Chapitre 3

par Scare.

Chapitre 3


Suho...On ne s'est pas vus depuis...Est-ce qu'il me manque ? Oui. Est-ce que je lui en veux ? Oui. Est-ce que je veux le voir ? Je ne sais pas. Je ne pense même pas en avoir le droit. Je me demande toujours comment lui vit tout ça, sûrement moins violemment que moi. Est-ce que je ne leurs en voudrais pas plus s’ils s'acharneraient sur lui aussi ? Je ne sais pas.


Je relevai la tête et repoussai les larmes qui continuaient de mouiller mon visage, il était tant que je rentre. J'étais prête, enfin je crois. La neige s'est transformée en pluie petit à petit, j'étais trempée et j'avais froid. Je marchais tranquillement sans même chercher un abri. Je pensais...à lui...à avant...

On est vite devenus très proches, on se voyait souvent tout en restant à l’intérieur des locaux, j'étais bien comme ça...j'étais heureuse. Les gens autour de nous se sont vite rendus compte de notre rapprochement mais on nous a juste dit de faire attention, on ne nous a pas dit que le monde nous en voudrait s'il apprenait que nous étions ensemble. Tout ceci me semble trop injuste...


Un soir il a voulu sortir, nous ne nous méfions pas à ce moment-là, tout nous semblait si innocent, si calme...En aucun cas nous n'avions prévus de croiser des photographes...Il a tout fait pour me protéger mais c'était trop tard...Le monde entier était déjà au courant. Les insultes ont vites fusées, les journalistes se sont vite acharnés, souvent à mon égard, et lui était impuissant.


Une lumière. Un journaliste. Tout à coup j'ai peur, je n'ai pas la force de courir. Une autre lumière. J'accélère, je devine déjà des titres : « Après le scandale ! La dépression ! » ou d'autres trucs dans le genre... J'entends des pas derrière moi. Ils me suivent. Laissez-moi... C'est tout ce que je veux...

Soudainement un voiture se met devant moi, les pneus crissent, la porte s'ouvre. Un homme cri :

« Ah bah enfin ! On t'a cherché partout ! , il soupir, allez montes vite. »

J'hésite. Une autre lumière. L'homme paraît angoissé mais son expression est tellement triste. Je dois être pathétique pour qu'il me regarde comme ça mais à vrai dire en ce moment je ne suis pas contre un peu de compassion...

Je monte. L'homme soupir de nouveau.

« J'ai demandé à être manager moi pas nounou ! »

Je sais qu'il tente d'être drôle et qu'il n'aime pas me voir comme ça mais je n'arrive plus à rire même mes sourires ne signifient plus rien pour moi. Depuis mes débuts il me suit et très vite il est devenu la personne en qui j'avais le plus confiance. Lui non plus n'appréciait pas trop l'idée de la conférence, je suppose que c'est pour cela qu'il ne me cri pas encore dessus.


Ça fait un moment qu'on roule, je ne me souvenais pas avoir été si loin pourtant...Le silence devint oppressant, avant on était très bavards et là l'atmosphère me paraît étrangère...elle ne nous ressemble pas. Au bout d'un moment, il me tendit mon téléphone.

« Il t'a appelé...Beaucoup appelé...

Je regardai l'écran. 20 appels manqués...10 de lui.

- J'ai vu...

Maintenant, est-ce que je veux le voir ? Oui...la réponse me paraît évidente.