Chapitre 17

par Scare.

Chapitre 17

« Désolé mais…j’ai du mal à savoir le vrai du faux ces temps-ci…laisse-moi… »

Un silence gênant s’était soudainement abattu dans le couloir, je sentais les regards de Herin et Kai dans ma nuque. Je regardais Suho se tourner et s’éloigner sans rien faire, ses mots se répétaient dans ma tête « Laisse-moi…laisse-moi… », c’est bien ce qu’il avait dit. Je ne pensais pas que tout s’arrêterait, en tout cas pas de cette façon…Je me sentais de nouveau de trop.

« Je…je vais rentrer maintenant..je suis fatiguée. »

Je m’éloignais lentement vers la sortie menant au parking lorsque j’entendis des pas se précipiter dans ma direction. Je me retournai et me trouvai face à Kai.

« Je te raccompagne !

-Je préfère rester seule…

- …

-Je vais bien…puis ce n’est pas raisonnable d’être vu ensemble après ce qu’il s’est passé…

-Hum…

-Bon salut. »

Je vais bien ? Si seulement c’était vrai…Pourquoi suis-je incapable de dire ce que je ressens vraiment ? Si seulement je pouvais dire que, nan je ne vais pas bien, je vais même horriblement mal, j’aimerais qu’on m’aime, qu’on fasse attention à moi, qu’on me prenne dans le bras en me disant que tout va s’arranger…Mais pour ça il faudrait déjà que quelqu’un soit là pour le faire, malheureusement la seule personne qui en était capable m’a laissée elle aussi…

Je me précipitai vers la voiture, pressée de quitter cet endroit mais JongIn me rappela.

« Sun-hee !

-Hum ?

-Je te jure que ce n’est pas moi qui ai fais ça…

-Je sais. »



Tout en moi était devenu un automatisme, je tournai le volant instinctivement, sans vraiment savoir où aller. J’errais ainsi dans les rues. A chaque feu, chaque arrêt je réfléchissais à un endroit où je pourrais me poser. J’énumérais toutes les possibilités mais malheureusement à présent tout m’était fermé. Chez moi ? Il y avait sûrement une nuée d’anti-fans à l’entrée ! Chez mes parents ? Cela fait un moment que j’ai été rejetée. Au dortoir d’Exo ? Je n’y étais plus la bienvenue…A l’agence ? Trop de monde. Dans un hôtel ? C’est envisageable mais les journalistes ne tarderaient pas à le savoir et demain j’aurais bien du mal à en sortir. Je vais finir par devoir dormir dans ma voiture…c’est spacieux, ça pourrait faire l’affaire…

Alors que je désespérais petit à petit la sonnerie du téléphone me tira de mes réflexions. Je m’arrêtais rapidement sur le côté, « Manager ». Je soupirai, peut-être qu’il a une bonne nouvelle…vu où j’en suis ce n’est pas mal d’espérer…

« Allo ?

-C’est moi.

-Je sais, c’est marqué sur l’écran.

-Ça va ?

-Hum..laisse-moi réfléchir…Le pays entier me haït, Suho y compris ! Enfin je suppose vu qu’il a rompu..Je dois faire un nouvel album alors que trois quarts de mes fans m’ont laissé tomber. Je n’ai plus de famille, plus de maison, même ma vie ne m’appartient plus pour te dire ! Tout m’échappe…mais à part ça tout va bien ! Sinon toi comment ça va ?

Des larmes rageuses coulaient dans mon cou, ma respiration devenait saccadée. Comment j’ai pu en arriver là ? Moi je voulais juste réaliser mon rêve. Juste chanter.

-Sun’…

-Je suppose que tu ne m’appelais pas pour savoir à quel point ma vie était pourrie.

-Désolé de te demander ça mais j’en suis obligé…Est-ce que c’est toi qui a posté ce message ?

-Han ! Même après autant d’années ensemble tu ne me fais pas confiance…Je te croyais mieux que ça !

-Sun-Hee tu sais très bien que je n’ai pas le choix…

-Alors non je n’ai pas posté ce message, ce n’est pas mon délire de chercher à ruiner ma vie.

-Désolé…si je peux faire quelque chose pour toi…

-Laisse…t’as déjà fait assez pour moi…Maintenant tu as la vie libre.

-T’es où ?

-Dans ma nouvelle maison…Tu verrais c’est génial ! La vue est personnalisable, le canapé est confortable, la déco est pas très envahissante…Le seul problème c’est juste qu’il n’y a pas de télécommande pour la télé.

-Ne joue pas à ça…

-Dans ma voiture.

-Si tu veux tu peux…

-Dae Jung…

-Oui ?

-J’arrête tout. Merci..pour tout.

-Qu…quoi ?

-Désolé mais c’est devenu trop dur…Remercie les autres pour moi s’il te plait…

-S… »

Je n’avais pas la force d’entendre plus. J’avais pris ma décision, personne ne m’en empêcherais…Je fouillais frénétiquement dans la boîte à gant. J’en ai une, j’en suis sûre ! Ah voilà !

« Ordonnance pour des somnifères. »

Je me remettais en route. Une pharmacie…Une pharmacie…Il y en avait une vers là…Bingo. Je garais la voiture, enfilais des lunettes de soleil et un gros sweat à capuche.

J’avais enfin ce que je cherchais, je posais le sac contenant les précieuses pilules sur le siège passager et partais vers une nouvelle vie.

Cet endroit me plaît. Je garai la voiture et enlevai mon masque, à quoi bon garder des lunettes et un sweat alors qu’il faisait nuit et qu’une douce brise annonçait la venue du printemps. Je sortais la petite boîte orange du sac à ma droite et m’extirpais de ma maison nouvelle génération.

J’humais l’air. J’écoutais le silence. Peu de gens s’aventuraient dans ce coin peu éclairé et loin des quartiers nocturnes de la ville. J’avançais lentement vers le muret séparant la rue au précipice menant à la rivière Han. J’étais seule, de nouveau. Cela faisait maintenant une heure que mon téléphone sonnait continuellement dans ma poche, je le sortais enfin et regardais la liste d’appels manqués s’allonger au fil de mes silences. Visiblement Dae Jung n’était pas le seul à vouloir me joindre, s’ajoutaient à la liste le directeur, Herin et…Suho. Je soupirais. Si seulement cet appel m’avait redonné de l’espoir, mais à quoi bon maintenant tout est fini. J’éteignis l’appareil et le lançais le plus loin possible dans les eaux troubles du fleuve. Plus rien n’avait d’importance à mes yeux.

Je montais sur le muret de pierre, la vue était magnifique d’ici. Les lumières de la ville éclairaient le ciel tout en se reflétant dans l’eau en formant des dizaines de points multicolores à sa surface. J’observais le monde tout en laissant aller les multiples larmes que j’avais refoulées jusque-là. J’ouvris la boîte contenant les somnifères et avala 2 comprimés, juste assez pour m’endormir rapidement. Je marchais lentement le long du muret, à ce moment ma vie était réduite à du hasard. Je pourrais tomber dans l’eau et tout recommencer ou sur le trottoir et affronter de nouveau ces obstacles devenus trop grands pour moi.

Mes idées s’embrouillaient petit à petit, ma vue se troublait par moment, les bruits devenaient lointains. J’entendais des pas précipités dans mon dos, des cris aussi. Mon esprit est trop embrumer. Je ne comprends pas.

Mon pied loupe la surface dure de la pierre, mes paupières se ferment lourdement. Je me sens tomber. Alors que le vide m’attirait des mains puissantes s’agrippèrent à mon bras. La seule chose dont je me souviens c’est cette douleur lancinante dans mon crâne.