CHAPITRE 2 : LUHAN

par Gaïa-sama

CHAPITRE 2 : LUHAN



Séoul, Octobre 2013



Etaler dans mon lit, une bouteille de Sky dans la main gauche et un joint dans la droite, je me laissais repartir dans mon monde imaginaire. Un monde où tout va bien, un monde ou la vie est amusante, où est pas obliger d’être intelligent pour réussir, pas obliger de faire des études à rallonge pour gagner sa vie… Un monde où mes parents seraient présent, où ils m’emmèneraient en vacances avec eux, où ils s’intéresseraient un peu plus à ce que je peux bien foutre de ma vie.

Luhan, c’est moi. Mes parents sont blindés de thunes et m’en donne autant que je veux… Ce qui m’a conduit à ne rien foutre de ma vie. J’ai lâché les études après le bac, à quoi bon se faire chier à aller dans une université ? Je déteste les études. Travailler ? Pour quoi faire ? L’argent tombe du ciel pour moi. J’ai réussi à mythoner pour avoir un appart à moi en plein centre-ville, ils l’ont acheté et me paient aussi toutes ma bouffe, ma picole et même ma drogue sans le savoir. Ils pensent que je travaille dur pour réussir ma vie, mais ils ne se sont jamais vraiment fouler pour savoir si c’était vrai.

Ma vie est un perpétuel recommencement. Toutes les journées sont les mêmes et se ressemblent. Je me bourre la gueule toute la journée dans mon lit, me laissant imaginer des choses qui ne se produiront jamais, puis le soir je sors en boite en essayant de trouver du monde. Pas chose aisée vu l’histoire qui se trame en ce moment, mais je m’en tape. D’ailleurs si ces bêtes pouvaient venir me bouffer, ça m’arrangerai. Ca me sauverai peut-être de mon enfer.

Tous les matins, je trouvais une personne différente dans mon lit. J’avais au moins la chance d’avoir une jolie gueule. Souvent des filles, quelques fois des garçons, quelques fois les deux. Je ne me souviens jamais de ce que je fais durant ces soirées, jamais du prénom des gens qui se réveillent dans mon lit. Ma vie est triste, malsaine et longue… Mais je suis bien obliger de la continuer.

Je posais ma bouteille par terre et me levais difficilement pour m’habiller. Ce soir, pour la énième fois depuis le début de l’année, je sortais. Je coiffais vite fait mes cheveux blonds, enfilait un jean noir et une chemise verte tout en me brossant les dents. Un dernier regard dans le miroir et je partais. Pas besoin d’être excessivement beau, de toute manière j’arriverais quand même à ramener quelqu’un.

La musique est forte, la boite est quasiment vide. Seulement quelques fous comme moi étaient présent mais je m’en fou. Au moins ça laisse de la place pour danser. Une fille plutôt jolie vient se coller à moi, je place mes mains sur ses hanches et la laisse se déhancher au rythme de la musique. Au bout de quelques minutes je prenais sa main pour l’amener un peu plus loin, que je puisse lui parler.

J’avançais rapidement, voulant arriver le plus rapidement possible chez moi, mais quelqu’un me barra la route. Un type habillé en noir avec un masque qui lui cachait la moitié du visage. Il me regardait méchamment.

Aiish… Je déteste ce genre de situation. La meuf va encore me faire passer pour le gros lourd qui l’a forcée à venir avec moi et je vais m’en prendre une. Je sais me battre, mais j’suis pas spécialement en état là.

Il m’envoya un méchant coup de poing en pleine figure. Putain mais c’est pas vrai ! Je n’eus pas le temps de répliquer qu’il m’avait déjà mis à terre et m’assenait de coups de pieds. J’en ai marre. J’en ai marre de cette vie putain, j’en ai marre de ces gens violents à la première occasion, de ces gens qui me remettaient toujours la faute dessus…

Je me relevais et sentais ma respiration s’accélérer et devenir plus bruyante. Je ressentais un tiraillement dans tout le corps. Je levais le regard vers le mec en face de moi, et son visage se décomposa. Qu’est-ce qu’il a ? Je fais si peur que ça maintenant ? Je m’approchais et le pris pas le col pour lui en foutre une, mais quelqu’un me prit le bras.

Un mec blond platine me regardait intensément. Il ne souriait pas, il n’avait pas peur non plus. Je sentais le sang s’affoler dans mes veines et mon corps me faire de plus en plus mal.

« Lâche le, il faut se dépêcher de partir d’ici avant que tu te transforme là au milieu. »

Je rêve ou il venait de parler sans bouger les lèvres ? Je lâchais le mec d’en face doucement, ne comprenant plus du tout ce qu’il m’arrivait.

« Tu entends mes pensées, si jamais tu te poses la question… »

Quoi ? Moi ? J’entends les pensées des gens maintenant ? J’aurai du réduire un peu la dose d’exta tout à l’heure… Je pète un plomb là. Je n’eut pas le temps de protester, il tira sur mon bras et partit à toute vitesse. Enfin à toute vitesse… C’est gentil encore. J’avais l’impression de voler. On avait atterri dans une forêt, le mec blond me regardait inquiet tandis que je sentais mon souffle se couper sous la douleur qui me transperçait le corps.

Me laisser aller ? Aller dans quoi ? J’ai tellement mal que je ne peux pas sortir un seul son de ma bouche. Je fermais les yeux, laissant la douleur m’habiter et essayant de me « laisser aller ». Ça se calmait, ma respiration avait repris son rythme normal.

J’ouvrais les yeux et constatais que ma vue était différente. Je voyais beaucoup mieux, distinguant les endroits où ils y avaient des corps chaud, et d’autres un peu plus froid. J’entendais les gens parler à des kilomètres, le sang qui coulait dans le mec en face de moi et son cœur taper dans sa poitrine…

Transformation ? J’essayais de parler, mais un petit rugissement sortit de ma bouche. Je baissais les yeux et constatait que j’étais un espèce de … Gros loup. Merde, c’est quoi ce bordel !!?