Chapitre 7

par Un-Vane

Il courrait, encore et encore,courrait aussi vite qu'il le pouvait, aussi longtemps que ses jambes le porteraient mais il courrait. Il ne réfléchissait pas, se contentait de courir comme un lapereau apeuré qui est pourchassé par un prédateur. Fuir, c'était tout ce que son cerveau retenait, fuir loin, fuir toujours et encore, prier pour que le chemin qu'il s'apprêtait à prendre ne soir pas semé de petits piège malins. Il n'en pouvait plus, seul la peur le maintenait encore debout, seul le désespoir lui permettait de progresser, seul l'instinct de survie lui permettait de ne pas craquer. Oublier les autres, c'était chacun pour soit. Un hurlement grave puis vite étouffé par le son glauque du sang qui tapisse le sol marbré. Il avait finit par attraper le second, il n'en restait que deux, lui et Tao, il priait pour que la créature se soit lancé à la poursuite du second, tant pis si cette pensée le rendait égoïste.

Il voulait vivre, il l'avait promis à Nana, il devait vivre, quitter ces bâtiment froid et ternes, démarrer une nouvelle vie, avoir un job pénard et oublier... Oublier tout ce qu'il pouvait vivre ici, oublier les camarades « absents » en classe, oublier les roses noires qu'il y avait sur leur lits, oublier leurs cris, oublier leurs appelles, oublier leur détresse, oublier. Il voulait vivre, même si cela devait coûter la vie de ceux qu'il avait côtoyé, vivre et prévenir les autorités, leurs apprendre qu'il se passait des choses qui dépassent l'imaginaire dans un petit lycée perdus au milieux de nul part, témoigner de la cruauté, des « châtiments ».Mais personne ne l'aidera, il est seul fasse à une chose qui est plus forte que lui, mais il courrait encore et toujours. L'autre lui avait dit, à lui et ses amis, qu'ils seraient les prochains mais il n'avait rien voulu entendre, riant, s'amusant, se moquant du blondinet et de ses yeux azures. Il savait qu'il était étrange mais tout de même !

Un second hurlement retentit dans les couloirs qui menaient à la chapelle. Alors lui aussi ? Il entendait les supplications insupportable de celui qui avait été son meilleur ami. Ses hurlements étaient un supplice, il l'appelait à l'aide, sa voix se brisait, sûrement à cause de la douleur. Mais il était paralysé, il ne voulait pas l'aider, c'était inutile. Il serra les dents, écoutant d'une oreille attentive les derniers instant de Tao, le bruit des os qui se brisent comme des cure-dents, celle de la chaire que l'on dévore lentement. Et la bête, en grande sadique, prenait plaisir à l'entendre pousser ces cris minables, comme une chèvre entre les crocs du grand méchant loup qui continue à bêler.

Et un silence mortel retomba, alors qu'il entendait les derniers soupire de son ami passer en boucle dans sa tête, comme un vieux disque cassé. Il perçut des « pas » ou plutôt un bruit de rampement lubrique et lent. Le bruit se rapprochait, il n'avait plus la force de fuir, regardait le noir comme s'il interrogeait les Dieux. Le son de la salive qui coule sur le sol s'arrêta à quelques millimètres de lui, il ferma les yeux. La chose se déplaçait avec une aisance féline sur le plafond, se rapprochait encore et se laissa couler doucement sur sa victime, la gueule grande ouvert, il resta là, sans bouger. « Je t'aime, ma Nana... », ce furent les dernières paroles de YiXing avant de mourir, broyé par les dents acérées d'une bestiole.





.+~*~+.



LuHan se leva en sursaut, et descendit, ou plutôt, bondit de son lit et réveilla machinalement Chen qui semblait faire un rêve délicieux puisqu'il bavait.

-Et les schoumf nous attaquent ???!!! Oh, c'est toi... Marmona-t-il en s'asseyant.

-Chen, j'ai entendus un cris, je sais pas d'où ça venait.

-Pfuh, tu me réveil pour ça ? Écoutes, tu as dû rêver et...

-Chen, ce que j'ai entendu était bien réelle.

-Et le fait que j'ai envie de dormir aussi est bien réelle, retourne te coucher LuHan.

Sur ses mots, le brin se rendormit comme une masse, laissant complètement seul le blond, totalement paniqué. Que faire ? Que dire ? Il attrapa un veste au hasard sur une chaise, sortit de la chambre et couru dans la chambre la plus proche.

-Réveil toi, réveil toi....

L'interpeller, secoué comme un sac se redressa sur ses coudes et jeta un œil sur le réveil.

-Lu, t'as vus l'heure ?

-Excuse-moi...

-Et ne chuchote pas, tu parle suffisamment doucement pour t'en passer.

-Oh, désolé....

L'autre s'assied sur le rebord de son lit et fixa LuHan.

-Qu'y a-t-il de si urgent ?

-J'ai entendus des hurlements... ça venait de la chapelle.

Ils se regardèrent quelques instants, le temps de comprendre l'information, puis il se leva, prit son manteau et ses chaussures.

-Pas besoin d'en dire plus, on y va.

-Désolé de te déranger... Encore... Merci XiuMin...

L'autre se retourna et fit un grand sourire.