Chapitre 14.

par Unknown L.

Chapitre XIV

Les nuages emplissaient le ciel créant un nuancier de couleurs grises et, les gouttes de pluie tombaient sur les vitres tremblantes du bus. Assis à l’intérieur de celui-ci, Luhan avait la tête posée contre la fenêtre, il avait les paupières closes et essayait d’oublier le monde, malgré le brouhaha de la jeunesse l’entourant. Lorsqu’il arriva à son arrêt, il mit la capuche de son sweat sur sa tête, mettant ses mains fraiches dans ses poches. Il faisait pitié à voir. Le garçon était si faible. Mais, malgré cela, il marchait en direction de l’université sans se presser, la tête basse, les pensées restées dans les nuages. Une fois, qu’il fut arrivé dans son bâtiment, il se dirigea directement dans son amphithéâtre. Ici, il pouvait oublier toutes les pensées qui traversaient son esprit, toutes ces mauvaises pensées. Ici, il pouvait rester concentré sur quelque chose de plus important. Cependant, rester concentré semblait être une tâche plus rude qu’à l’accoutumée, il ne put empêcher son esprit de devenir sombre. Il fut aspiré, dans ses pensées les plus noires, les plus déchirantes. Il en oublia presque le monde autour de lui, il n’y avait que ces images qui tournaient en boucle, et qui semblaient à chaque fois plus détaillées, plus réelles. Il souffla un grand coup, laissant son stylo s’affaler contre la table en bois tandis que ses mains prirent place sur ses genoux. Sa tête maintenant basse, il ferma les yeux réprimant un gémissement au fond de sa gorge dût à ses doigts qui s’étaient refermés sur son pantalon. La douleur de ses réalisations de la veille était toujours présente. Le roux avait pensé ses coupures superficielles, cela lui avait fait tellement de bien mais aujourd’hui, il regrettait. Il regrettait de s’être fait du mal. Mais, surtout, il ne comprenait pas. Que lui était-il passé par la tête ? Pourquoi se faire du mal, lui avait libéré le poids sur son cœur ? Cela, était certes une sensation éphémère, mais celle-ci avait tout de même perdurée durant un temps non négligeable. Une larme roula sur sa joue sans qu’il ne puisse l’en empêcher, elle s’était glissée hors de ses yeux, comme une traitresse. Il serra un peu plus fortement, à l’emplacement de ses blessures, appréciant la douleur que cela lui prodigua. Elle lui permit d’oublier ces souvenirs pesant, ces films incessants. Puis, il revint finalement à la réalité, observant les lieux autour de lui, comme s’il venait de sortir d’un état de trance. Il avait comme l’impression que tout le monde savait ce qu’il avait fait, que tout le monde savait qu’il s’était blessé et qu’il était un intrus dans ce vaste espace.

La tête basse, le dos légèrement vouté, le roux longeait les murs ne voulant pas attiré l’attention sur lui. Les gens étaient trop bruyant, ils étaient trop heureux dans leur vies bien rangées. Lui, n’était pas comme les autres, il n’avait pas envie de sourire ni de parler, il voulait s’enfuir loin, très loin, trop loin. Il s’assit sur un banc, sa capuche sur la tête, il désirait disparaître et devenir transparent. Son corps frêle tremblait sans qu’il ne sache pourquoi. Peut-être que la foule le faisait paniquer, peut-être que tous ces gens pouvaient voir qu’il souffrait au fond de son cœur, peut-être qu’ils étaient tous au courant. Lu Han était effrayé par ces gens parce que lui était un monstre. Il était une créature peu commune, trop commune, peu aimée, trop observée. Il serra ses poings, contre ses cuisses enfonçant ses ongles dans la chaire de ses paumes.

La douleur était apaisante. La douleur était son amie.

Il ferma ses paupières, entourant son visage de ses doigts devenus presque squelettiques. Il était une ombre dans un coin que personne ne voulait voir. Il était un être sans espoir. Tourmenté, malade, dépressif. Il était seul et malheureux. Il n’était pas fait pour vivre avec ces personnes qui l’entouraient. Toutes ces personnes l’avaient fui, elles l’avaient fait souffrir, elles l’avaient abandonné. Il l’avait mérité après tout, les monstres ne méritent pas d’être aimés. Lu Han fut submergé par les larmes, un sanglot sonore sortit de sa bouche, ses lèvres gercées tremblotaient, son torse se soulevait douloureusement. Même lorsqu’il ne voulait pas attiré l’attention, celle-ci finissait toujours par arriver… Ses démons l’étouffaient chaque jour un peu plus, l’obligeant à montrer sa vraie nature aux yeux de tout le monde.

Il était seul. Seul, malmené, désemparé et fatigué.

Vivre devenait un supplice. Vivre était un supplice. Il sécha à l’aide de sa manche ses perles transparentes. Ses yeux devaient être rouges, il devait avoir l’air pathétique. Il était pathétique. Certaines fois, il en venait à désirer que son cœur cesse de battre et tomber dans l’oubli le plus total. Puis, certaines fois, éclair de bon sens, il voulait apprendre à revivre mais cela lui paraissait impossible. Défaitiste. Son portable vibra à ses côtés, le ramenant sur terre. Il prit délicatement, cet objet de malheur entre ses mains puis déverrouilla l’écran, il avait un message.

« Rejoins-moi dans les toilettes. MAINTENANT. »

Un sourire triste étira ses lèvres. Il mit une bretelle de son sac sur son épaule puis marcha en direction des toilettes les plus proches. Son cœur battait avec vitesse, lui rappelant qu’il était vivant. Il ouvrit la porte blanche sans appréhensions. Ce beau brun au regard sombre et pénétrant accosté contre la double vasque le regardait sans réelle expression. Sans qu’il n’ait le temps de comprendre, il se retrouva dans l’une des cabines que le garçon ferma, leur créant un espace presque intime. Lu Han se perdit dans ses yeux foncés qui lui faisaient oublier sa peine. Et, sans réfléchir aux conséquences, il se jeta sur ses lèvres tentatrices. Il avait ce besoin de se sentir comme un être à part entière. Il avait besoin de prendre la plus douce des drogues, il voulait planer, oublier, se déconnecter de toute négativité. L’autre le surplombait par sa carrure imposante, son dos reposant contre le mur, il avait l’impression d’être protégé. Ses fins bras entourèrent la nuque de son vis-à-vis, collant leur corps l’un à l’autre les enveloppant d’une douce chaleur enivrante. Leurs lèvres dansaient avec ferveur, l’échange était fougueux, comme s’ils étaient en état de manque. Les mains du brun tenaient fermement la taille fine du roux qui lui avait les doigts enroulés dans la tignasse de l’autre. Il se sentait bien. Il avait l’impression d’être à sa place et que les lèvres du brun étaient siennes.

Il l’aimait.

Le brun fut le premier à reprendre son souffle, décollant ses lippes du petit qui n’en pouvait déjà presque plus. Il recolla leurs lèvres se hissant sur la pointe des pieds, recherchant toujours une échappatoire à sa tristesse. Il l’embrassait avec désespoir, il était désordonné dans ses gestes. Il était avide de son contact.

Il était siens.

L’autre reprit finalement les rênes, rendant l’échange plus langoureux, plus lent, plus déroutant. Ses mains se hissèrent jusqu’au visage du roux caressant sa peau brûlante. Puis, avec un léger sourire, il rompit l’échange, posant son front contre celui du petit, sans pour autant lâcher ses joues. Un filet de salive reliait toujours leurs lippes rougies, et abusées. Leurs respirations étaient erratiques et leurs cœurs battaient vite. Le brun arborait un sourire satisfait. Le roux semblait enfin apaisé.

Ils restèrent quelques minutes dans cette position à reprendre leur souffle. Lu Han se perdit dans la contemplation des prunelles de son vis-à-vis, elles scintillaient. Elles étaient les plus belles du monde. Il se surprit à poser l’une de ses mains sur la joue du brun. D’un geste incertain, il se permit de toucher sa parfaite peau. Elle était parfaite, douce, sans imperfections comme l’être face à lui. Sa chaleur disparut quand l’autre finit par mettre de la distance entre leur corps. Il retrouva toute sa prestance, ainsi que son air malsain. Mais, Lu Han n’avait et ne savait plus réfléchir à cet instant, il était ivre de sa domination à son égard. L’autre, appuya sur le haut de son crâne le forçant à se mettre à genoux. Il savait ce qu’il devait faire. Il n’avait pas le cœur à désobéir. Il était complètement sous l’emprise du pouvoir qu’avait le brun sur sa personne. Celui-ci ouvrit sa braguette, et pointa sa fierté en face du visage du petit. Le roux s’attela à la tâche, fermant ses paupières, appréciant les soupirs du dominant.

Peut-être était-il fou. Peut-être avait-il perdu la raison. Peut-être que c’était un mélange des deux, mais, il avait l’impression d’être important aux yeux de quelqu’un. Le brun gémissait son prénom et appuyait sur l’arrière de sa tête enfonçant un peu plus cette partie de lui dans la bouche du roux. Les larmes sur ses joues et la douleur à sa mâchoire lui importaient peu. Il était tout simplement heureux. Heureux, d’être apprécié, même pour une raison aussi peu valorisante.

Avec Sehun ses démons disparaissaient.

Avec Sehun, il était important.

Du moins, c’est ce que son cerveau tenait tant à lui dire et certainement qu’il ne devait pas l’écouter.

-      Ouvre la bouche. Fut la seule chose qu’il prononça.

Alors qu’il se masturbait sentant sa fin proche, Lu Han avait la bouche ouverte prêt à recevoir sa sentence. Le brun finit par éjaculer se déversant un peu partout sur sa langue et ses lèvres. Puis, c’est avec un sourire toujours aussi malsain qu’il captura ce moment. Lu Han était un tableau que l’on devait exposer, malgré ses faiblesses.

La nuit avait assombri sa chambre, tout comme elle l’avait fait avec son cœur. Assis sur le sol, le roux jouait avec un morceau de verre fraîchement cueillit sur celui-ci. Il avait encore bu ce soir. Après tout, c’était devenu son seul moyen pour trouver la paix intérieur. Il observa ses jambes nues, blanches, frêles avec un sourire triste. Puis, il admira la lumière de la nuit se refléter à travers le morceau de verre, ce petit bout de bonheur. Il scruta la peau vierge de sa cuisse, elle était si pâle, si laide, sans aucune valeur. Lu Han n’avait aucune valeur. Il ne méritait pas de vivre, il ne méritait pas Sehun, il ne méritait personne. Il ne réfléchit pas, il se trancha la peau, visionnant son sang coulé sur son épiderme. Il se mutila une nouvelle fois quelque centimètre plus haut, réprimant un gémissement de douleur au fond de sa gorge. Les larmes roulaient sur son visage, alors qu’un sourire de satisfaction habillait ses lèvres. La vision de ce rouge, le rendait si heureux, cela lui faisait tant de bien. Il réitéra son geste quelques centimètres plus bas, criant, toujours avec ce sourire de fou. Le rouge carmin s’échappait de sa nouvelle entaille habillant sa peau trop claire. Il était si bien.

Il n’était pas normal.

Il était fou d’aimer se faire du mal. On se fait du mal pour oublier ce qui nous brise. Lu Han se mutilait pour oublier les images qui défilaient dans son esprit embrumé…

« We’re all addicted to something that takes the pain away »

Une nouvelle journée. Un nouveau coup dur. Mais, il devait s’y attendre, tout était prévisible. C’était en parti de sa propre faute. A quoi s’était-il attendu ? Il n’était pas fait pour avoir un seul moment de répit, cela n’existait pas. Cela était inconnu à son vocabulaire. Une image circulait dans tout l’établissement. Une image qui une fois de plus montrait à quel point, il n’avait aucune valeur. Des perles tombèrent sur son écran devenu noir, des rires retentirent, des mots dégradant et des regards méprisant l’encerclèrent.

« Sale pute » ; « suceur ! » ; « traînée » ; « tu me suces pour combien petite salope ? » Lu Han reçut en pleins cœurs toutes ces insultes ne sachant plus quoi faire. Il pleurait, et personne n’avait l’air d’en avoir quelque chose à faire. Même Baekhyun son ex-meilleur ami, le regardait de haut, comme s’il se doutait que le roux était un moins que rien depuis le début. On l’insultait de victime, on disait qu’il devait assumer sa vraie personnalité au lieu de pleurer. Mais quelle était réellement sa vraie personnalité ? Lui-même avait des doutes. Ce qu’il savait en revanche, c’est qu’il ne pouvait pas rester ici une seconde de plus, ou il allait s’écrouler sur le sol. Il s’enfuit donc, en pleurant toutes les larmes de son corps comme si cela allait changer quelque chose. Hélas, cela n’aggravait qu’un peu plus son mal de tête.

Les monstres ne méritaient pas d’être aimés.

Au milieu de sa salle de bain, il n’était vêtu que de son boxer, il en avait tout simplement marre. Il ne méritait pas de vivre. Il hurla de douleur. Il hurla de désespoir et espérait inconsciemment que quelqu’un l’entende. Mais, cela était bien sûr, trop demandé… Les anges s’étaient depuis longtemps envolés, l’oubliant.

Ses démons prirent place, ils n’étaient jamais loin, ils étaient toujours prêt à lancer l’assaut pour l’envahir. Il tomba sur le sol, mirant son sang couler le long de sa hanche, les coudes sur le sol, il gémit. C’était douloureux. Mais, si apaisant. Voir son sang le tacher était satisfaisant.

Après avoir agonisé contre le sol froid, le roux avait soigné son entaille superficielle, puis il avait marché jusqu’à l’une des fenêtres. Il avait observé le ciel gris, comme un fantôme. Il ne bougeait pas. Il était statique.

Est-ce que vivre se résumait à souffrir ?   Est-ce qu’un jour il pourrait redevenir comme avant ? Lu Han regrettait le passé. Il avait peur du futur. Mais, surtout, il haïssait le présent. Il s’était égaré, il avait cessé de se battre, il en était devenu incapable. C’était bien plus simple d’être un lâche et de ne pas faire face à ses problèmes.

La lune brillait dans le ciel. Les démons étaient une fois de plus présents. Les voix dans sa tête résonnaient de plus en plus fort, toutes les insultes, tous ces gémissements, tous ces moments où il avait été humilié… On lui avait arraché son sourire, on lui avait remplacé par des larmes incessantes. Jour après jour, l’espoir n’était plu.

Dans la nuit sombre, il courait dans les rues, dans la nuit sombre, il se battait contre les esprits maléfiques qui vivaient dans sa tête. Il courait toujours plus vite, toujours plus loin un but précis en tête. Il voulait s’évader, il voulait oublier. Il voulait faire disparaître ses voix et respirer à nouveau. Quatre à quatre il monta ces escaliers et après avoir pris une grande inspiration il toqua à la porte. Porte de sa peine profonde. Porte de sa libération. Il n’eut pas longtemps à attendre avant qu’une figure imposante apparaisse devant ses yeux. Il sauta au cou de l’homme ayant besoin de contact, de son contact. L’autre le réceptionna sans grande difficulté et claqua la porte avec son talon, puis la ferma à clés. Il les dirigea jusqu’à sa chambre déposant avec délicatesse le corps qui s’attachait à lui, sur les draps. Le roux captura ses lèvres entre les siennes recherchant du réconfort.

Il était fou.

Il n’était plus lui-même.

Il était ivre de son toucher.

Le brun retira son sweat trop encombrant, laissant le petit en simple t-shirt. Il mordilla sa lèvre inférieure, la lécha puis fit pénétrer sa langue à l’intérieur de la bouche du roux. Leurs langues dansèrent ensemble, elles se taquinèrent, elles se complétèrent. Le plus grand fit basculer le roux au-dessus de son corps, admirant la lumière de la lune se refléter dans ses prunelles tristes. Il caressa son visage comme si Lu Han était la plus belle des sculptures. Il s’assit, posant ses grandes mains sur les fesses du roux ne le quittant pas du regard. Lu Han avait le visage bouffi, et des énormes cernes sous les yeux. Il devait être encore plus laid que d’habitude. Il baissa la tête se sentant soudainement honteux.

-      Regarde-moi. Dit simplement l’autre.

Le roux croisa son regard, les larmes aux yeux, le cœur vibrant.

-      Dis-le que tu ne peux plus te passer de moi.

Il avait un sourire en coin déplaisant.

-      J-je ne peux plus me p-passer de toi.

La voix de Lu Han n’était pas assurée malgré que cette phrase ait été sa plus grande vérité. Il ne pouvait plus se passer de lui. Il était son sauveur.

Le brun déposa un chaste baiser sur les lèvres rougies du petit. Ses yeux scrutaient la moindre de ses réactions, il se délectait de sa soumission. Lu Han était épris de son attention.

-      Je suis tout pour toi. Susurra-t-il à l’oreille sensible du roux. Tu m’appartiens.

Lu Han gémit quand l’autre mordilla le lobe de son oreille.

-      Je suis tout à toi. Murmura le roux.

Il s’était vendu au diable, il y a de ça bien longtemps. Le brun fondit sur ses lippes une fois de plus, réchauffant le corps froid du frêle. Ils s’allongèrent dans le lit l’un à côté de l’autre, Luhan recherchait sans cesse le corps du brun afin de se coller à celui-ci. Il avait besoin de ça, il avait besoin de lui, il avait ce besoin précieux de se rassurer.

Ici, il n’avait plus de démon. Ici, il pouvait se laisser consumer par Sehun.

Il était siens. Définitivement siens.

Le soleil peinait à transpercer les nuages épais, il ne faisait ni froid ni trop chaud, juste ce qu’il fallait. Lu Han marchait aux côtés de Sehun pour la première fois. Le brun, portait une veste en jean par-dessus une chemise noire tandis que le roux avait emprunté un sweat capuche pourpre à l’autre. Il était bien à l’intérieur de celui-ci, le vêtement sentait l’odeur de Sehun, il était ample comme il fallait. Le brun avait décidé qu’ils iraient passer la journée ensemble. Ils entrèrent à l’intérieur du KFC, Luhan à la suite de Sehun. Ce n’était certes pas l’endroit rêvé pour un premier rendez-vous (c’était comme cela que Luhan le voyait), mais c’était déjà un grand pas. Ils s’installèrent à une table, l’un en face de l’autre. Le roux avait des étoiles dans les yeux, il avait tant rêvé de passer du temps avec celui qui faisait battre son cœur.

-      Mange le plus que tu peux. Dit le brun.

Le roux acquiesça. Il savait que l’autre essayait de prendre soin de lui au vu de sa minceur. Le petit prit le poulet fris entre ses doigts et le porta à sa bouche. Cela faisait si longtemps, qu’il n’était pas venu dans un endroit de la sorte. Sehun l’admirer manger avec un fin sourire. Il semblait satisfait. Lu Han rougit lorsqu’il croisa son regard insistant. Il se demanda s’il avait quelque chose sur le visage qui captivait tant l’autre garçon alors il s’essuya les lèvres avec un papier. Il est vrai qu’il pouvait manger comme un cochon, certaines fois. Sehun se contenta d’émettre un petit rire moqueur, puis bût son soda.

-      P-pourquoi tu te moques de moi ? Demanda le roux incertain.

-      Ne change jamais. Se contenta de répondre le brun.

Lu Han ne sut comment interpréter cette phrase. Elle était plutôt étrange. Au contraire, Lu Han désirait changer, se hisser au travers de ses démons et reprendre enfin confiance en lui. Mais, cela semblait si compliqué, il avait peur de tous les obstacles qui pouvaient se présenter sur sa route. Il préférait souffrir en silence quitte à broyer du noir chaque jour un plus.

Lu Han avait bien mangé, beaucoup trop mangé. Lui et Sehun marchait dans la grande rue piétonnes, l’un à côté de l’autre sans parler. Etrangement, ce n’était pas dérangeant, au contraire, cela était agréable. Même si, le roux préférait observer ses pieds plutôt que le monde qui l’entourait, aujourd’hui, il avait l’impression de respirer à nouveau. Soudainement, Sehun prit violemment sa main dans la sienne le rapprochant de lui, d’un geste vif.

-      Fais attention où tu marches, t’as failli te prendre le poteau en pleine face.

Lu Han avait les yeux grands ouverts, le cœur battant la chamade, il était choqué. Sehun tenait sa main dans la sienne. Il tenait sa main ! Le brun leva les yeux au ciel quand il le remarqua. Luhan était désespérant.

-      J-je suis désolé. S’excusa soudainement le roux.

Ses yeux étaient devenus larmoyant et ses frêles épaules tremblaient. Son visage était à l’abri des regards caché par la grande capuche du sweat. Il pouvait être transparent. Il ne l’était pas. Sehun soupira puis le prit doucement dans ses bras, faisant des gestes circulaires derrière son crâne.

-      C’est rien, ne pleure pas.

Sa voix était calme. Le roux osa soulever son visage afin de le regarder droit dans les yeux. Le brun avait une expression neutre ce qui rassura l’être chétif. Puis, un sourire naquit sur leurs lèvres, un sourire sincère, emplit d’innocence. Sehun déposa un chaste baiser sur les lippes de Lu Han.

Pour la première fois, il était réellement important.

Assis dans le cinéma, Lu Han avait la tête posée sur l’épaule de Sehun, leurs doigts étaient entrelacés. Lu Han ne pensait à rien. Il se laissait bercer, il se laissait aller sans réfléchir. Sehun ne disait rien, il se contentait de caresser l’arrière de la main du roux avec son pouce.

Lu Han était précieux.

Sehun était siens.

Ils étaient dans leurs bulles. Lu Han vivait son rêve aux côtés de l’homme qu’il aimait. Il respirait normalement, les anges volaient à l’intérieur de son cœur. C’était la meilleure journée de toute sa vie.

Mais, la fin de journée arriva rapidement, trop rapidement. Sehun avait raccompagné le roux chez lui. Lu Han devait réviser pour ses partiels avait-il dit.

-      Appel-moi, si tu ne vas pas bien.

Le brun embrassa le front du petit puis partit sans se retourner. Le roux était planté, le visage brûlant, le cœur palpitant. Lorsqu’il ferma la porte, il ne put s’empêcher de crier comme une adolescente, son cœur était gonflé à son maximum. Il était sur un nuage. Nuage éphémère.

Quand la concentration disparue, la fumée noire devint la plus présente. Il n’y avait plus de sourire niais, ni de sentiments d’excitation. Il n’y avait plus que les larmes, les cris, les images malsaines… Sans réfléchir plus longtemps, le petit prit son téléphone et appela le maître de ses pensées. Il n’attendit que quelques sonneries avant que l’autre décroche. Rien que d’entendre le bruit de sa respiration faisait de l’effet au roux.

Fou de lui. Il était fou.

-      Je pensais que tu allais m’appeler plus rapidement…

Lu Han renifla s’allongeant sur son lit, essayant de rester concentrer sur sa voix.

-      Je révisais.

-      Ça t’empêche de penser à moi, je ne sais pas si ça doit m’attrister ou me rendre heureux.

Lu Han sourit tristement.

-      Les deux.

Il pensait toujours à lui, en bien ou en mal, il le hantait.

-      Et toi, tu pensais à moi ? Demanda le roux, le rouge aux joues.

Le brun sembla réfléchir.

-      Je pense chaque secondes à toi.

Le petit se cacha sous sa couverture, était-ce vrai ? Etait-ce faux ? Il ne savait pas, mais il préférait que cela soit la vérité.

-      Petite chose, tu me rends dingue.

La voix de Sehun résonna. Lu Han avait des papillons dans le ventre… Une horde de papillons s’envolaient dans son estomac. Un sentiment des plus délicieux.

Il était siens.

Il n’avait plus peur.

Il s’endormit au son de sa respiration. Merveilleuse mélodie.