J'ai besoin de toi.

par Hokaru

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE  ONZE.

 

 

 

 

Et ce n'est seulement après avoir attrapé son membre gorgé de désir que je parvins à souffler contre ses lèvres.

 

 

 

_ Touche-moi.

 

 

 

Il avait frissonné, et je le vis mordre sa lèvre alors que mes doigts froids glissaient contre sa virilité. Je déglutis, sentant son membre dressé presque pour ma personne, chaud et dur, gonflant dans ma main alors que je le caressais lentement. Le souffle de mon ainé était chaud, et percutait contre mes lèvres alors que je me retenais de ne pas l'embrasser à pleine bouche, de ne pas perdre mes moyens. Il commençait à respirer plus fort, et d'un geste plus violent que le mien, il finit par glisser sa main sous mon jogging à son tour pour prendre d'un seul coup ma virilité déjà bien dure par sa faute, m'arrachant un soupir de plaisir.

 

Alors que je prenais mon temps, le caressais du bout des doigts, et le faisais languir, lui commença directement des va-et-vient puissants sur mon sexe, me faisant complètement perdre pied. Le toucher de ses doigts chauds, sa respiration contre ma peau, l'atmosphère des plus sexuelles, mais surtout, et plus que tout, son regard.

 

Malgré la pénombre de la pièce, j'aurais juré avoir vu ses yeux briller de désir, d'une lueur différente de d'habitude. Ça m'excitait, il me regardait, moi, et j'étais en ce moment là seule chose à laquelle il pensait. Kyungsoo ne lâchait pas mon regard une seule seconde, alors que je n'arrivais plus à retenir mes gémissements, forcé de me mordre la lèvre inférieure. Ses mouvements de poignet étaient violents, et à chaque caresse, je sentais une vague de chaleur envahir mon corps. C'était un plaisir presque insoutenable, et pourtant, il ne faisait que me masturber.

 

Je le sentis glisser son visage vers ma joue, lentement, me procurant un doux frisson, et il arrêta sa course dans mon cou, soufflant à mon oreille d'une voix suave et très sensuelle.

 

_ Arrête ça, Jonginnie, tu me rends fou.

 

Son souffle chaud eut le même effet qu'un aphrodisiaque pour moi. Je compris de suite qu'il parlait de mes caresses trop évasives sur sa virilité. Mordant avec plus d'entrain ma lèvre, forçant mon pauvre cerveau de se concentrer sur autre chose que les bruits obscènes qui avaient envahis la pièce, en plus de nos soupirs, je tentais de lui obéir. Complètement à bout de souffle, je glissais ma deuxième main vers son bas-ventre pour me permettre de masturber mon ainé avec plus de, hum, fougue.

 

Pour être honnête, je regrettais presque. Quand on goûte à ça, on en veut plus. Et j'en voulais plus. Je voulais du contact, je voulais sentir sa peau contre la mienne, je voulais que nos lèvres se perdent dans un baiser enflammé et que nos mains ne cessent de découvrir le corps de l'autre. Je le voulais. Je voulais faire l'amour avec lui. Juste lui et moi.

 

_ Nhh… Hyung~

 

Dieu je ne me savais pas si aguicheur. Il avait glissé son pouce sur mon gland déjà mouillé par le liquide pré-éjaculatoire, et moi j'avais gémis comme une chaudasse. Je devais me l'avouer, je ne l'avais, depuis notre rencontre, jamais appelé 'hyung', et il fallait qu'il tripote mon engin pour que ce soit la fête dans mon cerveau

 

Mais ça avait eut l'air de lui plaire. Le cochon.

 

Il venait de gémir, un râle rauque, et plus sexy que les autres, juste au creux de mon oreille, ce qui aurait pu presque me faire jouir. Je retins ma respiration pour profiter de cette voix si rauque dont il faisait preuve, et de ces contacts entre nous. . Il resserra sa prise sur mon sexe et embrassa doucement ma peau chaude et perlée d'une fine pellicule de sueur, juste au dessous de mon oreille.

 

_ Respire, idiote.

 

 

J'aurais voulu esquisser un sourire, mais la seule chose dont je fus capable était de déglutir bruyamment en reprenant mon souffle. Les yeux fermés, je ne pus que sentir sa main libre glisser sur ma joue, me faisant ouvrir les yeux. Il était tellement proche de moi que j'aurais pu retombé amoureux de lui. Son visage était parfait. Sa peau était rosie et légèrement mouillée, quelques mèches de cheveux glissaient sur son front, devant ses yeux, et ses lèvres… Elles semblaient si pulpeuses, tellement douces et moelleuses. Son pouce glissa sur mes lèvres d'une lenteur infinie, me forçant à arrêter de m'empêcher de gémir, avant de souffler contre ma peau, ses lèvres effleurant les miennes.

 

_ Ne te mords pas…

 

_ Hhaa!

 

Voila pourquoi il fallait que je bloque ma bouche. Et je mordis ce que j'avais sous la main, son pouce. Je n'avais pas dû lui faire mal, car un léger sourire étira ses lèvres, alors que sa peau se faisait de plus en plus chaude, et transpirante.

 

Je n'osais même pas imaginer la tête que je tirais à ce moment là. Je sentais que quelques mèches de mes cheveux étaient humides, ainsi que ma peau. Mais j'étais trop perturbé par ce que mon ainé et moi faisions pour réfléchir à quoi que ce soit.

 

Incontrôlable.

 

Tout son être me rendait fou.

 

Je ne savais plus arrêter mon désir grandissant, arrêter mes envies, et mes pulsions, je me laissais guider par la chaleur qui avait prit place dans mon ventre. D'une main, je lâchais son sexe gorgé de plaisir, pour l'aventurer sur son torse que je pris un plaisir d'effleurer, le rendant encore plus sensible à mes caresses, avant de la faire glisser jusqu'à sa nuque pour le rapprocher plus de moi. Son pouce glissa sur ma lèvre inférieure, me forçant à ouvrir la bouche, laissant des sons plus obscènes les uns que les autres traverser mes lèvres. Je me sentais déjà perdre pied alors que je sentis sa langue titiller ma lèvre rougie par mes morsures.

 

Là, on m'avait définitivement perdu.

 

Je n'en avais pas eu besoin de plus pour coller encore plus mon corps contre le sien, alors que nos jambes étaient maintenant de part et d'autre de l'autre. Et dans ce mouvement ondulant, avec lequel nos peaux devenues sensibles se touchèrent, je fis rencontrer nos lèvres.

 

J'aurais pu écrire une dissertation sur ses lèvres.

 

On avait gémit en même temps, alors que nos corps se collaient et que nos lèvres se découvraient enfin. La douceur de ses lèvres avait fait de moi un homme heureux. Un baiser d'abord chaste, bien qu'il ne le resta pas longtemps puisqu'il se mit à jouer avec mes lèvres, alors que sa main s'activait à la tâche, pendant que la deuxième caressait ma joue. Il mordilla ma peau, avant de sucer avidement ma lèvre, pour enfin la lécher et approfondir le baiser en basculant légèrement sa tête sur le côté. Plusieurs fois, il réitéra ce geste, il avait l'air d'aimer mes lèvres, c'est vrai qu'elles étaient pulpeuses à souhait, mais il me faisait languir en jouant ainsi avec moi. Alors ma main qui était dans sa nuque, glissa dans ses cheveux, avant de les agripper avec un soupçon de violence, et je pris les dessus du baiser.  

 

Je n'arrivais pas à m'empêcher de gémir contre ses lèvres, trop excité par ce qu'était devenu notre petit moment entre frères. C'était presque devenu indécent. C'était indécent.

 

Ce baiser me semblait une éternité, on ne s'arrêtait presque pas pour respirer, s'accrochant aux lèvres de l'autre comme à notre vie. Mes mains tremblaient toutes les deux, et j'avais extrêmement chaud, tout mon corps était en ébullition, alors que notre baiser s'intensifiait de plus en plus. Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine, mais je n'étais pas le seul, et je sentais très bien les battements du cœur de Kyungsoo qui s'affolait autant que le mien.

 

Mon ainé grogna contre mes lèvres, alors que sa main qui auparavant caressait mes cheveux, glissa tout le long de mon dos, me faisant le cambrer légèrement en poussant un soupir plus aigu. Sa main finit sa course sur ma chute de reins, m'arrachant un frisson incontrôlé, alors qu'il agrippait une de mes fesses pour me rapprocher de lui et coller encore plus nos corps. À ce contact, je gémis bruyamment, ne cherchant même plus à cacher les sons obscènes qui traversaient mes lèvres. Je gémis son prénom.

 

Avec tous mes sens en ébullition, je sentais que je ne tenais plus, et que j'allais bientôt jouir, alors je mordis la lèvre de mon ainé pour arrêter le baiser et gémir contre ses lèvres, tant bien que mal.

 

_ Aah je- … Je vais…

 

Il dû comprendre où je voulais en venir car j'avais arrêté tout mouvement sur son sexe, et me contentai de gémir, alors que sa main accentuait ses mouvements sur ma virilité. Je lâchai un cri plus aigu et plus fort que les autres, et cachais ma gêne en me réfugiant dans le cou de mon ainé pour mordre son épaule.

 

Et à ma plus grosse honte, je jouis dans sa main, lâchant ma semence chaude entre ses doigts, dans un petit cri des plus féminins, dont je ne me connaissais pas la capacité de faire. Je n'avais sûrement jamais eu un plaisir aussi intense et j'avais encore du mal à m'en remettre. Mon pauvre corps n'arrivait pas à contrôlait ses soubresauts et ses tremblements, alors que mon cœur avait dû rater un battement. L'orgasme avait été violent et je pouvais encore sentir quelques vagues de chaleur traverser mon corps.  Je reprenais doucement ma respiration n'ayant plus aucune force, ne serait-ce que pour garder les yeux ouverts, et je me sentis partir en arrière, alors que Kyungsoo me retenait sans doute pour que je m'allonge plus doucement. Quelques secondes après seulement, alors que j'étais allongé sur le dos, les jambes écartées, son corps se colla au mien,  plaquant son torse puissant et chaud contre ma peau devenue plus sensible, m'envoyant une décharge électrique tout le long de l'échine. Ma poitrine se soulevait encore au rythme de ma respiration, et je rassemblai mes forces pour ouvrir les yeux, et constater que nous étions encore plus proches que tout à l'heure. Pour être honnête, je ne me souvenais de rien après ça, j'avais bien senti qu'il m'avait embrassé chastement les lèvres et murmuré quelque chose, mais je n'en avais aucun souvenir. Tout était flou dans ma tête et j'avais très certainement dû m'endormir.

 

M'endormir comme un bébé après avoir jouis dans sa main, et sans lui avoir permis de faire de même. La honte.

 

 

 

 

 

 

~

 

 

 

 

 

 

Et c'est à cause de la lumière qui traversait à travers les volets que je me réveillai doucement, le lendemain matin. J'ouvris un œil. Puis deux. Je papillonnai des yeux quelques secondes.

 

 

 

Et tout m'était revenu en mémoire.

 

Tout.

 

Chaque détail.

 

Chacun de ses gémissements, de ses soupirs, chacune de ses caresses sur ma peau tremblante.

 

Je fermais les yeux quelques secondes, me remémorant tout ce que je pouvais de la veille, alors qu'un frisson me prit. J'avais l'impression que je venais de perdre ma première fois tant une masse incontrôlée d'émotions et de sentiments m'envahirent alors que je sentis mes joues s'empourprer. Un regard vers la droite. Un vers la gauche. J'étais seul dans la chambre de Kyungsoo.

 

Je me relevai légèrement pour m'asseoir et me frottais le visage en soupirant. Je ne savais pas quoi penser de ce qui était arrivé hier. Mon cœur s'était serré dans ma poitrine, et je ne pouvais empêcher mes doigts de trembler.

 

Honte, gêne, peur, plaisir, je ressentais beaucoup trop de choses dans mon petit cœur. Les yeux fermés, je pris une grande inspiration et soupira pour me redonner un minimum de courage.

 

"Aller Jongin, debout, agis comme un homme."

 

Je soulevai la couverture pour me lever et remarquais que j'avais un bas de pyjama différent de la veille. Rien qu'à cette pensée, je rougis à nouveau. Il m'avait masturbé, déshabillé, sans doute rincé et changé avec ça? Génial.

 

 Bizarrement, bien que soulagé de ne pas le voir directement après mon réveil, je me sentais comme un pauvre adolescent en fleur qui regrettait de ne pas voir son "coup d'un soir" le lendemain d'une soirée. Je soupirai une énième fois en me triturant les lèvres avec mes dents.

 

Et même ça…

 

Je repensais à notre baiser.

 

J'étais définitivement sûr de penser que nous étions allés trop loin dans notre petit jeu. Pourtant, c'était lui qui avait fait le premier pas, dans notre baiser. Mes sentiments se bousculèrent et m'empêchèrent de penser correctement.

 

Est-ce que, peut-être, j'aurais une chance avec lui?

 

Finalement, je décidais de me lever, et de l'affronter en face. Le cœur battant je descendis les escaliers, légèrement en appréhendant ce qui allait suivre. Je m'attendais au pire, mais une voix féminine parvint à mes oreilles.

 

_ Mon bébé tu vas mieux?

 

J'eus un léger blanc.

 

_ Maman?

 

J'étais encore dans le couloir et elle revenait de la cuisine. Elle s'approcha de moi avant de défaire son tablier et caressa mes joues, comme les mères savent bien le faire.

 

_ Kyungsoo m'a dit que tu te sentais mal hier soir, j'ai prévenu le lycée que tu ne viendrais pas aujourd'hui. Tu as encore tes nausées?

 

"Ah le con, il m'a évité."                                                                    

 

Je souris, tentant de reprendre toutes les informations et répondit à l'affirmative à Sora. Elle s'occupa de moi comme quand j'étais enfant et malade, m'apportant une tisane chaude avec du miel et an fond ça me fit du bien. Allongé sur le canapé dans ses bras, alors que son odeur si réconfortante envahissait mes narines, je soupirais d'aise. C'était vraiment ce dont j'avais besoin après tout ce qu'il s'était passé ces derniers jours. Rien que de penser à ma dispute avec Chanyeol, ou JaeJoong, je sentais mon ventre se tordre. Je n'étais pas sûr à cent pour cent que Chanyeol était un lycanthrope, ni que Yongguk était un peut-être chasseur. Mais j'y croyais. J'y croyais parce que Chanyeol m'avait déjà menti, Yongguk n'était pas un loup, et qu'au fond, je ne savais rien. Je n'étais sûr de rien.  Avec un soupir, je m'allongeais plus confortablement sur ma mère.

 

_ Maman, tes seins sont plus gros qu'avant.

 

Elle se releva en me tapant gentiment, alors que mes lèvres s'étiraient déjà en un sourire.

 

_ Yah, Kim Jongin! Qu'est-ce que tu touches?

 

_ Bah, t'es ma mère, je m'allonge sur toi si je veux! Et puis c'était un compliment!

 

_ C'est Jung Su qui s'occupe bien de moi, ajouta-t-elle en gloussant.

 

Je me relevai d'un coup en grimaçant.

 

_ Ah, c'est dégueu ce que tu dis. J'ai des images dans ma tête.

 

Elle voulut répondre mais le téléphone sonna à ce moment là. J'en profitais pour remonter dans ma chambre. Pour la première fois depuis longtemps, je me sentais seul. Personne ne pouvait m'aider. Je ne savais pas à qui me confier, et plus que tout j'avais peur. Entre Yongguk, Chanyeol, JaeJoong, et mes problèmes de cœur à deux balles… J'avais envie de tout avouer à Sehun, de trouver une épaule réconfortante, qu'il m'aide à prendre des décisions, à surmonter tout ça… Mais il allait me prendre pour un fou.

 

Par curiosité je vérifiai mon portable.

 

Quatre messages non lus de Baekhyun, et deux de Sehun.

 

Je supprimais sans même lire les messages de Baekhyun et regardais les autres.

 

De: Sehunnie.

Message: Pourquoi tu n'es pas là? Tu vas bien au moins? Je m'inquiète.

 

De: Sehunnie.

Message: Il s'est passé quelque chose avec Kyungsoo?

 

Mon pauvre cœur s'accéléra à la lecture de ses mots. Comment savait-il? Que devais-je lui répondre? C'était peut-être l'occasion de me confier à quelqu'un.

 

Je soupirai et répondis.

 

Destinataire: Sehunnie.

Message: Je vais bien, ne t'en fais pas. Il s'est bel et bien passé quelque chose avec Kyungsoo. Mais je préférerai te le dire de vive voix.

 

Je posais mon téléphone et voulu préparer des vêtements pour me changer, mais à peine j'eus le temps d'ouvrir mon armoire que ma sonnerie retentit dans toute la pièce. Je sursautais et m'approchais. Pourquoi il m'appelait maintenant?

 

_ Allô, Sehunnie?

 

_ Dis-le moi de vive voix je t'en prie.

 

Son ton avait l'air… agressif. Pourquoi? Je n'en avais aucune idée.

 

_ Ça va Sehun?

 

Un soupir. Puis un silence.

 

_ Je n'aime pas trop Kyungsoo… Mais j'ai quand même eu la décence d'aller le voir pour savoir si tu allais bien. Il m'a presque rembarré, ça m'a énervé. Désolé.

 

Est-ce qu'il mentait? Sa voix tremblait légèrement, mais je ne savais pas si c'était d'énervement ou parce qu'il mentait. Mais c'est vrai que j'avais remarqué que Kyungsoo ne portait pas Sehun dans son cœur, alors après tout il disait peut-être la vérité. Je ne cherchais pas plus loin et répondis.

 

_ Ce n'est pas grave. Je vais bien ne t'en fais pas… C'est que. En fait… Comment expliquer ça…

 

_ C'est lui que tu aimes?

 

Comme ça. Directement. Pas de préparation. Boom.

 

Je rougis violement à l'entente de ses mots, et me léchais les lèvres, après avoir déglutis difficilement. Une chance qu'il n'ait pas été là devant moi, j'aurais voulu me cacher.

 

_ Oui. Et hier soir o… on-…

 

_ Embrassés?

 

_ Et masturbés, lâchais-je dans un soupir.

 

Je crus l'entendre soupirer aussi, et il me demanda plus de détails comme… "Pourquoi?" après que je lui ai dis qu'on ne sortait pas ensemble. Donc je m'installais sur mon lit en lui expliquant tout, ma dispute avec Chanyeol, mon "agression par un ivrogne", puis notre petit moment. Là j'avais passé pas mal de détails, mais il m'avait écouté sans m'interrompre.

 

_ Je vois… Tu devrais lui dire ce que tu ressens. Je ne veux pas qu'il joue avec toi.

 

Du mépris. J'avais clairement entendu du mépris dans sa voix.

 

_ Mais, Kyungsoo n'est pas du genre à-

 

_ Peu importe. Tu t'es déjà regardé dans la glace?

 

Il m'engueulait là?

 

Je n'eus pas le temps de répondre qu'il reprit.

 

_ Tu es beau comme un Dieu, n'importe qui voudrait profiter de toi.

 

_ …Merci?

 

C'était un compliment, signifiant qu'il me trouvait beau comme un Dieu, bien qu'il voulait à la base m'engueuler.

 

_ Ah, euh-. Non. Je… Je voulais pas dire ça… Comme ça… C'est…Laisse tomber.

 

Je rigolais doucement, et j'étais sûr qu'il avait sourit lui aussi. Il me fit mine de bouder quelques instants alors que je tentais quelques aegyos par téléphone. C'était bien l'une des seules personnes pour laquelle je ferais un aegyo. On parlait de nouveau de tout et de rien, il me remonta le moral encore quelques instants et je lâchais un long soupir.

 

_ Merci Sehun… J'avais vraiment besoin de toi pour aller mieux…

 

J'entendis un bruit suspect et fronçais les sourcils.

 

_ T'es où au fait?

 

Il se mit à rire, et je me surpris à fermer les yeux pour visualiser son visage lorsqu'il riait. J'adorais son rire, il était vraiment adorable. Après s'être calmé, sa voix retentit à nouveau.

 

_ Toilettes du premier étage. Dernière cabine, depuis trente minutes à cause de toi.

 

Je ris à mon tour.

 

_ Aah, t'es vraiment trop drôle Hunnie. J'aimerais que tu sois là pour que je te fasse un câlin.

 

_ Si tu ne séchais pas si souvent les cours, on se verrait plus. Bon, je suis content que tu ailles bien. Je vais retourner en cours, t'as intérêt à m'envoyer des sms. Je m'emmerde en philo, moi.

 

Je souris doucement et lui dis au revoir. Il était tellement gentil avec moi, et prenait toujours soin de moi. Je lui devais une fière chandelle. Il n'avait pas changé, toujours aussi protecteur et adorable à la fois. Je soupirai à nouveau et me levai pour, enfin, aller me doucher, mais encore une fois je fus interrompus.

 

_ Chéri?, demanda Sora après avoir toqué à ma porte.

 

_ Oui?

 

Elle ouvrit et entra doucement, regardant les vêtements que je tenais dans les mains.

 

_ On va aller chez ta tante ce soir, alors prépare toi, on part quand Jung Su arrive.

 

Je fronçais les sourcils d'incompréhension: ce n'était pas normal. On était mardi, On ne sortait jamais les soirs de semaines. Alors pourquoi comme ça? Surtout qu'elle me faisait son sourire plutôt gênée comme si elle me cachait quelque chose.

 

_ Pourquoi ça? Quelle tante?

 

_ La sœur de Jung Su. Il a des choses à réglée avec elle.

 

_ J'ai rien à voir avec ça, répondis-je presque froidement.

 

Elle caressa mes mains en fronçant les sourcils.

 

_ Jongin, je ne veux pas que tu restes seul. Tu te rends compte de tout ce qui t'est arrivé?

 

_ Kyungsoo vient avec nous?

 

_ Non.

 

Non. Non et juste non? Pas d'explications. Je n'avais aucune idée de ce qu'elle essayait de faire mais j'étais contre.

 

_ Alors pourquoi je ne peux pas rester?! S'il est là je suis en sécurité!

 

Et je le pensais. Je me sentais en sécurité avec lui, et je lui faisais confiance. Je n'avais aucune envie d'aller chez la sœur de Jung Su, que je ne connaissais même pas, encore moins sans Kyungsoo. Je voulais le voir. J'avais besoin de le voir après ce qu'il s'était passé la veille, je ne voulais pas me retrouver sans lui.

 

_ Jongin, je ne t'ai pas demandé ton avis. Tu viens, et c'est tout. Tu n'as pas ton mot à dire! Depuis quand tu es si proche de Kyungsoo, en plus?

 

Je ne répondis pas. J'étais d'abord énervée qu'elle me force à venir, et j'étais prêt à hausser la voix, et à crier. Mais cette question, me fit juste piquer un fard, et pour toute réponse, je pris mes affaires et allai sous la douche en l'ignorant.  Énervé et rouge de honte, je laissais couler l'eau sur ma peau. Ce soir, je pris de l'eau chaude. Pour repenser à sa chaleur. Cette chaleur qu'il avait hier soir. 

 

La tête baissée je ne pus résister à l'envie de glisser mes doigts sur mon membre qui s'échauffait déjà rien qu'à la pensée de notre petite soirée. Je ne réussis pas à empêcher certains sons de traverser mes lèvres, notamment le prénom de mon ainé, alors que je me masturbais avec ardeur. Toutes les images de la veille revenaient, et en fermant les yeux je pouvais presque ressentir son souffle, sa chaleur, son odeur…

 

Je m'écroulais au sol à ma jouissance, après avoir baptisé le sol de la douche. Reprenant doucement ma respiration, je m'assis plus confortablement, laissant ma tête reposer sur le carrelage froid du mur.

 

Je ne voulais vraiment pas y aller.

 

Pourquoi Kyungsoo ne venait pas…?

 

Pourquoi si soudainement?

 

Un long soupir traversa mes lèvres alors je venais de finir de préparer mon sac pour ce soir. Je faisais la gueule en descendant et ne gratifia même pas Jung Su d'un sourire. Après tout c'était sa faute. Tout ceci m'embêtait, et je n'avais aucune envie de faire partie de leur petit numéro chez une femme que je ne voulais même pas connaître. Mais je n'avais pas mon mot à dire. Alors comme ça, en seulement trente minutes, on était sur la route.

 

Sans Kyungsoo.

 

J'avais fermé les yeux pendant tout le trajet, écouteurs dans les oreilles, et j'espérais qu'ils me laisseraient là pendant toute la nuit. Bien sûr, j'avais toujours les mêmes choses en tête.

 

Kyungsoo. Mes sentiments pour lui. Notre soirée à deux. Toutes ces conneries de loups et de chasseurs, et bien sûr, ce fameux JaeJoong. Je pensais aussi à Sehun, je devrais le remercier pour tout ce qu'il avait fait pour moi. Et puis, ma mère me sortit de mes pensées, m'informant qu'on était tout près, à seulement deux minutes, alors j'éteignis mon mp3 pour plonger mon regard vers la fenêtre.

 

Pour être honnête je crois que je ne pensais à rien à cet instant. Mais quand je le  vis, mon sang se glaça. D'un seul coup.

 

Je m'étais redressé sur mon siège et avais déglutis très fort. Heureusement pour moi, maison était à seulement deux cent mètres de lui.

 

_ Jongin, on est arrivés!, me prévint Jung Su en voyant que je ne bougeais pas.

 

Je me levais et les suivis, les pensées encore toutes dirigées vers lui. C'est à peine si j'avais regardé ma tante par alliance, à peine si j'avais réalisé que j'étais entré chez elle. Non, je n'avais qu'une chose en tête. Attendre qu'ils m'oublient pour sortir en douce et le retrouver. Et je n'eus pas à attendre très longtemps.

 

J'avais peur, et j'étais stressé. Ça faisait des années que je n'avais pas fait le mur, mais en même temps, mon empressement m'empêchait de réfléchir. Je devais savoir. Alors, dès qu'ils m'avaient oubliés, une fois que j'étais sensé travailler dans le bureau, pour être au calme et seul, j'avais remis mon sac sur le dos et me préparais à sortir par la fenêtre.

 

J'aurais bien aimé prendre d'autres choses, plus utiles avec moi ce soir, mais malheureusement, avec les trois adultes dans le salon. Je n'avais guère le choix.

 

Anxieux à l'idée qu'on me surprenne, mais en même temps pressé d'arriver à mes fins, mes jambes tremblaient légèrement alors que mes mains étaient moites, et mes gestes de moins en moins précis.  J'avais sauté du rez-de-chaussée mais j'avais quand même réussis à me faire mal. Mon pied s'était posé sur une branche un peu plus grosse que les autres et j'avais perdu l'équilibre pour me retrouver sur les fesses. Quel idiot maladroit je faisais parfois. Mais ce n'était pas ça qui aurait pu m'arrêter, alors je me mis à courir, ne sait-on jamais si quelqu'un se rend compte que j'étais parti. Je m'en fichais des conséquences. J'en avais marre de tout ça. J'avais besoin de réponse.

 

Et maintenant que je l'avais vu dans l'embrassure de la forêt.

 

J'étais décidé à le prendre en chasse à mon tour.

 

Ce fichu lycanthrope.

 

J'étais un idiot.

 

Inconscient, oui. Et au fond je le savais. Mais c'était plus fort que moi. C'est comme si mes pas me guidaient jusqu'à cette bête, j'avais besoin de savoir qui il était, et pourquoi il faisait ça. Alors oui, sans arme, sans prévenir personne, comme le pauvre adolescent que je suis, j'étais parti m'enfoncer dans cette forêt que je ne connaissais pas. Et si je voulais être tout à fait honnête avec vous, j'avais peur. Depuis que mon regard était tombé sur sa silhouette alors que nous arrivions chez la sœur de Jung Su, je n'avais que cette idée en tête. Le retrouver. Pour faire quoi? Je ne savais pas vraiment. Je n'avais pas eu le temps de prendre de quoi me défendre, ni même une lampe torche, alors au fond j'étais peut-être juste en train de signer mon arrêt de mort. Tant pis.

 

Je glissais à nouveau, à cause de la terre et les feuilles encore mouillée par l'averse de la veille et me retrouvais sur les fesses, encore une fois. Je grognais et me relevai en grimaçant, je détestais cette sensation de jean mouillé, alors quand c'était à cause de la boue, c'était encore pire. Je me retournais légèrement et regardais la route, encore assez proche de moi. Peut-être cinquante mètres. C'était maintenant ou jamais si je voulais faire marche arrière. Si j'avançai plus loin dans cette forêt, j'allais très certainement faire une énorme bêtise. Et le regretter. Mais il était là. Ce loup qui m'intriguait tant.

 

Je dû fermer les yeux et me concentrer pour que mes jambes arrêtent de trembler et daignent m'obéir. Cela me pris tout de même quelques minutes, car pour faire simple, j'étais un froussard. En tout cas par rapport à ce loup. Et par rapport à toute cette histoire. Mais j'étais aussi curieux, et je cherchais à retrouver ma tranquillité. On m'a apprit que cette bête était, au fond, un homme. Alors pourquoi cherchait-il à me faire du mal, précisément à moi? 

 

Je soufflais, bruyamment et regardais une dernière fois ce que je pouvais voir de la maison d'ici. J'étais bien décidé à retrouver ce loup. Je voulais savoir qui il était. Alors c'est d'un pas ferme que je me mis à avancer. 

 

Et c'est seulement cinq minutes plus tard que je le regrettais, déjà. Je le savais pourtant que je regretterais. Mais pas si vite.

 

"Où est passé cette connerie de loup?!"

 

Aucune trace de lui. Aucune idée de la direction à prendre.

 

Mes converses: fichues.

 

Mon jean: fichu.

 

Mes mains: gelées.

 

Mes cheveux: pleins de boue.

 

Ma vestequiestenfaitàKyungsoo: oups.

 

Mon moral: … vous voyez le sol? La merde sur le sol? Le dentier de la mamie qui vient de s'écraser à terre à côté? L'arrière-grand-père enterré six pieds sous terre? Le dinosaure qui se gratte le pied? Il est là mon moral. Sous le dino.

 

Alors que j'étais près à abandonner, sortir mon téléphone pour très certainement appeler ma mère ou les pompiers peut-être je ne sais pas, j'entendis un grognement. Puis deux. Et un bruit sourd. Très près de moi. Un couinement. Juste derrière moi. Alors avec précaution je me retournais. 

 

Et là.

 

Je le vis.

 

Un magnifique loup noir, enfin, lycanthrope.  Il était énorme, et j'étais certain que ce n'était pas celui que j'avais croisé la dernière fois. Pour la simple et bonne raison que l'autre était blanc, et celui-ci noir. Mais ce détail, je venais juste de m'en rappeler. En voyant cette bête à mes pieds, avec une fourrure d'un noire ébène profond, qui semblait, je l'avoue, si douce je pris légèrement peur. Je me reculais alors qu'elle se relevait, et ce loup faisait au moins un mètre cinquante de plus que moi. Il était sans aucun doute plus imposant que le loup blanc que j'avais croisé. Je tombais, pour la troisième fois de la soirée, sur les fesses après avoir buter contre une racine. Paralysé par la peur, je ne réussis pas à détourner mon regard de, je devais l'avouer, ce superbe loup.

 

J'étais pourtant sûr, d'avoir vu l'autre loup tout à l'heure. M'étais-je trompé à cause de l'obscurité? Ou tout simplement parce que je ne pensais en aucun cas en rencontrer un autre.

 

Il s'approcha de moi, et je retins ma respiration, alors que son museau était à seulement quelques centimètres de mon visage.

 

Ses yeux perçant ne me lâchait pas d'une seconde, et j'avais du mal à penser que derrière tout ça, il y'avait un homme. J'étais pris de soubresauts tant la peur et l'angoisse m'envahissait mais, à ma grande surprise, il vint frotter son museau contre ma joue.

 

 

J'avais vraiment cru qu'il allait me dévorer sur place.

 

Mais non. Juste ça et il se recula. Comme s'il avait voulu que je ne m'inquiète pas. Cependant je ne pus réfléchir plus longtemps, puisque seulement quelques secondes après son geste, pour mon plus grand malheur, un autre énorme lycanthrope apparu.

 

Lui par contre, avait l'air très énervé. Et la suite se passa, extrêmement vite. L'autre loup avait une teinte chocolat, et ses yeux était injectés de sans, mais pas que. Sa gueule était pleine de sang aussi, et je savais très bien que ce n'était pas le sien, mais très certainement celui de son dernier repas.

 

Sauf que son regard croisa le mien.

 

Et son regard était différent de celui du loup noir et différent de celui du loup blanc. Le premier que j'avais rencontré avait un air agressif, plus plutôt calme et posé. Le loup noir lui, avait un regard presque doux qui se voulait réconfortant, et intense.  Mais le regard de ce loup là, qui venait d'apparaitre en trombe, il était terrifiant. Furieux, enragé, qui vous fait froid dans le dos. Et meurtrier, incroyablement terrifiant, mais tout son être était comme ça.

 

Il n'attendit pas une seconde de plus pour me sauter dessus, moi pauvre homme paralysé de peur, dont les jambes n'obéissaient plus et le ventre se tordait dans tous les sens.  Il avait fait un bond extraordinaire, puissant et incroyablement violent, si bien que j'eus un sursaut et un petit cri échappa de mes lèvres alors que je fermais les yeux, les bras devant mon visage, pour tenter de me protéger un minimum.

 

Mais rien ne se passa.

 

Enfin si. Un énorme choc qui avait fait trembler le sol. Et pour cause, lorsque j'avais relevé les yeux, je pus voir le loup agressif qui était passé à travers un arbre, faisant un beau bordel dans cette forêt. Et ça parce que le loup noir m'avait protégé. Intentionnellement ou non, je n'en savais rien, mais il l'avait fait. Et grâce à lui j'étais en vie. Je devais ma vie à un loup, qui m'avait protégé d'un autre loup.  Et j'avais du mal à en croire mes yeux. Les lycanthropes sont extrêmement puissant, et violent, et quand je les ai vu se battre devant moi, ça m'avait encore plus fait peur. Jusqu'à ce que le loup noir donne un terrible coup de griffe sur le torse de l'autre, dans un hurlement –ou plutôt grognement- digne d'un grondement de tonnerre, à vous glacer le sang.

 

Son regard trouva le mien, et il me grogna dessus, plusieurs fois.

 

Et je ne sais par quelle magie j'ai compris qu'il voulait que je fuie. C'était bizarre, mais parfois, le langage corporel est simple à comprendre selon les situations. Alors je retrouvai enfin la force de mes jambes et me relevai en m'accrochant à tout ce que je trouvais: les arbres. J'avais eu du mal à me relever, tant la peur avait contrôlée mon corps, et lorsque je me mis à courir, je trébuchais plusieurs fois.

 

Je courrais dans la boue, et mes vêtements déjà mouillés me donnaient encore plus froid, alors que ma gorge me brûlait, mais je respirais de plus en plus fort, mes poumons quémandant toujours plus d'air. Mon jean s'accrocha à une racine, ou un bout de bois très certainement, au fond je n'en ai aucune idée. La chose que je sais, c'est que j'étais tombé violement, la tête la première, et avait ressenti une douleur horrible m'assaillant le haut du front. Puis de la chaleur. Un liquide chaud qui coulait doucement. Du sang… et plus rien.