Chapitre 3

par EXOfan-FIGHTING

Chapitre 3


[PDV extérieur]

De l'autre côté de la rue, un jeune homme courait pour échapper à une horde de filles qui le poursuivaient. Il aperçut une fente plutôt sombre entre deux vieux bâtiments et, après une brève hésitation, s'y glissa rapidement. Les filles ne l'avaient pas vu disparaître à cet endroit et passèrent devant sans faire attention.
Dans la fente qui débouchait sur une ruelle, alors que sa respiration hachée par la course lui vrillait les oreilles, il entendit autre chose ; des bruits étouffés. Intrigué, il s'aventura dans cette direction, aux aguès, et aperçut les silhouettes de deux hommes. En se rapprochant encore, il put les voir plus en détails : l'un, plutôt petit, se débattait tandis que l'autre, un homme vêtu de noir, lui tenait les bras au-dessus de la tête, ce même homme qui levait le poing pour asséner un coup au plus petit. Ne s'étant pas arrêté dans sa progression vers eux, le jeune homme ne réfléchit pas et n'ayant plus que quelques pas pour être à leur hauteur, il courut s'emparer du poignet de l'agresseur avant de le briser d'un coup sec.
Un craquement d'os suivi d'un cri épouvantable retentit. L'agresseur se retourna, son poignet cassé contre lui, furieux, voulant se défendre et par la même occasion se venger. Mais il se fit devancer ; le jeune homme lui asséna un coup de poing dans la figure accompagné d'un coup de genou dans le ventre. Plié en deux de douleur, il ne vit pas le coude qui vint taper furieusement dans son dos, l'envoyant au sol.


[PDV Kyungsoo]

J'attendis le coup qui ne venait pas, ce qui me terrifiait encore plus. J'avais toujours les yeux fermés, préférant ne pas voir la menace de près. Mais le temps semblait s'être arrêté parce que je ne sentais toujours rien me tomber dessus. J'osai alors ouvrir les yeux mais juste avant que je ne puisse le faire, des pas précipités suivis d'un craquement se fit entendre. La première chose que j'aperçus donc fut la silhouette d'un jeune homme un peu plus grand que moi. Il faisait très sombre et mes yeux embués de larmes ne m'aidaient pas à y voir plus clair. Néanmoins, après d'autres mouvements de la part de celui que je considérais comme mon sauveur, je vis mon agresseur prendre ses jambes à son cou sans demander son reste.
Une ombre s'approcha de moi. Je savais que je n'avais rien à craindre -je l'espérais, en tout cas- mais je ne savais pas comment réagir. Il venait vers moi et c'était bien la première fois depuis qu'il était là et que l'autre avait fui. J'avais peur, très peur. J'eus, dans un premier temps, un mouvement de recul. Je ne pouvais décemment pas donner ma confiance à un parfait inconnu même si c'était mon sauveur, c'était contre mes principes. Voyant que je ne me laisserai pas faire, il ouvrit doucement les bras, sans doute pour me montrer qu'il ne me voulait aucun mal. Il s'approcha de moi ainsi, avant de me prendre, presque au ralenti, dans ses bras qu'il referma avec douceur. Il prit ma taille d'une main et de l'autre, il rapprocha ma tête de son torse jusqu'à l'y poser.
Il était réellement plus grand que moi, ce qui n'était pas sans me rassurer énormément. Je m'accrochai inconsciemment à sa veste, à la recherche d'un apaisement immédiat. Son odeur était très agréable, douce, sucrée mais épicée, une odeur virile.
Nous restâmes dans cette position durant plusieurs minutes puis il s'éloigna de moi. Et lorsque je fus dépourvu de son corps, je me mis à paniquer. J'étais de nouveau sans défense et je détestais cette sensation. Ne l'ayant sans doute pas remarqué, il se retourna et commença à s'en aller. Je paniquai d'autant plus lorsque je le vis faire quelque pas dans la direction opposée à la mienne. Sans réfléchir, je me jeta alors sur lui, entourant sa taille de mes petits bras. Je ne voulais pas qu'il me laisse tout seul dans cette ruelle. Je ne voulais pas être seul après ce à quoi j'avais échappé. Cela pouvait paraître bizarre car il y avait à peine quelques minutes, je me méfiais de cet inconnu mais c'était la seule personne qui m'avait aidé et je ne savais pas vers qui d'autre me tourner. D'autant qu'il n'y avait personne d'autre dans les parages.
Mon geste était une demande silencieuse ; je lui demandais de ne pas m'abandonner, de ne pas me laisser aux mains de mes possibles autres agresseurs. C'était dur, très dur de ne pas pleurer face aux agressions morales et physiques de mes camarades de classe, et me retrouver acculé à un mur dans une ruelle sombre avec un alcoolique pervers collé à moi était la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase. Je n'en pouvais plus. J'étais fatigué de tout ça.
Il attrapa mes avant-bras et me fit ainsi sortir de ma réflexion. Je me rendis alors compte de la position dans laquelle je nous avais mis et me sentis embarrassé. Il ne défit cependant pas mes bras de sa taille mais les caressa doucement, jusqu'à ce que les défasse moi-même après m'être surpris à apprécier son geste.
Sans un mot, il attrapa ma main froide, contrastant avec la sienne qui était chaude, et nous fit sortir de cette sombre ruelle pour retrouver un endroit éclairé. Sans me lâcher, il marchait pourtant devant moi, ne me laissant que son dos pour tout panorama. Je descendis mon regard vers nos main liées, la mienne très pâle à côté de la sienne bien plus mate. Un sentiment agréable m'envahit. C'était la première fois que je ressentais ça. J'avais un peu peur mais j'étais curieux. C'était si agréable...
Je me permis de le dévisager. Il était vraiment plus grand que moi et me dépassait d'un peu plus d'une tête. Une veste noire par-dessus un sweat-shirt bleu, un slim noir et des basket montante de la même couleur que son haut et sa casquette, il était habillé avec goût. D'un blond presque blanc, sûrement un teinture, ses cheveux faisaient ressortir son tien hâlé à merveille. Il dégageait une aura virile, voire même... sexy.

Nous traversâmes quelques rues, toujours main dans la main. Je ne voulais pas le lâcher et apparemment, lui non plus. Je ne connaissais même pas cet homme mais je lui accordais ma confiance sans problème maintenant que je l'avais un peu analysé. Et j'en avais besoin, j'avais besoin d'une personne sur laquelle je pouvais me reposer. Je sentais qu'il n'était pas méchant, qu'il n'avait pas de mauvaise intention.
Après plusieurs minutes, il se stoppa. Je fis de même et il se retourna. Il encra son regard sombre et profond dans le mien et je voulus me perdre dans l'abysse de ses prunelles. Du coin de l'œil, je remarquai son nez fin. Le longeant, je descends sur des lèvres pulpeuses. Et je restai sur celles-ci durant plusieurs secondes. Il me sourit tendrement et je rougis aussitôt en me rendant compte de mon action, détournant le regard en déglutissant difficilement. Mon cœur avait raté un battement. Il battait vite, très vite.



J'étais gêné et ma voix me trahissait, maudite soit-elle.



Ce nom sonnait étrangement bien à mes oreilles. Pourtant il n'avait rien d'exceptionnel. J'avais baissé la tête et m'empourprai, honteux. Devais-je lui dire que je m'étais perdu? Si je lui disais, me trouverait-il stupide, idiot, comme tous les autres? Mais dans mon esprit, je lui devais la vérité ; il avait daigné me porter secours sans se poser de question sur ma personne. Je me résignai donc à lui avouer :



J'avais fait mon aveu tête baissée. J'avais horriblement honte. Me perdre dans ma ville natale...
Je m'attendais à ce qu'il me rie au nez, qu'il me traite d'incapable, qu'il m'insulte de tous les noms comme auraient fait mes camarades de classe. Ils me répétaient que je n'étais qu'un bon à rien, que je n'avais pas lieu d'exister. C'était très blessant, tellement que j'en venais même à me remettre en question et que je pleurais durant des heures. Mais je ne versais jamais une larme devant eux, je ne leur ferai jamais ce plaisir, jamais!



Je levai la tête, les yeux écarquillés, plus que surpris. Je ne rêvais pas, il ne m'avait fait aucune réflexion négative et il me proposait même son aide?! Je ne savais pas quoi répondre, aucun mot ne sortait tellement j'étais sous le choc. Il rigola face à mon expression avant de me demander:



Je secoua la tête avant de dire:



C'était sortit, avec un peu de difficulté mais c'était sortit. Je soufflai un bon coup avant de l'entendre murmurer quelque chose. J'aurais juré l'entendre dire "si mignon" mais je devais prendre mes désirs pour la réalité.





Je ne voulais pas l'entendre dire « pauvres », je l'étais et je le savais, je n'avais pas besoin que l'on me le rappelle ou que ça s'ébruite. Il n'ajouta rien. Il s'approcha de moi avant de porter les pouces à mes joues et frotta les traces qu'avaient laissé mes larmes.
Lorsque ses doigts entrèrent en contact avec ma peau, je rougis violemment. Je trouvais son attitude déplacée ; je n'aurais jamais eu ces gestes envers un inconnu. Se rendant certainement compte de ce qu'il faisait, il recula rapidement. Il me sourit faiblement avant de reprendre dans la sienne, ma main délaissée avant de se remettre à marcher. Elle était toujours aussi chaude, bien qu'il faisait un peu froid, et cette différence de température me fit frissonner. Nous avançâmes pendant plusieurs minutes durant lesquelles je me remettais encore en question ; mon comportement vis-à-vis de Kim Jongin. Nous traversâmes quelques rues avant qu'il ne se remette à parler, me faisant sortir des tourments dans lesquels je m'était plongés.




Sa question me paraissait bizarre. Insinuait-il que nous ne sommes pas à notre première rencontre? Impossible, je n'aurais jamais oublié ce visage ou du moins pas sa personne. Non, décidément, je ne le connaissais pas.
Mais alors, pourquoi me demandait-il une chose pareille? À moins qu'il soit célèbre, et même si c'était le cas, je ne pouvais pas l'avoir vu à la télévision puisque je n'en avais pas, et je n'avais pas pu en entendre parler puisque la seule personne avec laquelle je communiquait était ma mère.
Je ne faisais pas attention aux affiches et aux publicités accrochées un peu partout dans la ville et je ne lisais pas de magazine donc si c'était un célébrité, il y avait de fortes chances pour que je ne le connaisse pas.




Je ressentis une douleur désagréable dans ma poitrine ; mon cœur se serrait, je n'aimais pas ce regard déçu qu'il a eu à l'entente de ma réponse. Je ne voulais pas le décevoir. Non, pas lui. Je baissai la tête, sur le point de pleurer. Ces maudites larmes voulaient dévaler mes joues mais je ne les laissais pas faire. Je ne voulais pas pleurer, pas encore devant lui. J'avais vécu des expérience plus dure à supporter dans lesquelles je n'avait versé aucune larme, après tout. Je ne cédai pas.
Je reniflai un bon coup, ravalant mes larmes, et relevai la tête. Je le laissai me guider à travers les rues. Le trajet se fit en silence, il se contentait de fixer les rues, l'air perdu dans ses pensées, exerçant quelques fois des pressions sur ma main en fronçant les sourcils. Je lui lançais des regards, espérant être discret, pour le détailler. Il était très beau, vu de profil. Nous marchâmes encore durant plusieurs minutes, traversant les ruelles de mon misérable quartier. Il y faisait sombre, les murs des bâtisses étaient fissurés, quelques personnes déambulaient dont certaines étaient ivres.
Mon quartier n'était pas rassurant et pour cause, les personnes les plus démunies y vivaient. Je ne me sentais pas du tout en sécurité, aussi me collai-je à Jongin, passant mon bras autour du sien lorsque nous croisâmes deux hommes exhalant une forte odeur d'alcool très désagréable. Je les dévisageai avant de le regarder, priant pour qu'il ne me rejette pas. Il me regarda intensément et se laissa faire en me souriant. Je rougis et détournai le regard, trop gêné, mais ne défis pas ma prise. Bizarrement, je me sentais bien avec lui.
Après une dernière traversée de rues malfamées, nous arrivâmes en face de chez moi. J'enlevai alors mon bras du sien pour lui faire face. Je me sentais honteux de lui montrer mon lieu de vie mais je n'aurais pratiquement eu aucune chance de retrouver mon chemin s'il n'avait pas été là, je le lui devais. Jusque là, personne ne connaissait le lieu où je logeais, même pas Jongkook. J'avais fait confiance à Jongin concernant ma sécurité, je lui devais bien cela, après tout.


J'avais dit tout cela en me courbant à quatre-vingt-dix degré.
Je me relevai et embrassai sa joue avant de rentrer chez moi sans me retourner ni même lui laisser le temps de réagir. Une fois en sécurité entre mes quatre murs, je m'adossai à la porte d'entrée une main sur la poitrine. Mon cœur battait vite, vraiment très vite. Mes joues étaient brûlantes. Je les savais rouges ; je n'avais au grand jamais fait cela à quelqu'un et encore moins à un inconnu. J'avais vraiment craqué et je m'en voulus à peine.

Après quelques intenses respirations, j'enlevai enfin mon manteau avant de me déchausser, abandonnant ma seule paire de chaussures, et me précipitai dans la cuisine où j'étais sûr de trouver ma mère. J'y entrai et l'enlaçai sans attendre. J'entourai sa taille de mes bras tremblants -d'excitation ou de peur, de stress, je ne savais pas trop- et nicha ma tête dans cou, humant sa douce odeur rassurante qui me réconfortait lorsque j'allais mal. Elle m'avait manqué, aujourd'hui. La journée avait été longue sans elle, très éprouvante. Elle arrêta aussitôt ce qu'elle faisait et se retourna, se défaisant de mon emprise. Je reculai alors d'un pas, lui laissant de l'espace pour qu'elle puisse finir son action. Elle me sourit tendrement avant de déposer un baiser sur mon front.
Je chérissais particulièrement ces moments, j'aimais ces moments où ma mère me portait toute son attention. Elle m'aidait beaucoup, elle savait tout de moi, tous mes secrets, toutes mes pensées, qu'elles furent positives ou négatives. Elle était ma mère mais aussi ma meilleure amie, ma confidente. Elle ne devrait pas être tout ceci mais sans elle je ne serais sans doute plus là, j'aurais succombé à toutes ces agressions gratuites.


J'avais dit tout cela en me courbant à quatre-vingt-dix degré.
Je me relevai et embrassai sa joue avant de rentrer chez moi sans me retourner ni même lui laisser le temps de réagir. Une fois en sécurité entre mes quatre murs, je m'adossai à la porte d'entrée une main sur la poitrine. Mon cœur battait vite, vraiment très vite. Mes joues étaient brûlantes. Je les savais rouges ; je n'avais au grand jamais fait cela à quelqu'un et encore moins à un inconnu. J'avais vraiment craqué et je m'en voulus à peine.

Après quelques intenses respirations, j'enlevai enfin mon manteau avant de me déchausser, abandonnant ma seule paire de chaussures, et me précipitai dans la cuisine où j'étais sûr de trouver ma mère. J'y entrai et l'enlaçai sans attendre. J'entourai sa taille de mes bras tremblants -d'excitation ou de peur, de stress, je ne savais pas trop- et nicha ma tête dans cou, humant sa douce odeur rassurante qui me réconfortait lorsque j'allais mal. Elle m'avait manqué, aujourd'hui. La journée avait été longue sans elle, très éprouvante. Elle arrêta aussitôt ce qu'elle faisait et se retourna, se défaisant de mon emprise. Je reculai alors d'un pas, lui laissant de l'espace pour qu'elle puisse finir son action. Elle me sourit tendrement avant de déposer un baiser sur mon front.
Je chérissais particulièrement ces moments, j'aimais ces moments où ma mère me portait toute son attention. Elle m'aidait beaucoup, elle savait tout de moi, tous mes secrets, toutes mes pensées, qu'elles furent positives ou négatives. Elle était ma mère mais aussi ma meilleure amie, ma confidente. Elle ne devrait pas être tout ceci mais sans elle je ne serais sans doute plus là, j'aurais succombé à toutes ces agressions gratuites.




C'était l'une des meilleures journées que j'avais passée depuis très longtemps.
Après la mort de mon père, j'avais eu le soutien de Jongkook, une personne sur laquelle je pouvais compter, et je ne l'en remercierai jamais assez. Je ne lui en voulais pas pour sa lâcheté, il m'avait tout de même aidé à faire mon deuil.



J'acquiesçai et me dirigeai alors vers ma chambre. Mon sac de cours posé près de mon lit, j'entrepris de fouiller dans ma commode pour en sortir un sous-vêtement et mon pyjama composé d'un bas de jogging noir, d'un large t-shirt blanc et d'un pull-over gris. Je me dirigeai ensuite vers la salle de bain, me dévêtis jetai mes vêtements dans le panier à linges sales. Je tirai enfin les rideaux pour m'engouffrer dans la cabine de douche avant d'allumer le jet d'eau et frissonnai violemment lorsqu'elle entra en contact avec mon corps. C'était froid, comme d'habitude, et je ne m'y étais toujours pas fait, je n'aimais décidément pas ça.
Après m'être savonné et rincé, je sortis de la cabine, attrapai ma serviette bleue et me séchai. Mon pyjama enfilé, je pu sortir de la salle de bain et rejoindre la cuisine dans laquelle ma mère s'affairait. Je m'assis à ma place alors que ma mère me servais déjà avant de faire pareil pour elle et de s'asseoir à son tour. Nous nous souhaitâmes un bon appétit avant de commencer à manger. Elle avait préparé quelques petit plats délicieux. Nous n'avions peut-être pas l'eau chaude mais elle veillait toujours à ce que je me nourrisse bien.
Pendant le repas, ma mère me posa des questions, voulant connaître le déroulement de ma journée.






Ce qu'elle me dit me poussa à réfléchir. Pour un garçon de mon âge, je n'avais jamais eu de petite amie. Les filles ne m'intéressaient pas plus que ça mais je jalousais pourtant tous les couples que je voyais, ou plutôt leur relation. Mais au vu de mes réactions envers Jongin, je me demandai soudainement de quel bord j'étais. Pas que je sois amoureux de lui, non, je ne le connaissais pas et comme je ne suis jamais tombé sous le charme de quelqu'un, il m'était impossible de concevoir que j'éprouvais de l'amour pour un inconnu, mais il est indéniable que je le trouvais attirant, je n'allais pas me mentir.
Je décidai de faire part de mes tourments à ma mère. Cette réflexion me montra que j'avais besoin de me confier à une personne qui chercherait à me comprendre et non pas à me juger.









Le repas se déroula dans une bonne ambiance. Je réfléchissais aux dires de ma mère pendant qu'elle me parlait de sa jeunesse, de l'époque où elle avait rencontré mon père, son premier amour. Elle aimait toujours mon père et cela crevait les yeux. Je connaissais leur histoire par cœur, ma mère aimait la raconter et moi, j'aimais l'entendre m'en parler.
Arrivé au dessert, je lui fis par du nouveau tournant de notre vie, de ma vie.




Elle me serra doucement avant d'enlever ses bras qui entouraient mes épaules. Elle ne s'éloigna pourtant pas mais prit mon visage entre ses mains délicates et baisa mon front avant de me sourire. Je le lui rendis.




Je me levai de ma chaise, lui facilitant la tâche, et répondis à son étreinte. À moi aussi, elle allait beaucoup me manquer, alors je profitai de ce moment qui deviendra rare. J'ai toujours voulu intégrer un groupe et lorsque j'ai su que j'avais toutes les chances de devenir l'artiste que je voulais être, j'ai foncé. Je savais que ce choix de carrière m'empêcherait de voir ma mère aussi souvent que je le voudrais mais elle m'a soutenu et c'est vraiment quelque chose que je veux faire, peu importe les à-côtés. Nous restâmes un instant l'un contre l'autre avant de nous lâcher et de débarrasser la table. J'aidai ma mère à laver les quelques couverts que nous avions et une fois la vaisselle faite, j'embrassai la joue de ma mère avant de lui souhaiter une bonne nuit et de m'en aller vers ma chambre.
La pièce était plutôt simple ; elle était composée d'une petite commode dans laquelle je rangeais le peu de vêtements que j'avais, d'un petit lit dur une place qui remplissait quand même la moitié de la place, les murs étaient grisâtres et dépourvus de décoration.
Je pris mon sac de et m'installai sur le lit, j'en sortis l'enveloppe marron qui contenait le formulaire d'inscription et me mis à le lire et le remplir. J'étais majeur, je n'avais donc pas besoin de demander à l'autorisation à ma mère et signai à chaque bas de page, comme il l'était stipulé.
Une petite heure plus tard, je remis les documents dans l'enveloppe avant de les remettre dans mon sac. Je vidai ensuite la commode dans un grand sac. Cela me suffira amplement et de plus, j'avais lu dans les documents qu'un styliste s'occuperait des vêtements que je porterais lors de mes sorties officielles mais également de ma penderie. Je pris ensuite place dans mon lit peu confortable pour dormir. Je réglai le réveille pour six heures et demi et éteignis finalement la lumière.
Avant de m'en dormir, je repensai aux événements de cette journée et étrangement, le visage de Jongin me vint à l'esprit. Je m'endormis alors sur ces belles pensées, appréhendant moins que je ne le croyais mon futur.