Happy Birthday

par Totoro

11 Avril 2010.
Je pleure. Je pleure. Je ne m'arrête pas de pleurer. Je n'en peux plus. Plus de tout. Rien ne va. Rien ne va plus.
Cela fait deux ans que je suis tombé amoureux de toi. Et maintenant un an que nous sortons ensemble. J'ai beau l'aimer de tout mon cœur, comme il n'est pas permit je n'en peux plus. Cet amour est trop dur pour chacun de nous deux. Je ne suis qu'un fardeau plus qu'autre chose pour Lui. Je fais tâche avec Lui, moi qui ne suis que le timide impopulaire de lycée. Je parle peu. Voir pas du tout. Tout son contraire. Personne ne me comprend. Les gens me regardent de travers et me prennent de haut. Tous ces mots, toutes ces injures qui me parviennent chaque jour m'assombrisse de plus en plus. Ces phrases d'insultes me reviennent sans cesse en mémoire. Je ne puis supporter un « Sale gay ! », « Dégage tafiole ! » ou même un « Qu'est-ce que tu fais ici ? C'est pas un lycée de PD ! ». Les mots résonnent dans mon crâne. Ils me font mal. Ont-ils l'air de s'en de s'en rendre compte ? Non. Bien sûr que non. Et Lui le remarque-t-il ? Encore non. Non, car je le cache avec ce sourire. J'ai été détruit et à cette heure fatidique je me porte le coup de grâce.

12 Avril 2010.
Il est minuit pile. Je vais lui offrir son cadeau. Je vais m'achever et le libérer de tout le poids inutile que je suis pour Lui.
La lame de rasoir entaille mes veines au plus profond. Cette tâche achevée l'eau glaciale remplit petit à petit mes poumons. Ces derniers toussotent. Suffoquent. Mon cerveau divague pendant que mon cœur ralentit. Mes yeux sont clos. Je ne comprends plus ce qui se passe. Mon corps s’éteint doucement. Un trou noir. Je crois percevoir des cris. Encore un fois le vide. Toujours des cris. Puis le néant absolu.

12 Avril 2013.
Aujourd'hui j'ai 21 ans. Cela fait trois ans, jours pour jours, que tu t'es donné la mort. Des larmes roulent sur mes joues. Peut-être plus que d'habitude. Est-ce parce qu'aujourd'hui c'est mon anniversaire, jour où tu t'es suicidé ?
Tu sais, je souffre. Je souffre de ne plus sentir ta présence près de moi. De mon corps. Tes doux baisers sucrés sur mes lèvres. Ton souffle chaud dans mon cou. De ne plus avoir tes petites attentions mignonnes à mon égard. Tes câlins que tu me donnais quand on se voyait et que tu me faisais lors de nos rendez-vous –dans le lit. Ton amour entier me manque. Je souffre de m'être berné à me dire que tu allais bien parce que tu souriais, alors que je voyais très bien que ça n'allait pas. Je relis ta lettre une dernière fois, revoyant ton frêle corps froid, interne dans la baignoire remplit d'eau rougeâtre, colorée par ton sang. Celui de tes veines.

« Mon amour,

Pardonne-moi. Pardonne-moi d'avoir fait cela, mais c'était ce qu'il y avait de mieux pour nous tous.
À ce jour cela fait exactement un an que nous sortons ensemble et que nous nous aimons. Crois-moi ces secondes, minutes et heures passées avec toi furent les meilleures que je n'ai jamais eu. Chaque moment présent à tes côtés ont été les plus merveilleux de ma vie et resteront gravés dans ma mémoire à tout jamais. Je te le promets.
Mais depuis l'instant où je t'ai aimé j'ai su que tout ne pourrait pas être parfait partout. J'avais raison, une fois de plus. J'ai été la victime de plusieurs personnes. Il n'y a pas eu que des propos... À plusieurs reprises j'ai été frappé et je ne t'ai rien dis car je ne voulais pas t'énerver. Alors je te l'ai caché. Je ne t'ai rien dit. Je ne voulais pas que le sourire angélique que tu avais aux lèvres disparaisse. Je voulais te voir heureux et que tu le sois. Je voulais ton bonheur. Rien d'autre.
C'est pour cela que j'ai voulu te faire un cadeau. J'ai trop longtemps été une tare pour toi, alors je m'en vais. Je te rends ta liberté. Celle que tu as toujours mérité. En quittant ce monde je te rends ce qui t'appartiens. La liberté.
Je t'aime. Je t'ai toujours aimé. Aimé comme un dingue. Aimé à en mourir. Tu étais ma drogue, mon obsession, ma passion, mon tout. Je peux dire que je ne pouvais plus me passer de toi, de tes câlins, des tes caresses, de tes bras, de tes baisers langoureux et amoureux que tu me donnais. Les choses que tu faisais ; lorsqu'on arrivait à se retrouver que tous les deux au lit étaient extraordinaire. Ta façon de me caresser et tes baisers divins... J'en repense encore...

Adieu. Je t'aime de tout mon cœur Sehun. Adieu...

Luhan. »


Des cris sortent de ma bouche, mélangé aux pleurs, comme le jour où je t'ai vu dans ton bain... Tu me manque mon amour, je t'ai aimé dès le premier jour où j'ai posé mes yeux sur toi et où nos regards se sont rencontrés. Ce jour-là tu souriais sincèrement. Tu étais magnifique comme jamais. Je serre ta lettre à en froisser le papier, dans ma main gauche, contre mon cœur. Dans l'autre, je tiens la pieuvre en peluche que tu avais gagné à la fête-foraine et que tu m'avais offerte. Des cris plus puissants continuent de sortir sans cesse.
Chéri, je vais t'imiter. Je vais te rejoindre. Attend-moi.
Je repose ta peluche pour attraper l'arme à côté. Et j'appuie sur la détente. Un coup retenti. Une balle sort et percute mon crâne, le transperçant. Du sang gicle. Mon corps s'étale et ma tête percute de plein fouet le sol. J'aperçois une dernière chose, avant de sombrer dans un profond sommeil : notre première photo. Nos doigts entremêlés. Nos sourires Colgate. Tes perles brunes nommé œil qui pétillent... La séparation est trop dure.
C'est la fin. Je te rejoints. Je t'aime Luhan.