Chapitre 9, Somebody take me away

par Fruity


~~~~ POV Jongin ~~~

Je l'attendais depuis maintenant presque dix minutes, sa secrétaire m'avait demandé d'attendre dans son bureau. J'étais assis en face de son siège,
vide pour l'instant, et fixai un cadre sur l'une des étagères.

" Elle était loin cette époque..." me fis-je.

Enfin la porte s'ouvrit. Mon père était enfin là. Sans me saluer, il alla directement prendre place à son bureau.

-" Dis-moi Jongin, tu sais que je déteste mêler vie privée et travail? "
-" Oui, je le sais."
-" Très bien, alors tu souhaitais m'humilier peut-être?!" Demanda mon père.

Il me fixait avec un regard à glacer le sang, sans une once de sentiments. C'était toujours ainsi.

-" Père...je ne voulais pas faire de mal à ce garçon, mais il était en train de..."
-" JE M'EN MOQUE. Tu as levé la main sur un élève, toi, mon fils. Tu savais très bien que ses parents allaient porter plainte.
Sais-tu que je viens de passer une heure d'entretien avec les parents de ce garçon pour m'expliquer et trouver un arrangement?
tu m'as ouvertement humilié, Jongin."

Je baissai la tête, tout cela était à prévoir. Les étudiants savent tous que je suis le fils du directeur. Un faux pas de
ma part est impardonnable.

-" Si seulement tout ceci pouvait s'arrêter à là...J'ai eu l'occasion de discuter avec ce jeune
homme en question également, et il m'a fait part de certains événements.

Mon coeur rata un battement, Je levai les yeux pour regarder mon père. Il me lançait un regard haineux, se mordant les lèvres et en serrant les poings.
Il se leva brusquement, faisant grincer le bruit de sa chaise.

-" Papa, je vais tout t'expliquer..."

//// SBAAAAF////

Ma tête fit un tour. Je posai ma main sur ma joue, devenue chaude face à la gifle, et baissai les yeux immédiatement.

-" Etre une brute ne suffit pas, tu devais être en plus un malade mental répugnant." me cracha-t-il au visage.
-" CECI EST FAUX! JE TE LE JURE! quelqu'un a lancé une rumeur, un garçon en a fait les frais, j'ai voulu le défendre... "
-" C'est aussi le garçon avec qui tu as fricoté en soirée n'est-ce pas? Do... Do Kyungsoo ? "
-" Nous sommes seulement amis, il ne s'est rien passé, je te le jure! " tentai-je de démentir.
-" Ne dit rien de plus, tu me donnes l'envie de vomir. Rien que te regarder est insultant. "

Il se retourna, à l'instant. Mon pire cauchemar venait de se réaliser. Mon père avait finalement était mis au courant de cette histoire.
Il me faisait peur, très peur. C'était le stéréotype de l'homme droit et parfait. Il ne supportait aucun défaut.
Je le craignais, il avait toujours été très strict avec moi, je devais être parfait pour son image. Petit, il n'avait eu aucun scrupule à me
frapper lorsque mes notes étaient mauvaises.
Je le détestais, ce n'était qu'un monstre à mes yeux.

Il ne disait rien, toujours dos à moi. Je redoutais sa prochaine réaction.

-" Je connais un bon médecin qui saura prendre soin de toi. " annonça-t-il finalement.

" Un médecin? ", j'étais donc "malade" à ses yeux?

-" MAIS JE NE SUIS PAS MALADE! Je te jure qu'il ne s'est rien passé, ce mec a dit ça car il m'en voulait !" répliquai-je.
-" Exprime-toi correctement, espèce de sauvage. On t'a mieux éduqué ta mère et moi."

Face à ces paroles, je me mis à me lever brusquement, faisant reculer ma chaise. Mon père se retourna à l'immédiat pour m'observer. Il me regardait de haut.
Son regard était froid et sans sentiment, je n'étais sentimentalement pas son fils.
Mon coeur me serrait, je veux lui dire ce que j'ai sur le coeur.

-" Tu parles d'éduquation? Tu n'as jamais été là pour me voir grandir, ni toi, ni maman. J'ai été balader de nourrice en nourrice. Tu n'étais là que pour
voir mes notes et me donner des consignes à respecter. Je ne pense pas qu'on puisse appeler cela de l'éducation. " dis-je, enfin libérer de ce poids là.

L'expression de mon père se figea, il écarquillait ses yeux, sûrement surpris de cette petite rébellion, mais il ne lâchait pas son regard du mien pour
autant. C'est alors qu'il fit un pas et s'approcha de moi, me faisant reculer de crainte.

-" Peux-tu répéter, Kim Jongin." Me dit-il en insistant bien sur notre nom de famille, seule chose qui nous liait.

Son visage était proche du mien, il serrait les dents. Je pris mon courage à deux mains et rétorquai sans attendre:

-" Tu ne mérites pas le titre de père, mais plus le titre de tyran."

Ses yeux s'ouvrirent face à ses paroles, il arborait une mine terrifiante. Il était temps pour moi de partir.
Je voulus m'enfuir lorsqu'il m'agrippa le bras et me tira d'un coup sec vers lui. Je tournai la tête en sa direction quand...

///SBAAAFF///

Je reçus une autre gifle, plus violente cette fois-ci. Je voulus m'échapper mais il tenait toujours le bras. C'est alors qu'il utilisa son autre main pour
attraper ma chevelure et me tirer vers le sol. Une fois à terre et il commença à me donner des coups dans l'abdomen à l'aide de ses pieds.
Je retenais mes cris, ne voulant pas lui offrir ce plaisir. Il me frappa un long moment, et gémissements furent de moins en moins étouffés.
Il ne disait rien, pas un mot, il frappait, encore et encore.

-" S'IL TE PLAIT ARRETE." finai-je par supplier, ce qui le fit s'arrêter instantanément.

Il s'écarta d'un pas, et souffla lourdement. Je trainais au sol, mes côtes me faisaient terriblement souffrir.

-" Dis-le." souffla mon père, essouflé.
-" Dire quoi..."
-" Dis-moi que tu n'aimes pas les hommes, mon fils."

Sa voix craqua à cet instant. Il se cambra pour reprendre son souffle à nouveau, ne semblant pas se remettre de cet effort.
Je ne répondais pas, je ne pouvais pas mentir sur cela. Mon corps me faisait mal, mais bien moins que mon coeur. Je le regardai du sol, il suait comme un gros
porc et se retenait de pleurer. Il me faisait pitié.

-" Désolé.J'aime les hommes, père. "



~~~~ POV KyungSoo. ~~~~



/// TOC TOC TOC ///

-" Kyungsoo! c'est Sunyoung! la femme de ménage t'a vu rentrer dans ces toilettes, je sais que tu t'y caches, ouvre-moi ! "

Dieu avait entendu mes prières, Sunyoung était ma seule chance de sortir de cet enfer.
SeungRi se recula immédiatement de moi de peur, et remit son pantalon.

-" Putain...elle va dégager cette salope..." Chuchota JiYong.

L'inconnu qui me tenait resserra son bras autour de mon cou, m'empêchant de crier à l'aide. Les quatre hommes regardaient la porte, attendant que Sunyoung
s'écarte. Mes sanglots étaient étouffés, et mon coeur me faisait terriblement mal. Je priais pour qu'elle ne parte pas, elle était ma seule chance.

-" Kyungsoo, ouvre-moi! je ne vais rien te faire, je te crois moi! Fais moi confiance.." Retenta Sunyoung, qui tentait d'ouvrir la porte.

Je jetai un regard sur JiYong qui me faisait face, il serrait les dents.

" Pourvu qu'ils ne lui fassent pas de mal..." pensai-je.

-" KYUNGSOO! OUVRE CETTE PORTE! " cria Sunyoung de l'autre côté.

De mon côté, je tentai en vain de me débattre. J'avais l'impression de mourir, mes membres étaient lourds, et je ne pouvais quasiment plus regarder
JiYong qui se trouvait devant moi, à cause de mes larmes.

-" Kyungsoo...Je sais que tu n'as rien fait à Jongin, jamais tu ne ferais de mal à quelqu'un. Tu ne vas pas passer toute ta vie à te cacher!"

Dieu merci, elle n'abandonnait pas.
Soudainement JiYong reboutonna lui aussi son pantalon. L'homme qui me tenait, surpris lui aussi, relâcha légèrement son emprise.
" C'est ma seule chance..."

-" SUNYOUNG ! JE SUIS LA, AIDE MOI! SUNYOUNG ! " Criai-je le plus fort possible.

SeungRi fit un bon quand soudain je sentis l'emprise autour de mon cou se défaire. JiYong s'élança sur la porte et l'ouvrit d'un trait, les trois autres
ne perdirent pas leur temps, et le suivirent, prenant leurs jambes à leur cou.
J'eus cru entendre un couinement, celui de Sunyoung qui venait de se faire percuter par la porte.

J'étais étalé sur le dos, ma chemise grande ouverte. Mon souffle était lourd, très lourd. Je n'arrivais plus à respirer normalement.

-" Sunyoung..." tentai-je en m'étouffant à moitié.

Mais aucune réponse.

-" Sunyoung, je suis là.." sanglotai-je.

Ma vue était troublée, je ne voyais presque plus rien. Ou était-elle?

-" KYUNGSOO!!!!" cria-t-elle enfin.
- " Sun..."
- " QU'EST-CE QU'ILS T'ONT FAIT?!! OH MON DIEU! " Fit-elle en criant encore.

Je sentis ses mains sur mon torse, elle referma du mieux qu'elle put ma chemise, puis me redressa.

-" Sunyoung..."

J'éclatai en sanglots contre sa poitrine, la serrant contre moi. Je sentis alors une main caresser mes cheveux.

-" Chut, je suis là... ne pleure plus."

Je me réconfortai contre elle, me laissant calmer par ses caresses.

-" Ils...ils t'ont fait du mal...les monstres...on va aller prévenir la police, on ne peut plus laisser passer ça encore..." fit-il, d'une voix brisée.
-" Je ne veux plus retourner en cours...je ne veux plus...je veux rentrer chez moi..." craquai-je encore.
-" Les gens seront punis par leurs actes, on va aller dénoncer cela à l'établissement et on ira voir la..."
-" Sunyoung..." la coupai-je.
- " Oui, oui désolée, je t'écoute..."

-" Je ne veux plus revivre cela...je veux mourir...ça fait trop mal..."

Je le pensais réellement. J'étais humilié et sali. Cette descente en enfer ne s'arrêtait plus, plus le temps avançait et plus je souffrais.

-" Ne dis pas ça. On va démentir cela et après tout ira mieux."

Je me défis de l'étreinte de Sunyoung, la repoussant de mes bras.

-" Non...rien n'ira mieux. C'est encore pire ! BAEKHYUN M'A TRAHI, LES GENS M'ONT HUMILIE, ON A VOULU ME VIOLER! " Criai-je en me redressant.

Je voulus partir mais Sunyoung s'agrippa à mon bras pour me retenir.

-" Kyungsoo, s'il te plaît calme toi! on va aller voir le directeur, tout de suite..."
-" NON. JONGIN AUSSI AVAIT DIT QUE LES CHOSES PASSERAIENT! MAIS REGARDE OU J'EN SUIS ! " lui hurlai-je dessus.


C'est sans lui laisser le temps de répondre que je partis en courant, en y oubliant mon sac. Je courus dans les couloirs, encore une fois.
Je traversai le hall à toute vitesse. Une fois dans la rue, je m'y arrêtai un instant, me cambrant pour reprendre mon souffle.
" Je n'ai plus d'issue...."

Je partis en direction de chez moi en courant, percutant des passants sur mon chemin. Il y avait beaucoup de circulation dehors, le bruit de la rue
me rendait encore plus fou...
Qu'on me sauve de cette situation...
Je m'arrêtai pour reprendre mon souffle, à bout de forces. Je n'avais plus de larmes, ni la voix pour crier encore une fois.

La rue était très bruyante... les voitures roulaient très vite... c'était le flou complet dans mon crâne.

" Que quelqu'un me sauve de cet enfer..."

Je fermai les yeux, et, sans réfléchir, je m'avançai sur la route... Le bruit d'une voiture siffla à mes oreilles...

" Que quelqu'un m'emmène lui d'ici...."

//// TUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUT////////