Chapitre 1

par GoldFish

_ JONGIN ! ON Y VA DEPECHE TOI !

 

Mon père cri ces mots tout en claquant le coffre de la voiture. Moi, je fais un dernier tour dans cette maison désormais vide. Je me remémore les souvenirs que j’ai retenu de cette vie ici puis je tire un trait sur ce désastre pour en redémarrer une nouvelle ailleurs. Je lâche un soupir de soulagement qui reste mélancolique. Ça va quand même me manquer tout ça. Ma mère m’appelle cette fois-ci, pénétrant à l’intérieur de notre désormais ancienne maison. Elle me regarde et vient me prendre par la main pour m’accompagner dehors tout en me rassurant sur notre futur. Je lui offre un sourire pour lui montrer que tout va bien et je monte à l’arrière de la voiture. J’attache ma ceinture et enfonce mes écouteurs dans mes oreilles.

 

Mes parents prennent place sur les sièges avant, mon père au volant. La voiture démarre et nous partons. Mon regard fixe cette bâtisse qui a été mon repère durant les dix dernières années de ma vie. Lorsqu’elle disparait de ma vue, celle-ci s’embrume et une boule se forme au fond de ma gorge. A partir de maintenant, onze heures trente-sept, je redémarre une nouvelle vie pour la quatrième fois. Je reste silencieux et regarde le paysage défiler devant mes yeux. Je regarde les habitations que je connais, mon lycée que je ne verrais plus, cette maison dans laquelle j’ai vécu un passé douloureux. Je souffle discrètement l’anxiété qui me tiraille et je ferme les yeux. Pourquoi faut-il que tout change dès lors où je commence à me sentir bien où je suis ?

 

J’ouvre péniblement les yeux et sens que quelqu’un me secoue. Lorsque je reviens officiellement à moi, je vois ma mère, penchée vers moi par ma portière. Elle me sourit et m’annonce que nous sommes arrivés. Je me redresse et détache ma ceinture pour sortir de la voiture. La luminosité m’arrache un petit couinement de douleur. Je place ma main au-dessus de mes yeux pour m’habituer à l’éclairage puissant du soleil et je me retourne vers ce qui sera ma maison. La façade est vraiment magnifique, elle est faite de pierre blanche et s’élève sur deux étages ainsi que ce qui semble être un grenier. J’observe un instant ses volets gris foncés et clos, le jardin bien entretenu et d’un vert presque superficiel. Mes yeux se posent sur l’entrée qui me plait beaucoup, un porche sous forme de terrasse. On aurait dit une maison digne d’une série américaine. La voix de ma mère me ramène à moi.

 

_ Jongin… Je sais que ce nouveau départ est difficile pour toi. Je sais que tu aimerais être enfin dans un endroit stable mais le métier de ton père est un facteur contraignant. Dit-elle tout en venant me caresser la joue.

_ Je sais maman… Répondis-je les yeux larmoyants.

_ J’espère que la maison te plaira. Il y a plusieurs chambres, tu choisiras celle dans laquelle tu te sentiras le mieux, d’accord ? Les déménageurs ne vont pas tarder à arriver. Prend ton temps, surtout. Je sais que c’est difficile pour toi mon chaton.

 

Elle m’embrasse la tempe et me souris avant de rentrer dans la maison. Je soupire profondément et regarde à nouveau la maison qui se dresse devant moi. Je décide d’avancer dans l’allée, passant un portail en fer forgé tenu à des colonnes de pierres anciennes. Le métier de mon père nous permet de pouvoir vivre dans des maisons assez vastes et luxueuses. Mais je n’aime pas être catégorisé comme « bourge ».

 

Je marche alors sur les graviers puis traverse la pelouse parfaitement tondue et recouverte par endroit par des dalles en carrelages qui mène au porche. Je monte les trois marches et je m’arrête un instant, observant ce qu’il y a autour de moi. Le quartier semble paisible et tranquille. Je vois un couple se promener main dans la main. J’observe les maisons aux alentours et constatent qu’elles ont à peu près toute la même superficie. J’ai quand même l’impression que la mienne est plus grande que les autres. Je suis alors la pelouse de mon jardin du regard et constate qu’elle s’étend derrière la maison. J’irais voir comment c’est de l’autre côté plus tard car oui, je n’ai aucune idée de l’agencement de cette maison. Mes parents l’ont visité sans moi car j’étais à l’école. J’ai seulement vu quelques photos mais ça n’a jamais vraiment un grand rapport. Surtout que depuis ils ont fait quelques travaux avant que nous y emménagions officiellement.

 

Je souffle profondément avant d’entrer dans mon nouveau domicile. Je pousse la porte grise claire et vraiment très grande et lourde. Bonne nouvelle : je suis sûr d’être en sécurité derrière cette porte. Je la referme derrière moi et observe l’entrée. Les murs sont blancs, et une arche mène au salon sur ma diagonale. Je trouve ça original. Je retire mes chaussures et entre dans la pièce voisine, découvrant une densité immense. J’ai l’impression que lorsque les lieux sont vides, la maison est d’autant plus grande. Une fenêtre à grands carreaux donne sur l’avant de la maison alors qu’une immense baie vitrée donne sur une terrasse de l’autre côté. J’avance doucement, sous le choc de la découverte et regarde par la fenêtre. L’arrière de la maison est sublime et digne d’un catalogue d’immobilier. Je fais alors glisser la vitre pour l’ouvrir et m’avance sur la terrasse, découvrant une piscine en contrebas. Je rentre à nouveau dans la maison et referme la vitre, constatant que le salon forme un « L », menant dans une magnifique et impressionnante par sa taille, cuisine américaine. Je crois que nous nous sommes trompés de pays… Un grand comptoir en ciment gris trône au centre et un autre entoure la pièce. Cette cuisine est incroyable. Ma mère doit beaucoup l’aimer. Un couloir termine la pièce, probablement pour rejoindre le garage, ainsi que la salle de bain et les toilettes.

 

Je m’avance dedans et trouve l’escalier qui mène au premier. Je monte les marches et constate que celui-ci forme un virage et qu’une fenêtre donne sur la route. C’est vraiment magnifique. J’arrive alors sur le palier et me retrouve dans un immense couloir baignant de lumière par deux nouveaux vitrages de grande taille. J’entends mes parents parler dans une des pièces. Ce doit être leur chambre. Je décide de commencer par ma droite, ouvrant la première pièce. Il s’agit d’une salle de bain avec une baignoire en coin et une douche italienne. Pourquoi j’ai l’impression que je vais me perdre dans cette immensité ?

 

Je referme la porte et me dirige vers la prochaine pièce. J’ouvre la porte et tombe sur une immense chambre. Je pénètre à l’intérieur et fais rapidement le tour. Elle ne me plait pas trop, elle est carrée et n’apporte rien de chaleureux, de plus elle n’est pas très éclairée. J’espère que les autres sont mieux. Je sors et vais dans celle d’en face et je reste stupéfait. J’avance dans cette pièce doucement, regardant autour de moi, imaginant mes affaires posées ici et là. C’est très lumineux contrairement à la précédente. Je ne sais pas pourquoi cette pièce est si différente mais je l’aime. Elle semble avoir été un jour délimitée par un mur qui est maintenant ouvert en une immense arche. Il y a deux fenêtres dont une possédante un endroit pour s’asseoir devant. Tout ce que j’aime. Je m’avance d’ailleurs vers lui et m’y installe, regardant par la fenêtre. Elle donne sur une étendue d’herbe derrière la maison. Je soupire d’aise rien qu’à l’idée de regarder ce magnifique paysage tous les jours. Je sursaute lorsque quelqu’un frappe à la porte.

 

_ Tu as choisi ta chambre ? Me demande la voix douce de ma mère.

_ Je pense bien que oui. Cette chambre est vraiment magnifique. Je me sens chez moi dedans.

_ J’en étais sûre que tu allais choisir celle-là. Suis moi j’ai une surprise pour toi.

 

Je la regarde interrogativement mais elle me tire par la main. Je ris devant son attitude d’enfant de cinq ans et la suis. Elle s’accroche à mon bras et me tire vers l’arrière de ma chambre. On rentre dans le renfoncement et elle ouvre une porte. Je peux y découvrir une salle de bain privée à la chambre. Je souris. J’ai toujours voulu de l’intimité et voir que ma chambre était comme je le rêvais était vraiment génial. Elle caresse mes cheveux et me tire une nouvelle fois.

 

_ Ce n’est pas tout, mon chaton. Viens.

 

Ce n’est pas tout ? C’est déjà tellement énorme… Nous avançons au bout du petit couloir et tombons face à un escalier. Je déduis que c’est le fameux grenier qu’on voit de l’extérieur. Nous montons les marches et lorsque mes yeux rencontre la pièce mes larmes ne peuvent résister à rencontrer la peau de mes joues. Ce n’est pas vrai…

 

_ Mais vous êtes complètement fou ! Criais-je en portant mes mains sur ma bouche, les yeux remplis de larmes de joie.

 

En effet, mes parents avaient fait aménager une pièce spécialement pour moi. Une pièce recouverte de parquet, de barres vissées aux murs, de miroirs. Une salle de danse personnelle. Je ne pus m’empêcher de prendre ma mère dans mes bras et de la serrer le plus fort que je le pouvais pour lui montrer mon amour pour elle et mes remerciements qui ne seront jamais assez forts. Elle me serre dans ses bras fins et caresse mon dos. Nous finissons par nous éloigner et elle me pousse pour que je découvre les lieux. Abasourdi, je passe mes doigts sur toutes les surfaces. J’ai l’impression de rêver…

 

Ma mère décide de me laisser pour aller accueillir les déménageurs qui viennent d’arriver. On va pouvoir commencer à tout installer. Mais avant ça, j’ai besoin d’être seul. Je m’assois au milieu du parquet et me regarde dans le miroir en face de moi. Je repense à toute ma vie depuis ce jour. Ces personnes ont tout donné pour moi… Je ne sais comment les remercier.

 

Ma mère biologique est décédée en me mettant au monde. Mon père ? Je n’en ai aucune idée. Je ne sais pas qui il est. Je ne sais pas où il est. Et je m’en fiche. Je ne le connais pas. J’ai donc grandi dans un orphelinat à Daegu. Lorsque j’avais cinq ans, j’ai intégré une famille d’accueil mais ça n’a pas été une bonne idée. L’homme de la famille ne m’aimait pas. Il était alcoolique et lâchait ses nerfs sur moi ainsi que sa femme. J’ai été profondément choqué et à l’âge de sept ans je me suis enfui de chez eux. Je me suis caché dans une supérette mais on m’a trouvé. Les propriétaires ont appelé la police et ils ont découvert que j’avais été violenté. Je pleurais, j’avais peur de retourner là-bas mais à mon plus grand bonheur ils m’avaient renvoyé dans un nouvel orphelinat. J’y avais passé un an, suivant des thérapies pour surmonter mon traumatisme. Deux ans avaient passé avant que YuMin et KwangJun m’adoptent. Avec eux, tous s’est toujours très bien passé. J’ai été heureux dès les premiers jours et noyé d’amour par ma mère adoptive.

 

Mes parents ont toujours tout fait pour moi. J’ai toujours tout eu alors que je ne demandais rien. YuMin avait peut-être peur que je ne l’aime pas alors elle m’offrait tout. J’avais eu le droit au dernier téléphone à la mode à mon anniversaire alors que je n’utilise jamais ce genre de chose. Ça ne me sert à rien à vrai dire. Je n’ai pas d’amis. Et voilà maintenant qu’ils me créé mon univers dans ma propre chambre. S’en était trop. Je m’effondre en larmes au centre de mon refuge en me recroquevillant sur moi-même.

 

Plusieurs minutes passent et je fini par reprendre consistance et essuyer mes larmes. Il faut que j’aille les aider à tout mettre en place. Je me lève et regarde ma mine dans le miroir. Pitoyable. Je soupire longuement pour évacuer mon trop plein d’émotions et descends pour rejoindre ma chambre. Une chaleur apaisante m’entoure alors. Je me sens tellement bien dans cette pièce. J’ai hâte de pouvoir placer mes affaires et mes meubles comme je le souhaite. Je sors de mon chez moi et retrouve l’escalier qui mène en bas. J’aime cette maison mais c’est un vrai labyrinthe. Je remets mes chaussures et sors pour rejoindre mon père qui parle avec le chef des déménageurs. Il s’arrête et me prends dans ses bras.

 

_ Comment tu te sens ici, mon grand ?

_ Cette maison est géniale, papa. Dis-je la voix tremblante par l’émotion qui me submerge à nouveau.

_ Dès que nous avons visité la maison et que nous avons vu la chambre que tu as choisie, on a su qu’on allait l’acheter car on savait que tu t’y sentirais enfin comme chez toi.

_ Vous avez acheté cette maison pour moi ? Répondis-je, la voix de plus en plus nouée.

_ Oui, notre vœu le plus cher est que tu sois heureux et comblé. La salle de danse te plait ?

_ Elle est magnifique… J’aurais jamais cru en avoir une personnelle…

_ Je suis si heureux que ça te plaise. Tu es mon unique et grand garçon alors je me dois de t’offrir le meilleur.

 

Il me sert dans ses bras et je retiens mes larmes. Je ne veux pas craquer devant lui. Soudain j’entends une voix féminine nous saluer. Je me retourne et croise une femme d’une quarantaine d’années accompagnée d’un garçon qui semble avoir mon âge. Il est assez petit et a des yeux assez effrayant mais son sourire est chaleureux.

 

_ Bonjour, je m’appelle Do SungYe et voici mon fils, Kyungsoo. Nous sommes vos  voisins.

_ Bonjour, je suis Kim KwangJun, voici ma femme YuMin et notre fils, Jongin. Répondit mon père en répondant à leur sourire.

_ Nous sommes enchantés de faire votre connaissance. Ajouta Madame Do. Bienvenu dans le quartier !

_ Nous vous avons apportés de quoi manger car vous devez avoir un petit creux. Intervint le garçon en nous tendant deux sacs remplis de nourritures.

_ Merci, c’est gentil de votre part. Lui répondis-je en prenant les sacs.

_ Ça vous dirait de venir diner à la maison ce soir ? Demanda SungYe à l’intention de ma mère, surprise par cette demande. Comme ça les garçons pourront faire connaissance et nous aussi. En tant que voisin c’est important de se connaitre. Dit-elle avec un magnifique sourire apaisant.

_ Pourquoi pas ! C’est très gentil de votre part, nous acceptons avec plaisir ! S’écria ma mère en frappant dans ses mains.

_ Alors on vous attend pour dix-neuf heures !

_ On sera là ! Merci à vous ! Rajoute-mon père en embrassant la tempe de maman.

_ Ah, et si vous avez besoin de bras, n’hésitez pas à me demander, je serais ravi de vous venir en aide. Propose KyungSoo à mon père.

_ Merci, mais nous ne voulons pas vous déranger.

_ Pensez-y, si jamais, je suis à côté !

 

Ils s’éclipsent ensuite dans leur demeure mais mon père interpelle Kyungsoo. Lui demandant finalement son aide. C’est avec un immense sourire qu’il nous aide à monter certain meuble à l’étage. Nous entrons alors dans ma chambre après avoir dévoré comme des goinfres les succulents sandwichs préparés par KyungSoo et sa mère. Je le gratifie de ses capacités en cuisine.

 

Les heures passent et Kyungsoo et moi sommes dans ma chambre en train d’essayer de monter mon lit. Mes parents ont décidé de refaire ma chambre à neuf alors il faut que je monte tous les meubles. Quel désastre. Heureusement que Kyungsoo est là pour m’aider sinon ce soir j’aurais dormi par terre. Passé dix-sept heures, il m’annonce qu’il doit rentrer pour aider sa mère à préparer le repas de ce soir. Nous échangeons nos numéros de téléphone et je le remercie encore de m’avoir aidé. Il me propose de revenir demain si j’ai encore besoin de lui. Je lui affirme que j’aurais besoin de lui. Nous rions puis je le raccompagne à la porte pour qu’il ne se perde pas. Une fois parti, je rejoins ma mère dans sa chambre. Je m’assoie sur son lit et la regarde ranger ses vêtements dans l’armoire.

 

_ Il a l’air d’être quelqu’un d’adorable ce garçon, tu ne crois pas ?

_ On s’entend bien, c’est une bonne chose, non ? Répondis-je en m’allongeant.

_ Tu lui as demandé s’il était dans ton école ?

_ Non… On était plutôt en train de se battre contre mon lit pour que je ne dorme pas à même le sol ce soir. Dis-je en rigolant. Où sont mes draps d’ailleurs ? Que je fasse le lit tout de suite.

_ Ils sont dans ce carton, je te laisse les prendre. Tu m’accompagnes faire quelques courses après ? Qu’on remplisse un peu le frigo ainsi que les salles de bains des produits vitaux.

_ Pas de soucis, comme ça je visiterais un petit peu les alentours.

 

Je l’embrasse et prends tout ce qu’il me faut pour faire mon lit. Je rejoins ma chambre et mets de la musique sur mon téléphone pour combler ce silence. Je fais rapidement mon lit et range mes bouquins dans la bibliothèque que nous avons réussi à monter. Lorsqu’ils sont tous rangés, je regarde le meuble et souris. Et de un. Je prends une serviette et vais rapidement me doucher dans ma salle de bain. Je ne prends même pas le temps de fermer la porte, ma mère frappe toujours avant d’entrer et si je ne réponds pas elle n’entre pas. Je reste un long moment sous l’eau chaude et j’essaie de réaliser tout ce qu’il m’arrive. Aujourd’hui je suis enfin à la maison et nous sommes en train de tout mettre en place. Mais qu’adviendra-t-il des jours suivant ? Je n’en ai aucune idée et je suis anxieux à cette idée.

 

J’éteins l’eau et me sèche avant de m’habiller avec des vêtements propres. J’opte pour un short et un tee-shirt blanc simple. Je me coiffe rapidement et rejoins ma mère pour partir faire quelques courses. Nous revenons une heure plus tard et rangeons rapidement nos achats avant de nous préparer pour rejoindre la maison des Do. Je me change une nouvelle fois pour adopter une tenue plus habillée tout en restant décontractée. Je prends le bouquet de fleurs que nous avons acheté et nous sortons de la maison, la verrouillant, puis nous nous dirigeons chez nos voisins.

 

Ma mère frappe à la porte et Kyungsoo vient nous accueillir. Il nous sourit et nous invite à entrer. Ce que nous faisons. Rapidement Madame Do vient nous saluer et nous escorte dans le salon. Elle dit à son fils que nous pouvons monter dans sa chambre en attendant de manger alors je le suis dans les escaliers. Il ouvre la porte de sa chambre et lorsque je pénètre dedans je m’y sens bien. Un sentiment de sécurité m’encercle et je souris comme un idiot face à l’effet que cette pièce me fait. Il y a un grand lit double et un espace détente avec des gros poufs, une télé et une console.

 

_ Assied toi, je t’en prie. M’invite-t-il en faisant de même.

_ Merci. Répondis-je timidement en m’asseyant sur un des poufs.

_ Alors, dis-moi, tu vas aller dans quelle université ?

_ L’université des arts qui ne se trouve pas très loin d’ici. Et toi tu es dans laquelle ?

_ C’est vrai ?! S’exclame-t-il en souriant. Je vais aussi dans celle-là ! Tu as pris quelle spécialité ? Moi je suis en chant !

_ J’ai choisi la danse. J’en fais depuis que je suis tout petit et c’est vraiment une passion.

_ C’est génial ça ! Tu pourras rester avec-moi si tu veux !

_ C’est vraiment gentil de ta part, Kyungsoo. Dis-je doucement, perturbé par ce qui est en train de m’arriver.

_ Je te présenterais mes amis, ils sont sympas tu verras !

_ Merci beaucoup… Dis-je me frottant les sourcils.

_ Ça ne va pas ? S’inquiète-t-il soudainement devant mon brusque changement d’humeur.

_ Tout va bien… je suis juste… épuisé, d’un coup… Dis-je en essuyant une larme qui venait de quitter mon œil.

_ Tu veux t’allonger un moment ? Tu veux que j’appelle ta mère ? Panique-t-il en s’approchant de moi. Tu pleures ? Pourquoi tu pleures ? J’ai dit quelque chose de mal ?

_ Arrête Kyungsoo… Tu n’as rien fait… Dis-je en tremblant. Je suis désolé mais je crois que je vais rentrer… Annonçais-je en me levant en titubant, me tenant le crâne qui me faisait soudainement très mal.

_ D’accord, je te raccompagne alors, tu n’as pas l’air très bien.