Chapitre 18

par Scare.

Chapitre 18

Où est-elle ? Où est-elle ? Je m’arrêtais une cinquantième fois pour vérifier mes appels, aucune réponse. Comment peut-on disparaître comme ça avec comme derniers mots : « Désolé c’était trop dur…. » ?! Ce n’est pas anodin comme paroles, on ne dit pas ça sur un coup de tête. J’essayais une seconde fois d’appeler.

« Votre correspondant est indisponible pour le mom... 

-Aish ! »

Maintenant j’étais sûr qu’elle n’allait pas répondre. Je partais de nouveau à sa recherche, mes poumons étaient à bout de force, ma gorge était sèche et mes jambes menaçaient de s’effondrer après avoir couru à travers la ville mais il fallait absolument que je la vois, même si c’était pour la dernière fois. Je me dirigeais instinctivement vers le pont qu’elle aimait fréquenter, bien sûr cette partie ne possédait qu’un lampadaire tout les trois cents mètres ce qui rendait les recherche plus difficiles. J’avançais donc prudemment, attentif au moindre mouvement. Mon pied heurta un objet au sol, je me penchais et examinait la petite boîte.

« Des somnifères ?! »

Ma respiration s’accéléra brusquement, je repartais en courant, affolé à l’idée de la perdre.

« Sun Hee ! Sun Hee ! Je n’aurais pas dû partir, j’arrive ! Sun Hee ! »

Alors que je perdais espoir au fur et à mesure que j’avançais je vis une silhouette, sa silhouette. Elle était sur le muret…pourquoi se balançait-elle ainsi ?! Seuls quelques mètres nous séparaient, je ne pouvais pas la laisser se faire du mal, j’en mourrais.

« Sun’ arrête-toi ! Je ne t’abandonnerais plus ! »

Elle sembla perdre l’équilibre, son corps était soudainement entraîné vers la chaussée, je courrais mais malheureusement j’eu juste le temps de rattraper son bras et de freiner sa chute. Les battements de mon cœur résonnaient dans mes oreilles, mes jambes tremblaient. Je m’agenouillais à ses côtés et la pris délicatement dans mes bras. Ses paupières étaient closes, se respiration anormalement lente.

« Sun’ réveille toi ! Je t’en prie, réponds ! »

Je collais sa tête sur ma chemise lorsque je sentis un liquide chaud pénétrer entre les tissus, je regardais avec effroi la tâche rouge s’agrandir. Je sortis rapidement mon téléphone et composais le premier numéro en tête.

« Dae Jung ! Elle saigne !

-Su…Suho calme-toi ! Qu’est-ce qu’il se passe ?

-Elle est tombé ! Je l’ai retrouvé mais elle…elle saigne…

-J’arrive avec les secours, où êtes-vous ?

-Sur le pont où on est allé pour le nouvel an.

-Okay, j’arrive le plus vite possible ! »

Je me tournai de nouveau vers le corps inanimé de Sun Hee.

« Ne pars pas…J’ai besoin de toi… »

Je la serrai contre ma poitrine pendant que mes larmes dévalaient le long de ses cheveux. Pour moi le printemps commençais par des larmes et une horrible odeur de sang.



[point de vu de Dae Jung (Manager Kim)]

« Elle a perdu pas mal de sang mais elle ne va pas en mourir cependant ce qui m’inquiètes le plus c’est le choc qu’elle a reçu…Il est possible que son cerveau soit endommagé, lorsque son état sera stable nous ferons des analyse plus précise afin d’en savoir un peu plus sur les conséquences cérébrales de sa chute. Pour l’instant nous l’avons mise sous coma artificiel, nous vous appellerons pour vous donner de ses nouvelles.

-Merci docteur.

-Au revoir. »

J’inspirais profondément. C’était parfois très dur d’être manager, on doit rester fort, rassurer les autres sur des choses incertaines, régler les conséquences médiatiques des incidents et, quand tout est redevenu calme on peut enfin penser à soi, pleurer à son tour une amie de longue date dans le coma.

J’avançais lentement dans le couloir, à mon arrivé dans le couloir servant de salle d’attente trois personnes se levèrent et je fus rapidement harcelé des questions.

« Comment va-t’elle ? Elle s’est réveillée ?

-Jong In, Herin…calmez-vous.

-Comment veux-tu que l’on soit calme dans ce genre de situation ?

-Suho est calme lui…

Je regardais le jeune homme relever lassement la tête dans ma direction. Son regard me fit tellement mal au cœur, ses yeux étaient gonflés et rouges à cause des pleurs et, même si ses larmes avaient cessés de couler il gardait en lui une infinie tristesse.

-On parlera dans la voiture. Allez ouste ! »

Une fois dans la voiture les questions ne vinrent finalement pas. La voiture avançait lentement dans la ville, au premier feu Kai prit enfin la parole.

« C’est de ta faute.

Même si personne n’était nommé il n’était pas très dur de savoir qui était visé. L’accusé releva la tête et, dans un soupir las ouvrit la portière.

-Je vais rentrer seul. J’ai besoin de prendre l’air. 

-Espèce de lâche…

Suho partit lentement, il faisait tellement de peine…

-Ca doit être dans sa nature de s’enfuir.

-Kai arrête ça tout de suite ! Laisse-le tranquille ! Pour Sun Hee… 

-Okay mais c’est de sa faute si elle n’est pas là… »

Pourquoi fallait-il que tout se passe ainsi…C’est impossible d’être tranquille deux secondes…

Une fois que Jong In avait été déposé devant son dortoir et que je m’étais assuré que Suho était bien rentré je rentrais enfin à l’agence avec Herin. La jeune fille, d’habitude forte et enjouée était aujourd’hui extrêmement silencieuse. Je l’observais rapidement dans le rétroviseur, elle semblait anxieuse.

« Ne t’inquiètes pas elle s’en sortira.

-Hum… »

Une fois sorti de la voiture j’accompagnais Herin vers les appartements des danseurs situés au sein même de l’agence. Nous marchions calmement côte à côte lorsqu’elle se mit soudainement à sangloter, elle s’agenouilla soudainement. Je la regardais, ébahi, ne savant pas trop comment agir, je m’accroupi et lui caressa doucement les cheveux dans l’espoir de la calmer mais ma main fût rapidement chassée.

« Désolée…Je ne pensais pas que ça irais aussi loin…

-De…quoi tu parles ?

-Je n’aurais pas dû…désolée…Je ne voulais faire de mal à personne…

-C’est toi qui a posté ce message ?!

-J’en avais juste marre d’être toujours au second plan…

-Sun Hee est dans le coma par ta faute ?!

-Je…ne voulais…pas…

-Tu devrais avoir honte de tes actes.

-Je suis vraiment désolée….

-Arrête de pleurer…c’est encore plus égoïste.

-Je m’excuse…

-Lève-toi. Je t’emmène chez le directeur. Tu vas tout lui expliquer. »