Chapitre 6

par Un-Vane

Chen se laissa tomber sur le lit, las de sa journée. Sa tête cogna violemment la barre à la tête du lit. « Putain de bordel de merde !!! » Il se roula à gauche, puis à droite puis une fois de trop et tomba la tête la première. « FAIT CHIER ! », feula-t-il en se frottant énergiquement la le crâne, sentant se pointer une migraine qui promettait d'être horrible. Il en avait assez, il était à bout.

Soudain, un cadavre glissa du lit du dessus, lentement, ses yeux bleu et vides le fixèrent, ses fils dorés se balançaient comme s'ils s’apprêtaient à tomber au sol. Chen recula rapidement.

-Tu peux faire moins de bruit....

-LuHan, tu nous fais quoi là ?

LuHan le fixa un instant et ses sourcils se levèrent légèrement.

-J'ai mal au dos...

Sa voix s’envola comme un soupire. Chen se mit à rire, se tenant le ventre, l'autre le regardait sans comprendre ce qui pouvait le rendre aussi hilare et retourna sur son perchoir sans un mot. Le brun cessa de rire de suite, reprenant conscience de la situation.

-Eh, LuHan !

L'autre ne bougea pas.

-Il s'est passé quoi quand je suis sortis.

Le blond resta immobile.

-Tu vas me répondre ou ?!

Chen perdait patience et en voyant que son vis-à-vis ne daignait pas lui adresser un mot, il escalada rapidement l'échelle, manquant de se cogner une nouvelle fois, et s’essaya à ses pieds.

-Yah !

Pas de réponse.

-Oh, je te parle !

Sur ces paroles, Chen tira de toutes ses forces sur la couverture de LuHan et se calma : LuHan était roulé en boule comme un chien apeuré, tremblant légèrement. Chen s'avança vers lui à quatre pattes et s'agenouilla à sa hauteur, posant une main rassurante sur son dos. L'autre cessa de trembler.

-Excuses-moi, j'aurais pas dû m'énerver...

LuHan se retourna brusquement et se réfugia dans les bras du brun qui ne bougea plus.

-Qu'est-ce -qu...

-Je peux rester comme ça ? Pas longtemps, juste un peu...

Chen souris doucement et le tira vers lui.

-On dirait un chaton .

Pour seule réponse, le chaton se blottit un peu plus, se retrouvant complètement entouré des bras de Chen, arrêtant de trembler ou même d'avoir peur. Il se sentait juste bien, en sécurité, comme si ses deux bras qui l'entouraient, ces main qui lui frottait lentement le dos, cette voix qui le rassurait, cette chaleur qui le réchauffait, comme si tout cela avait formé un bunker qui le protégeait du monde cruel qui l'avait porté. Il le sentit caler sa respiration sur la sienne, comme s'il ne formaient qu'un seul poumon, écoutait les battement calmes et réguliers de son cœur, les imperceptibles vibrations de sa voix contre son oreille. Il aurait put s'endormir là, se laisser complètement aller à la rêverie et oublier... Tout oublier... « Il est comme les autre ! », LuHan ré-ouvrit brusquement les yeux et les releva vers son vis-à-vis qui somnolait en chantonnant. « Qui ne t'en voudrait pas ? », il se remit à trembler, suppliant malgré lui Chen de le regarder. « Tu portes MES marques LuHan ... ». LuHan le repoussa brusquement Chen qui manqua de tomber, et se recroquevilla sur lui même dans un coin du lit.

-Lu...

-M'approche pas !

C'était sûrement la première fois qu'il élevait la voix puisqu'il toussa un peu et frotta machinalement la gorge. Chen le fixa quelques secondes et soupira.

-J'en ai marre.

LuHan soupira, tentant de parler mais quelque chose bloquait et il laissa tomber en voyant l'autre sauter du lit.

-A la limite, je veux bien te pardonner de ne rien me dire sur ce qui a pu nous arriver mais là, c'est abusé. Tu saute dans mes bras, tu me rejette, tu me laisse t'approcher et tu me fuis juste après. Décide toi, tu commences à me saouler.

LuHan retenta une nouvelle fois de protester, il ne fallait surtout as qu'il se méprenne mais sa voix stagnait et il se débattait vainement pour bouger. Il ne comprenait pas et cela le frustrait de voir son colocataire le regarder en attente d'une réponse.

Chen soupira une nouvelle fois et sortit, LuHan s'apprêtait à pleurer mais la porte se rouvrit d'un coup et il revint à grands pas, se tint de toute sa grandeur devant le lit superposé et leva la tête.

-Bon, si je me vexe pour un rien, j'avancerais pas. Parle moi, LuHan, on est amis non ? A moins qu'il n'y ait que moi qui le pense.

Chen commença à baisser la tête et grogna.

-Aish ! Bon, en tout cas, ça me concerne et pas qu'un peu donc je t'ordonne de me dire ce qu'il se passe et je ne bougerais pas tant que tu ne m'auras rien dis, c'est clair ?

Sur ces paroles, Chen attrapa une chaise, se laissa tomber dessus et prit une posture digne des plus grands parrain de la mafia. LuHan aurait rit de la situation, l'autre le suppliait du regard au bout de dix secondes d'attente et commença à négocier un déjeuner contre des informations. Mais le blond continuait de se débattre, demandant en vain à ses muscles de bien vouloir lui obéir ne serait-ce que pour changer de position.

Après une heure de monologue, Chen cessa de parler, complètement désespéré par son interlocuteur. Il se leva, assoiffé et affamé.

-Attends !

Il se retourna, LuHan tendait un bras vers lui, l'air complètement désespéré. Il s'étonna lui même du ton qu'il avait employé.

-T'es enfin décidé à m'adresser la parole ?

-Je... Hum...

LuHan hésitait à parler.

-Je... Je...

-Commence déjà par venir ici.

L'autre fit une roulade et tomba au sol comme un félin.

-Parle-moi, LuHan.

Au moment où LuHan ouvrit la bouche pour parler, le bruit de la porte claqua, faisant trembler tous les murs du dortoir. Le blond profita d'un instant d'inattention de son vis à vis pour s'éclipser d'un pas rapide. Chen courut après LuHan et se cogna à XiuMin, rentré pour se changer à voir son uniforme trempé.

-Oh, désolé. Y pleut dehors ?

L'autre esquissa un léger sourire.

-Ouai ouai, il pleut.

Puis il s'en alla, sans plus de mots. Chen le regarda s'éloigner, interloqué et descendit rapidement les escaliers. Son regard se posa sur le paysage qui vivait joyeusement à travers la grande fenêtre du salon : Il y avait un grand soleil qui brillait de toute sa splendeur sur les jardins aussi sec que colorés.