Chapitre 26

par myra16

Chapitre 26









Se croiser, s’affronter, se découvrir.

Respirer, ressentir, réagir.

C’est comme une découverte que nous offre chaque jour,

Un sentiment exceptionnel qui nous fait papillonner des yeux.

On a beau y avoir été préparé, c’est la surprise qui nous submerge toujours,

Notre peau qui fourmille, notre respiration qui se fait erratique,

Notre cœur qui s’enflamme comme si on ne nous laissait pas le choix.

La vérité c’est qu’on apprécie tout ça,

A tel point que s’y on pouvait on se laisserait toujours emporter.

Comme une drogue, c’est la tourmente des sentiments.







« C’est quoi la suite ?

Je ne sais pas, c’est à toi de voir.

C’est déjà tout vu, tu as cru quand te ramenant comme ça on t’accueillera tous à bras ouvert.

Mais ce n’est pas le cas, c’était mieux quand tu n’étais pas là.

Je…

Disparait. »









Kyungsoo avait l’habitude de se sentir mal, c’est ce qui prédominait du moment qu’il ouvrait les yeux. Un sentiment de mal-être incessant comme profond qui l’habitait, le dominait, le caractérisait à force, et il avait dû faire avec. Faire avec cette envie de vomir et de pleurer dès qu’il croisait son regard dans un miroir. Ce mal de cœur qui le faisait toujours douter, qui le faisait frémir dès qu’il avait du mal à respirer, et rien n’arrivait jamais à le rassurer. Alors Kyungsoo tentait de se calmer, et il cédait toujours, il est vrai que c’était toujours plus facile de se droguer que d’affronter cette réalité qui lui faisait tant mal. Il n’aurait jamais pensé en arriver à ce point, c’était juste plus fort que lui, plus facile, plus simple, plus horrible aussi. Il s’en rendait bien compte qu’à quelle point il se faisait mal afin d’oublier, d’apaiser un peu sa douleur, et ça le peinait encore plus quand les mots de son frère venait se rappeler à lui.





« Tu sais ce qui me fait le plus mal little Soo, c’est qu’ils ne voient pas à quelle point tu es formidable malgré tout.





Ça avait été les dernières paroles qu’il arrivait à se souvenir, les dernières que son frère avait bien voulu lui accorder avant de rejeter la greffe et de mourir. Kyungsoo ne pouvait s’empêcher de se sentir responsable encore plus maintenant qu’il savait qu’il se détruisait à son tour, car il était lâche, et il n’arrivait plus à faire face.



C’est en sueur, tremblant, le cœur palpitant anormalement qu’il se réveilla encore une fois prit aux mains d’un cauchemar qu’il lui avait bloqué la respiration. Ce n’était pas nouveau pour lui, même si à chaque fois la réaction de son corps l’effrayait énormément. Pas une seule nuit ne passait sans qu’il ne souffre des excès qu’il faisait subir à son corps, il savait que ça risquait de mal finir mais il n’arrivait pas à arrêter, c’était plus fort que lui. Kyungsoo se redressa avec mal, la main sur le cœur, il tentait de retrouver un rythme plus au moins normal alors que ses yeux s’habituaient encore à l’obscurité de la chambre. Il avait la gorge sèche et une incroyable envie de boire de l’eau glacé le plus rapidement possible. Il reprenait peu à peu conscience d’où il était quand il se rendit compte d’une chose, il était seul, totalement, irréversiblement seul.



Il avait donc rêvé, personne n’était venu le prendre dans ses bras, personne ne lui avait murmuré des paroles réconfortantes, personne ne lui avait embrassé les cheveux. Non il avait rêvé de tout ça, de la chaleur apaisante des bras de Jongin, de sa voix si grave et caractéristique qui chuchotait son prénom, de ses lèvres si charnu qui voulaient marquer son corps. Et c’est cette prise de conscience, lui donna envie de pleurer, il se retrouvait encore une fois seul, perdu dans ses tourments alors il ne put empêcher les larmes de couler et les gémissements de douleurs qui s’échappèrent de sa gorge endolorie.





Pris par sa douleur et cette solitude qui le suivait comme son ombre, Kyungsoo n’avait pas remarqué l’ombre qui venait de pénétrer dans la chambre. Il n’avait pas fait attention à ce corps qui venait de se glisser dans son lit, venant l’attraper par derrière dans une étreinte rassurante tout en délicatesse. Il avait juste sentie des mains le tirer vers cette personne plus grande que lui, de tendres caresses qui venaient s’échouer sur son dos le faisant peu à peu reprendre conscience de la réalité. Celle où il n’était plus seul, et il eut encore envie de plus pleurer à ce constat, car il ne savait pas s’il aurait encore la force de se relever pour eux, pour lui.





Le plus grand souffla, il n’arrivait pas à se faire à cette vision de son hyung si faible, si désespéré, si dépendant. Et même si il avait envi par-dessus tout de l’aider, d’être là pour lui, il avait juste peur de ne pas avoir la carrure. Jongin avait eu du mal à reconnaître que Kyungsoo lui faisait autant d’effet, que d’être loin de lui s’avérait être une lente torture. Il adorait avoir son hyung dans ses bras, sentir son souffle chaud sur sa peau, ses doigts se raccrochaient à lui. Il aimait le goût de leur baiser, cette impression de s’électrifier sur place à chaque fois qu’ils se laissaient aller tous les deux. Il aimait ça même si il ne comprenait pas.





Kyungsoo resta silencieux, il venait de comprendre que Jongin savait, il savait à quel point il était faible et pitoyable de céder à la facilité. Mais la voix du plus jeune n’était pas empli de réprobation comme il l’aurait imaginé, non elle était douce et rassurante, avec un soupçon d’inquiétude mais pas de reproche, ni de dégoût. Et ça le rassura, mine de rien.





Et Jongin sourit, car il en avait envie, depuis si longtemps il avait envie de ce hyung qu’il trouvait parfait, du moins qui l’était à ses yeux. Il saisit alors le menton du plus âgé qui se laissa faire pour venir sceller leurs lèvres ensemble, et Jongin adorait ça. Les lèvres de Kyungsoo était un vrai plaisir pour lui, elles étaient charnues et douces et elles lui donnaient envie de les goûter à en être rassasier. Même si il savait qu’il ne s’en lasserait jamais. Jongin prit alors les devants en venant mordiller et lécher la bouche de Kyungsoo tandis qu’il l’allongeait sur le lit pour venir se placer au-dessus de lui. Ses mains vinrent encadrer le visage de son hyung alors que sa langue venait enfin à la rencontre de celle de son vis-à-vis pour se rencontrer, se découvrir et s’enflammer comme elles savaient si bien le faire dans un ballet endiablée. Comme si c’était la première fois. Jongin avait chaud, rien qu’avec un baiser, il sentait le corps de son hyung sous lui qui s’agitait à force que leurs baisers grimpaient en puissance, et il se plaisait à faire rencontrer, par pure hasard leurs bassins. Kyungsoo tentait de suivre le rythme, c’était bon, c’était envoutant, et ça le rendait fou. Il sentait que son corps réagissait bien malgré lui, rien qu’avec un baiser et quelques contacts? C’était nouveau, non pensa Kyungsoo, c’était juste Jongin, et ce constat lui fit attraper brutalement la nuque du plus jeune pour venir approfondir cette échange. Plus, oui, ce soir il en voulait plus, toujours plus, il voulait se perdre en Jongin, il ne voulait plus que ces pensées soient dirigés vers celui qui lui faisait autant d’effet. Il ne voulait plus voir que lui, sentir que lui, respirer que lui.



Alors Kyungsoo se raccrocha à Jongin de toutes ses forces, voulant sentir le corps du plus grand peser sur lui et l’envelopper afin de ne pas pouvoir s’y échapper. Le baiser se faisait endiablé, ils étaient à court de souffle mais aucun des deux arrivaient à y mettre un terme avant la dernière seconde, celle qui ne leurs laisserait pas le choix. Ils durent se séparer durant quelques instants, histoire de ne pas s’étouffer par ce trop-plein d’émotion et d’attention, et Jongin en profita pour admirer le peu que l’obscurité lui permettait de voir. Il devinait à peine son hyung sous lui mais il sentait sa respiration haché se répercuté dans son cou et son corps bouillant qui lui donnait envie, pour la toute première fois de découvrir ce qui s’offrait à lui. Kyungsoo avait beau être un homme, Jongin n’en était pas dégouté comme il l’avait appréhendé au début, c’était même tout le contraire. Il lui faisait un effet de malade et il se demandait comment il avait pu autant y résister. Et le sentir encore habillé tout prêt de lui, avait le don de le rendre complétement fou. N’y tenant plus, ses pulsions et son envie ayant repris leurs droits sur sa volonté, Jongin plongea ses lèvres dans le cou laissé vierge de cette personne qui faisait emballer son cœur à tout casser. Ses mains, quant à elles, partirent à la découverte de cette zone inconnue que Kyungsoo prenait toujours grand soin de cacher derrière un-t-shirt beaucoup trop grand.



Le hyung était pris dans la torture que Jongin appliquait sur son cou à renfort de baisers, de suçons, de dents et de frissons qui l’enivraient. A tel point qu’il ne fit pas attention aux mains du plus jeune qui venaient découvrir son abdomen sensible. Jongin laissait courir ses doigts sur le torse de la personne qu’il aimait tant, de telles sortes à faire provoquer encore plus le corps de son hyung déjà soumis à rude épreuve. Et Kyungsoo se contentait de subir ses assauts en gémissant de la manière la plus discrète dont sa raison était encore capable. Lui-même se rattachait au dos du plus jeune, enfonçant parfois ses ongles quand Jongin lui faisait trop d’effet. C’était bon, c’était délicieux, et ça le faisait réagir, peut-être trop quand dans un mouvement trop brusque leurs deux bassins se rencontrèrent à nouveau.



Kyungsoo n’avait encore jamais surpris un vrai gémissement s’échapper de la si belle bouche de Jongin. Et ce relâchement de la part du plus jeune lui fit un effet de fou, à tel point qu’il provoqua le destin en faisant de nouveau entrer en contact leurs deux corps. Et ce fut cette mélodie si agréable qui résonna encore, comme si la chaleur ambiante ne suffisait pas pour les faire se consumer.





Ce dernier le mordilla en réponse, alors qu’à son tour ses mains se faufilaient à travers la barrière des vêtements afin de sentir le corps du plus jeune.









Surement que Kyungsoo ne s’était pas attendu à un tel réveil. Surement qu’il aurait pensé que tout irait enfin bien. Que le cauchemar était enfin fini. Qu’il pourrait enfin respirer. Mais il n’aurait jamais cru qu’il se tromperait à ce point.













H n’était qu’un surnom, c’était beaucoup plus imposant, mystérieux et effrayant qu’Heechul, il fallait bien l’avouer. Et puis dans le milieu c’était toujours mieux si on te connaissait sous un surnom plutôt que ton vrai nom, ça faisait toujours beaucoup plus sérieux.





Chanyeol était resté droit, digne et fier grâce au semblant de courage qui lui restait, ou alors c’était plutôt de la folie, pur et simple, oui ça devait surement être ça. Parce qu’inconsciemment, il savait très bien ce que cette décision risquait d’entrainer comme conséquences. Il ferma alors les yeux et serra les poings, car il était prêt à tout recommencer, oui pour lui mais pour les autres aussi, pour réparer ses conneries et enfin connaître les vrais joies de la vie.





H s’était alors relevé en envoyant valser la chaise et la table qui se trouvait près de lui. Il n’aimait pas qu’on ne puisse pas ramper à ses pieds, il aimait le pouvoir et ça l’insupportait qu’on défie son autorité, celle qu’il avait mis beaucoup de temps à se constituer.





Heechul se mit à sourire, comme il avait tant l’habitude de faire. Ce sourire à la fois carnassier, et satisfait, celui qui n’annonçait jamais rien de bon. Celui qui faisait frémir et qui insistait à passer son chemin. Celui qui avait attiré Chanyeol la première fois car il savait qu’il pourrait régler sa dette, celle qui avait fait perdre la vue à Sehun et qui le confrontait maintenant aux conséquences.









Si Baekhyun avait deviné, il n’aurait surement pas ouvert au facteur ce matin-là. Il se serait surement contenté de rester dans son lit à réfléchir à la tourmente qui prenait son cœur. Il n’aurait alors jamais découvert ce colis si bien emballé, il ne l’aurait jamais ouvert, il n’aurait jamais découvert la triste vérité. Il aurait préféré ne jamais comprendre.



















On m’avait tant questionné,

On m’avait harcelé,

On m’avait tant de fois demandé,

Et ma réponse avait toujours été toi.

Irréversiblement comme si cela était destiné.