CHAPITRE 3 : HUANG ZI TAO

par Gaïa-sama

CHAPITRE 3 : HUANG ZI TAO



Séoul, Octobre 2013



Je coupais ma respiration, essayant de retenir mes larmes et en essayant de me rassurer en me disant que c’était la dernière fois… La tête dans les toilettes, la main d’un petit merdeux me forçant à la laisser dedans et son autre main qui tire la chasse d’eau… Voilà mon quotidien.

Huang Zi Tao. Caractère : un peu trop gentil, un peu trop sociable, un peu trop mignon pour être un garçon, un peu trop efféminé pour être hétéro. Toutes les raisons pour lesquelles des gens venaient me harceler autant physiquement que verbalement, tous les jours.

J’adore les gens, j’adore la compagnie… Malheureusement celle que j’ai n’est pas celle que j’aurai voulue. Les gens qui restent avec moi sont des profiteurs, ils profitent de ma gentillesse et me font du mal… Ils me font faire des trucs dangereux ou débile sous le simple prétexte que si je ne le fait pas, je ne suis pas un homme.

Je ne comprends pas… Il est où le problème ? Où est le problème dans le fait que je suis un peu plus enfantin que les autres de mon âge ? Où est le problème dans le fait que je suis plus sensible que n’importe quel « homme » ? Où est le problème dans le fait que j’aime m’habiller, que j’aime me maquiller légèrement ? Non. Je ne comprends pas pourquoi je dois subir toutes ces insultes, tous ces gestes, toutes ces agressions.

Je me laissais glisser le long du mur des toilettes, laissant mes larmes couler. Mes mains tremblent, j’ai du mal à respirer… J’aimerais tellement que tout ça s’arrête. C’est l’heure de la pause déjeuner… Et je n’ai pas beaucoup de temps. Il faut que j’aille manger, bien que je n’en ai ni l’envie, ni la joie. Je me lève et me dirige doucement vers le self. J’évite de lever les yeux, évitant au maximum le regard des gens. Je n’ai pas envie de subir encore une humiliation aujourd’hui.

Une fois mon plateau en main, je cherchais les personnes que je considérais quand même comme mes amis, même avec ce qu’ils me faisaient… Et je me dirigeais vers leur table, quand un de mes amis passa devant moi, mettant un grand coup dans mon plateau qui se renversa totalement par terre. Il s’arrêta en me regardant, un air faussement désolé sur le visage.

Il était parti. Me laissant là au milieu avec mon plateau par terre, le verre et les assiettes cassées… Je voulais seulement qu’il m’aide à ramasser.

Une fois fini de tout nettoyer, je repartais me chercher un plateau. Il fallait que je me dépêche, la pause allait bientôt être terminée et je n’avais toujours pas mangé. Je recherchais mes « amis » mais ils étaient déjà partis. Je me dirigeais donc vers un table vide, posais mon plateau sur la table le temps d’enlever ma veste et commença à m’assoir.

Je venais de m’affaler par terre, un mec de la table de derrière avait enlevé ma chaise au moment où je m’étais assis… J’en peux plus. J’en peux plus ! C’est la troisième fois qu’on m’humilie en même pas une heure. Qu’est-ce qu’ils ont tous ?!

Mes yeux me brulaient, mes larmes coulaient, une fois de plus. Je levais les yeux vers celui qui venait de tirer la chaise et son sourire se fana. Je pouvais lire de la peur dans son regard, je pouvais entendre son cœur accélérer… Est-ce que je faisais si peur que ça en ce moment ? Attend… Comment ça se fait que j’entende son cœur aussi bien ?

Une main se posa devant mes yeux, une autre me remit debout et me tourna de l’autre côté. La personne enleva sa main. Un mec plutôt grand, le regard froid se tenait devant moi.

Il prend ma défense ? Personne ne l’avait fait jusqu’à maintenant… Pourquoi ? Il ne me connait même pas, ce n’est même pas un de mes amis…

Je fis ce qu’il me demandait, essayant de calmer ma respiration. Mes larmes s’arrêtèrent toutes seule et je réussi à me calmer. J’ouvris les yeux et vis qu’il souriait.

J’acquiesçais. Je ne comprenais pas la moitié de ce qu’il venait de me dire mais je m’en fichais. Ce que je venais de comprendre, c’est qu’il sera là pour me protéger de ces harcèlements… Et c’est la meilleure chose qui me soit arrivé depuis longtemps.