Easter dog?

par ThunderGreen

Aussi longtemps que je m’en souvienne, je venais toujours dans ce parc, je m’assoyais toujours au pied du vieux chêne dans la cour ouest, j’avais toujours un livre pour m’occuper et surtout, j’étais toujours seul. Parfois une petite brise venait me demander de l’attention ou bien le froissement des feuilles me servant de coin ombragé. Mais c’était tout, rien d’autre… Une routine, enfin, ça aurait pu l’être un samedi après-midi.
C’était un 6 mai. Je m’en souvenais comme si c’était hier. Et d’ailleurs, je n’oserais pas oublier une telle date. C’était l’après-midi de mon huitième anniversaire. Ma grand-tante était à la maison entrain de faire je ne sais quoi, quant à mes parents… Y’en avait plus quoi. Game Over. On me demandait souvent comment je me sentais à ce sujet, si je n’étais pas triste, s’ils ne me manquaient pas. Et je répondais le plus souvent par une phrase qui étonnait : « Comment manquer de quelque chose que je n’ai jamais eu. » Mais celle-ci au fil du temps et au ras des connaissances était devenue une phrase assez épique dans la famille. Lorsque des inconnus me rencontraient pour la première fois, et qu’une fois la nuit venue ils discutaient avec les adultes alors qu’ils croyaient que je dormais, j’entendais mon grand-oncle dire « Le môme ne manque pas de ce qu’il n’a jamais eu, hein chéri ? » Et bien que cette phrase me fût comme une étiquette et qu’elle m’atteignait à peine, quelque part au fond de moi, je me contredisais. Je manquais d’amis, je manquais de compagnie, et surtout… Je manquais de chaleur.
Cet après-midi là, le vent plaidait encore de l’attention, mais il n’y avait pas que lui. Des gémissements essayant de se faire retenir m’empêchaient en quelque sorte de me concentrer dans ma lecture. J’avais donc décidé (à contrecœur) de faire l’enfant cliché, curieux. Etant donné que j’avais eu l’occasion, lors de jours plus solitaire (et plus calme), de faire mes petites excursions dans le parc et que en temps et en heure j’avais appris à le connaître, retrouver les pleurs n’était pas compliqué.
Dans l’igloo en pierre du bac-à-sable se dessinait une petite silhouette en position fœtal, cachée dans la pénombre. C’était un garçon, vu son gabarit, et bien plus évident que cela, il pleurait.
-Hey…
Les pleurs se turent. Il leva son visage me donnant une brève occasion de voir ses yeux taillés en amande, ses petites tâches de rousseur à peine visible.
-Salut…, essayais-je sans beaucoup d’hostilité. Je m’appelle Baekhyun, et toi ?
-Ch- Ch- Chanyeol.
Il renifla essayant de retenir ses matières corporelles là où ils étaient et essuya du dos de la main ses larmes. Il était adorable en quelque sorte. Je lui avais demandé par la suite ce qui l’avait mis dans cet état.
- Les autres garçons ne veulent pas jouer avec moi et ils m’appellent le géant…
Il éclata ensuite en sanglot.
-Hey… … Ecoute, ce sont que des idiots et puis être grand c’est super, on peut faire plein de chose comme jouer au basket facilement, ou attraper le bocal de cookies sur les étagères.
-Vraiment ?
-Ouais !, affirmais-je en lui tendant la main. Viens ! Moi j’veux bien jouer avec toi.

… …

-REVENEZ ICI !!!! BANDE DE PETIT DELINQUANT !!!
Nos signes d’essoufflement commençaient à se mélanger et parfois continuaient en rythme. L’homme semblait enfin se fatiguer. Chanyeol me prit par le poigné et on prit une petite ruelle comme cachette tandis que l’on n’entendait plus criait derrière nous. On étouffa notre respiration pendant un court instant, jetant quelque coup d’œil à notre chemin précédant. Quand tout fut silencieux, et que mon regard avait enfin croisé celui de Chanyeol, le silence fut vite remplacé par des rires. Et quand ses derniers furent calmés, mon meilleur ami sortit une petite boite rectangulaire de sa poche.
-T’as pas oublié le briquet j’espère ?
Je lui répondis en secouant de la tête et lui tendit le tube de gaz rouge. Durant notre dernière tentative, et la première se dit en passant, j’avais oublié le briquet ce qui avait mené notre essaie à rien. L’adolescence quoi…
-Tu commences ?, lui demandais-je anxieux.
Il acquiesça avant de sortir une cigarette. Ca allait être notre première fois, et peut-être notre dernière, « juste pour le fun ». Quand le géant l’eut allumé, il me regarda anxieusement alors que la fumée sortant de l’objet se faisait impatiente. Je hochais de la tête. Il prit son courage à deux mains et tira la première bouffée. Quelques secondes s’écoulèrent avant qu’il ne recrache amèrement toute la fumée et qu’il fut réduit à un concerto de toux, tout en essayant de se maintenir debout grâce au mur.
-Putain…, jura-t-il en gardant silence un instant pour regagner sa respiration. Tiens, ton tour.
Il retrouva vite son sourire Chucky style. Je pris l’objet de ses mains, et voulant à tout prix finir mon tour plus vite que possible, je tirai ma bouffée sans hésiter. (A/N : jamais fumé donc je ne suis pas sure de ce que je décris mais théoriquement c’est ça d’après moi) Un mal gênant et impressionnant s’engouffra vite dans ma tête alors que la fumée brûlait mes poumons. C’était incroyable et insupportable à la fois. Je me dépêchais de tousser tout ce que j’avais pris tellement mon intérieur était en feu.
-Ok, c’est la dernière fois.

… …

-Et là, c’est un chien de pâque avec une tronçonneuse !
Sans blague, je ne voyais vraiment pas ça. Mais peu importe, un nuage reste un nuage. J’avais l’habitude de m’allonger sur la pelouse du terrain de foot avec Xiumin et Tao mais aujourd’hui, au côté de Channie…  La pelouse avait l’air étrangement tendre. Je me taisais pendant que Chanyeol avançait ses théories aériennes farfelues. Je le dévisageais sans qu’il ne le remarque. Il était devenu tout pour moi… Je n’imaginais pas une journée sans lui… Et je l’aimais, je l’aimais vraiment.
-Hey…, chuchota-t-il. J’ai un truc à te dire.

… …

-T’ES QU’UN CONNARD ! TRAITRE !
-YAA ! Baekkie !! Calme-toi, ok ? Tu crois que moi j’le veux, hein !?
-Alors pourquoi tu restes pas ?
A ce niveau là, les larmes coulaient librement de mes joues. Comment étions-nous arrivés là ? Je l’aimais tellement et pourtant je lui criais dessus… N’était-ce pas monstrueux ? Je voulais m’arrêter mais chaque phrase qu’il me disait me paraissait comme une mauvaise nouvelle et mes sentiments avaient pris le dessus. Il partait, il partait demain, à la première heure pour l’Amérique.
-Baekkie, je_
-Va-t-en… Casse-toi.
Chanyeol resta silencieux. Il soupira un grand coup tandis que j’avais le regard cloué au sol. Après quelques secondes, je sentis de douces lèvres s’appuyer à ma joue gauche.
-Avant de partir Baekkie… … Merci pour tout.
Il sortit de mon appartement alors que je me laissais glisser contre le mur. Il partait… Il partait sans m’avoir offert l’occasion de lui avouer mes sentiments…

… …
Premier jour de terminal et dernier jour d’une rentrée de lycée. L’école était toujours aussi bruyante (surtout nous). On s’était tous réunie en classe, profitant enfin de nos premières heures en tant que seniors. Qui d’ailleurs n’étaient pas aussi excitantes qu’elles laissaient paraître étant donné que tout s’était passé comme d’habitude, jusqu’à ce que notre (horrible) professeur principal fasse son entrée et nous demande de nous taire (ordre non plié).
-Bon, comme certains de vous viennent d’arriver l’année dernière, certains de vous ne le connaissent pas encore. J’ai l’horrible regret de devoir reprendre cet horrible garnement dans ma classe. (Elle laissa un long soupire et redressa ses lunettes -laides- sur son nez) Park Chanyeol .

… …

(A/N : âme sensible sautez la première phrase –rappel au cas où y’en a qui… : une phrase commence par une majuscule et se termine par un point. Ex : Stylo carotte.)
Channie se leva après s’être légèrement essuyé avec la couverture et ramassa son boxer pour l’enfiler.
-Où tu vas ?, lui demandais-je le retenant par le poigné.
-Au balcon, prendre de l’air frais.
-Ok…
Sur ce, il laissa un baiser chaste sur mes lèvres avant de me murmurer un court « te kiff trop… »