CHAPITRE 1

par Gab EXO KaiBaek

Insolitude


CHAPITRE 1


* * *




« -Regardez ! C'est là ! Vous avez coché « Livraison extérieure », du coup nous ne pouvons pas faire autrement, notre assurance ne nous couvre que jusque là. Dit le déménageur en lui montrant la limite de l'escalier donnant sur le perron.

« -Merde. Souffla Jongin. Et avec une rallonge ? Au black ? S'il vous plaît, comment voulez vous que je rentre ce genre de meuble tout seul ?

Le buffet antique sculpté qu'il lui montrait en exemple, avait requit quatre de ses collègues pour l'amener là ou il se trouvait à présent et il était évident qu'un gars seul ne pourrait jamais le déplacer tout seul, encore moins l'amener en haut des escaliers !

Puis au bout de quelques secondes de réflexion, l'homme donna une tape dans l'épaule de Jongin qui faillit valdinguer dans l'herbe et il se mit à rire.

« -Ok ! Oubliez la rallonge. Vous êtes un chouette gars, on va vous rentrer les « monstres ».

« -Merci beaucoup. Dit Jongin soulagé.

« -Par contre, n'allez pas raconter ça à notre patron hein !

« -Non, non, je ne dirai rien c'est promis, je vous remercie.

L'homme acquiesça, ce client s'était inquiété de leur bien être toute la journée, leur distribuant à boire, soignant Chin-Hae quand il s'était blessé le bras contre la taule abîmée du camion, il les avait même nourrit à midi, en allant chercher de quoi rassasier tout le monde chez un marchant ambulant et ils avaient eut donc le plaisir de manger chaud plutôt que des sandwichs... Ce genre de client était une perle, une exception et bordel, ils pouvaient bien lui rendre ce service, qu'il aurait de toute façon payé s'il ne s'était pas trompé de case sur le formulaire. En plus il leur restait une demie heure sur le temps impartit dans le contrat et leur patron ne se douterait de rien.

« -Bon ! Les gars ! On va rentrer les grosses pièces !

Les autres le regardèrent étonnés.

« -On a une demie heure on se dépêche !

« -Kang-Dae, si le patron apprend ça, ça va gueuler ! Dit l'un.

« -Il a pas besoin de le savoir. Allez ! Yong ! Bae ! Sung ! Hyun-Su ! Vous rentrez le buffet, Monsieur Kim va vous dire où il faut le placer ! Jae ! Chin-Hae ! Vous rentrez les machines et les fauteuils et Môk et moi, on va rentrer les grosses pièces, comme la table, le canapé et les matelas dans la maison.

Tous acquiescèrent et Jongin leur indiqua où ils devaient les mettre. Leur faisant placer tous ces meubles encombrants au milieu des pièces, pour qu'il puisse ensuite avoir accès aux murs, qu'il allait devoir retapisser ou repeindre, par la suite.

Et une demie heure plus tard, la chose était réglée.

« -On vous a laissé les patins sous les pieds du buffet antique. Dit Sung.

« -Je vous remercie beaucoup. Dit Jongin en s'inclinant.

« -Dommage que la maison ne soit pas déjà retapée. Dit Kang-Dae, vous allez en chier, pour mettre les meubles à leurs places.

« -Le moment venu, je demanderai à des amis de venir m'aider, ne vous inquiétez pas.

« -Ok ! Et bien nous allons vous laisser maintenant.

« -Attendez !

Jongin se précipita alors dans la maison et revint avec une pile d'enveloppes.

« -Tenez. Dit-il en leur distribuant une enveloppe à chacun.

« -Vous êtes dingue ! Dit Kang-Dae en ouvrant la sienne, curieux.

« -Ça me fait plaisir.

Il avait divisé son dernier cachet de mannequinat et il est vrai que même divisé en huit, la somme restait rondelette.

« -Et bien merci beaucoup. Dit Kang-Dae en s'inclinant.

Puis les sept autres le remercièrent aussi chaleureusement en s'inclinant à leur tour et ils quittèrent rapidement les lieux, avant de devoir rendre des comptes à leur patron.

Jongin regarda le camion s'éloigner jusqu'à ce qu'il disparaisse de sa vue et se retourna vers sa maison en s'asseyant sur une chaise près de lui, le long de la clôture.

Regardant la maison, il sourit.

C'était chez lui, SON chez lui et il en était vraiment heureux.

La bâtisse, traditionnelle et saine, était grande, et extérieurement dans un parfait état, mais avait été laissé à l'abandon, de longues années pendant lesquelles la propriétaire terminait sa vie en maison de retraite. Elle sentait le vieux, le renfermé ; le plancher grinçait à chaque pas, mais était magnifique quoi qu'un peu passé par endroits, ce qui se réglerait facilement avec un bon traitement à la cire ; les murs aux vieilles tapisseries, avaient vu de meilleurs jours et méritaient un bon coup de jeune, ainsi que les boiseries sculptées, mais le défi ne lui faisait pas peur.

Faire tous ces travaux, feraient sien cet endroit, qu'il n'aurait jamais pu s'acheter sans le conséquent héritage que sa grand-mère lui avait laissé à sa mort l'an passé. Car il l'avait tout de même payé une petite fortune, malgré son état et même s'il gagnait assez bien sa vie, ses cachets publicitaires et de mannequinat n'auraient jamais pu lui permettre un tel investissement.

Mais il avait enfin son « chez lui »... leur « chez eux » quand Kyungsoo rentrerait de Chine où il tournait un film.

Il serait de retour d'ici quatre semaines, mettant ainsi fin à leur trop longue séparation qui aura duré trois mois et il lui tardait vraiment son retour. Il lui manquait tant...manquait à son cœur, à son corps... s'en était presque devenu insupportable de l'attendre ainsi, mais il allait retaper la maison et ça lui garderait l'esprit assez occupé pour ne pas se prendre trop la tête.

Oui, le jour viendrait où Kyungsoo reviendrait enfin et c'est tout ce qui comptait.

Il devait alors tout mettre en œuvre pour que les principaux travaux soient terminés et que Kyungsoo se sente tout de suite, bien, chez lui... chez eux...

Se levant alors de sa chaise, il frappa dans ses mains pour se donner du courage.

Allez ! Maintenant il devait renter toutes ses affaires restées dehors avant qu'il fasse nuit ! Et il remercia encore une fois mentalement, les déménageurs qui avaient accepté de lui faire la fleur de rentrer les grosses pièces.

S'attelant alors à la tâche, avec énergie et le sourire malgré l'épuisement de ses incessants allers retours entre l’extérieur et l’intérieur, la nuit tombait quand il rentra le dernier morceau de son lit, qu'il monterait quand sa chambre serait retapée.

Et quand il ferma enfin la porte derrière lui, il s'y adossa en soufflant, les yeux clos.

« -Enfin. Dit-il à haute voix.

Un courant d'air frais le faisant alors frissonner, il fronça le front, cherchant la fenêtre ouverte, mais n'en trouvant pas, il se dit que cela venait de sa fatigue et ouvrit un carton contenant ses vêtements et qu'il avait laissé dans le salon, pour en sortir un gilet qu'il enfila rapidement.

Puis il décida de sortir le nécessaire vital de ses cartons... De quoi se préparer à manger, de quoi se laver et de quoi se faire un lit et pour le reste, il verrait selon ses besoins du moment.

Une fois la cuisine nettoyée, il avala rapidement un bol de ramens qui lui fit un bien fou tant il crevait de faim. La cafetière branchée et lancée, il fila ensuite récurer la salle de bain de fond en comble et y déposa ses produits de toilette, ses serviettes, se disant que comme il ne se souvenait plus où il avait pu ranger le tapis, ni le rideau de douche, il s'en passerait pour l'instant, sachant pertinemment qu'il tomberait bien dessus à un moment ou à un autre.

Puis, c'est complètement exténué qu'il retourna à la cuisine et se servit un café bien sucré, qu'il but tranquillement en se baladant lentement dans son salon, jusqu'à se poster devant une de ses fenêtres, observant la rue sombre de l'autre coté de la clôture.

Puis, une nouvelle sensation de froid et ne sachant pas vraiment pourquoi, il sourit et tourna la tête vers sa gauche, comme s'il s'était tourné vers quelqu'un près de lui... La sensation d'une présence agréable avait été tellement forte, qu'il l'avait fait naturellement. Puis, souriant encore, il secoua la tête, en se sentant idiot, avant de faire un pas en arrière quand un souffle frais lui toucha le visage.

Merde ! Le vendeur lui avait pourtant assuré que la maison n'avait pas de problème d'isolation ! Il allait devoir vérifier ça ! Se dit-il en passant sa main le long du montant de la fenêtre pour voir s'il sentait de l'air passer, ce qui ne fut pas le cas.

Ramenant alors sa tasse dans la cuisine, il la déposa dans l'évier et fila prendre une douche rapide.

De retour dans le salon, au milieu duquel il avait dit aux déménageurs de déposer son matelas, il éteignit alors les lumières et déposa son téléphone portable près de son oreiller,.

Puis se couchant dans ses draps neufs avec un plaisir certain... C’est le sourire aux lèvres, qu’il s’endormit très vite, heureux de passer sa première nuit dans son « Chez Lui »... même si c'était... seul...


../..


« N'aie pas peur... Regarde moi... »