Ambivalence, ou lorsque tout fonctionne par deux.

par ssjaby

 

Evidemment, les photos avaient été déchirées, broyées, brûlées, et se trouvaient actuellement dans le fin fond du cul d’une poubelle à quelques kilomètres du domicile du couple. Mais bon, Kai savait que le petit génie que représentait Kyungsoo avait conservé les originales, et que celles-ci n’étaient que des copies. Mais ça l’avait défoulé.

Quelques jours plus tard, si ce n’est presque une semaine, Amy était rentrée en pleurs. Elle était dévastée, elle s’en voulait ; elle aimait Kai et ne voulait lui faire de mal pour rien au monde. Le grand danseur l’accueillit dans ses bras, et se délecta de l’odeur féminine qui lui avait manqué.. Pas tant que ça, en fait. Mais peu importe, elle était de retour.

Une fois qu’Amy fut calmée, posée sur le canapé avec un thé bien chaud et un peu d’amour, elle se décida à parler :

-          Kai.. Je.. je suis désolée. Je ne m’en rendais pas compte ; je ne pensais qu’à ce « partage des tâches », et au final, à force de trop vouloir partager, tu faisais tout..

-          Hm.

Il n’écoutait pas trop. Inconsciemment, il voyait Kyungsoo à travers Amy. Ce connard n’avait même pas daigné prendre de ses nouvelles dans la semaine.

-          A partir de maintenant, je te le promets. Je ferai attention ! Quitte à trop en faire et à ne pas te demander grand-chose, je ferai des efforts !

-          Hm.

Mais Amy n’était pas perturbée par le comportement de Kai.

-          Je m’excuse aussi pour mon comportement depuis le voyage, et pendant le voyage. Je t’ai toujours tout demandé, et tu ne disais rien, alors je ne pensais pas que ça te gênait.. Mais j’ai été égoïste : pourquoi l’aurais-tu dis alors qu’il me suffisait de te regarder pour savoir que ça n’allait pas ?

-          Ouais.

-          Et au final.. C’est compréhensible que tu aies explosé ainsi. Alors j’aimerais que tu me pardonne, et que l’on puisse repartir sur de bonnes bases.

Pourquoi faire ?

-          D’accord, tu es pardonnée.

Un sourire s’étira sur le visage de la jeune femme ; mais il n’était pas réciproque. Elle s’approcha du visage de Kai et lui arracha un baiser, rapide et sans profondeur. En se détachant de lui, elle murmura ces quelques mots :

-          Je t’aime.

-          Moi aussi..

Et il n’osa pas prononcer ces mêmes mots. Peut-être en voulait-il encore à Amy, peut-être n’y croyait-il plus vraiment.. Mais ce qu’il savait, c’est qu’il était en overdose de Kyungsoo. Et surtout en manque de Kyungsoo. Et intérieurement, il remerciait autant qu’il détestait Junmyeon, ce petit homme qu’il ne connaissait même pas. Il le remerciait, car grâce à lui ils n’étaient pas allés trop loin. Et il le détestait, car à cause de lui ils n’étaient pas allés assez loin.

Ce même sentiment ambivalent, qu’il éprouvait aussi pour Kyungsoo. Sauf que de ce côté, c’était l’amour et la haine.

Quoi ? L’amour ? Non, c’est ridicule. Ce n’est que de l’envie.

 

Et il se haïssait, du plus profond de son être. Il se haïssait de ne penser qu’à Kyungsoo autant qu’il haïssait Kyungsoo d’occuper ses pensées. Et même, tout simplement, d’exister. Car il lui avait fait découvrir une facette de lui-même qu’il ne connaissait pas. Un visage qui aime les hommes, non, pas qui aime les hommes : qui ne veut que Kyungsoo. Qui veut le posséder, le contrôler, et surtout ne faire qu’un avec lui à sa guise. Et actuellement, c’était tout ce qu’il voulait.

 

Amy se mit à genoux aux côtés de Kai et se pencha en avant, faisant ressortir sa poitrine quasi inexistante (An asian’s struggle), et elle prit la parole :

-          Et pour accompagner mon pardon, j’ai un petit cadeau pour toi..

Son visage s’approcha lentement de celui de Kai, qui restait impassible.

-          Je veux t’offrir ce que je ne voulais pas te laisser lors de notre voyage..

Son regard se transforma, mais elle restait face à une statue de pierre.

-          Kai, j’ai tellement envie de toi.

Et, l’espace d’un instant, Kai aperçut les yeux de Kyungsoo à travers ceux d’Amy.

 

Il allait devenir fou.. Il la repoussa gentiment.

 

-          Dé-désolé.. je n’ai pas envie.

Elle l’observa interrogativement.

-          Tu vas bien ?

-          Oui. Juste que.. Pas envie.

Amy, légèrement déçue, se leva et fit quelques pas afin de quitter la pièce. Kai releva son regard qui glissa sur les hanches de la jeune femme. C’était les mêmes que celles de Kyungsoo. Les mêmes fesses rebondies que possédait Kyungsoo. Et que Kai voulait.

 

Et ça y est, il était devenu fou.

 

Poussé par l’envie mais retenu par le désespoir, Kai se leva et se jeta sur sa femme. Elle hoqueta de surprise et gémit lorsque le jeune homme la plaqua violemment contre le mur derrière elle. Il allait l’embrasser, mais il remarqua que ses lèvres n’étaient pas aussi pulpeuses que celles de Kyungsoo. Il se retint, comme dégoûté devant ces lèvres trop fines à son goût, et la retourna en la plaquant avec davantage de puissance contre la paroi blanche. Elle cria presque, surtout de douleur mais se laissa faire. Si c’était le prix à payer pour récupérer Kai, elle le paierait.

Les yeux du danseur étaient impénétrables, voilés par une fureur intarissable. Ils dévalèrent le corps d’Amy : trop féminin. Pourquoi fallait-il qu’elle soit si différente de son frère ? Il claqua une des fesses ; Amy gémit. Il recommença, tapant de plus en plus fort, voulant extérioriser sa rage, jusqu’à ce qu’elle sanglote. Et à cet instant précis, alors que les larmes dévalaient silencieusement ses joues, il arracha sa jupe et écarta ses fesses. Dans un dernier élan de désespoir, et voulant calmer son envie pour l’autre, il baissa son propre pantalon et donna un coup sec, brutalisant son geste autant qu’il le pouvait. Il avait mis, dans ce simple coup, tous les sentiments qui l’emplissaient à cet instant. Mais il ne fallait pas croire que tous ces sentiments étaient destinés à Amy, non. Elle hurla, et elle tomba par terre lorsque Kai ressortit. Elle sanglotait, se roulait en boule, anéantie.

Et Kai était perdu, il ne savait plus ce qu’il faisait. Mais le hurlement qu’il avait entendu était beaucoup trop féminin à son goût. Il remonta son pantalon et quitta l’appartement ; dévala les escaliers et prit la route pour cette maison qu’il ne connaissait malheureusement pas assez.

 

La route était longue, son sexe le suppliait de le soulager, son esprit lui disait de faire demi-tour, et le clapotement du sang dans ses veines se répercutait contre sa peau ; le tout offrait une violente cacophonie à son cerveau. Cerveau obstrué par des idées malsaines, violentes, des envies irrémédiables et une haine implacable. Kai n’avait qu’une pensée : calmer ses pulsions en se soulageant et en faisant du mal à l’homme qui déclenchait toute cette merde chez lui. Car il avait remarqué une chose : s’il avait eu envie de sa femme pendant toute la semaine de noces, cette envie avait disparue.. Et il y avait une bonne raison à ça. Cette raison, était en fait une personne.

Il se gara approximativement et entra sans toquer, puisque la porte était ouverte. Il explora différentes salles et découvrit Kyungsoo qui dormait paisiblement dans son lit. Un sourire s’esquissa sur son visage, tant attendri que mesquin. Il se dénuda rapidement, et le bruit de ses vêtements réveillait lentement Kyungsoo. Alors Kai, une fois nu, fit voler la couverture du corps de l’autre homme : il dormait nu.

Kai fit glisser ses mains sur le torse du jeune homme et commença à titiller ses tétons. Cette douce attention se transforma progressivement en réelle torture, alors que Kai transformait ces contacts en pincements douloureux. Kyungsoo passait du gémissement au cri, et était de plus en plus conscient de l’ampleur de ce qui était en train de se passer. Kai ne lui voulait pas du bien, non.

 

Et, violemment, sans attention ni préparation, Kai pénétra Kyungsoo.

 

Le petit brun hurlait dans toute la salle, dans toute la maison : il hurlait de douleur, d’impuissance, de détresse. Kai releva ses jambes jusqu’à ses épaules et martela son intérieur, donnant de violents et brusques coups de reins. Leurs peaux claquaient entre elles assez approximativement, Kai observait sa proie se débattre et celle-ci cherchait un quelconque moyen de s’échapper. Le grand brun accentuait ses actes, et le petit brun comprenait tout au fur et à mesure, il savait que c’était lui qui avait débuté tout ça. Et que leur simple petit jeu avait pris trop d’ampleur. Alors, si Kai lui faisait du mal, il allait lui en faire aussi.

D’un coup, Kyungsoo planta ses ongles dans les épaules du grand brun, qui retint un cri de douleur. Il rabaissa le corps du plus grand vers le sien et enlaça sa nuque, avant d’y mordre à pleines dents. Kai ne put retenir un hurlement et se vengea en approfondissant ses coups de butoir : s’il y avait une boule de nerfs qui procurait du plaisir à cet endroit, lui voulait en trouver une plus profonde, qui pourrait lui procurer une incommensurable douleur. Alors ses coups de hanches s’approfondissaient, et si Kyungsoo souffrait, il sentait peu à peu du plaisir l’envahir.

 

Car lui aussi, voulait de Kai depuis si longtemps.

 

Le sang coulait de la nuque de Kai, et gouttait sur les draps blancs du plus petit, qui griffait violemment son dos pour lui rendre son mal. Et plus Kyungsoo le faisait souffrir, plus il lui rendait la pareille : chacun déversant à travers ces gestes toute la haine qu’ils éprouvaient pour l’autre. Toute cette haine refoulée, cette haine malencontreusement provoquée par cette même envie de l’autre qui les animait et les détruisait. Chaque coup que Kai donnait en Kyungsoo devait sonner comme une punition, un avertissement ; mais Kyungsoo les recevait comme une preuve d’envie, de manque, de cette chose dont ils avaient besoin depuis le début : l’autre. Et Kai suffoquait, il était inconscient mais restait animé, animé par une force qui n’était pas la sienne. Il était désespéré, anéanti, ses coups s’amplifiaient par son désarroi, et, finalement, il vint en Kyungsoo. Il se retira, se rhabilla, et jeta un coup d’œil à sa victime. Du sang coulait de son anneau de chair, et il sanglotait.

Seulement, du côté de Kai, un parallèle s’était installé. Du sang s’écoulait également de sa nuque, et sans s’en rendre compte, il sanglotait aussi.

Un miroir de pierre qui s’était construit entre les deux hommes, une envie, une douleur, une rage. Presque un combat quotidien ; devoir refouler cette envie, penser à autre chose, à quelqu’un d’autre, chercher une explication, une raison ; et, dans tout se désarroi, se rendre compte de la pauvreté de leur état et de leur conscience.

Car, ils en étaient conscients, ce qu’ils ressentaient pour l’autre était bien plus puissant qu’une simple envie, une simple attirance. C’était ce truc.

 

 

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« Bonsoir et merci de suivre le journal de vingt heures ! Tout de suite, les titres. […] »

 

Kai releva son regard vers Amy lorsqu’elle entra dans le salon, une bouteille de vin à la main et deux verres dans l’autre. Elle lui sourit et Kai se décala sur le canapé, afin de lui laisser une place. Ils n’avaient pas reparlé de l’incident de la matinée, ni des morsures dans le cou de Kai, ou des griffures dans son dos. Amy voulait oublier, repartir sur de bonnes bases.

 

« […] Vers une gratuité de tous les journaux nationaux ? Nous retrouverons notre envoyé spécial Song Yunhyeong à la conférence sur ces nouvelles lois. […] »

 

Amy remplit les deux verres et en tendit un à son mari, qui l’attrapa, nonchalant. Elle leva le sien.

-          Pour un nouveau départ !

-          Pour un nouveau départ. – répondit sèchement Kai.

Et il but, se détendit peu à peu et se dit qu’il devrait sûrement laisser une seconde chance à Amy. Il avait calmé un minimum ses pulsions avec son intervention de la journée, alors, désormais, il allait pouvoir tourner la page, passer à autre chose. Si elle faisait des efforts comme elle l’avait promis, alors tout irait bien.

 

« […] Nous voici donc en direct de la conférence sur les nouvelles lois qui imposeraient la gratuité à tous les journaux nationaux du pays. Song Yunhyeong, vous êtes là ?

Oui, bonsoir à tous. J’ai le malheur de vous apprendre que la conférence de ce soir, qui aurait du débuter il y a quelques minutes, est en suspens à cause de l’absence de son principal acteur, le Ministre de la Culture et de la Communication. Nous reviendrons vers vous plus tard. […] »

 

Kai tourna la tête vers Amy : elle avait disparu. Il entendit les plaques de gaz s’allumer et des casseroles d’entrechoquer : il semblait qu’elle était partie faire à manger. Pour une fois.

Le couple dîna tranquillement, et assez silencieusement. Pour une fois, ils regardaient la chaîne d’informations, et ils réussissaient à tenir quelques petites discussions un minimum construites, que ce soit à propos de ce qu’ils voyaient à la télé ou à propos de ce qu’ils avaient fait durant leur temps séparés. Amy repartit en cuisine chercher un dessert alors que Kai regardait la télévision. C’était sûrement la première fois qu’il regardait les infos depuis des dizaines d’années.

 

« […] Ah ! On m’indique que nous allons reprendre contact avec notre envoyé spécial.

Oui, bonsoir. Je reviens vers vous afin de vous annoncer que la conférence est finalement annulée, en raison de l’absence du Ministre de la Culture et de la Communication, Do Kyungsoo. Nous n’avons aucune indication quant à la raison de son absence, mais des voisins indiquent avoir vu un homme rentrer puis sortir de chez lui en fin de matinée. Peu après, toutes les portes, fenêtres et volets étaient fermés, verrouillés, et le Ministre n’est plus sorti de la journée. […] »

 

Kai resta bouche bée. Toutes ces informations coïncidaient trop avec son Do Kyungsoo, ça ne pouvait pas être quelqu’un d’autre. Amy revint finalement de la cuisine et rit doucement devant l’expression de Kai.

-          Chéri, tu as vu un mort ou quoi ?

-          Presque. Dis-moi, c’est quoi le métier de ton frère ?

-          Attends, ne me dis pas qu’avec son nom, tu n’as pas deviné !

Mon dieu, alors c’est vraiment ça.

-          Do Kyungsoo, notre ministre de la Culture et de.. je sais plus trop quoi.

-          Et de la communication ? C’est vraiment ton frère ?

-          Bah oui. Tu ne regardes vraiment pas assez les informations.

 

Et, au même instant, le téléphone de Kai vibra dans sa poche.

Kyungsoo : Je suis sûr que tu viens juste de voir à quel point je suis influent dans le monde démocratique.

Kai sursauta en voyant à quel point Kyungsoo était perspicace. Il voulait lui répondre, mais il ne savait pas quoi dire. Et surtout, il ne voulait pas démarrer une conversation qui déboucherait sans aucun doute sur son viol.

 

Amy reprit :

-          Au fait, tu m’as dit que tu avais dansé avec.. Luhan, c’est ça ? Tu voudrais l’inviter à dîner demain soir ? Je pourrai le rencontrer et puis, ça mettra un peu de vie dans cette maison qui en a manqué dernièrement.

Eh bien, il fallait croire que parfois, Amy avait de bonnes idées.

-          Bien sûr, puisque c’est toi qui propose. Il viendra accompagné je pense.

-          Pas de problème ! Si tu préfères, on pourra même vous laisser entre hommes, et je ferai la connaissance de sa femme à part.

-          Oh, euh. Il viendra accompagné, d’un autre homme.

Amy inclina la tête, incompréhensive. Et, bizarrement, Kai trouva sa petite moue absolument adorable. Il se leva et lui embrassa la joue.

-          Luhan est en couple avec Sehun. Ce sont deux hommes.. qui s’aiment. Tu connais la vie, non ? Tu n’es pas une petite enfant à qui il faut tout apprendre ?

-          Ah, non mais je n’avais pas compris. D’accord, je suis pressée de les rencontrer alors.

 

Et la soirée s’acheva miraculeusement bien, Kai appréciant petit à petit le retour de la nouvelle Amy. La même qu’il avait connu avant son mariage.

 

 

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Les rires résonnaient dans la pièce, les verres et couverts s’entrechoquaient et une ambiance détendue flottait dans l’air.

-          Et alors à ce moment là, alors que j’étais quand même en train de vomir dans les chiottes du bar, Sehun est arrivé, m’a décalé et a vomi dans les mêmes toilettes que moi ! Avec sa tête genre, à ça de moi !

-          NON ! – de nouveaux rires.

-          Mais le pire, c’est qu’après, le seul truc qu’il m’a dit en relevant la tête, c’était pas « Désolé » ou quelque chose du genre, non ! La seule connerie qu’il a trouvé à me dire c’est « T’es plutôt mignon toi » alors que j’avais encore une haleine de chacal et la gueule de revenant..

-          Hey, c’est pas une connerie. C’est une vérité. –  se défendit le plus jeune.

-          Bah je t’assure que sur le coup, si je ne t’ai pas dit « Toi aussi », c’était pour une bonne raison.

Amy riait à en pleurer et Kai souriait bêtement ; il adorait réécouter l’histoire de la rencontre de ses amis. Et chacun mangeait, discutait, la soirée était heureuse et une personne avait totalement disparu, elle était effacée et c’était ça qui avait manqué à Kai pour l’effacer. Cette soirée. Cette ambiance. Ces amis. Cette femme.

-          Et donc, vous êtes ensemble depuis ce jour-là ? – demanda Amy.

Les deux se regardèrent en riant.

-          Eh bien.. Je ne lui ai pas répondu « Toi aussi », mais je l’ai laissé continuer. Alors Sehun continuait de me complimenter, et ça a rapidement dérapé. On est retourné boire un coup ensemble, et il m’a invité chez lui ; c’est-à-dire une fois qu’il avait retrouvé une haleine et un visage potables ; et puis bah.. Ce qui devait arriver arriva.

-          Vous vous êtes embrassé ?

Kai rit devant l’innocence de sa femme. Sehun reprit à la place de Luhan :

-          Pas en premier, non. D’abord, on a couché ensemble. Après, on s’est embrassés.

-          Ah oui, vous faites les choses dans le bon ordre vous !

 

Et tout le monde riait.

 

-          Et donc finalement, le lendemain matin, on a commencé à avoir une discussion sérieuse.. Jusqu’à ce que ça dérape encore.

Amy ria davantage devant la perversité des deux hommes.

-          Et, enfin, on a eu une vraie discussion COMPLETE, et on a commencé à se fréquenter, puis à sortir ensemble, puis à s’aimer. Dans cet ordre exact.

-          J’ai une question un peu indiscrète..

-          Oh, vas-y.

-          Vous faites toujours autant l’amour comme ça ?

Sehun passa sa main dans les cheveux de Luhan.

-          On ne dirait pas, mais ce petit ange est un vrai pervers qui en réclame toujours plus. Alors oui, jusqu’à plusieurs fois par jour, je dois m’occuper de lui.

Amy était partagée entre fascination et amusement.

-          Mais vous n’avez pas trop le choix pour le « comment ».. Si ?

-          Hah ! – cria Luhan. – Crois-le ou non, mais on a pas qu’un seul orifice exploitable ! Et ça Sehun le sait bien. Il est super inventif, et moi aussi !

-          Ouais, enfin toi t’es pas inventif, tu ne fais que reprendre des idées de films pornos que tu as vus.

Luhan lui donna un coup de coude plus théâtral que violent.

-          Ne dévoile pas ma vie privée à tout le monde !

Et les rires, et la bonne humeur.

 

 

Seulement, si cette soirée avait bien démarré, elle s’acheva chaotiquement. Juste à cause d’un message :

Kyungsoo : Ca va mieux avec Amy ? Ce serait dommage que l’une de mes photos reste malencontreusement dans mon bureau et que la presse la découvre, tu ne penses pas ? Surtout qu’au vu de mon poste, il suffit que je dévoile un morceau d’information et tout sera amplifié. C’est ça de contrôler les médias. Alors tu devrais retourner en froid avec Amy. Ca vaut mieux pour toi, pour nous.

 

Et ce « nous » avait malheureusement réveillé la seconde facette du cœur de Kai. La facette qui était indépendante du jeune homme, et qui avait réussie à disparaître plus tôt dans la soirée ; mais qui était de retour.

Putain, Kyungsoo.