Chapitre 16.

par Unknown L.

Chapitre XVI

 

Le temps était passé vite, Lu Han remerciait intérieurement ses parents de l'avoir envoyé chez son cousin. Celui-ci avait su avoir les mots justes, il avait réussi à lui offrir quelques jours de répit dans ce monde impitoyable.

 

Une nouvelle bouffée d'air avait grandi en lui. Même s'il était toujours effrayé par le monde, il se sentait un peu mieux. Lorsqu'il était rentré chez lui, ses parents avaient été soulagés de voir un sourire sincère sur ses lèvres, ses yeux pétillaient, son visage était redevenu lumineux, mais à quel prix ? Et, surtout pour combien de temps ? Rien n'était fait pour durer, le roux le savait très bien. Tout éphémère dans ce monde.

 

Sehun était là, dans sa chambre une expression neutre au visage. Lu Han ne savait pas comment interpréter ce masque que l'autre portait depuis son arrivé. Il avait fermé la porte, restant muet, il se contentait d'observer. Le roux, lui, n'avait pas bougé d'un poil préférant rester en retrait, se plongeant dans le regard sombre du brun. Son cœur pulsait rapidement faisant frissonner sa peau. Sans réfléchir il s'élança vers le brun entourant sa taille, enfonçant son visage contre le torse de celui-ci. Il avait ce besoin de sentir qu'il était vivant dans ses bras à lui. Il lui avait manqué malgré tout. L'autre resta coi, refroidissant quelque peu le roux. Il se détacha du grand, sentant ses joues devenir brûlantes.

 

- Tu m'as manqué.

 

Une semaine sans lui avait été long. L'autre rit jaune marchant vers le lit afin de s'y assoir.

 

- Je ne crois pas que je t'ai manqué.

 

Sa voix était calme, pleine de reproches.

 

- C'est vrai pourtant.

 

- C'est faux. Répondit-il croisant ses bras devant son torse.

 

LuHan pouvait sentir la douleur au niveau de son cœur reprendre le dessus.

 

- Tu m'aurais envoyé un message, tu m'aurais dit où tu étais si je t'avais vraiment manqué mais tu n'as rien fait.

 

- J'étais chez mon cousin, mes parents ne m'ont pas prévenu j'ai été pris de cours... Essaya le roux, espérant convaincre l'autre.

 

Le brun se leva d'un coup, on aurait dit qu'il était possédé.

 

- Tu étais chez un homme alors... T'es sûr que ce n'était que ton cousin ? Ou lui aussi t'as essayé de te le faire ?

 

Peu importe le sentiment d'apaisement que Lu Han avait pu ressentir ces derniers jours, il n'avait pas suffi de beaucoup de choses pour que tout s'écroule...

 

- Sehun... La voix de Lu Han était tremblante.

 

- Quoi ? Tu te l'es fait c'est ça ?

 

Les larmes du petit envahirent ses yeux. Il sentait un poids sur sa poitrine. Un poids douloureux qu'il était incapable d'enlever.

 

- Non ! Je ne fais pas ce genre de choses !

 

Le brun eût un rictus à la suite de cette réponse. Il s'approcha du frêle de son air supérieur, le toisant par sa grandeur.

 

- Tu sais très bien que tu n'es bon qu'à ça ! Faire l'innocent pour au final... te faire salir par les autres.

 

Il souriait, il prenait plaisir à dire ces mots alors que le roux pleurait sans pouvoir se retenir. Il était trop faible pour ne pas craquer, et pourtant... Il l'aimait toujours autant. Peut-être que Sehun avait raison après tout, peut-être que les autres prenaient plaisir à le salir... Il était perdu, il n'arrivait pas à avoir les idées claires.

 

- Tu me dégoûtes... dire que pendant un instant j'ai cru pouvoir te faire confiance...

 

- Tu peux me faire confiance ! Le coupa le roux, attrapant délicatement son poignet entre sa main.

 

L'autre se retira violemment repoussant sans pitié le frêle.

 

- Je suis déçu de toi, mais après tout je ne sais pas à quoi je m'attendais. Tu ne vaux rien.

 

Tu ne vaux rien.

 

Tu ne sers à rien.

 

Tu es pitoyable.

 

Le roux leva son regard flou vers le plus jeune, il avait honte. Honte d'être lui, honte de vivre, honte d'aimer un être tel que Sehun. L'autre s'apprêta à sortir de la chambre sans plus de cérémonie, mais le roux entoura sa taille ne désirant pas le voir s'enfuir. Il était si désolé d'être un poids, il l'aimait tant. Le brun se retourna le rejetant une nouvelle fois, le faisant tomber sur le sol. LuHan était en effet pitoyable. Méprisable. Lamentable.

 

- S'il-te-plaît... ne pars pas. Le supplia-t-il de sa faible voix.

 

Le brun s'arrêta dans sa marche, se retournant d'un mouvement vif. A quoi pouvait-il bien penser ? Son visage comme toujours ne laissait rien transparaître. Sehun était impassible.

 

- Pourquoi je devrais écouter une personne comme toi ? Dis-moi, pourquoi je devrais t'écouter ?!

 

Le roux se releva difficilement, le visage dégoulinant de larmes, le cœur battant la chamade.

 

- P-parce que... j'ai...J'ai besoin de toi.

 

Le brun serra ses poings, prenant une grande inspiration.

 

- Et t'étais où quand j'avais besoin de toi ? T'étais où LuHan ?! ... T'étais parti sans rien me dire ! Et tu crois que tu peux revenir en me disant simplement que t'as besoin de moi ? Tu penses que c'est aussi facile que ça ?!

 

Le frêle avait retenu sa respiration quand le grand s'était avancé vers lui, le visage rouge de colère. Il perdait le contrôle, Lu Han pouvait le sentir. Il était effrayé, il n'avait aucunement envie que tout recommence comme avant, il ne voulait pas, il ne pouvait plus le supporter. Alors quand l'autre brandit sa main de sorte à le gifler, LuHan prit son courage à deux mains et stoppa le garçon dans son élan, maintenant son poignet avec sa faible force. L'autre sembla surpris, mais cette surprise disparue dès lors où elle était apparue. Le grand laissa sa main tomber le long de son corps, préférant planter son regard sombre dans celui larmoyant du petit.

 

- Ne reviens plus. Dit-il simplement avant de lui tourner le dos.

 

- Sehun... L'implora le roux.

 

L'autre ne répondit pas le laissant seul dans sa chambre. Seul, le corps sanglotant, les yeux rougies par la tristesse. Il avait le cœur brisé. Pourquoi devait-il toujours le décevoir ? Pourquoi devait-il toujours voir du dégoût dans ses yeux ? Pourquoi n'était-il pas important ? Parce qu'il n'était qu'un moins que rien, un vaurien, un être sans importance... Tous ceux qu'il aimait finissaient par le haïr. C'était un fait. Il était fait pour être seul, tout seul, sans personne. Personne ne l'aimait, il ne méritait personne.

 

La nuit finit par prendre place. L'obscurité était le seul moment où LuHan pouvait être lui-même, ou du moins c'est ce qu'il tenait tant à croire. Assis au milieu de son lit, ses yeux étaient bouffies, ils étaient rouges, aujourd'hui il avait beaucoup trop pleuré. Et, la nuit, il continuait de le faire puisque les démons envahissaient sa tête, la douleur pesait sur sa cage thoracique, l'empêchant de respirer normalement. Il avait tellement envie de se faire du mal pour être libéré... Il se griffait nerveusement les avant-bras, essayant de penser à autre chose que ces tourments. Mais c'était bien trop difficile, c'était impossible. Tout tournait dans son esprit, tous ces moments, tous ces souvenirs qui lui rappelaient sans cesse qu'il était de trop sur terre. Il sortit doucement de sa chambre, sur la pointe des pieds il descendit jusqu'au salon allant trouver une bouteille d'alcool. L'alcool et son goût amer, était une porte de sortie pour son esprit tiraillé. Il s'assit sur le sol froid, retirant le bouchon de la bouteille transparente. Sans réfléchir bien longtemps il la porta jusqu'à ses lèvres laissant le liquide couler dans sa trachée. Il avait ce besoin d'oublier. Il avait ce besoin d'effacer, de sortir toutes ces choses hors de sa tête. Il but jusqu'à ce que plus rien ne soit présent, jusqu'à oublier sa propre existence...

 

Il avait jeté la bouteille puis était monté dans sa chambre essayant de faire le moins de bruit possible. L'ivresse, La belle ivresse, plénitude de la nuit, l'emportant dans un état plus qu'agréable, un état ou il se suffisait à lui-même. Il prit son téléphone un sourire niais coller aux lèvres, il se retenait de rire fortement tant son apaisement était certain. Il décida d'envoyer un message à l'élu de son cœur ayant zappé les évènements apparus quelques heures plutôt. Cette nuit-là, il n'était plus le même, il n'en avait rien à faire que Sehun ne veuille plus lui parler, lui en avait envie et c'était tout ce qui importait. Lui seul comptait. Les autres n'étaient pas important, ni même Sehun. Sans réfléchir il pianota la première chose qui lui vint à l'esprit :

 

« va te faire foutre Seheusjzjr ! t'es qu'un sale connard, je te détehdjds ! »

 

Le message n'était pas parfait mais cela lui avait proféré une telle satisfaction qu'il se décida à en écrire un deuxième.

 

« tu TE rends même pas compte que tu me fais souffrir CONNARD ! MAIS PZHEJRAJA JE TAIMEEJEEFB COMMEJEHE DUEN ABRUTI !!! PSQHEHRH JE SUIS UN PUTAIN DE CON QUI A DES SENTIMENTS desl putaihszeraha de sejehtemjdupp pour toi ! t'es qu'un égoïste de merde !! je sais pas si tes con ou pas mais on fait aps SOUFRIRFSZ UNE PERSJHHAHB QUI NOUS AIME !!!!!!!! on rejette ses sentiments ou on l'aime en retour ! CEST QUOI TON PROBLEME ?!!!!!!!! »

 

LuHan était si énervé qu'il ne s'était même pas rendu compte que ses larmes coulaient de nouveau. Peu importe son état, il ne pouvait échapper à ses puissants sentiments amoureux pour ce garçon. Ce garçon qui avait tout détruit.

 

« T'as détruit ma vie... »

 

Il jeta son cellulaire sur le sol puis il s'endormit aussitôt la fatigue devenant plus puissante que le reste...

 

Les jours suivants se ressemblèrent tous, ceux-ci se résumèrent à un LuHan complètement dévasté qui passait son temps à vouloir obtenir le pardon de son bien aimé. Il avait relu ses messages se sentant tellement honteux d'avoir pu dire ces choses à Sehun, alors il lui en avait envoyé d'autres s'excusant maintes et maintes fois. Il s'était même déplacé jusqu'à chez lui, sans que l'autre ne daigne venir lui ouvrir la porte. Il l'ignorait complètement. C'était un sentiment tellement dévastateur d'être ignoré. LuHan avait l'impression que quoi qu'il puisse faire l'autre n'accepterait jamais ses excuses. Il était coincé au milieu d'une route semée de pièges...

 

Il était retourné dans son propre appartement ne supportant plus de rester avec sa famille. Il ne pouvait pas leur montrer ses plus grandes faiblesses, il ne voulait plus faire semblant. Il en était incapable... Il avait besoin de se faire du mal, il avait besoin de marquer sa peau, d'y créer de nouvelles marques, habillant son épiderme... Le sang coula, les larmes aussi, les cris étaient étouffés au fond de sa gorge, mais l'apaisement était enfin réellement là. Il avait besoin, beaucoup plus qu'avant, il s'était mutilé les cuisses, s'allongeant sur le sol admirant le plafond sombre. Aussi sombre que son âme... Il commença à arriver à un point de non-retour. Il n'en pouvait plus, il en avait eu assez qu'il se demandait sans cesse pourquoi il vivait encore. Après tout qu'est-ce que sa mort ferait aux autres ? Personnes n'avaient besoin de connaitre un être si faible, les êtres comme lui devaient tous mourir d'une manière ou d'une autre.

 

Incompris. Il était un incompris, sur une terre remplis hypocrites où il n'y avait pas de place pour les faibles comme lui. Sa place était sous terre dans les flammes de l'enfer, lorsqu'il se laisserait consumer par ses démons dans sa tête, ceux qui lui répétaient sans cesse qu'il devait mourir... C'était devenu impossible de mettre en sourdine ces voix maléfiques, elles prenaient de plus en plus de place, remplaçant celles qui lui disaient de tenir bon, qu'après toute cette tempête se trouvait un beau soleil éclatant. Où était-il ? Existait-il vraiment ? Ou alors c'était que des paroles en l'air qu'on lui disait pour le rassurer ? Yifan était celui qui le pensait le plus, mais, peut-être qu'il essayait de se convaincre lui-même que LuHan finirait par aller bien. Luhan n'était plus convaincu, il était défaitiste, il avait perdu tout espoir parce que la vie est comme ça, elle nous détruit, elle nous enfonce plus bas que terre... où se trouve les issues ? Est-ce qu'il y en a réellement ? Pourquoi Luhan n'arrivait plus à voir ses qualités ? Pourquoi les mots de rassurant de Yifan n'avaient plus d'effets ? Pourquoi ? POURQUOI ? Pourquoi il n'arrivait pas à s'aimer comme les autres le faisaient ? Pourquoi il ne voyait qu'un homme horrible dans le miroir ? Pourquoi l'estime n'était plu ? Le sombre avait envahi chaque recoin encore lumineux, il n'avait plus d'espoir. Il donna un coup de poing dans le miroir, criant de désespoir... Pourquoi personnes ne nous retenaient quand on avait vraiment besoin des gens ? Ils finissaient tous par partir un à un de toute façon, ils essayaient juste de se donner une bonne conscience alors qu'en fait ils ne nous écoutaient pas vraiment. Ses parents, et sa sœur ne cherchaient pas à creuser plus loin lorsqu'ils le voyaient, ils se contentaient de ses sourires faux, ils se contentaient de l'aimer mais pas assez fort. Ils avaient lâché l'affaire, après tout, tout le monde faisait ça... tout le monde le lâchait, parce qu'il n'en valait pas la peine. Les larmes continuèrent de couler, sa gorge se nouant, son cœur se serrant sous sa poitrine. Il en avait marre de vivre... Il n'avait plus d'endroit où il se sentait bien, il n'avait plus rien...

 

Il voulait mourir. Il voulait crever et abréger ses putains de souffrances internes. Ils étaient tous une bande d'aveugles... Et lui, était le voile sur leurs yeux.

 

La vie ne sera jamais simple. Sa vie était vouée à être détruite... C'est ce qu'il pensait au plus fond de son cœur. Il pleurait si fort, il s'accrocha un son espoir, à son seul soleil dans cette vie pluvieuse...

 

La tonalité raisonna dans la pièce avant qu'une voix grave prenne le relais.

 

- Lu...

 

- Je...je t'en supplie S-sehun viens chez moi... je t'en supplie, j'ai vraiment besoin de toi...

 

Sa voix fut entrecoupée par les sanglots, par cette souffrance qu'il n'arrivait plus à cacher. Sa vie ne lui appartenait plus. Elle ne lui avait plus appartenu depuis longtemps. L'autre avait raccroché sans que LuHan ne puisse savoir quelle était sa réponse, est-ce qu'il allait venir ou non ? Est-ce qu'il s'en fichait lui aussi ? Le roux ne le savait pas... Il était à bout...

 

Ses jambes furent pansées, Mais son cœur était toujours brûlé à vif, sa tête était douloureuse, et ses jambes lourdes. Qu'est-ce qu'il espérait après tout ? Que Sehun vienne jusqu'à lui alors qu'il l'avait repoussé ? Pourquoi viendrait-il pour lui ? Qu'est-ce qu'il le pousserait à venir ? Absolument rien. Pourtant, sa silhouette finit par apparaître dans l'encadrement de la porte de sa chambre. Il était essoufflé, ses cheveux étaient ébouriffés, il n'avait pas pris le temps de s'apprêter comme il fallait. Et, pour la première fois, LuHan ne put accourir jusqu'à lui, il se laissa tomber violemment au sol, se faisant rattraper de justesse par les bras fort du brun. Le soleil pouvait briller dans la nuit quelques fois.

 

Le brun le déposa délicatement sur le lit. Luhan refusa de le lâcher, il le serait fort dans ses bras le visage enfouit au creux de son cou, ses larmes roulant sur sa peau. Le plus grand resserra sa prise sur le corps faible du roux, passant l'une de ses mains dans sa chevelure, la caressant délicatement. Dans ses bras, LuHan se sentait enfin en sécurité. Il avait de nouveau envie de respirer, il se sentait un peu apaisé. Entre ses sanglots, il articula d'une faible voix :

 

- Merci S-sehun...merci...

 

L'autre se contenta de resserrer encore plus sa prise sur son corps frêle. Lorsque ses larmes se tarirent, un silence s'installa entre les deux hommes. Un silence que Sehun finit par briser, sans pour autant repousser le roux, peut-être que c'était mieux ainsi.

 

- Moi et Joohyun ne sommes plus ensemble. Dit-il calmement.

 

LuHan ne dit rien, encaissant cette nouvelle.

 

- Rien n'allait entre nous ces derniers temps, on passait notre temps à nous disputer.

 

Le roux caressa d'un geste incertain la joue du brun, l'observant droit dans les yeux. Celui-ci esquissa un faible sourire encerclant doucement le poignet de l'autre, caressant l'arrière de sa main avec son pouce.

 

- J..je suis désolé.

 

- Tu n'as pas à être désolé, ces choses-là arrivent.

 

LuHan avait l'impression que c'était de sa faute, sans savoir pourquoi alors il se sentit mal.

 

- Oui mais...

 

Le brun posa son doigt contre les lèvres du petit, le faisant se taire.

 

- Une autre personne est faite pour moi, elle ne l'était pas.

 

LuHan voulut à nouveau dire quelque chose mais cette fois ci, les lèvres du garçon le firent se taire. Il avait encerclé le visage du roux, l'embrassant tendrement, ravivant la flamme au fond de son corps.

 

Avec lui LuHan était vivant, il avait l'impression qu'il était comme tout le monde. Sauf qu'il ne l'était pas, et qu'il ne le sera jamais. Il ne pouvait plus être comme les autres...

 

Cette nuit-là, Sehun n'avait rien dit, il n'avait pas été cruel. Il avait embrassé chaque cicatrice, il avait pris soin de ne pas le blesser. LuHan s'était senti important, protégé, et surtout apprécié. Sehun le regardait lui, Sehun tenait son corps entre ses bras, il embrassait ses lèvres à lui. Il était important pour lui. Leurs corps ne firent qu'un cette nuit-là, leur corps s'étaient embrasés. Et surtout, ils s'étaient souris, ils s'étaient aimés. Du moins c'est ce que LuHan tenait tant à penser. Il voulait être cette personne faite pour lui. Il voulait être le sourire sur ses lèvres, il ne voulait plus jamais le décevoir, il voulait qu'il l'aime comme la chose la plus précieuse à ses yeux parce que lui, vivait à travers son regard, ses paroles, son toucher.

 

Il l'aimait. Il en était dingue.

 

Mais ce n'était pas suffisant.

 

Rien n'était suffisant face à l'échec.

 

« Monsters are real, ghost are real too. They live inside us, and sometimes, they win. » - Stephen King

 

Les cours avaient repris. La routine également. La solitude était présente, LuHan ne se sentait toujours pas à sa place dans ce vaste espace. Il avait toujours cette impression d'être jugé et que tout le monde savait. Peut-être que c'était le cas. Tout le monde l'ignorait, il était seul au milieu d'une foule en délire. Il était l'homme défectueux. Il était l'homme anormal. Personne ne voulait de sa compagnie tout le monde le fuyait. Ils avaient raison après tout, Lu Han ne méritait pas qu'on s'intéresse à lui. Il aurait fini par faire fuir quiconque qui aurait essayé de toute façon.

 

Son cousin lui avait envoyé un message pour lui dire qu'il allait passé ses vacances ici. Chez ses parents et qu'il devait absolument venir le voir. LuHan ne savait pas si c'était une bonne ou mauvaise nouvelle, après tout... il avait vu ses marques, il l'avait vu pleurer, il savait beaucoup trop de choses. Mais était-ce si mal ? Il ne savait pas trop, il avait perdu toute notion de jugement. La seule personne qu'il arrivait à juger correctement était lui-même. Vous savez, cet être abject qui trouvait sa place dans les endroits peu lumineux, c'était lui. C'était un monstre

 

Ses résultats finirent par tomber. Chose qu'il redoutait depuis des semaines, il avait tellement peur de les recevoir. Il pensait tellement avoir échoué alors il prit une grande inspiration avant d'aller les consulter. LuHan était le genre de personne à toujours vouloir faire mieux, alors lorsqu'il vit ses résultats, il ne put s'empêcher de pleurer. Certes, il avait eu son semestre et c'était une bonne chose, mais ses notes avaient tellement chuté... C'était à prévoir, cependant il n'était pas prêt à affronter cela pour de vrai. Maintenant, devant le fait accompli, il s'en voulait tellement, il avait l'impression d'être un raté. Et, même si sa famille ainsi que son cousin l'avaient félicité, il n'en avait gardé qu'un goût amer. Pour lui, c'était un échec. Un énorme échec personnel. D'autant plus quand il avait vu Sehun heureux d'avoir eu d'incroyables bonnes notes, car il était de ces êtres parfaits dans tous les domaines. Sehun était si intelligent. LuHan était une merde à ses côtés, il ne méritait même pas son réconfort, ni ses lèvres sur les siennes, il ne méritait rien de tout ça. Il méritait une punition, une forte punition pour avoir échoué. Il se sentait comme un échec...

 

Il était un échec total.

 

Yifan voyait bien que son cousin n'allait pas fort alors il s'assit à ses côtés sur le lit afin d'en savoir plus. Après ses résultats, Lu Han était venu passer le weekend chez ses parents, pour voir son cousin. Cependant, ils ne pensaient pas qu'il aurait été si triste. Sans vie. Sans envie. Le grand blond posa sa main sur son épaule un sourire aux lèvres.

 

- Est-ce que ça va ? Dit-il.

 

Le roux esquissa un faux sourire, parce que rien n'allait, et que rien n'irait jamais.

 

- Oui, pourquoi ?

 

- Tu as l'air triste LuHan.

 

Il n'était pas triste. Il était dégouté de lui-même.

 

- Non, je ne suis pas triste, tu te fais des idées. Mentit le roux.

 

- Si c'est à cause de tes résultats, ce n'est pas grave tu sais, tu feras mieux la prochaine fois, et l'important c'est que tu aies eu ton semestre n'est-ce pas ?

 

Le petit acquiesça même si au fond, il n'était pas rassuré. C'était grave ! C'était très grave ! Trop grave pour qu'il arrive à passer outre. Lu Han était trop exigeant envers lui-même. Il l'avait toujours été, l'échec avait toujours été sa hantise. Et, cette année il avait essuyé deux échecs.

 

- Oui...si tu le dis.

 

Il n'était pas convaincu. Il était perdu. Il voulait en finir...

 

- Tu veux sortir avec nous en ville ?

 

LuHan n'avait pas envie. Les échecs comme lui, ne méritent pas de sortir de leur trou. Ils méritent d'être enfermés à jamais.

 

- Non, c'est bon merci. Je n'ai pas trop envie de sortir.

 

Le blond n'ajouta rien. Il serra le petit dans ses bras puis sortit de la chambre. Sa famille sortit donc de l'habitat le laissant seul avec lui et sa conscience. Lui et ses pensées noires. Lui et ses démons intérieurs. Il resta plusieurs minutes allongé sur son lit à admirer le plafond, les larmes roulant sur ses joues blanches. Pourquoi le bonheur ne durait-il jamais longtemps ? Pourquoi la souffrance était celle qui ressortait vainqueur de tout ? Pourquoi son monde était si noir ? Pourquoi n'avait-il aucun espoir ? Il sécha ses larmes avec le revers sa main, frustré. Il était frustré de vivre dans un monde auquel il n'avait pas l'impression d'exister. Tout le monde était heureux autour de lui, tout le monde faisait son petit bout de chemin et lui, passait son temps à reculer. Tout s'écroulait dans son monde, tout n'avait plus de sens, tout était noir, tout était vide. Sehun ne méritait pas un homme comme lui, Sehun méritait quelqu'un de fort, de beau, d'intelligent tout son contraire.

 

La vie est dur, vivre est trop compliqué. Vivre comportait trop de souffrance et LuHan n'était plus en capacité de le supporter. Il se fit couler un bain, admirant l'eau remplir la baignoire. C'était la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase... Ce n'était plus supportable. Il n'arrivait plus à respirer dans ce monde. Il se sentait de trop sur cette planète peu accueillante. LuHan ne se sentait plus à sa place et il n'arrivait plus à la tolérer. Les démons vivaient en lui, même en plein jour. Il avait abandonné toute riposte, il leur donnerait son âme. Il voulait se faire dévorer, et vivre en paix en enfer. L'eau chaude fit frissonner son corps chétif. Il s'installa dans la baignoire s'allongeant dans celle-ci avec un espoir nouveau. Les larmes brouillèrent sa vue, son cœur était  comprimé sous sa poitrine. Ses pensées n'étaient plus les siennes, il était prisonnier de ces démons trop féroces et puissants. La dépression. La dépression avait eu raison de son petit cœur. Après tout sa vie n'était pas précieuse, il allait libérer toutes les personnes qui le connaissaient. Elles allaient se sentir beaucoup mieux sans lui. Il n'était pas important, il ne l'avait jamais été. Il n'était pas important. Il se munit d'une lame qu'il admira comme si c'était l'objet le plus précieux du monde. C'était tranchant, c'était libérateur. Une libératrice d'âmes tourmentées. Il ferma les yeux, se concentrant sur sa respiration calme, sur les battements douloureux sous sa poitrine. Il porta la lame vers son poignet gauche, effleurant celui-ci. Il n'avait plus peur.

 

C'était vital. Il devait mourir. Il n'avait plus d'endroit ou vivre, il n'avait que des endroits pour mourir. Il ferma ses yeux plus fort quand la lame rencontra la peau sensible de son poignet tranchant celle-ci. Le jeune essaya d'étouffer un cri de douleur libérateur. Sa vie ne comptait pas. Il ne comptait pour personne, il ne comptait pas. Le rouge carmin se mélangea à l'eau transparente créant de jolies formes abstraites. Puis, il prit la lame de son autre main tremblante afin de s'entailler son poignet gauche... La douleur fut plus intense, il ne put s'empêcher de crier à gorge déployée, la vie ne valait pas la peine qu'il se raccroche à elle. Il plongea ses deux bras sous l'eau, les larmes coulant à pleine vitesse sur ses joues, son corps tremblait. Il allait quitter la vie, il allait quitter ce monde qui n'était pas fait pour lui parce que celle-ci le faisait trop souffrir. Respirer était devenu insupportable, le simple fait de vivre était insurmontable. Est-ce que les gens se rendaient-ils compte que derrière un sourire pouvait se cacher des larmes ? Que derrière ce corps sans vie une personne ne désirait pas de la pitié mais d'une vraie aide ? Il se laissa couler sous l'eau rouge, la plus belle œuvre d'art... Il avait fini de pleurer pour toujours, il voulait retrouver le noir à jamais...

 

Quelqu'un toqua à la porte de la salle de bain, cette même voix qui lui avait toujours dit qu'il serait là pour lui. Il criait son prénom mais, Luhan ne voulait plus d'aide, il voulait aller retrouver sa vraie place, sa place auprès des démons, sa place avec les esprits pas normaux...

 

- Appelez une ambulance ! Entendit-il alors qu'il se noyait dans les profondeurs de cette vie imparfaite...

 

Il était fait pour vivre dans le noir... L'espoir n'était plu... Il avait trouvé sa place désormais... Loin de toute cette souffrance.