu’au bout de mes doigts. Puis j’ouvrais les yeux et tombais sur les autres, eux aussi transformés.

Bizarrement, je me sentais bien. Là, avec eux. Je ne me sentais pas bizarre, ils étaient tous comme moi. Ils avaient des couleurs différentes, la couleur de leurs yeux étaient aussi différentes… Un loup un petit peu plus petit que moi s’approcha. Il était marron assez clair et ses yeux étaient d’un bleu tellement clair qu’ils étaient presque transparent. Il était vraiment… Beau.

« Coucou, c’est moi, Sehun ! »

Oh… Sa forme de loup collait très bien à sa personnalité. Je regardais un peu mieux autour de moi et constatais que je pouvais reconnaitre chacun d’eux, autant par leur aspect physique que par leur odeur.

« En gros, les soirs de pleines lunes les « rookies » sont obligés de se transformer. C’est comme un… Effet secondaire. Ça ne nous le fait plus à nous, mais on s’est transformé pour vous accompagner ! »

Nous accompagner ? Comment ? Où ? Et comme d’habitude, Sehun répondit à ma question.

« On va aller se dégourdir les pattes un peu ! Toute la forêt est à nous… Alors cours ! »

Kris se mit à courir, suivis de près par les autres. Je regardais les autres « Rookies » et me mit moi aussi à courir. C’était juste… Indescriptible. Je ne me suis jamais senti aussi bien que quand j’avais commencé à courir. Le vent froid me fouettait le visage… Enfin, je ne sais pas trop si je peux dire le visage, mais bon… Je sentais chaque odeur précisément, entendais la respiration de mes amis, et prenais plaisir à accélérer, toujours plus, sans me soucier de ce qu’il y avait devant moi… Etant donné que je voyais dix fois mieux.

C’est le pied. Sincèrement.



♦♦♦♦



Une semaine. Une semaine qu’on habite tous dans cette maison. Une semaine qui m’avait permis de retrouver le sens du mot « Famille » et « Amis ». Je savais que cette nouvelle vie allait me plaire, je n’imaginais pas que ça allait arriver si vite. Tao, mon super compagnon de chambre est en réalité adorable, Kyungsoo a son charme et fait divinement bien la cuisine et Xiumin le café. Xiumin, on l’appelle comme ça maintenant, est assez discret, du coup j’ai encore du mal à le cerner… Kai est en réalité super gentil. Je dirais même que son caractère se rapproche beaucoup de celui de Tao. Kris était le « Chef », charismatique mais rigolo. Chen et Baekhyun ne faisait que de blaguer, tandis que Chanyeol les clashaient gentiment. Lay était toujours un peu perdu mais c’était assez drôle en fait. Et Sehun était fidèle à lui-même… Doux. Seul Jun Myeon avait encore un peu de mal à s’adapter… Mais bon. Ça ne faisait qu’une semaine.

Malgré ça, j’ai toujours mes moments de solitudes. Ces moments où j’ai besoin de plonger dans mon fort intérieur… Et ce soir en est un. J’adore être ici, j’adore déjà tous ces gens… Mais ça ne peut pas remplacer ma vraie famille, celle qui m’a gentiment laissé sur le côté. Alors pour éviter de déranger tout le monde, je prends de quoi me faire décoller et je sors.

Je marchais depuis un petit moment dans la forêt maintenant, je décide de m’arrêter et m’étale au sol. Ici, c’est le seul coin où on peut apercevoir le ciel… Et ce soir les étoiles étaient nombreuses. Première bouffée de cette herbe qui me faisait oublier quelques instants. J’expire lentement et je sentais mon corps se détendre. Deuxième bouffée, je commençais à réfléchir.

Pourquoi mes parents m’avaient fait au juste ? Faire un gosse pour le laisser se faire éduquer par la nounou et ensuite le laisser aller habiter seul, sans jamais passer le voir, sans jamais lui téléphoner, juste pour savoir comment il va. Pourquoi je suis né ? Je n’ai servi absolument à rien dans leur vie. J’étais une –Troisième bouffée- putain de décoration. Quelque chose qui faisait bien dans les réunions de famille ou les réunions d’entreprises. Quatrième bouffée.

Encore je serais comme Jun Myeon… Je servirais à quelque chose pour leur entreprise, même si j’étais là juste pour être un héritier… Au moins je serais là pour quelque chose. Non, je ne comprends pas. Et maintenant c’est encore pire… Qu’est-ce que je suis censé leur dire ? Papa, Maman ! Je suis un loup ! –Cinquième bouffée- Putain un loup quoi ! Je pète une durite quand viens la pleine lune, j’entends les pensées aussi ! Mais tout va bien. Tout va très bien. –Sixème bouffée-

J’attrapais la bouteille que j’avais laissé un peu plus loin et porta le goulot à mes lèvres. Le liquide qui passait dans ma gorge me brulait, mais c’était agréable. Je sentais cette chaleur traverser ma gorge et descendre le long de mon œsophage…

Je me recouchais et pris une septième bouffée, un peu plus longue que les autres. Je fermais les yeux. Dans quel état j’avais mis ma putain de vie hein ? Je n’étais même plus capable de me passer de ces conneries… Cannabis, Cocaïne, Ecstasy, Alcool… Bravo Luhan. Toutes ces substance qui me grillaient le cerveau et me faisait replonger dans mes mal êtres intérieurs…

Avant, t’étais pas comme ça Luhan… Non, avant j’étais gentil, mignon. J’étais le genre « cute », le genre dont les meufs raffolent. Avant, j’avais des amis. Avant qu’ils se barrent tous à la fac et me laisse tout seul parce-qu’ils ont « mieux à faire » que de me voir. J’avais oublié qu’ici… Si vous n’allez pas à la fac vous êtes complètement con. Qu’elle honte ! Avoir un ami qui glande chez lui ! Oh… Et vous ne savez pas ce qu’il fait ? Il se drogue, il boit, il couche à droite à gauche…

Je rigolais et tirais une dernière fois sur mon join…

Je hurlais en plein milieu de la forêt en rigolant. Personne ne pouvait m’entendre, personne ne voulait m’entendre. Ca a toujours été comme ça de toute manière ! Pourquoi on s’intéresserai à Luhan ? On s’en fiche de ce qu’il fait de sa vie, la nôtre est tellement mieux !

Inquiété ? Il s’était inquiété ? La bonne blague…

«  Luhan… Arrête d’être triste, d’accord ? Je ressens tout ce que tu ressens en ce moment et c’est… dur. »

Je sentais mes yeux me piquer, j’allais craquer. Je fermais les yeux très forts, priant pour que les larmes s’arrêtent. Je sentis qu’il s’allongeait à côté de moi… Qu’est-ce qu’il me veut à la fin… ?

«  Je ne t’ai pas déjà dit que je serais toujours là maintenant ? Et tous les autres aussi. Il y a Kris, Tao, Chanyeol, Chen, Lay, Baekhyun, Xiumin, Jun Myeon et Kyungsoo… On sera tous, toujours là. »

Je laissais maintenant les larmes couler le long de mes joues et les sanglots secouer mon corps, gardant toujours les yeux fermés.

« Luhan, il fait froid et tu es fatigué. On va rentrer et tu vas dormir un bon coup. D’accord ? »

Je me levais difficilement. Ma tête me tournait et je n’arrivais pas à m’arrêter de pleurer. Je suis ridicule. Ouais, ridicule. Sehun pris un de mes bras qu’il passa au-dessus de ses épaules et on marchait vers la maison en silence.

La porte s’ouvrait, laissant apparaître Tao qui souriait à pleines dents… Mais qui perdit vite son sourire quand il me vit.

Tao vint prendre mon autre bras et le plaça de la même manière que Sehun et ils m’emmenèrent jusqu’à la chambre où ils me lâchèrent sur le lit.

Je vois Tao me regarder, est-ce qu’il est vraiment inquiet ? C’est plus que ça. On dirait qu’il est effrayé… Il m’enlève ma veste tout doucement, comme si j’allai me casser.

Je le vois se lever et chercher quelque chose dans son lit. Il se retourne vers moi, un petit sourire s’était dessiné sur ses fines lèvres.

Il m’avait donné une de ses peluches grenouille. Celle-là était toute douce, elle avait des jambes gigantesques par rapport à ses bras et son corps et un grand sourire s’étendait sur les trois quart de son visage. Je souris à Sehun et me retourne vers le mur. Je suis fatigué. Fatigué de cette vie, fatigué de ce passé. Fatigué de ne pas pouvoir faire confiance à toutes ces personnes qui sont là pour moi maintenant, fatigué de devoir faire du mal à Sehun qui ressent tout ce que je suis en train de ressentir en ce moment…

Je prends SaRang que je serre contre moi et ramène mes genoux vers moi… SaRang sent pareil que Tao… La vanille.