Rainy day

par ThunderGreen

Sehun PoV
Il pleuvait, enfin je pense. J’affirmais qu’il était en quelque sorte difficile de discerner les bruits. Je dirais qu’il était peut-être 11 h du matin ou plus. Pas moins. Et ce fut à cette heure précise que je me demandais… Pourquoi le matin existait-il ? Pourquoi la logique (peu importe comment vous auriez appelé ça) nous obligeait-elle à devoir sortir du sommeil pour vivre une journée ? Mais qu’importe où ma boîte à idées mettait mes complaintes, j’avais quand même décidé de sortir de mes draps. Baladant mon regard dans la pièce, je laissais le sentiment de dépression m’envahir. Pourquoi m’auriez-vous demandé. Et bien, connaissez-vous ce sentiment que vous avez lorsque vous voyez votre vaisselle d’une semaine dans votre cuisine et que vous vous demandez « Pourquoi moi ? » mais que au bout du compte vous êtes quand même obligé de la faire ? C’était exactement l’impression que me donnait ma chambre. Ma mémoire, aussi subtile et délicate qu’elle était m’avais fait oublier que je venais de déménager.
Bref, après quelques cascades et sauts équestres entre les cartons, je me retrouvais dans la cuisine, remarquant que Lay était déjà parti. Un café, pourquoi pas. Des céréales, surement. Je n’avais pas manqué, lors de mon petit-déjeuner (ou déjeuner) très nutritif, de jeter un coup d’œil à la seul montre qu’on avait (eu la volonté) sorti. 12 h 30. Ce qui me restait à peu près 9 h à… A trouver ce que j’avais envie de faire. Et figurez-vous que sur cette idée, une chose m’était venue à l’esprit. Des cheveux blonds, un petit nez en bouton, un air suave malgré ses actes… Etranges. Et c’est moi qui disais ça. Luhan, si ma mémoire était juste. Je n’aurais su qualifier ce sentiment que j’avais. De l’attirance ? Ca se pourrait.

C’est lorsque j’eu redressé mon col de manteau et mit mes mains dans mes poches que je confirmais mes soupçons de ce matin. Il ne pleuvait pas trop fort, de petites gouttelettes à peine remarquable. Enfin, il aurait dû pleuvoir plus fort lorsque je me trouvais à l’intérieur vu l’état humide de l’asphalte. Je pris un pas décidé, longeant le trottoir le regard parfois posé sur la vapeur sortant de mes lèvres, parfois sur les alentours du quartier. J’avais eu le temps de l’étudier lors de mon arrivé. Il était calme, et pour autant dire ennuyant. La partie vieille et sans vie de Hongdae. Au bout du chemin, le parc, sur les côtés, les maisons, une garderie faisant face à l’imposant rideau de fer tagué d’un garage. La crainte de ne jamais rencontré de jeunes gens ici m’avait englouti la première journée. Mais je devais m’y faire. En somme, il y avait la vieille dame du magasin de doughnuts et le plombier (qui nous avait été d’une très grande aide) que nous connaissions.
J’avais passé le parc au bout de cinq minutes. Sur ma montre, une heure de l’après-midi. Rapport : l’endroit désert, la température complètement glacée, et… Moi, petit être au beau milieu de ce grand univers. Bon, qu’est-ce que je raconte. Par ma grande connaissance et mon cerveau empli de culture, je m’étais donc rendu compte que le terme de voisin existait. Et comme je suis un gentleman noble et courtois, je me disais que pour me débarrasser de mon ennui, j’allais donc les rendre visite. Revenant sur mes pas, mes (beaux) yeux avaient cru remarquer un endroit, qui étrangement attirait mon attention. A deux blocs de chez moi, se trouvait une maison agréable à la vue ; jardin à pelouse, grille noir, nain de jardin… Nain de jardin ? En y regardant plus précisément, le nain de jardin bougeait… … …Ok, il devait y avoir de la drogue dans mon café.
-Hey ! toi !
Par tous les saints !! La chose me parle…
-Hey !! Toi !! Le gars planté au beau milieu du trottoir.
Je balançai mon regard de gauche à droite espérant qu’une autre personne soit plantée au milieu du trottoir. Mais hélas, j’étais un éternel malchanceux. Je me pointais moi-même, demandant affirmation à l’objet de décoration qui hocha de la tête. Cela était très effrayant, serions-nous envahis par des êtres venus d’ailleurs ?
-LE GARS D’HIER !! Ramène-toi bon sang !!
Le gars d’hier ? Je n’avais aucun souvenir d’avoir rencontré un quelconque objet en céramique et qui, éventuellement, m’avait fait la conversation la veille. Mais aussi curieux (et très poli) que j’étais, je me mis à marcher vers la maison, qui maintenant semblait suspicieuse à mon avis. Mais… AHA ! Voilà le grand « Mais » tant attendu. Le nain s’avérait être un jeune homme accroupi. Et, grande révélation dans mon sanctuaire de l’intelligence, la personne d’hier. Peau légèrement caramélisée, cheveux bruns, air retardé mais fiable. S’il n’était pas dealer de drogue, il était juste mal entouré. Je n’avais aucun souvenir de son prénom, hors mis le fait qu’il était un ami de Luhan. Il se releva.
-Salut ! ,commença-t-il, ouvrant la grille et me laissant entrer. T’es le gars qui était avec Luhan hier, c’est ça ?
-Ouais. (il me paraissait plutôt sympathique) Sehun, et toi ?
-Jongin, mais tout le monde m’appelle Kai.
-Super. J’viens de déménager à deux pas d’ici du coup j’suis passé faire un p’tit tour dans le quartier.
Il me prit soudainement la main et se mit à la secouer.
-C’est sympa d’avoir pris l’initiative de venir chez nous et tout…
Euh… C’est toi qui m’avais appelé tout à l’heure… … … La phrase que je ne lui avais pas dite.
-Le plaisir est pour moi.
-Les amis de mes amis sont mes amis. (Les amis de mon ami sont suspicieux)Y’a du monde à l’intérieur, tu veux entrer ?
Inconsciemment, je hochais la tête en signe d’acceptation. Quelle bravoure j’avais ! Il étendit son bras vers la porte, m’invitant à entrer. Mais un grand cri, telle une incantation me fit m’arrêter devant la porte.
-LES TOILETTES SONT ENCORE BOUCHEE_
Jésus Marie Joseph !!! La plus grande TENTATION VISUELLE s’offrit à moi une fois la porte ouverte. Qui se reclaqua rapidement sur mon nez après quelques salutations mal placées et un cri d’effroi. Luhan… Luhan… J’avais du sauvé le monde dans mon ancienne vie pour recevoir une telle image. Je ne regarderais plus les sous-vêtements de la même façon.

Quelques minutes plus tard, j’étais dans la cuisine, une tasse de chocolat chaud à la main, entouré de personnes que je connaissais maintenant sous les prénoms de Suho, Chen, Kyungsoo et Kai. Chen avait été le garçon généreux qui nous avait ouvert la porte. Des personnes très étranges… Mais quoi que très intéressant. Je n’avais donc pas à m’inquiéter pour mes années étudiantes, j’avais trouvé des… Amis ? Le silence gênant nous avait donc poussés à engager quelques conversations insignifiantes.

Alors que Kyungsoo était entrain de nous enseignait la noble discipline de récurage de casserole, la petite frimousse blonde qu’était l’objet de mon attention fit son entrée.
-Salut… murmura-t-il se plaçant à mes côtés (complètement vêtu).
-Yo.
Finalement, l’atmosphère n’était plus si désagréable. Même si Luhan trouvait les plis de son T-shirt plus intéressant que moi lorsque je lui parlais. Mais le temps court vite.
-Bon ben, je vais y aller, j’ai encore des cartons à ranger.
-Tu veux de l’aide ? ,Luhan demanda.
-Ouais, ce serait sympa.
Prétexte intelligemment trouvé pour passer plus de temps avec lui. Et peut-être avec un peu de chance, je pourrais l’invité à dîner. (Oh Sehun, d’où tiens-tu donc ton intelligence ?)
-Je pourrais aider aussi., ajouta Suho.
-Ouais, pourquoi pas ?

PoV Lay

Il s’était remis à pleuvoir. J’hésitais à continuer à tracer les lignes sur la toile où à rentrer avant que la pluie ne s’empire. Mon regard avait atteint quelques détails de la pièce. Les élèves… Certains amusés par ce qu’ils peignaient, d’autre déçu. Je remis mon pinceau à sa place, essuyant mes mains tâchées sur mon tablier. Le bruit de mon tabouret crissant sur le parquet fit se lever les regards vers moi. Mais ce qui se passait aux alentours n’étaient pas ce qui était censé déranger un peintre donc les regards se dissipèrent vite. Je remplaçai mon tablier par ma veste avant de sortir de la pièce et descendit d’un pas rapide les escaliers.

A la réception, Amber. Une jeune fille sympathique, tout juste entrée dans la vingtaine. La fatigue et la monotonie des jours pluvieux se dessinaient sur son visage, le regard perdu sur la baie vitrée pleurante de l’entrée, dépassant ses franges blondes.
-Belle journée, hein ?
Ma voix l’avait surprise.
-T’es pas censé avoir une classe toi ?
Les profs font ce qu’ils veulent, c’est-ce que j’ai cru apprendre dans mon adolescence.
-Non, j’vais rentrer. Demande à quelqu’un d’autre de me remplacer.
« Annyeong Oppa ! » était les derniers mots que j’avais entendus avant de me retrouver sur le trottoir, parapluie à la main.

Tout compte fait, je ne l’ouvrirais pas. L’eau, le froid, la sensation désagréable que la pluie offrait ; je les laissais engloutir mon être sourire crispé au visage, et peut-être avec un peu de chance, j’aurais une fièvre demain matin. Tiens, étrange, n’est-ce pas ? Pas pour moi. A chaque fois que son visage, son sourire ou sa voix me venait à l’esprit, je considérais ces moments comme un luxe, une récompense. Et pour ce, je me devais de me priver d’un autre plaisir, d’où le parapluie pendant à ma main. Je me considérais horrible de penser à lui après l’effroyable peine que je lui avais infligé. Mais qui est-ce que je blâme ? Après tout nous sommes humains, tous des salauds autant que nous sommes ? Et peut-être étais-je le pire… Mais était-il le meilleur ? Surement pas. Mais j’avais besoin de lui, peut-être le sentir dans mes bras. Sentir l’humanité entière dans sa peau, et retomber amoureux, tous les jours, toutes les secondes. Et zut… Les larmes. Le fait que ces pensées routinières me touchent encore m’étonnait. Et même sans l’avoir remarqué, je m’étais retrouvé en face de chez moi, trempé, évidemment. Et en ouvrant la porte, étrangement, j’entendais sa voix, suivi de celle de Sehun. Et je m’étais dit que la fièvre allait vraiment m’emporter.