Chapitre 15

par Un-Vane

Chen resta sérieux. Cette histoire était trop puérile, trop pure, trop… Happy End. LuHan sourit tristement en regardant le plafond, se blottissant un peu plus dans les bras de son amant.

-Mais ce soir-là, MinZu a refusé que j’y aille, sans me donner de raison. Elle a juste dis « Non » et elle est partit. J’étais triste et j’étais un gosse, je courais les fesses à l’air dans tous les couloirs en hurlant qui voulait bien l’entendre l’injustice que je subissais.

L’image fit rire JongDae.

-Seulement, je suis rentré dans une chambre occupée. Il n’y avait pas de femmes, juste un homme qui fumait tranquillement, en peignoir rouge, fit-il en souriant tristement. Un homme… Plutôt jeune même, aux alentours des vingt ans. Je me souviens encore de son regard, profond, triste. Ses cheveux ténébreux, le charisme qu’il dégageait. Il s’est juste levé, s’est approché de moi et m’a demandé d’être obéissant ou je le regretterais. Sur le coup, je n’ai pas compris pourquoi, mais j’ai obéis, docilement, tant il m’impressionnait. J’étais juste … Hypnotisé par son regard.

>> Un mois plus tard, environ, mon père m’a fait appeler dans son bureau. Je savais que son affaire ne se portait pas très bien, j’avais peur qu’il me demande de partir. Et j’ai eu raison….



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Andrew se frotta le visage et regarda son fils, désespéré.

-Quand vas-tu arrêter de me causer autant de soucis, LuHan ?

-Pardonnez-moi, monsieur le Denver.

-Non seulement tu es bruyant mais en plus, tu dérange mes clients, tu en es conscient ?

LuHan acquiesça, soucieux de ce qui allait lui arriver ensuite. Andrew soupira une nouvelle fois et plongea son regard dans celui de l’enfant.

-Je sais que je ne suis pas le père dont tu rêves, je sais également que cet environnement n’est pas celui qu’il te faut. C’est pourquoi tu vas aller chez un… Ami… Oui, c’est ça, un ami voudrait t’ « adopter ».

LuHan baissa la tête, l’information trottinait dans sa petite tête. Alors ça y est ? Il en avait marre de lui ? Il valait mieux qu’il s’en aille sans faire d’histoire. Il se contenta d’hocher la tête et sortit. Dés qu’il eut fermé se lâcha. Accroupis sur le sol, contre la porte, il pleura de toute son âme, hurlant, couinant, frappant du poing. Personne ne voulait de lui. A l’école déjà, les enfants le maltraitaient à cause du métier de ses parents, et ils s’en prenaient même à son meilleur ami. Les gens haïssaient son existence d’enfant non désiré, il n’en pouvait plus, il craquait, c’était trop pour lui. Ce n’était qu’un enfant mais il avait l’esprit et le cœur d’un adulte.

Soudain, il sentit une main se poser doucement sur sa tête. « La vie ne t’a pas fait de cadeaux, hein ? ». Il releva la tête, étonné, et rougis de honte. Il se retrouvait, le visage à quelques millimètres de celui de l’homme de la dernière fois. Etrangement, ce simple contacte lui fit un bien fou. Il se jeta sur l’homme, se pendant désespérément au cou de l’inconnu, comme sa vie en dépendait. Il pleurait, encore et encore, sous les caresses chaleureuses de l’homme. Il se laissa bercer doucement, jusqu’à ce qu’il se calme.

-Tu veux m‘expliquer ce qui t’arrive ? Murmura-t-il.

-Mon papa veut plus de moi, il pense que je ne devrais pas vivre ici.

Il se mit à rire, ce qui sonna agréablement dans la salle. Ils parlèrent, enfin, LuHan parla, il l’écoutait en souriant. Pour la première fois de sa vie, un adulte ne le traité pas comme un être inferieur mais comme un égale et cela faisait du bien.

Après avoir parlé pendant à peu près trois heures, LuHan somnolait dans les bras du plus âgé. Le soleil commençait à déserter. Il souleva LuHan et le posa sur le lit, le borda et recula un peu jusqu’à ce qu’il sente une petite main tenir sa chemise.

-Je vous reverrais ? Dit-il avec une voix fatigué.

-Bien sûr, il te suffit de le vouloir très fort. Si tu as besoin d’aide, si tu es triste, si tu as peur, je viendrais de suite.

-Vous n’êtes pas réel, c’est ça ?

L’homme le regarda LuHan étonné. Le jeune souriait doucement.

-Non, effectivement. Je ne suis réel que si tu le désire.

-Ah ?

-C’est comme tout dans le monde, si tu souhaites qu’une chose soit réelle, elle peut le devenir.

LuHan sembla réfléchir sur ces mots. L’homme posa une main sur ces yeux et lu caressa le front doucement.

-Oui, il te suffit de me vouloir, je serais là.

Sur ces mots, LuHan s’endormit instantanément.


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LuHan avait l’air nostalgique en racontant ce passage. Chen, lui, se sentait étrangement jaloux de tout cela. Est-ce qu’il l’aimait, cet homme ? Non, il n’était pas réel. Sauf qu’il avait pu se rendre compte que la barrière entre le réel et le surnaturel était un peu trop fie à son goût.

-Deux jours après, j’ai emménagé chez cet ami, monsieur Eric Zen. J’étais… Ni heureux ni triste. Ma vie avait changé du tout au tout. Ecole, maison, amis, parents, tout était diffèrent, plus « normal ». Madame Zen me detestait mais elle ne le montrait pas quand i y avait quelqu’un. Je m’en moquais, je ne l’aimais pas non plus. Tout cela me semblait trop « parfait », même moi, qui n’avais que dix anns, trouvais ça louche.



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Assis à table, LuHan mangeait lentement la canard-laqué-sur-son-nid-de-pomme-de-terres-et-sa-osauce-roque-fort mais sans grande conviction. Même si cette maison était plus petite que le bordel où il vivait, c’était vide et ennuyeux à mourir. Il détestait sa nouvelle vie. Ling lui manquait, XiuMin lui manquait, MinZu lui manquait. Même cette tigresse de Kira lui manquait. Mais il restait calme, que faire de plus ? Il voulait une vraie famille, pouvoir les appeler papa et maman, manger avec eux, parler avec eux, rire, pleurer dans leur bras, partir en vacance, faire tout ce qu’il n’avait jamais pût faire avec son géniteur. Mais voilà, il était seul à manger un plat au nom aussi fade que son goût.

Monsieur et madame Zen entrèrent dans la grande salle à manger, tous deux tenus par quatre épingles, et prirent place.

-Comment s’est passé ta journée mon enfant, Demanda monsieur Zen sans pour autant le regarder.

-Plutôt bien.

-Tu n’as pas fait de vagues j’espéré.

-Non.

-Bien.

Et voilà à quoi ressemblaient leurs conversations journalières. Les deux adultes travaillaient toute la journée. LuHan n’avait même pas cherché à savoir quelle était leur profession, ça ne l’intéressait pas plus que ça. Il savait juste qu’il dirigeait un business qui était un peu comme celui de son géniteur, rien de plus. Madame Zen, pour la première fois depuis qu’ils mangeaient ensemble, leva le nez de son téléphone.

-Très cher, nous avons un nouvel arrivage.

Sans plus de paroles, ils se levèrent. Et partir dans cette pièce qui lui était strictement interdite. Sauf que ce soir l, il ne l’entendait pas de cette oreille. Il se leva à son tour et alla discrètement vers la porte qui attisait, depuis plusieurs semaines déjà, sa curiosité. Ayant déjà vus et revus les moindre recoins de ce manoir au style méchamment européen, il trouvait cela logique de voir cet partit également.

Mais il resta planté là, à regarder le bois noircis pas le temps. Pouvait-il réellement entrer ? Il entendit des échos de rire de l’autre côté de la porte. Il avait peur, il le sentait mal. Il décida de faire demi-tour mais la porte s’ouvrit sur Madame Zen, qui avait l’air assez heureuse de le voir.

-Tiens, LuHan ! Justement, je voulais te voir, viens par là.

Ça sentait mauvais, et il ne parlait pas de l’odeur d’alcool et de cigare qui se dégageait de la pièce. Elle le tira par le bras, il fut contraint de la suivre. Une fois à l’intérieur, elle referma la porte et lui fit signe de s’assoir, mais où ? Il y avait un canapé en circulaire autour d’une table ronde. Sur ce canapé en velours rouge se trouvaient cinq homme, de bonne corpulences. Ils devaient avoir entre quarante et cinquante ans et ressemblaient à des hommes d’affaire assez aisés. Monsieur Zen lui fit signe de se joindre à eux.

-Bon, eh ben messieurs, celui que nous attendions, dit-il en souriant.

LuHan rougit en sentant des regards lubriques se poser sur lui. Monsieur Zen se pencha sur son oreille.

-C’est une affaire à un million, tâche de ne pas me décevoir.

-Comment ? Demanda LuHan qui se doutait un peu de ce qu’on lui demandait de faire.

Pour toute réponse, l’autre le souleva et le posa sur la table avant de se reculer

-Passez un bon moment, lâcha Madame Zen en faisant une courbette avant de quitter la pièce.

LuHan resta planter sur la table, terrorisé. Son aire de chiot apeuré eut pour effet d’exciter un peu plus l’assemblée. Eric Zen posa ses mains sur ses épaules et lui souffla à l’oreille.

- Déshabille-toi, LuHan.

-N…. Non… Bafouilla-t-il en sentant ses larmes monter.

-Tu veux faire partit de la famille, non ? Alors sois un bon garçon et fais ce que je te dis.

Pour avoir une vraie famille ? C’était ce qu’il avait toujours voulus, tout ce qu’il désirait à portée de main, ça semblait facile. Il lui suffisait d’obéir pour avoir des parents, des vrais.

Il posa une main sur le premier bouton de sa chemise, non sans trembler, puis le défi et répéta cette opération jusqu’à ce qu’elle fût totalement ouverte et la fit tomber sur la table ou il était à genoux. Les hommes bavaient presque tant ce geste, pourtant anodin, était sensuel. Après avoir lancé un regard à Eric, il comprit que le débardeur et le pantalon aussi devaient être retirés, avec autant de lenteur. Il le fit, toujours plus hésitant.

Une fois en sous vêtement, il lança à nouveau un regard suppliant Eric. Celui-ci se pencha sur son cou « Gentil garçon » murmura-t-il avant d’y déposer une centaine de baisers. La remarque lui fit plaisir, il sourit. MinZu lui avait appris que quand une personne en aimait une autre, ils s’échangeaient des baisers mais était-ce pareil ? LuHan ne savait pas trop quoi penser, son cerveau fonctionnait au ralenti. « J’ai chaud… » Fit il, prit dans un état second. La chaleur était insupportable, le nuage alcoolisé lui faisait tourner la tête. Sans qu’il ne s’en rendre vraiment compte, il était en tenus d’Adam, à genoux sur une table à se faire caresser par celui qui, officiellement, était son père. Mais il avait mal à la tête, tout était flou. Plusieurs soupire lui échappèrent, avec d’autre sons qu’il ne se savait pas capable de produire.

Soudain, il sentit deux mains se poser sur ses hanches et le tirer. Il tenta de se défaire mais rien n’y fit, ses forces l’abandonnaient. Mais une douleur atroce le sortit de sa torpeur. Quelque chose était en lui, et se quelque chose était trop imposant pour lui, ça n’avait pas sa place à « cet » endroit. Il lâcha un hurlement, ça le déchirait de l’intérieur.

-ça fait mal ! J’ai mal, j’ai mal, hurlait-il en plantant ses ongles dans les épaules de l’homme qui s’était imposé à lui. Arrêtez, j’ai mal !

Il avait peur, il se sentait faible. Il suppliait Eric de mettre fin à cette torture mais il se contenta de sourire, visiblement satisfait. L’homme donna un coup de bassin qui arracha un nouveau hurlement à LuHan, puis recommença, encore plus violement. Il croyait mourir, l’homme n’y allait pas de main mort, maltraitait son torse, mordant son cou, ses épaules, sans jamais prendre en considération les plaintes de LuHan. Il sentit une main se poser brutalement se poser sur son entre jambes tandis qu’un liquide chaud se déversait en lui. Il suppliait d’arrêter, personne ne l’écoutait.

Ils lui passèrent tous dessus, toujours plus violents et brutales. Ça puait l’envie et le désire, plus que le tabac froid. LuHan trouva le temps long, ne sentant même plus la douleur, ni même le nombre fois ou on avait jouis en lui, il ne réagissait plus. Une fois que le dernier se retira, il tomba sur la table, essoufflé et souillé. Les six hommes parlèrent mais LuHan n’entendait plus rien, à part le son de son cœur qui ralentissait un peu. Quand les inconnus s’en allèrent, Eric soupira et se dirigea vers LuHan.

-Tu as bien travaillé, mon fils.

Ces deux derniers mots résonnèrent dans sa tête. Il avait un père, certes, mais le prix de cette simple appellation était trop élevé. Il voulait un père, pas être violé de la sorte. Alors que son esprit était tiraillé, il sentit quelqu’un le soulever. Il ne chercha même pas à comprendre, il se blottit simplement dans ses bras rassurant au possible. Il sentit également l’eau chaude couler sur son corps meurtri, l’odeur de roses laver ces marques sales, la chaleur d’un bon pyjama et le côté rassurant d’une couette. Il sentit enfin un baiser se déposer sur son front. « Demain, tu n’iras pas à l’école, d’accords ? ». Eric s’en alla sur ces mots, LuHan lui en voulait.

La chose recommença tous les soirs qui suivirent, ils étaient toujours plus nombreux, assouvissaient les fantasmes les plus fous sur son corps qui avait sensiblement minci. Un moi s’était écoulé, LuHan n’en pouvait plus. Un soir, alors qu’il entra docilement dans la pièce, une main fondit sur son épaule. Avant même qu’il ait eu le temps de réagir, il se retrouva totalement déshabillé et ligoté sur la table. Les bougies ne lui disaient rien qui vaille. Il sentit quelque chose d’horriblement chaud sur son torse. Il hurlait, de surprise, de douleur et de peur : Ils faisaient couler de la cire sur lui. Alors que ses hurlements se perdaient au milieu des rire, les hommes continuaient à le maltraiter. Jusqu’à ce que l’un le retourne et en fasse couler une grande quantité sur son dos. Il avait envie de mourir tant il avait mal. « Demande moi, je t’exaucerai… LuHan. ». Il chercha qui avait pu dire cela mais sa vue était brouillé par les larmes. Malgré tout, malgré l’agitation autour de lui, il le vit : L’homme du bordel. « Que veux-tu LuHan ? Dis-moi ton souhait, je l’exaucerais. Mais ton souhait à un prix.». LuHan hésita, il savait parfaitement ce qu’il voulait à ce moment précis. Alors qu’un des chiens en rut approchait une bougie de son entrée, la panique le prit. « Je veux qu’il meurent, tous ! » Hurla LuHan. L’homme sourit, et tout se passa vite. LuHan n’entendit que les hurlements terrifiés des hommes qui mourraient dans d’atroces souffrances. Il resta assis là, dans une mare de sang. Quand le silence retomba, l’homme prit LuHan dans ses bras.

-C’est fini, ne t’en fais pas.

-Me quitte pas, je t’en supplie, me quitte pas.

-C’est ce que tu souhaites ? Être lié à moi pur toujours ?

-Oui, dit-il en reniflant.

-Alors nous serons ensemble, pour toujours, LuHan.


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Chen se sentait énervé et désemparé. Que pouvait-il dire à part « merde » ? Il sera LuHan dans ses bras, alors que lui pleurait doucement. Ce tout petit bout d’humain avait vécu tant de choses traumatisantes. Il s’en voulait presque de n’avoir pas été là pour lui à cette époque. Peut-être que les choses auraient été différentes. Il comprenait enfin d’où venaient toutes ses marques, d’où venait sa méfiance.

-Sans le savoir, j’ai offert mon âme pour réaliser mon veux. Je voulais plus être seul mais finalement, je suis condamné à être lié à lui. Mes forces sortis tout droit de l’enfer, c’est de lui que je les tiens. JongDae… Je suis fichus, plus personne ne peut quoi que ce soit pour moi.

LuHan se retourna et prit le visage de son amant entre ses mains. Il planta son regard dans le sien et souris doucement et lui caressant tendrement la joue.

-Oui, moi je suis fichu, mais toi, on peut encore te sauver. Parce qu’il n’y a pas de démons auxquels tu sois lié, parce que ton âme t’appartient encore et que….

-Je te sauverais, LuHan.

Jong Dae colla son front au sien et ferma les yeux, cherchant un peu plus de contacte. Là, c’est lui qui teint LuHan par les joues, se retenant de tout son être de ne pas pleurer ou même d’hurler.

-Je serrais fort, j’y ferrais face, mais je récupèrerais ton âme, quoi que cela m’en coûte. Et tu vivras heureux, tu trouveras une famille.

-Et…. Et s ça marche pas ? Demanda LuHan qui hésita.

Chen rouvrit les yeux et laissa à LuHan tout le plaisir de s’y perdre.

-Si ça ne marche pas, j’offrirais mn âme au même démon que toi.

Chen était décidé, personne ne pouvait lui retirer cette idée de la tête. LuHan emprisonna violement les lèvres de JongDae avec les siennes, entamant un baiser sauvage et désespéré, comme si c’était le dernier. JongDae sentit quelque chose monter au creux de son ventre, seulement, il prit cela pour de l’excitation. Quoi de plus normal ? LuHan s’amuser à lui caresser le ventre.

-Je te laisserais pas, tu m’entends LuHan ?

Alors qu’il allait répondre, l’eau pénétra violement par la fenêtre, engloutissant instantanément la chambre d’amoureux.