Le commencement.

par Hokaru

 

 

[[P.O.V Jongin.]]

 

 

Alors que j’écoutais ma musique à travers mes écouteurs, mon regard figé dans le vide vers la fenêtre, je sentais la brise fraiche de la nuit caresser mon cou, me faisant frissonner. Il faisait sombre, et la lumière jaune des lampadaires défilait sous mes yeux. Je ne savais pas que ma vie était sur le point de changer du tout au tout. Certes je savais qu’il y allait avoir du changement, mais je ne m’attendais pas à ça.

 

 

 

CHAPITRE UN

 

 

 

Je soupirai profondément, prenant mon sac sur mon épaule. J’aidais ma mère à sortir sa valise de sa voiture et la suivais jusque devant la maison. Mes pas étaient lents, et montraient bien à quel point j’étais enthousiaste à l’idée de venir ici. On s’était arrêtés devant une maison, c’était une plutôt grande maison, bleutée, avec de jolies fleurs tout autour de l’entrée. Ça y est, maintenant c’était définitif. Maman s’avança doucement et je la suivais jusqu’à la porte d’entrée.

Cette maison que je n’avais jamais vue auparavant allait être maintenant la notre. Je grimaçai, pas vraiment joyeux de cette nouvelle et la laissai appuyer sur la sonnette. Elle se retourna vers moi et remis mes cheveux normalement, sûrement en pagaille à cause de ma courte sieste dans la voiture, avant de m’adresser un sourire tendre.

_ S’il te plaît, Jonginnie, ne fais pas cette tête.

Je n’avais aucune envie d’habiter avec son nouveau mari, mais je fis un effort et souris à mon tour.

_ Je suis juste fatigué.

La porte s’ouvrit devant un homme plutôt grand, les cheveux bruns en bataille, qui nous offrit un large sourire.

_ Sora ! s’exclama-t-il en prenant ma mère dans ses bras, la serrant fort.

_ Han, Jung Su ! Souriait-elle comme une idiote.

Ils s’étaient rencontrés il y’a presque un an maintenant, et sortaient ensemble depuis un peu plus de huit mois. Ils avaient décidés de partager leur vie, et donc ma mère et moi étions venus déménager chez lui. Je restais là, sans bouger les laissant se retrouver comme deux adolescents pleins de fougue, et toussai pour qu’ils me remarquent. Ils défirent enfin leur étreinte, et Sora prit son sac, alors que son homme se retournait vers moi.

_ Oh, Jongin, comme on se retrouve !, s’écria-t-il en me voyant.

_ Salut Jung Su, répondis-je de manière assez mollassonne, je l’avoue.

En effet j’avais déjà rencontré deux ou trois fois le petit ami de ma mère. Park Jung Su, c’était un type bien, enfin je crois. Il avait l’air plutôt idiot, mais gentil. Il voulait toujours m’acheter des cadeaux ou jouer au papa modèle, on voyait bien qu’il faisait des efforts pour que je l’accepte. Je l’aimais bien, je n’étais absolument pas contre la relation qu’il entretenait avec ma mère, mais je ne le considérais pas pour autant pour mon père, loin de là.  Ce n’était pas du tout contre lui, mais c’était comme ça. À seize ans, je n’avais pas besoin de père, je n’en avais jamais eu et je le vivais très bien.

Il nous fit entrer, en m’aidant à porter les valises. Deux valises et un sac pour moi, trois pour ma mère, c’était tout ce qu’on gardait de notre ancienne vie. Presque rien, quoi. Je ne connaissais ni la ville, ni ma nouvelle maison, et presque pas ma nouvelle famille. Tout me paraissait si différent. Même ma future vie allait être différente, puisque je n’étais plus fils unique.

_ Bonsoir…, fit une petite voix derrière moi.

Je me retournai et vis, le garçon qui était maintenant mon frère. Il devait avoir quelques centimètres en moins que moi, les cheveux noirs lisses, court derrière mais un peu plus long devant. Plusieurs mots me vinrent en tête lorsque je le vis.

Doux. Discret. Calme.

Il avait la peau blanche, les lèvres pulpeuses et presque rouges par rapport à son teint. Ses yeux étaient d’une jolie couleur noisette, et plutôt grand. Un sourire tendre étira ses lèvres.

_ Vous avez fait bonne route ?, reprit-il.

_ Oh, Kyungie !, s’écria ma mère alors que je le scrutais encore.

Elle le prit dans ses bras et lui embrassa la joue. Pauvre garçon, il ne méritait pas que ma mère le maltraite avec ses envies de câlins et de bisous. Sora était extrêmement tactile et moi je ne supportais pas ça, du moins pas tout le temps et encore moins avec elle. Lui, se contenta de sourire et tapoter gentiment son épaule. Elle le lâcha, enfin, pour le retourner vers moi, et nos regards se croisèrent pour la première fois.

_ Kyungsoo je te présente mon fils, Jongin. Jongin, voici ton grand frère !

_ Enchanté, murmurais-je d’un ton morne.

_ Salut… Viens, je vais te montrer où tu dormiras ce soir.

Même si l’on avait chacun rencontré le parent respectif de l’autre, on ne s’était jamais vu. Sora et Jung Su m'en avait beaucoup parlé, alors j'étais… peut-être légèrement impatient de le rencontrer pour me faire ma petite idée sur lui. Je ne sais pas s’il était aussi peu emballé que moi à l’idée de former une famille tous ensemble, mais en tout cas il avait l’air bien plus poli que je ne l’étais. Même si je mettais ça sur le compte de la fatigue. Son père me regarda et sourit, l’air légèrement mal à l’aise.

_ Ton lit n’arrivera que demain, alors tu dormiras avec Kyungsoo ce soir, ça ne te dérange pas j’espère ?

_ Aucun souci. Ne t’en fais pas, je suis tellement fatigué que je pourrais m’endormir à même le sol, répondis-je en essayant de me montrer le plus joyeux possible.

Je suivis mon nouveau grand frère –d’un an de plus que moi- et il m’emmena à l’étage, ouvrit une porte pour me laisser rentrer dans sa chambre. Ici, c’était définitivement plus grand que n’importe quel endroit où j’avais vécu jusqu’à présent, et je suppose aussi que maintenant, on aura moins de problèmes d’argent. C’était un des bons points de vivre ici, mais c’était mineur comparé au fait qu’on allait sûrement devoir jouer à la gentille famille qui s’aime. Merci, ce genre de truc c’est vraiment très peu pour moi.

 Je n’avais même pas prit la peine de regarder l’intérieur de la maison, ni même sa chambre, je m’affalai juste sur son lit, tel un phoque.

 Majestueux le phoque, s’il vous plaît.

 Je l’entendis rire, du moins je pensais, parce qu’au fond j’étais tellement fatigué que j’aurais pu avoir rêvé.  En relevant les yeux, je vis à côté de son lit un matelas posé à même le sol, et je lui demandais :

_ C’est là que je dors ?

_ Oui, sauf si tu préfères prendre mon lit pour cette nuit.

Il avait vraiment une voix douce, c’était limite agréable de l’entendre parler. Je répondis après m’être retourné :

_ Nan t’en fais pas. Par contre, tu peux me montrer la salle de bain ? Je voudrais me laver avant de dormir…

Il acquiesça alors que je sortais quelques affaires de ma valise, et je le suivis jusqu’à la salle de bain. Il m’avait donné des serviettes et était reparti tout aussi vite. Je soupirais bruyamment, après m’être déshabillé pour rentrer dans la douche, et laissais l’eau couler quelques secondes sur ma peau. Tout allait tellement vite. Aujourd’hui j’emménageais chez ma nouvelle famille, et demain je rentrais dans mon nouveau lycée, où mon nouveau frère était déjà élève.  Quel calvaire.  

Je fermais les yeux et me laissai glisser contre le mur froid, épuisé.

 

 

_ Jongin, ça va ?

 

 

Je rouvris les yeux, pas très réveillé. Je me sentais complètement chamboulé. M’étais-je endormi ? Kyungsoo retoqua doucement et essaya à nouveau:

_ Ça fait trente minutes que tu es là dedans, tu es sûr que ça va ?

Trente minutes… Je m’étais bel et bien endormi. Je me levai en éteignant l’eau, et sortis de la douche en attachant une serviette autour de mes hanches pour ouvrir la porte.

_ Oui, ça va, excuse de t’avoir inquiété. Je me suis assoupi.

Kyungsoo me regardait droit dans les yeux, comme s’il se forçait à ne pas baisser les yeux, c’est vrai que je n’étais pas très pudique. Il s'y fera.  Il hocha la tête et dit, plus bas.

_ Sora et Jung Su sont partis se coucher, je laisse ma porte ouverte pour que tu retrouves ton chemin… Tu as une sale tête, dépêches toi de venir te coucher, sinon tu ressembleras à un zombie demain.

Finalement il n’était pas aussi timide que ce que je pensais. Mais il avait ce truc, cette tête qui affichait un air neutre quoi qu’il dise. En plus il parlait de manière trop formelle. Même ses sourires semblaient forcés ou fades. Mais je comprenais qu’il devait se forcer à sourire. Et puis après tout, on venait à peine de se rencontrer. Est-ce qu'on arrivera à s'entendre? Je ne sais pas, je … Je l'espère ? Même ça, au fond, je n'en étais pas sûr. Je pouvais paraître social, mais il ne fallait pas se fier aux apparences. J'avais essayé de changer. Parce qu'avant j'étais vraiment très solitaire, je n'avais aucun ami et étais froid avec tout le monde. Méchant, cassant, je détestais tous ceux qui m'approchaient. Mes rares "potes" –et encore- n'étaient que des personnes qui voulait surement se la péter de trainer avec un voyou, et qui n'ont jamais essayaient de me recontacter par la suite. Il y avait bien mon seul véritable ami. Le seul.

Sehun.

Oh Sehun.

On était amis depuis qu'on était tout petit. Mais arrivé à l'âge de dix ans, il a déménagé. Je n'avais pas de téléphone portable et lui non plus, alors on correspondait par lettre et parfois on s'appelait. Mais un jour, vers mes quinze ans je m'étais salement embrouillé avec un gars, qui avait balancé mon sac dans l'eau. Malgré tous mes efforts pour retrouver mon carnet, dans lequel j'avais écris son adresse mail et postal, je ne l'ai jamais retrouvé. Je me suis maudis d'avoir une aussi mauvaise mémoire, surtout que les lettres de Sehun était dans ce journal. J'avais tout perdu à ce moment, et je n'ai plus jamais essayé de me lier d'amitié avec quiconque. Il me manquait terriblement.

J'espérais juste m'intégrer facilement ici …

 Je me séchais donc en vitesse pour mettre mon pyjama rapidement et rejoindre ma chambre pour cette nuit. En voyant le matelas qui m’étais destiné, je ne pu m’empêcher de sourire et de m’affaler dessus, avec toute la grâce dont j’étais capable.

_ Je peux éteindre ?, me demanda Kyungsoo doucement.

Je grognais juste en hochant la tête. Décidemment, je devais être le pire des invités. M’en fiche, j’ai jamais demandé à être ici. La lumière disparue et je l’entendis se glisser dans son lit. Je fermais les yeux, profitant de la douceur de mon lit improvisé, et je n’entendis que la respiration de Kyungsoo bercer mes oreilles.

C’était vraiment un moment apaisant. Jusqu’à ce qu’un bruit me fit frissonner de dégoût.

_ Oh non…, soupira mon ainé.

_ Putain, c’est pas vrai, grognai-je.

Je me relevai pour prendre mon oreiller et le mettre sur ma tête, alors que les gémissements de ma mère se faisaient de plus en plus forts.

_ La honte, sérieux, soupirai-je.

J’entendais Kyungsoo gigoter dans son lit, à mon avis tout aussi mal à l’aise –énervé- que moi, franchement à leur âge, ils étaient obligés d’être aussi bruyant ?

_ Pitié qu’ils arrêtent, suppliais-je désespéré.

_ Ils en ont pour un moment, soupira Kyungsoo.

Je me relevai, choqué de cette affirmation.

_ Qu-

_ Ce n’est pas la première fois que j’entends leurs retrouvailles bruyantes, et crois moi, ils en ont pour un moment.

A peine il eut finis sa phrase que j’entendis, à mon plus grand dégoût, un gémissement plus fort s’échapper des lèvres de ma mère.

Je grognais, appuyant mon oreiller plus fort sur ma tête, me retenant de leur crier de se la fermer une bonne fois pour toute. Mais je ne fis rien, car oui, je lui avais promis que je me tiendrais tranquille, maintenant que notre nouvelle vie commençait. Parce que c’est vrai, en plus d’avoir sale caractère je n’avais jamais eu une bonne réputation dans les nombreux collèges et lycée où j’avais étudié. Entre tous les cours que j’avais séchés, toutes les fois où je m’étais fait renvoyer, toutes les bagarres auxquelles j’avais participé, mon incroyable impolitesse et mon impatience, ma grossièreté ; j’étais décidemment pas le fils rêvé. Donc, comme promis, je décidais de me tenir tranquille, et me contentai de grogner.

 

 

~

 

C’est d’une humeur massacrante que je me réveillai, après avoir entendu Kyungsoo se lever. Il s’était levé vers les sept heures moins le quart, et comme il m’avait dit la veille qu’on devait partir vers les sept-heure trente, je jugeai bon de me laisser encore quelques minutes de repos.

 En soupirant, je me relevai à mon tour, après avoir failli me rendormir, et me dirigeai vers la salle de bain pour me laver le visage. Je ne pu m’empêcher de sourire en voyant ma pauvre tête, et mes cheveux en pagaille. C’est à l’aide de coup de peigne et de mes doigts que j’essayai, en vain, de remettre mes cheveux dans un état normal. J’ai finalement opté pour l’allure sauvageonne, après tout ça m’allait plutôt bien. J’esquissai un sourire à mon reflet, fier de ma belle gueule pour enfin descendre petit-déjeuner.

_ Bon matin mon petit cœur, s’exclama Sora en me voyant arriver.

Trop c’est trop. Elle était là devant moi, pleine de vie, joyeuse, souriante. C’est clair, elle avait dû bien dormir elle.

_ Mauvaise mère, lançai-je sous son regard surpris. Franchement, tu savais qu’aujourd’hui je reprenais les cours, vous étiez obligé de faire autant de bruits toute la nuit ?

Elle rit. Nerveusement, pour cacher se gêne sans doute et me tapa gentiment l’épaule, alors que j’étais toujours aussi peu éveillé. Leeteuk (c’était le surnom que tous le monde avait donné à Jung Su pour je-ne-sais-qu’elle-raison-et-je-ne-veux-pas-savoir) avait sourit alors que ses joues s’empourpraient, pendant que Kyungsoo buvait son thé, l’air de s’en foutre royal.

_ Voyons Jonginnie, où est passé la fougue de ta jeunesse ?

_ Tss, c’est ça, je vais me préparer, pas faim. Me refait pas ce coup-là !, lançais-je en m’éloignant.

Je montai les escaliers, dont je n’étais toujours pas habitué et retrouvai la chambre de Kyungsoo, sans aucun mal cette fois. Je sortis de ma valise mon uniforme qui m’avait été livré quelques jours plus tôt, il était un peu fripé mais rien de grave. D’un côté, j’appréhendais un peu cette rentrée, j’avais un mauvais pressentiment. Après m’être habillé, sac sur le dos, je rejoignis Kyungsoo qui m’attendait dans l’entrée pour partir. Le lycée n’était pas très loin, mais on prit le tram pour y aller, et il me montra quelques endroits de la ville. Enfin arrivé, il m’accompagna jusqu’à l’accueil et, sous ma demande, me laisse me débrouiller seul pour la suite. Je lui étais reconnaissant, mais je n’avais pas non plus envie qu’il me voit comme un fardeau. La secrétaire m’aida à remplir quelques papiers et elle me ramena jusqu’à ma classe, où mon professeur principal m’attendait.

J’entrais aujourd’hui en deuxième année de lycée et oui je n'avais pas redoublé, étonnant hein? Kyungsoo, lui,  était lui en troisième année.

 Je pris une grande inspiration avant de rentrer dans ma salle de cours. Je vis tous les regards se poser sur moi, et me dévisager. J’étais habitué à ça, puisque je changeai souvent d’école, mais pour une fois ce n’était pas à cause d’une bagarre que j’avais été renvoyé, donc les élèves ne me regardaient pas d’un mauvais œil. Le professeur me présenta au reste de la classe et m’invita à m’asseoir, je souris avant de regagner ma place, essayant de ne pas paraître coincer ou froid.

Je pense avoir réussi à faire plutôt bonne impression, si je me tenais à l’écart un bon moment, on finira par m’oublier et je pourrais passer une année tranquille. Je l’espère tout du moins.

Les cours restaient quand même plus barbant les uns que les autres. Les minutes passaient lentement, extrêmement lentement, et n’ayant aucun ami, je n’avais pour me divertir, que les nombreux jeux sur mon téléphone portable. La pause de midi sonna enfin, si tous les jours étaient comme ça, je risquai de mourir d’ennui.

Directement après la sonnerie je me dirigeai vers les toilettes pour soulager ma vessie, trop flemmard pour y aller avant. Et pour être honnête je ne pensais pas croiser les ennuis si vite.

C’est en sortant que je bousculais un autre élève avec la porte. Visiblement il avait fait tomber son téléphone en percutant la porte que j’avais ouverte surement trop brusquement.

Il me lança un regard mauvais, ce regard, on aurait dit moi seulement quelques jours auparavant.

"Aller Jongin, tu as promis à ta mère que tu ne te bagarreras pas, excuse toi et continue ton chemin." me forçais-je à penser.

Ce que je fis, pas très motivé certes, mais je le fis tout de même.

_ ‘Scuse, j’ai pas fait exprès, marmonnais-je avant de reprendre ma route.

Mais avant de m’être complètement retourné je sentis une pression sur mon épaule, me forçant à faire face au garçon, à nouveau, suivie d’une douleur au ventre. L’enfoiré m’avait donné un coup de genoux.

Alors que je pliais à cause de la douleur, je le sentis enfoncer ses doigts dans ma gorge pour me soulever et me claquer contre le mur.

_ Pas fait exprès ? Je vais t’apprendre le respect sale con. T’as pas intérêt à recroiser mon chemin, sinon je t’explose, murmura-t-il d’une voix froide et menaçante.

Il me lâcha enfin, me permettant de respirer, et s’en alla les mains dans les poches. S’il ne m’avait pas attaqué pas derrière il en aurait eu pour son grade. Enfin, ça, c’était ma fierté qui parlait.

"Sympa l'accueil. Connard."

Je déglutis bruyamment, massant ma gorge doucement. Ce type avait tout de même une force hors du commun, je ne sais pas si lors d’un corps à corps, j’aurais réussi à le battre. Je ne m’étais jamais fait rétamer si violement, en si peu de temps, pourtant j’étais bon en baston, ça oui.

_ Est-ce que ça va ?

Je relevai les yeux et une touffe orange retint mon attention. Il y’avait un garçon, se tenant en face de moi, une mine inquiète sur le visage. Il devait faire presque une tête de plus que moi, quelle asperge !

J’hochais la tête, et un immense sourire prit place sur son visage.

_ Tant mieux ! Je suis Park Chanyeol, on est dans la même classe ! Je suis content que tu ailles bien tu sais, j’ai cru qu’il allait te tuer, mais le temps que j’arrive il était déjà parti. En plus je ne sais pas si j’aurais vraiment été très utile tu sais, parce que malgré ma grande taille et mes muscles d’acier, je n’aime pas trop la violence, et puis-

_ Ouais, merci, c’est pas grave, dis-je en tentant de le faire taire.

Bon sang le débit de parole qu’il avait était impressionnant, pire que ma mère. Malgré tout il sourit, et me tapa gentiment l’épaule.

_ Je suis désolé, je parle beaucoup…

_ Mh… C’était qui ce mec, tu le connais ?, tentais-je.

Le dit Chanyeol se tût quelques secondes, et fronça les sourcils, il n’avait pas l’air de porter cet individu dans son cœur.

_ Bang Yongguk. Il n’est pas trop fréquentable, mais après votre rencontre, je pense que tu l’avais remarqué.

Yongguk. Je n’étais pas prêt d’oublier ce prénom.

"Un jour où l'autre tu regretteras ce que tu m'as fait, p'tit con."

 Je relevai les yeux vers mon interlocuteur, et continuai de le questionner.

_ Il fait souvent ça ?

_ Ça ? Si part « ça » tu entends « tabasser la première personne qui le fait chier » alors la réponse est oui. Mais il est discret, et les élèves ont peur de lui, en plus son père est…

Chanyeol fit les guillemets avec les doigts de ses mains en se penchant vers moi, comme s’il eut peur que quelqu’un puisse nous entendre.

_ Son père est ?, demandais-je impatient.

_ Un mec dangereux, mais surtout, en plus d’être dangereux, il est super riche de la mort. Alors l’école ne veut pas avoir de problèmes avec lui. Tu vois ?, il s’était mit à murmurer.

Il se croit dans un film ou quoi ?

Je soupirai. Chanyeol était tout aussi un énergumène spécial, mais il avait l’air plutôt marrant, quoiqu’épuisant.

_ Ouais, je vois. C’est un peu pitoyable quand même de la part d’une école…

On soupira en même temps, ce qui valu au grand rouquin de me faire un énorme sourire, et il me prit par l’épaule.

_ On mange ensemble ? Je suis sûr que tu ne sais pas où se trouve la cafet’ !

Je souris, avec lui mes journées ne risquaient pas d’être ennuyeuses.

_ Ça me va, répondis-je en essayant de suivre la cadence de mon nouvel ami.

Pour l’instant je n’en avais aucune idée, mais tout était en train de s’enclencher doucement. Sans que je ne le sache, chaque chose, même les plus futiles, aurait un impact sur plus tard. Tout ces gens que j’allais rencontrer, je ne me doutais pas du tout de ce qu’ils étaient réellement. Pourtant, c’était ainsi que ma nouvelle vie avait débutée, sans que je ne m’en rende vraiment compte, elle allait devenir bien plus différente que je ne l’avais jamais pensé.

Je me suis royalement foutu dans une belle merde, en fait.