Episode 06 - El Dorado

par Lampe de Nuit

 

 

 

Après avoir clôturé le Kpop Concert à Jeju pour la fondation Love Child, auquel avaient aussi participé les groupes B1A4, A-Ble, et N-SONIC, Exo sorti rapidement de la scène en direction de leur petite loge pour se changer et retourner à l’aéroport prendre leur avion en direction de Seoul. Le silence régnait parmi eux, un silence qui ne présageait rien de bon pour KyungSoo. Ce dernier se morigénait intérieurement. Dans son esprit il criait de rage, de frustration et de gêne. D’ailleurs, il marchait plus vite que le reste du groupe. Quel con, mais quel con. Pourquoi avait-il fallu que son corps lui joue un si mauvais tour à un si mauvais moment ? Avoir une érection en plein live ! Ils l’avaient tous vu, KyungSoo en était persuadé. Surtout Sehun et Chanyeol. C’était bien professionnel de se moquer de lui en pleine performance et de n’avoir de cesse de jeter des coups d’œil furtifs sur son entre-jambes. Si jamais les fans s’apercevaient de ce manège, il fit le serment de tuer Oh Sehun et Park Chanyeol. Dans la loge le moment fut encore plus embarrassant. Bien que son érection ait  commencé à se calmer, il se sentait toujours avoir le sang chaud et redoutait pour la première fois depuis très longtemps de se changer devant ses camarades. Personne n’avait encore oser dire quelque chose mais il le savait, c’était le calme avant la tempête. Il avait à peine ranger le cintre sur lequel il venait de mettre sa veste bleue que des éclats de rire se firent entendre dans la pièce. Chanyeol et Sehun. Mais pas que car ils furent rapidement suivis par les autres qui ne pouvaient plus retenir leur envie de rire. Pendant que KyungSoo continuait de se changer en rougissant et en serrant les dents, le reste du groupe se complaisait à se moquer de lui sans outre mesure. Ce n’était pas croyable. Non pas le fait qu’il ait eu une érection mais plutôt le fait qu’elle soit parvenue à ce moment précis. Sachant les mouvements de la chorégraphie d’Exodus elle avait due être un peu visible. Ah, les merveilles du corps humain ! Il les regardait avec noirceur mais refusait pour l’instant de se laisser aller à leur jeu. Ils ne se rendaient pas compte comme ça avait été dur de ne pas gémir dans les paroles, surtout lors des high notes. Cela voulait bien dire qu’il avait besoin du réconfort d’une femme, oui mais de qui ? Il était célibataire et avec son emploi du temps flirter l’enchantait peu. Qui plus est le manager ne voudrait sans doute pas. Bref. Il sortit de son silence suite à une énième raillerie qui provenait cette fois-ci de Baekhyun. KyungSoo lui répondit d’un ton cinglant que lui au moins il pouvait bander et qu’il était sans doute plus à même de satisfaire Taeyeon que lui, vu sa virilité. Baekhyun se tut, outré, alors que le reste de garçons s’esclaffèrent de plus belle.

Les jours qui enchainaient émissions radios, fanmeeting, publicités et autres promotions se se ressemblant toutes. Ils étaient fatigués mais s’amusaient tout de même un peu, et il fallait bien l’avouer, faire ce comeback à huit, sans Lay ni Tao… ni même Kris ou encore Luhan, commençait à devenir sérieusement pesant. Ils conversaient par message avec Lay mais pas tous les jours. Comme ils s’en doutaient, cette fameuse phrase « Si je ne quitte pas Exo, c’est seulement à cause de la promesse que j’ai faite aux autres » était sortie de son contexte. Il avait répondu ainsi à une question au sujet de sa réaction quant aux départs de Kris puis de Luhan. Il aurait voulu les suivre un peu en Chine pour comprendre mais il ne pouvait non plus abandonner son groupe. Tout de même, le fait que tous les membres Chinois soient en Chine laissait une impression bizarre, comme une sorte de mauvais augure. Mais ce n’était sûrement qu’une coïncidence, pensait KyungSoo. Il se doutait aussi un peu que Tao tente de joindre Kris là-bas en Chine. Tout de même, il en voulait à Lay de les avoir laisser en plein comeback au profit de ses activités solo en Chine. Pourquoi à ce moment-là ? Pourquoi pas après ? Il comprenait son désir de revoir son pays natal mais cela pouvait attendre que la promotion de leur album soit achevée ou du moins en partie achevée. Mais non, Lay avait décidé de s’en aller dès le début. KyungSoo se demanda si le chinois souhaitait lui aussi s’en aller. Puis il se dit que non, Lay a lui-même renouvelé sa promesse. Puis il se souvint de cette dispute. Ah oui c’est vrai, une dispute entre Lay et le CEO était survenue. Il soupira de lassitude et ses pensées dévièrent vers Tao. Il espérait qu’il allait bien se reposer là-bas en Chine. Le reste du voyage de retour vers Séoul fut consacré à ôté toute excitation de son corps.

 

La veille du jour où le père de Tao allait faire trembler le groupe et les Exo-L, Xiumin se faufila hors du dortoir pour aller trouver le coffee shop de la folle. Il était 23h passées et il avait vu sur la porte que la petite enseigne ferme à 19h. Il ne savait ni pourquoi ni comment il avait trouvé le temps pour venir ici. Il se doutait pourtant que le café serait fermé, que la folle ne serait pas là. Mais non il a quand même couru le risque de venir jusqu’ici comme un imbécile. Et maintenant ? Il resta un moment debout à contempler le coffee shop et son nom briller de la lumière couleur café, puis il tourna les talons dans le but de retourner de là d’où il venait. Un pas puis deux pas, il s’immobilisa et se retourna pour regarder à nouveau le coffee shop. Une idée amusante venait de germer en lui. Sans plus attendre il trottina jusqu’à l’épicerie la plus proche et demanda au caissier un bout de papier et de quoi écrire, en s’excusant du dérangement. Il gratta rapidement un petit mot sur la feuille, rendit le stylo au cassier et sortit après l’avoir remercié. Il retourna  au coffee shop et glissa le mot sous la porte. Normalement elle devrait le voir, sachant qu’elle serait logiquement la première à entrer. Fort de ce nouveau sentiment d’amusement, Xiumin quitta la place et retourna chez lui.

 

 

            Voilà trois semaines, bientôt un mois que Tao était rentré chez lui en Chine. Trois semaines qu’il a quitté la Corée, son lieu de travail, pour aller retrouver sa famille et s’y reposer quelques temps. Après un si long moment passer loin d’elle, ce fut avec un grand plaisir et soulagement qu’il les revit. Voir la Chine, parler chinois, bref vivre dans son pays natal, tout cela lui faisait un bien fou. Malgré tout il était et restait chinois. Sauf que maintenant il se retrouvait au cœur d’une situation qui qui lui paraissait aussi intenable que nécessaire. La décision qu’il avait prise était la sienne. Il ne pouvait pas dire qu’il ne regrettait pas ou qu’elle n’était pas douloureuse mais que faire d’autre ?

Les premiers dix jours en Chine s’étaient bien passés. Il dormait, restait avec sa famille et pouvait reposer sa jambe autant que le lui demandait son état. A la vérité elle lui faisait encore énormément souffrir malgré les médicaments et un jour, sa mère le surprit en train de souffrir le martyr tout seul dans sa chambre. Bien sûr, son père en fut rapidement informé et une consultation chez le médecin familiale leur informa que sa convalescence allait être longue, très longue, et qu’il y avait de fortes chances que Tao en garde des séquelles plusieurs mois après si ce n’est peut-être à vie. Il savait que ses parents avaient été meurtris et choqués bien qu’ils n’avaient rien laissé paraître en face de lui. Quant à lui-même il avait ressenti un mélange de plusieurs émotions : incrédulité, tristesse, déception, colère, peur… déception. Les jours qui ont suivirent furent plutôt difficiles car bien que le manager venu avec lui veuille que Tao retourne désormais en Corée du Sud, son père y opposa un refus catégorique et sa mère apaisait sa douleur du mieux possible. Puis vînt le jour où ses parents lui demandèrent carrément de quitter son groupe, que cela ne pouvait plus durer. Cela aurait été mentir que de dire qu’il n’y avait pas pensé. Mais tout de même, Exo c’était son métier, sa passion, ses amis, ses fans, ce pourquoi il avait travaillé d’arrache-pied. Comment partir au bout de seulement 3 ans quand on sait comme sont cruelles les années d’entrainement ? Impossible. Oui il avait souffert, et beaucoup. C’était sûrement celui qui c’était le plus et le plus gravement blessé parmi eux tous. Et pourtant il avait continué à la fois sous la contrainte et pour ses fans car au bout de plusieurs fois, il avait appris à passer outre la douleur. C’est étonnant de songer à quel point un être humain peut s’oublier, oublier sa propre identité, pour se fondre dans un groupe. Mais aujourd’hui tant de sentiments lui tiraillaient le cœur. Il était déçu, à la fois de lui-même et de ce qu’était devenu son groupe, déçu que le revers de la médaille soit ça. De toute façon les garçons ne formeront pas un groupe toute la vie, c’est l’évidence. Dans le cas où il retournait dans le groupe, sa cheville malade ne lui facilitera pas la tâche, et il le savait, il ne sera plus vraiment mis en avant dans les médias. Même pour sa pratique du wushu. Pourquoi, pourquoi le  groupe n’avait pas protesté contre le CEO malgré les menaces. Il suffisait que tous fassent une grève pour qu’il cède. Il y avait des jours où Tao avait tellement souffert ! Xiumin le premier était allé le voir, suivi de Sehun et de Chanyeol, mais la mini-révolution n’avait pas mené à grand-chose si ce n’est un peu plus de repos pour lui et une ou deux heures d’entrainement en moins. Les autres fois où il s’était blessé avait été pire : on s’indigne, on se dit qu’on fera quelque choses, qu’il faut faire quelque chose, puis on se tait et courbe l’échine parce que ceux qui leurs sont supérieurs sont vraiment puissants et qu’il ne fallait pas que leur poule au œuf d’or soit moins productive, oh non. Les grands artistes de la SM Ent. Savait bien comment se passent les choses. Ils sont tous plus ou moins passés par là. Mais c’était si grave, comment cela pouvait-il en être ainsi ? Et puis cette quoi cette façon de parler à son père ? Quoi « une honte » ?!

Ce genre de pensées lui tournaient en boucle dans la tête, Exo lui manquait, les fans, et sa santé aussi.

 

 

            De son côté MinSu était bien loin de tout cette agitation. Elle ne savait même pas de qui était composé Exo. Seule sa musique classique l’intéressait et la jeune femme ne prêtait que peu d’intérêt aux groupes qui passaient à la télévision lorsque les lycéens et lycéennes envahissaiet son coffee shop den fin de journée. Et de toute manière son travail lui prenait toute son attention. Petit à petit il prospérait. Pour un début, elle estima que cela était plutôt pas mal. Le jour où elle avait trouvé le mot elle était arrivée en avance pour préparer l’ouverture. En fait elle avait failli trébucher dessus. Elle avait de suite deviné qu’il s’agissait de cet homme bizarre qui portait un masque. Voici ce que disait le mot :

« Merci pour le café de la dernière fois.

Il était pas mal pour une folle dans ton genre.

Accepterais-tu de m’apprendre un jour ? J’aime vraiment beaucoup le café.

Je ne sais même pas pourquoi j‘écris ce mot si stupide. Mais bon

tu es plutôt marrante comme fille. La prochaine fois, assure-toi de te présenter correctement. »

En guise de signature le dessin visage masqué. En lisant le contenu de ce petit papier elle s’était esclaffer pus l’avait purement et simplement jeté à la poubelle. C’était quoi cet abruti fini, se croyait-il dans un film ? Et qu’est-ce que cette façon de parler aux gens ? ″assure-toi de te présenter correctement″, comme si lui-même avait révéler son prénom ou ne serait-ce que son visage ! Sauf que toute la journée durant elle repensait à ce mot au final pendant une courte pause que lui offrait son travail elle le récupéra sous les autres déchets. Il était un peu sale mais c’était encore visible. Dépourvue de ce fardeau mentel elle le déposa quelque part sur son lieu de travail et n’y pensa plus ou presque.

 

Lorsque la nouvelle du père de Tao se répandit sur le net, Exo sortait d’une émission radio. Ils remarquèrent leur manager assez perturbé, bien plus que lorsqu’ils avaient commis une bourde, et ils ne devinèrent pas la raison d’un tel comportement. Pourtant ils faisaient attention, aucun scandale sur eux n’avait déchainé la presse ou autre. « Il est peut-être comme ça à cause de ce qui est arrivé à KyungSoo à Jeju ? » suggéra Sehun d’un ton moqueur. Ce à quoi le concerné répondit, une expression blasée sur le visage, que ça ne l’étonnerait même pas que le public ait remarqué vu la discrétion légendaire et on ne peut plus professionnelle dont avaient fait preuve Sehun et Chanyeol. Ce qui fit rigoler tout le groupe dans le van. Pour autant personne ne vérifia les nouvelles. Xiumin, nonchalamment adossé à son siège suggéra à Suho d’aller voir le manager. Tout cela était bien drôle mais en attendant son attitude restait très inquiétante. Pendant que le leader conservait seul à seul avec le manager, Baekhyun reçu un message de sa petite-amie, message qui lui enleva son sourire du visage car s’il s’agissait d’une blague, elle était très peu drôle.

« - Qu’est-ce qui se passe avec Tao ? Quelque chose de grave lui est encore arrivé ? Pourquoi son père annonce qu’il quitte le groupe comme ça ? »

« De quoi tu parles… ? Il se repose en Chine avec ses parents, on n’a pas de nouvelles depuis quelques jours mais comme on dit, pas de nouvelles bonne nouvelles »

« Tu ferai mieux de regarder sur Naver.»

Le rythme cardiaque de Baekhyun s’accéléra légèrement mais une partie de lui se répétait que cette histoire était sûrement une rumeur de plus. Sauf que non. Il avait vérifié, encore et encore les sources, lu et relu cette fameuse lettre. Lorsqu’il releva un visage décomposé de son smartphone il reçut un nouveau message mais ne s’en souciât pas. Dehors, il croisa le regard du leader qui les regardait au même moment et il lut dans ses yeux qu’il savait aussi, et que JunMyeon sût qu’il savait. Remarquant son visage décomposé, Kai le secoua par l’épaule en lui demandant ce qui se passe et pourquoi il arborait une telle expression. Voyant qu’il ne répondit pas tout de suite, bien qu’il essayait de leur sourire, Xiumin lui prit son portable des mains et se mis à lire ce qui s’affichait sur l’écran, tous les autres agglutinés autour de lui pour regarder eux aussi. Un silence terrible accueille la lecture de la nouvelle. Tous partirent vérifier eux-mêmes sur leurs propres téléphones avant de dire quoi que ce soit. Pourquoi ce sentiment de déjà vu, pourquoi ce sentiment vicieux dans leur cœur qui leur disait que c’était prévisible et que le départ de Tao n’était qu’une question de mois depuis la fin de leur concert ? Mais aucun ne révéla ce que tous avaient dans le cœur. Le même silence accueillit le retour du leader, qui malgré la situation leur souriait en disant que tout allait bien se passer et que rien n’était encore décider. Parmi eux, ni Chen et encore moins Xiumin n’étaient dupes. C’était difficile à se l’avouer mais c’était prévisible. Qui peut accepter de se faire traiter ainsi sans finir par se révolter ? Et de toute façon au point où Exo en était le départ de Tao n’allait pas franchement changer grand-chose. La promotion se faisait déjà à huit. Le plus âgé refoulait tous ces sentiments pour plus tard car s’il se laissait aller maintenant c’était la fin. Il refusait de songer aux conséquences extérieures quant au groupe, l’agence, sur Tao et sur lui-même. La suite de la journée se passa dans une atmosphère lourde, bien que devant les fans et les caméras rien de leurs sentiments et de la situation ne parut sur leurs visages.

Leurs programmes tous remplis, ils tentèrent tous de joindre Tao en Chine, de même pour les jours qui suivirent cette annonce. Mais Tao ne répondait pas ou peu. En fait il n’avait répondu qu’a Xiumin en disant qu’il était désolé que pour l’instant, il fallait attendre. Comme lors des départs de Kris et de Luhan, ils apprirent tout ou presque des médias, le CEO étant étrangement très peu bavard sur ce sujet. « C’est comme ça que notre slogan We Are One est devenu aussi vide de substance que le vent et que maintenant on en oublie presque qu’un jour, nous avons été douze dans Exo », se fit la réflexion Xiumin alors qu’il était nonchalamment installé sur son lit. Il avait envie de se défouler, d’extérioriser tout ça et ce n’était sûrement pas au dortoir qu’il aurait pu le faire. Il se leva soudainement d’un bond pour aller faire un jogging et sortit en prévenant vaguement ses partenaires. Il courut d’une allure régulièrement, assez rapidement et longtemps. Habillé tout de noir son masque lui couvrait lus de la moitié du visage et la capuche de son sweat était relevée sur sa tête. Plus de quarante minutes étaient passées lorsqu’il songea à la folle et au mot qu’il lui avait laissé sur un coup de tête.

 

 

            Lorsqu’il parvint devant le coffee shop l’heure de fermeture venait juste de sonner. Debout devant la bâtisse il eut à peine le temps de la voir venir fermer la porte en tournant la plaquette du côté ″fermé″. Il se dépêcha pour interposer son pied dans l’embrassure de la porte. Surprise, la jeune femme leva un regard demi-apeuré sur lui et ne le reconnu pas.

« -Je suis désolée mais c’est l’heure de la fermeture, lui dit-elle. Je me ferai un plaisir de vous servir demain ».

Pour autant le jeune homme n’ôta aucunement son pied.

« -Depuis quand tu te soucie des horaires avec moi ?

-Je ne vous connais pas. Je suis désolée mais c’est l’heure de la fermeture. Veuillez revenir une autre fois.

-Bien sûr que si tu me connais. Laisse-moi entrer, la folle.

-″La folle″ ? Mais-

Elle se rappela soudain du mot et de sa voix.

-Tu me veux quoi encore ?

Pourtant malgré sa question et son ton elle se poussa pour le laisser entrer et acheva la fermeture derrière lui.

-‘Pas trop tôt que tu me laisses entrer. Tu as vu mon mot ? S’il te plaît fais-moi un café.

-Oui je l’ai vu. Tu es complètement fou ma parole. Et tu me prends pour ta bonne ? Parce que je t’ai offert un café une fois ça y tu le prends pour un droit à vie ?

Xiumin fronça les sourcils en se bouchant les oreilles.

-Pourquoi tu parles autant ? C’est juste un café. Un américano. Sinon avoue mon mot t’a fait plaisir, ça ne doit pas t’arriver souvent, un homme qui s’intéresse à toi. »

Pourquoi il agissait comme cela avec elle, Xiumin lui-même n’aurait su le dire sur le moment. Cette inconnue lui faisait rire et oublier un peu ce qui se passait. Il avait l’étrange impression que dans ce café, le temps s’était arrêté le jour de leur dernière rencontre. Il voulait tester cette fille, savoir quel était son caractère. Pourquoi ? Il ne savait pas. Comme ça, sans doute.

Après sa réplique elle le regarda comme s’il était fou.

« -Pourquoi tu me néglige comme ça ? D’où tu me connais pour parler de cette façon… Si je te fais cet américano tu dois payer comme n’importe quel client. Et ton mot c’était de la merde, excuse-moi l’expression. Tu croyais que tu aurais l’air mystérieux en faisant ça ? Tch».

Il ne s’attendait pas à une réaction particulière mais sûrement pas à celle-là. Elle n’avait pas la langue dans sa poche. Il la regarda avec surprise et  sous son masque fi un sourire mi-figue mi-raisin en la voyant faire son café en même temps que continuer sa tirade.

« - Et ça veut dire quoi se présenter correctement ? Venant de toi c’est plutôt fort de café. Je te signale que tu ne montres jamais ton visage. Et si je ne t’ai pas dit comment je me nomme je te signale que moi non plus je ne connais pas ton prénom.

-Tu n’as pas tort. Je m’appelle Minseok, madame la folle.

Il n’avait pas menti. Elle ne devinera pas qui il était juste par son prénom. Il avait des milliers de Minseok en Corée du Sud.

-Minseok comment ?

-Kim. Kim Minseok.

-En plus tu as un prénom de bouseux.

Alors là, il n’en croyait pas ses oreilles. Mais elle était vraiment folle, sa parole.

-Qu’en est-il du tien ?

-MinSu. Oh MinSu.

-Tu te prénomme MinSu et après c’est moi qui porte un nom de bouseux ?! Je n’y crois pas. C’est une façon de s’adresser aux gens ?

-Au point où nous en sommes, monsieur je-sais-tout … »

Elle déposa l’américano devant lui et quitta le bar pour aller nettoyer les tables et balayer la pièce.  Il l’observait en silence, sans jamais la déranger dans son travail. De temps en temps elle lui jetait des coups d’œil furtifs mais c’était tout. Pris d’un brusque besoin d’affection il déposa son américano sur le bar devant lui, se dirigea vers elle et tapota son épaule pour qu’elle se retourne vers lui. Sans lui laisser plus de temps et il l’a pris dans ses bras.