Nouvelle tête, nouveaux sentiments.

par Totoro

Je m'en rappelle comme si c'était hier.

Tu venais d'arriver au lycée en plein milieu d'année, ce qui suscita l'excitation et la curiosité des élèves. De nature impassible, ta venue parmi nous me laissait tout ce qu'il y a de plus indifférent et ne changeait en rien, mes habitudes. Ça, c'était jusqu'au moment où je ne t'avais pas encore vu. À l'instant précis où tu franchis le seuil de la porte : je sue dès lors que tu jouerais un rôle capital dans ma vie. Et inversement. Je ne m'étais pas trompé.

Cette salle de cour, où tu mis les pieds pour la première fois, la 313, fut celle de notre tout premier baiser. Tu t'en rappelles ? C'est moi qui te l'avais donné. Amoureusement et passionnément. Ta personnalité et ton incroyable joie de vivre m'impressionnèrent. Moi qui vivais chaque journée avec une telle lassitude monotone, tu me fis partager ton bonheur dont je savourais chacune de ces exquises minutes.

Ce moment où mon regard croisa le tien, je ne peux l'oublier. Ma taille entourée d'une serviette de bain, je venais de sortir des douches et entrais dans les vestiaires, quand je tombai nez à nez avec toi. Tu examinas mon corps. Ne laissant s'y échapper aucun détail, avant d'atterrir à mes yeux, tout confus. Nos yeux s'examinèrent longuement, comme si tu entrais dans mon âme par les deux portes que tu fixais intensément. Sans bruit, la pile que tu étais s’éclipsa. Quelques semaines après cet « événement » je retournais dans la salle de classe prendre ce que j'y avais oublié, et te vis adossé contre le tableau noir. Mes pensées divaguèrent tout à coup. C'est lentement que je m’approchai de toi, pour te plaquer au mur auquel tu te maintenais. Sans que tu te rendes compte de quoi que ce soit je t'embrassais déjà, comme personne d'autre ne l'eut jamais fait. Tandis que j'entourais ta taille de mes bras, pour ensuite glisser mes mains sous ton tee-shirt, tu agrippas le mien au niveau des côtés. Bien que surpris de mes actes, tu les appréciais visiblement et fermas les yeux. Je fis de même. Nos langues vinrent se rencontrer de façon sensuelle, mélangeant nos salives pour n'en former qu'une à notre effigie. Et dès que nous manquions d'air, nous écartions quelque peu nos lèvres, pour reprendre aussitôt le baiser.

Le lendemain qui suivit, à la fin des cours heures de cours qui me paressèrent une éternité, je t’attrapai fermement le poignet et t'emmenai chez moi. À l'arrivé, plus que jamais pressé, je dévalai les escaliers de ma maison, ta main toujours dans la mienne. Arrivés à destination, dans ma chambre, je te jetai brusquement sur le lit venant m'allonger sur toi. J'introduis ma langue à l'intérieur de ta bouche, signifiant le top départ des actes privés qui allaient être commis. Nous passions la nuit ensemble.

Quatre mois plus tard, ce fut trop tard. Je voulais te le dire, mais une voiture venait de te renverser sous mes yeux. Six heures après ce drame, l'infirmière s'inclina en m'offrant toutes ses condoléances. Je courus une durée indéterminée sous le froid hivernal pour atterrir dans un lieu isolé. Je criai. Criai de toutes mes forces : « Je t'aime Byun Baek Hyun ! » avant de fondre en larmes.


Aujourd'hui, il neige. Les flocons immaculés viennent recouvrir ta tombe. Celle où je viens me recueillir chaque année, le jour de ta mort, depuis maintenant cinq ans.
Aujourd'hui, je réapprends à vivre pour la seconde fois. Cette fois-ci sans toi. J'essaie de m'habituer au fait que tu n'es plus là. Plus jamais présent à mes côtés, dans mon lit, dans mes bras.

Si aujourd'hui je continue d'avancer, c'est grâce à toi. Le jour où je vins récupérer quelques-unes de tes affaires, je vis ton portable et le pris. Seul. Dehors. Sur un banc, je le fouillai. Ce que j'y vis me mit les larmes aux yeux et je ne pus les retenir par la suite. Tu avais préparé un message pour me dire que tu m'aimais :


« De : Baekon
À : Taonnie Panda
Sujet : Je t'aime... »