Chapitre 4

par GoldFish

Après m’être rendu compte que cela faisait maintenant cinq bonnes minutes que j’étais resté immobile sur le trottoir, je rentre enfin chez moi. Je pousse la porte et la verrouille derrière moi car mon père ne rentrera pas tout de suite. Je constate ensuite que ma maison est plongée dans le noir.

 

_ Maman ? Appelais-je en avançant dans le salon après avoir retiré mes chaussures.

 

J’allume la lumière et remarque qu’elle est endormie sur le canapé, son téléphone dans la main. Je souris et vais vers le tableau de commandes pour fermer tous les volets du bas. Je m’avance ensuite vers le corps de ma mère et lui retire son téléphone des mains, le posant sur la table. Je me baisse vers elle et passe un bras sous ses genoux et l’autre dans son dos puis la soulève, la réveillant sans le vouloir.

 

_ Jongin… ? demande-t-elle à moitié endormie.

_ C’est moi maman, je suis rentré et tout va bien.

_ Comment ça s’est passé mon amour ? Continue-t-elle en s’accrochant à mon cou.

_ Je te raconterais tout demain quand tu seras réveillée. Tu t’étais endormi sur le canapé alors je t’emmène dans ta chambre.

_ Merci mon chaton…

 

Je lui fais un bisou sur la joue et me dirige vers les escaliers que je monte doucement pour ne pas la cogner dans les murs. J’arrive à l’étage et traverse l’immense couloir jusqu’à arriver dans sa chambre. J’allume la lumière avec mon coude et la pose sur le lit. Je lui retire ses chaussons et tire les couvertures avant de la déposer doucement, plaçant soigneusement sa tête sur l’oreiller. La recouvrant ensuite de sa couverture et j’embrasse doucement son front.

 

_ Bonne nuit maman… chuchotais-je en caressant ses cheveux.

_ Bonne nuit mon ange, je t’aime.

_ Moi aussi je t’aime maman. Dis-je en souriant.

 

Je me recule alors et vais fermer la fenêtre de sa chambre, ainsi que ses rideaux. Sortant de la pièce, je jette un dernier coup d’œil sur maman endormie puis éteint la lumière, fermant la porte doucement pour ne pas la réveiller. Je redescends pour m’assurer que tout est bien fermé et éteint puis je remonte dans ma chambre, fermant les fenêtres ainsi que les rideaux. Avant de fermer ces derniers, je jette un œil chez mon voisin mais ne le vois pas. Un sourire étend mes lèvres grâce au souvenir que j’ai des dernières minutes avec lui. Je pars ensuite dans ma salle de bain me laver de cette longue journée. L’eau fraiche sur mon corps me procure un soulagement total. Je souris béatement en fermant les yeux, me remémorant la sensation des lèvres de KyungSoo contre ma joue. Sortant ensuite de la douche, je me sèche brièvement pour garder la fraicheur sur ma peau. Je laisse tomber la serviette par terre et me dirige vers mon lit, soulevant les couvertures et m’asseyant sur le rebord. Un vertige me prend soudainement et je porte mes mains à mon crâne, grimaçant.

 

Ça recommence…

 

Je me m’allonge doucement dans mon lit, fermant les yeux bien que je sente la pièce tourner autour de moi. C’est vraiment très désagréable cette sensation. Mon ventre me fait soudainement mal et gargouille méchamment. Je glisse une de mes mains dessus pour le masser, tentant de faire passer ma gêne lorsqu’une violente crampe me plie en deux. Je pousse un gémissement de douleur presque bestiale tant le mal est fort. Mon corps commence à devenir chaud et suant et je ne me sens vraiment pas bien. Lorsqu’un mal être se fait sentir en moi, je me lève et cours dans ma salle de bain pour m’agenouiller devant les toilettes avant de rejeter mon diner ainsi que tout ce que je n’ai pas digéré. Mon estomac se contracte et je gémis de douleur à chaque rejet et crampe.

 

_ Jongin ?! Entendais-je brièvement dans une énième contraction. Mon cœur ça va ? Demande ma mère en accourant à mes côtés.

 

Je me sens horriblement gêné de me retrouver dans cette position et dans cette tenue devant elle. Mes gémissements devaient être vraiment forts pour qu’elle se réveille et m’entende. Je n’arrive pas à lui répondre et me mets à trembler comme une feuille, la chair de poule dressant mes poiles. J’ai tellement froid. Je vomis encore et elle caresse mon dos.

 

_ Qu’est-ce qu’il se passe bébé ? T’as mangé un truc pas frais ? Demande-t-elle paniqué.

_ Je ne sais pas… Réussis-je à articuler avant de recracher ma bile qui m’arrache l’œsophage.

 

Je tousse pour dégager les contractions de mon estomac, passant ma main dans mes cheveux. Elle se relève et sort de ma chambre pendant que je pose mon front sur mon point, la tête au-dessus des toilettes. Je pleure silencieusement car je déteste être malade et car ça ne préviens jamais. Ma mère revient en courant, s’accroupissant près de moi. J’ouvre difficilement mes yeux à présent fermés par l’épuisement.

 

_ Je t’ai apporté un verre d’eau, rince toi la bouche mon ange. Me conseille-t-elle en caressant mes cheveux suant.

 

Je suis tellement vide que la force me manque pour émettre le moindre mouvement. Elle le remarque et porte le verre contre mes lèvres, déversant un peu de liquide entre. Je le fais doucement rincer l’intérieur de ma bouche avant de le recracher dans les toilettes, buvant par la suite un peu d’eau.  Elle pose ensuite le verre pendant que mes yeux se referment.

 

_ Non, non mon cœur, tu ne vas pas t’endormir ici. Dit-elle en posant sa main sur mon front. Tu es bouillant, faut que tu prennes une douche froide. Aller aide moi à te lever, plus vite ce sera fait plus vite tu pourras être dans ton lit.

 

Je soupire et ouvre les yeux péniblement, forçant sur mon bras pour me lever. Maman m’attrape fermement et m’aide mais le manque de force me clou au sol et elle n’en a pas suffisamment pour me soulever. Pris par de nouvelles nausées, je bascule ma tête au-dessus de la cuvette et vomi l’eau que je viens d’ingurgiter. Entendant du bruit en bas, ma mère se lève pour aller voir ce qu’il se passe. Je repose lascivement ma tête sur mon bras étendu sur la cuvette, fermant les yeux à nouveau. J’entends alors la voix de mon père approcher mais lorsque j’ouvre les yeux en relevant la tête, ma vision est trouble et brouillée. Ma tête tourne horriblement et je bascule lourdement sur le sol, plongeant dans un malaise soudain.

 

Je me réveille en sueur et suffoquant au beau milieu de la nuit. La chaleur autour de moi est insupportable au point que les vêtements que je porte et mes draps me collent à la peau. De violents frissons m’arrachent une chair de poule désagréable qui valide le fait que tout ceci était bien réel. Je tente de communiquer mais les seuls sont qui franchissent mes lèvres sont des gémissements et des plaintes faibles. Je suis tellement épuisé et vide que j’ai l’impression que mon corps coule dans mon matelas. Mes larmes remplissent peu à peu mes yeux pour glisser le long de mes joues lorsque j’entends ma mère approcher. Une voix s’élève aussi et je réalise que mes deux parents sont auprès de moi à cette heure tardive. Un sanglot non retenu raisonne dans la pièce par l’émotion que je ressens. Maman s’assoie sur le rebord de mon lit et vient me caressant les cheveux doucement.

 

_ Tu te sens bien mon cœur ? Demande-t-elle, inquiète.

 

Trop faible pour répondre, je ferme les yeux lentement les yeux et hoche négativement la tête dans un infime geste. Mon épuisement est total.  Suite à un hoquet de douleur, maman pose sa main sur mon front trempé, s’adressant à mon père.

 

_ Il est encore plus chaud qu’avant… Il faut qu’on appelle le médecin pour qu’il le soulage.

 

Elle sort ensuite de la chambre, laissant un court silence emplir la pièce. Papa avance finalement vers mon lit, s’asseyant sur le matelas. Il me regarde et passe sa main dans mes cheveux. Il essors la serviette avec laquelle il essuie mon visage brûlant. Relevant mes cheveux, il dépose le tissu frais contre mon front puis m’embrasse la tempe.

 

_ Papa… Arrivais-je à murmurer, le regardant douloureusement.

_ Je suis là mon grand, ne te fatigue pas plus, repose toi… Me dit-il d’une voix douce, caressant mon épaule.

_ Merci…

_ Pourquoi tu me remercies, mon cœur ?

_ Merci d’être rentré à la maison… Dis-je en fermant les yeux. Tu me manques… A maman aussi…

_ Je suis désolé mon cœur… J’aimerais être avec vous plus souvent…

_ Je t’aime papa… Avouais-je, versant une larme non retenue, installant un grand silence de plusieurs minutes.

_ Moi aussi je t’aime mon fils. Affirme-t-il en me prenant la main. Et je serais toujours près de toi… Pour n’importe quelle raison… N’importe quand… Quand tu auras besoin de moi je serais là, toujours. Continue-t-il alors que je somnole. Je veux te voir réaliser tes rêves et je sais que tu y arriveras. Je crois en toi mon fils. Ne doute jamais que je t’aime. T’es mon enfant. Mon garçon. Mon petit bébé… Et je t’aime… Avoue-t-il en venant embrasser ma joue alors que je sombre dans l’endormissement.

 

Quelques minutes des bruits désagréables me sortent de mon sommeil. J’ouvre péniblement les yeux et entends une voix qui m’est inconnue. Un homme s’avance vers moi, une sacoche à la main. Il la pose près de mes pieds et l’ouvre, en sortant des instruments médicaux. J’en déduis rapidement, malgré une migraine douloureuse qui s’installe, que c’est un médecin venu voir ce qu’il m’arrive. Ma mère retire doucement la couverture qui me couvre et je ne proteste pas, laissant l’homme faire son travail. Après de longue minute à m’ausculter, il retire son stéthoscope de ses oreilles et s’empare d’un bloc-notes où il griffonne quelque chose tout en annonçant le verdict. Gastro.

 

Génial…

 

Il m’offre un petit sourire compatissant et déchire la feuille de son bloc, la tendant à ma mère avant de ranger ses affaires. Il précise les médicaments et explique comment les utiliser à mes parents pendant que je Morphée m’enlace et m’emporte à nouveau dans un sommeil qui, je l’espère, sera plus tranquille que le premier.  

 

Lorsque j’ouvre les yeux il fait jour et mes rideaux sont ouverts. J’essaie de me tourner mais mon corps manque toujours d’énergie pour me le permettre. Je soupire longuement et relève les yeux sur la verdure que je vois s’étendre par ma fenêtre. Un sourire apaisé étend mes lèvres jusqu’à ce qu’un bruit me fasse sursauter. Tournant vivement la tête vers la porte de ma chambre, je vois KyungSoo entrer dans ma chambre, un plateau dans les mains.

 

_ Tu es réveillé, ça tombe bien je t’apporte de quoi manger. Me dit-il accompagné de son ravissant sourire.

_ Que… Qu’est-ce que tu… fais là ? Demandais-je surpris par sa présence et à moitié ensommeillé.

_ Ta maman m’a demandé de veiller sur toi durant son absence. Répond-t-il avec cette même expression, posant le plateau sur mon bureau avant de s’asseoir près de moi. En fait hier j’ai entendu du bruit dehors et quand j’ai regardé par la fenêtre j’ai vu qu’un médecin était chez toi. J’ai remarqué que la lumière de ta chambre était allumée. Je t’ai appelé mais tu ne m’as pas répondu… Alors je me suis inquiété et ce matin je suis venu frapper à la porte pour avoir des nouvelles. Ta maman s’apprêtait à partir, elle m’a expliqué que tu étais tombé malade et m’a demandé si ça me dérangeais pas de m’occuper de toi pendant qu’elle aille acheter tes médicaments et faire quelques courses.

_ Merci… C’est gentil de ta part… Soufflais-je épuisé.

_ Tu veux manger un petit peu ? Je t’ai fait du riz, c’est bon pour ce que tu as. Et il faut que tu prennes des forces. Dit-il en prenant le petit bol de nourriture. Je peux te donner la béqué si tu ne te sens pas assez en forme.

_ Je suis vidé de toutes mes forces… Soupirais-je agacé par mon état.

_ Alors ne bouge pas, je m’occupe de toi.

 

Il me sourit chaleureusement et plante la cuillère dans le bol de riz, en prenant une quantité suffisante. Il la porte doucement vers mes lèvres que j’ouvre lentement, légèrement gêné par son assistance. Mes yeux se ferment par la fatigue alors qu’il insère le couvert dans ma bouche. Je récupère les grains sur l’inox et mâche alors qu’il retire la cuillère comme s’il venait de nourrir un enfant. Il continue de me nourrir durant encore quelques bouchées puis repose le bol de riz dans le plateau. Je laisse mes yeux fermés et je le sens se lever. Il contourne mon lit et j’entends de l’eau couler. Il revient et se rassoie près de moi.

 

_ Attention ça va être un peu froid.

 

Sa voix est prévoyante et douce, comme s’il voulait me rassurer. Il éponge mon front avec une serviette, soulevant mes cheveux soigneusement. Je sens ses doigts glisser entre mes mèches et un doux frisson me secoue. Il place correctement la serviette et continue son activité dans ma chevelure. Je garde les yeux fermés et soupire d’aise. Je le remercie de prendre aussi bien soin de moi. Ses doigts glissent ensuite contre ma tempe, ma joue et rejoignent mes lèvres. Je sens la pulpe de son pouce caresser celle de mes lèvres et ses attentions sont tellement apaisantes que je m’endors sous ses gestes, sentant a peine la couverture s’ajuster sur moi.

 

Après trois ou quatre jours à rester cloué au lit à ne faire que dormir, je suis enfin guéri. Je me sens beaucoup mieux au point que j’ai l’impression de n’être jamais tombé malade. Mais peu importe tant que je vais bien maintenant. Je me lève alors de mon lit et retire tous les draps pour les mettre au sale. Je vais les porter dans la buanderie et descends en caleçon prendre un bon petit déjeuner car je meurs de faim. Ma mère est d’ailleurs dans la cuisine et est surprise de me voir descendre de si bonne humeur.

 

_ Tu as l’air d’aller mieux, dis donc ! S’enthousiasme-t-elle.

_ Comme si je n’avais jamais été malade ! Et j’ai trop faim ! Souriais-je en prenant de quoi manger avant de m’installer devant d’elle.

_ Alors avec KyungSoo comment ça se passe ? Me demande-t-elle, un sourire en coin, me faisant rougir.

_ De quoi tu parles ? Répondis-je, plongeant ma tête dans mon bol.

_ Hé bien vous sortez ensemble non ? Questionne-t-elle le plus naturellement possible.

_ QUOI ?! M’étranglais-je avec une céréale.

_ Excuse-moi mon chéri… Mais… Avant-hier soir je vous ai accidentellement entendu parler…

_ Hein ?

_ Ne sois pas gêné mon cœur, je suis contente que tu ais trouvé quelqu’un… Tu mérites d’être heureux et je suis sûr que c’est ce qu’il veut et ce qu’il te souhaite de mieux pour toi.

_ Maman… Dis-je en repensant à celui qui avait fait briller ma vie.

_ Tu dois aller de l’avant Jongin. Si ton père avait été aussi romantique que KyungSoo l’a été, on n’aurait pas attendu si longtemps pour se mettre ensemble. Rit-t-elle, la main devant la bouche. Je suis sûre que KyungSoo est quelqu’un de bien et qu’il te rendra heureux.

_ Mais tu as entendu quoi au juste ? Demandais-je, curieux.

_ Pas grand-chose ne t’inquiète pas, juste qu’il te trouvait vraiment beau et qu’il commençait à ressentir des choses pour toi. Après je suis partie car je n’aime pas écouter aux portes, puis c’est ta vie privée tout ça. Dit-elle en souriant.

_ Oh… Répondis-je surpris, ne me rappelant absolument pas des mots de KyungSoo.

 

Je lui offre alors un petit sourire et me replonge dans mon bol, réfléchissant. Je ne me rappelle vraiment de rien de tout ça. Je sais qu’il est venu plusieurs fois s’occuper de moi. Je me rappelle brièvement qu’il avait caressé mon visage une fois mais je ne me rappelle pas avoir eu une discussion avec lui. Je devais être probablement endormi.

 

_ Je vais dans ma chambre maman. Dis-je en posant mon bol dans l’évier avant de gravir les escaliers pour m’enfermer dans ma chambre.

 

Je monte ceux qui mènent dans mon refuge et regarde par la fenêtre qui donne sur la chambre de mon voisin. Je regarde longuement à travers et profite qu’elle soit teintée pour qu’on ne me voit pas. Je pose mon coude sur l’encadrement et cale mon menton dessus. Je soupire et repense aux mots que ma mère m’a dit ainsi qu’à ce qu’il s’est passé avec KyungSoo depuis mon arrivée dans le quartier. Il est clair que je l’apprécie énormément mais est-ce que je suis prêt à avoir une nouvelle relation… Je n’en suis pas certain. Mais est-ce que je devrais essayer ? Peut-être qu’il est vraiment gentil et bien pour moi ? Peut-être que je vais pouvoir de nouveau être heureux…

 

Je me pose trop de questions.

 

KyungSoo apparait alors à sa fenêtre et l’ouvre, s’appuyant contre le rebord. Il semble observer ma fenêtre, tenant de voir à l’intérieur. Il sort son téléphone et pianote dessus avant de le mener à son oreille. Je l’observe et souris lorsque j’entends mon téléphone sonner dans ma chambre. Il s’appuie contre sa fenêtre et attends que je décroche mais moi je l’observe. Je l’admire. Je m’imagine arriver derrière lui et l’enlacer étroitement, posant mon menton sur son épaule. J’imagine qu’il tient mes mains pendant que j’embrasse son cou puis il se retournerait face à moi pour m’embrasser langoureusement. Je l’emmènerais ensuite dans son lit où je lui ferais subir de magnifiques choses et où je me délecterais de tout son corps... Je ferme les yeux et me mords la lèvre à ces pensées peu catholique. J’ouvre alors les yeux lorsque la sonnerie de mon téléphone se stoppe. Je remarque par la même occasion qu’il a disparu de sa fenêtre. Je cours alors pour rejoindre mon armoire dans laquelle je prends des vêtements propres. Je fonce ensuite sous la douche pour retirer toutes traces de microbes. Une fois propre, je me sèche, me coiffe, me parfume, et m’habille de façon à être élégant. Je range mon téléphone dans ma poche et descends les escaliers pour rejoindre le rez-de-chaussée.

 

_ Maman je vais voir KyungSoo ! Criais-je à travers la maison.

 

Je ferme la porte d’entrée derrière moi avant de sortir du portail pour me diriger vers ma droite, longeant le trottoir. J’arrive enfin devant la maison de mon voisin et avance vers la porte. Je panique légèrement mais prends mon courage à deux mains. Je frappe à la porte et perds subitement tous mes moyens. Je me recule et regarde le ciel.

 

_ Aide moi à être fort s’il te plait… Suppliais-je alors que la porte s’ouvre.

_ Jongin ? Demande la voix de SungYe, me faisant me retourner.

_ Bonjour Madame DO, est-ce que KyungSoo est là ? La questionnais-je, me triturant les doigts.

_ Oui bien sûr, entre, il est dans sa chambre. Je te laisse y aller ?

_ Merci madame ! Souris-je en me dirigeant vers les escaliers.

 

Je les monte doucement, ressentant une légère anxiété. Lorsque j’arrive au premier j’entends de la musique s’échapper de la chambre de mon ami rapidement accompagnée de sa voix. Un frisson agréable me secoue lorsque sa voix parvient à mes oreilles. Elle est tellement belle. Je ne l’ai jamais entendu chanter mais je ne m’en lasserais déjà plus. J’avance doucement vers sa chambre ouverte et lorsque j’arrive devant l’entrée, je le découvre en short, torse nu car il fait très chaud, en train de ranger ses affaires. Avant de lui faire savoir que je suis là, j’en profite pour observer son corps musclé. Je me mords la lèvre lorsque je vois les muscles de son dos se contracter quand il chante. Je me sens d’un coup gêné par mon voyeurisme alors je frappe à la porte pour le prévenir.

 

_ Salut KyungSoo ! Le saluais-je, un petit sourire aux lèvres, le voyant sursauter.

_ Hey salut, Jongin ! Qu’est-ce que tu fais là ? Me demande-t-il en cessant ses activités, éteignant la musique.

_ Hé bien j’ai vu que tu m’avais appelé mais j’avais plus de batterie alors j’ai décidé de venir te voir directement. Dis-je un peu gêné.

_ Tu n’avais plus de batterie mais tu as quand même vu que je t’ai appelé ? Demande-t-il un sourire moqueur aux lèvres. Tu ne chercherais pas des prétextes pour me voir toi par hasard ? Rit-t-il en s’avançant vers moi. En fait je voulais te demander si tu voulais passer la journée avec moi à regarder des films. Continue-t-il en souriant, fermant la porte derrière moi.

_ Ouais pourquoi pas, que tous les deux ? Demandais-je en avançant dans sa chambre.

_ Oui… A moins que tu veuilles que j’appelle Luhan ?

_ Non ! Non, tous les deux c’est bien. Dis-je en lui offrant un petit sourire timide.

_ Super, je te laisse choisir le premier film alors, ils sont dans la bibliothèque à ta droite. M’indique-t-il en arrangeant son lit.

 

Il me prévient qu’il descend rapidement faire chauffer du popcorn pendant que je regarde ce qu’il a. Lorsqu’il revient, je lui donne le DVD puis il allume la télévision et l’insère dans le lecteur. Il prend ensuite la télécommande et va se placer sur son lit, me faisant signe de venir le rejoindre. Je fais ce qu’il me dit et m’assois à côté de lui puis il lance le film.

 

Durant notre visionnage, nous piochons dans le saladier de popcorn entre nous. Nos corps se rapprochent petit à petit jusqu’à ce que je sente sa tête tomber sur mon épaule. Je souris et me rappelle la fois où nous étions chez Jongdae et qu’il s’était endormi sur mon épaule. Seulement là il ne dort pas. Il pioche du popcorn mais j’ai une soudaine envie de flirter avec lui alors je lui retire le popcorn des doigts et en prends dans les miens. Il gémit de frustration et je ris doucement, portant le popcorn contre ses lèvres. Il les ouvre doucement et attrape la nourriture que je lui tends. Il relève la tête et me sourit en me regardant longuement et je fais de même. Mon cœur bat rapidement et je ne sais soudainement plus quoi faire.

 

Il prend à son tour du popcorn et le mène à mes lèvres que j’ouvre pour le manger. Je souris et pousse un gémissement tellement j’adore ça. Il rit mais se calme immédiatement, laissant glisser ses doigts sur ma joue, y posant sa main contre laquelle je me blotti, fermant les yeux. Son touché me procure des sensations que j’apprécie fortement. Je profite de ses caresses lorsque j’en sens une inédite frôler mes lèvres avant de la sentir plus fortement, constatant qu’il s’agit des siennes. Je ne réponds pas tout de suite à son baiser mais soupire d’aise avant d’émettre cette fois-ci une pression sur ses lèvres pour qu’il ne panique pas. Une chose en emmenant une autre, nos bouches commencent à se mouvoir lentement l’une contre l’autre. Sa main remonte dans ma chevelure alors que la mienne vient se loger dans sa nuque pour le rapprocher de moi. Notre baiser reste en surface mais il est tellement agréable et doux.

 

Nous finissons par nous séparer mais sans nous éloigner. KyungSoo pose son front contre ma tempe et je ferme les yeux, remontant ma main dans ses cheveux que je caresse doucement. Oui… J’ai envie d’essayer quelque chose avec lui, c’est officiel.

 

_ Tu veux peux être qu’on s’allonge ? On sera mieux… Dis-je doucement pour ne pas casser cette bulle que nous nous sommes créés.

_ Avec plaisir, répond-il en s’éloignant un peu pour s’allonger.

 

Je le rejoins rapidement le laissant m’attirer contre lui. Il sourit et je me redresse pour venir lui voler un nouveau baiser chaste, puis un autre, jusqu’à ce que nos bouchent restent collées et que je glisse ma langue entre ses lèvres. Il m’accorde le passage et la sienne vient m’accueillir chaudement, m’invitant à danser une danse sensuelle. Je pousse un léger soupir d’aise alors que nous nous dévorons mutuellement la bouche. On finit cependant par rompre notre échange, à bout de souffle. Je dépose ma tête contre son épaule et il m’enlace étroitement. Je ferme les yeux et remercie le ciel de m’avoir donné le courage de faire le premier pas vers lui. Vers un éventuel bonheur qui voudrait bien de moi.