Chapitre 11

par Unknown L.

Chapitre XI

La vie est faite de désillusion. La vie est faite de désespoir, de larmes, de coup de couteau en pleins cœur. Elle n'est pas joyeuse, mais dévastatrice et étouffante. Lu Han voulait juste apprendre à souffler, à sentir l'air lui voler dans les cheveux et avoir la sensation d'être libre. La réalité était tout autre. Enfermé entre quatre murs, l'air lui manquait, les démons se moquaient de l'être faible qu'il représentait, ils lui vantaient ses défauts, ses faiblesses. Lu Han était un homme emplit de fragilité. Il se laissait porter par celle-ci refusant sans doute, d'ouvrir la grande porte craquelée face à lui. Il refusait de défaire ces chaînes qui l'empêchaient d'avancer, seul le sombre vivait dans son monde fait de souffrance et d'abandon. Il avait cessé de croire que le soleil brillerait à nouveau brisant ces vilains démons. Après tout, ceux-ci revenaient toujours à l'attaque, même lorsqu'il était au plus bas...au fond d'un trou sans fin.

LuHan reprit conscience à l'entente de tambourinement sur sa porte d'entrée. Il était tard. Mais, le roux n'avait plus rien à perdre... Il s'était perdu lui-même, il y a bien longtemps. Il ouvrit la porte qui grinça quelque peu et observa la silhouette face à lui. Son cœur se contracta à son maximum.

La vie est un grand voyage fait de désenchantement.

Il fut plaqué contre son seul échappatoire, retenu par une bête féroce contre son corps frêle. Leurs yeux se rencontrèrent ne se quittant plus, la pénombre rendant l'échange éprit d'intensité. Le roux pouvait sentir son sang afflué jusqu'à son organe vital qui lui menaçait d'exploser, la rage ayant pris possession de son être. Pourtant, il ne fit rien pour se dégager, il resta planté contre ce corps chaud, n'arrivant pas à briser leur contact visuel. L'autre sentait l'alcool, ses cheveux brun étaient en batailles et ses vêtements avaient dû être mis à la va-vite. Lui, se fichait de l'image qu'il pouvait bien renvoyer. Pour Lu Han, il restait parfait, peut-être un peu trop pour son bien. Ou était-ce sa santé mentale qui lui jouait des tours ? Qui sait, il avait certainement perdu la notion de ce qui était bien ou mal lorsque l'autre était concerné, ou bien, il n'avait jamais su le discerner. Lu Han frémit au contact de la paume de l'autre sur sa joue. Il arborait un sourire presque désolé, à moins que le roux se fasse encore des illusions. Il ne savait plus, il voulait juste disparaître. Le pouce de l'autre effleura sa pommette puis se posa délicatement sur ses lèvres entrouvertes.

- Respire. Dit-il d'une voix douce semblable à un murmure.

LuHan aura pu se briser en deux, rien qu'à l'entente de ses mots. Son souffle se mélangea avec celui de son vis-à-vis qui s'était rapproché, réduisant la distance de leurs deux visages.

- Je ne sais pas ce que je vais faire de toi.


Un rire moqueur avait terminé cette phrase tandis que ses lèvres avaient frôlées celles du frêle. Sa vue devint flou mais cela ne l'empêcha pas de garder ce contact qui réchauffait son être entier.

- Dis-moi quoi faire, et je le ferais.

LuHan voulait simplement lui dire de partir, de le laisser et de ne plus jamais l'approcher. Mais surtout, il voulait savoir pourquoi, pourquoi lui ? Pourquoi pas un autre ? Qu'avait-il de si amusant ? Qu'avait-il de si repoussant ? Que possédaient les autres que lui n'avait pas ? Les blessures qu'il lui avait infligées étaient là pour la vie entière... Son corps tremblant en était la preuve, la peur nouant son estomac, l'eau sur ses joues... Pourtant, rien ne sortit, du moins rien de tout cela... Sa présence impactait ses pensées plus que n'importe quelle drogue.

- E...Embrasse-moi... Prononça-t-il contre les lippes de son vis-à-vis.

LuHan n'allait pas bien, il devait avoir un problème mais au fond de son cœur quelque chose s'embrasa quand l'autre brisa la faible distance les séparant. Le roux eût l'impression d'être sur un nuage, son âme devait voler au-dessus du sol, si bien que ses jambes devinrent tremblotantes. Cette sensation de tomber dans le vide disparut dès lors au l'autre entoura fermement sa taille. Les battements de son cœur l'empêchèrent presque de respirer tant l'envie vivait à l'intérieur de son corps. Sans plus de cérémonie, il répondit à ce baiser chaste. L'autre avait des lèvres si douces, elles étaient enivrantes. LuHan entoura le cou de son vis-à-vis, collant parfaitement son corps maigrelet contre celui du dieu grec. Cela devait être un parfait rêve dont la fin n'était jamais la même. Lorsque l'autre se détacha pour reprendre son souffle, LuHan ouvrit ses paupières dévoilant ses yeux remplis de larmes. Il ne voulait plus jamais se réveiller. Sans plus attendre, il scella à nouveau leurs pétales de roses, mettant plus de passion dans leur échange le rendant presque fou.

Luhan devait être fou.

Ils s'embrassèrent maintes et maintes fois, sans se soucier de ce qui était bien ou pas. Le reste n'existait pas, eux-mêmes n'étaient plus les mêmes. L'alcool dans le sang de Sehun avait dû le rendre plus docile, mais ce n'était pas important pour LuHan... 
Cependant, dans cette vie qu'était la sienne, les démons n'étaient jamais loin...


Les mains du bruns devinrent plus entreprenante, tout comme ses lèvres qui avaient dévié sur le cou du frêle. C'était comme si, Luhan fût transpercé par un éclair, comme si cette bulle venait d'être percée par la réalité. La réalité était toujours décevante. LuHan pleura de désespoir repoussant l'autre qui se retrouva sur les fesses sur le sol. Le roux quant à lui, s'était recroquevillé sur lui-même, ses mains fermement attaché à sa chevelure.

- Laisse-moi. Répétait-il comme un mantra.

Sehun s'accroupit devant l'être pathétique qu'était LuHan. Il le souleva l'attrapant par ses cheveux, sans aucune douceur. Puis, comme toujours il avait ce regard supérieur, qui rappelait à LuHan qu'il n'était rien à ses yeux.

- Tu sais pourquoi tout le monde te trahi ? Fut sa question plus que rhétorique. Parce que tu n'en vaux pas la peine... Tu n'en vaux pas la peine LuHan.

Tu n'es rien Lu Han,

Personne ne t'aime.

Les gens comme toi sont laid à l'intérieur comme à l'extérieur,

Tu es simplement une victime qui mérite ce qu'on lui inflige.


Son corps percuta le sol, Sehun s'étant enfui dans la chambre laissant le frêle agoniser... Que pouvait-il faire ? L'autre avait sans doute raison à son sujet. Il méritait ces atrocités qui lui arrivaient. Il méritait que ses « amis » le trahissent. Baekhyun et Yixing ne feraient plus partis de sa vie, désormais il se retrouvait seul.

Seul contre lui-même.

Un nouveau jour débuta le soleil pénétrant à l'intérieur de l'appartement. LuHan n'avait que très peu dormi cette nuit. Sur le canapé, il avait laissé ses larmes couler, son cœur se briser un peu plus qu'il ne l'était déjà. Maintenant, assis en tailleur, un plaid recouvrant ses jambes, le jeune homme regardait le vide. Il ne remarqua pas que l'autre homme venait d'entrée dans le salon et l'observait de ses yeux à peine habitué à la luminosité. Le roux ne bougea pas lorsque l'autre prit place à ses côtés. Son cœur battait mais son corps était sans vie. Sehun s'allongea posant sa tête sur la cuisse du roux ne brisant pas pour autant le silence. LuHan observa le brun qui avait les yeux fermés, et fut surpris de constaté qu'il ne portait que sa simple robe de chambre. Sehun prenait définitivement ses aises... Mais que pouvait-il faire contre ?

- J'ai mal à la tête. Se plaignit le brun d'une petite voix presque enfantine tout en se redressant.

Il fronça des sourcils montrant son mal être au frêle qui se contenta d'observer sans rien dire. Qu'attendait-il de lui ? L'autre fit la moue croisant ses bras devant son torse, comme s'il était contrarié.

- Je croyais que tu faisais un minimum attention à moi, faut croire que je ne t'ai pas assez puni ces derniers temps.

LuHan frissonna et daigna enfin prendre la parole.

- Qu'est-ce que tu veux ? Demanda-t-il d'une faible voix.

- Un médicament et à manger. J'ai la dalle.

Le roux hocha sa tête ne voulant pas mettre Sehun en colère. Il se dirigea ensuite lentement vers la cuisine, cherchant un médicament puis il mit des céréales dans un bol avec du lait. Les yeux du brun s'illuminèrent à la vue de la nourriture, cette vue étira un sourire sur les lèvres du frêle. Il posa le tout sur la table basse, un coup de chaud ayant pris possession de son être quand la main de Sehun effleura la sienne. Le plus grand avala le médicament avec un peu de lait.

- Merci, mais tu ne manges pas ?

Pourquoi est-ce que Sehun était à ce point incompréhensible ?

- J'ai déjà mangé.

Le brun leva les yeux au ciel.

- Et tu penses que tu peux me mentir comme tu le fais ?

LuHan se figea.

- Tu peux mentir aux autres comme tu veux mais pas à moi.

Le roux baissa la tête, honteux.

- Mange, j'ai plus faim. Fit le brun tout en se levant du canapé.

Parfois, LuHan se demandait ce qu'il se passait dans sa tête, mais il aimait croire que Sehun tenait à lui. A cette idée ses joues s'empourprèrent, peut-être que Sehun l'aimait bien ? Quand les démons prenaient place dans son esprit, la réalité parfois semblait plus agréable... Il mangea les céréales avec la cuillère que le brun avait touchée, se remémorant leur baiser de la veille... Etait-ce normal que son cœur fasse des siennes ? Peut-être que non, mais cette sensation était agréable et LuHan se devait d'apprécier ces moments ou la douleur était surpassée par le bonheur.

LuHan toqua à la porte de sa chambre mais n'obtenu aucune réponse. Il prit alors une grande inspiration et ouvrit la poignée, dévoilant Sehun qui était allongé sur le lit, occupé à mirer son smartphone. Le roux se racla la gorge de façon à ce que l'autre daigne lui donner un minimum d'attention. Le frêle s'en était voulu que l'autre ne mange pas par sa faute alors il lui avait préparé un bon plat de ramen au kimchi, et il y avait rajouté quelques légumes. Il marcha jusqu'au brun qui essaya de garder contenance mais intérieurement il avait simplement l'air de saliver. Le roux, lui offrit un sourire timide et posa le plateau sur la table de chevet. Tout cela sous le regard persistant du grand.

- Je suis désolé pour tout à l'heure...alors je t'ai préparé un repas, je me suis dit que ça te ferait plaisir. Dit-il en grattant l'arrière du crâne, la tête baissée.

Le brun ne répondit pas, à la place il se jeta sur le plat comme un affamé. LuHan quant à lui, resta debout à mirer ses pieds et à écouter le bruit que faisaient Sehun quand il mangeait. Il ne savait pas ce qu'il attendait vraiment, mais rester là à entendre Sehun apprécier ce qu'il avait fait lui réchauffait le cœur.

- Tu ne vas pas rester planté là, à me regarder manger. Assis-toi. Lui ordonna-t-il.

Luhan exécuta l'ordre sans broncher. Il s'assit aux côtés de Sehun, les mains jointes et les joues rosées. Son regard se posa discrètement sur l'homme à ses côtés contemplant ses moindres faits et gestes. La manière dont il aspirait ses nouilles était si sensuelle que Luhan eût du mal à déglutir. De sombres pensées envahirent son esprit, réchauffant son corps d'une douce chaleur succulente. Cela en devint presque insupportable. Une légère bosse s'était formée entre ses cuisses qu'il essaya de cacher avec ses mains. Il ne voulait pas que l'autre le remarque et subir d'autres humiliations. Cependant, il fallait croire que Sehun l'observer lui aussi.

- Je te fais de l'effet petite chose.

LuHan devint aussi rouge qu'une tomate.

- N-nan c-c'est p-p-pas vrai. Balbutia-t-il.

Sehun esquissa un sourire sincère tapotant le crâne du roux.

- Retire tes mains et voyons si ce n'est pas vrai. Le défia le brun.

LuHan secoua la tête, bien trop honteux. Sehun se contenta de rire puis finit de manger ce parfait repas.

Plus tard, quand il eut fini, il se tourna vers Luhan rapprochant leur deux corps.

- Merci pour ce repas, mais tu n'es qu'à moitié pardonné.

Luhan frissonna se demandant ce qu'il pouvait bien faire pour se faire entièrement pardonner.

- Allonge-toi.

Le palpitant du roux s'accéléra tandis qu'il s'allongeait. Sehun fit de même plantant ses sombres iris dans celles du frêle. Puis, surprenant le roux il posa délicatement sa main sur sa joue, la caressant tendrement comme si l'alcool dans son sang ne s'était jamais évaporé. Luhan ferma les yeux se lançant bercé par cette douceur soudaine. C'était comme s'ils étaient un jeune couple. A cette idée le cœur de LuHan s'emballa, il aurait tant aimé que ce soit le cas...

Lorsqu'il rouvrit ses paupières l'autre avait retiré sa main de sa joue préférant la mettre sous son t-shirt. Ses doigts firent des gestes circulaires sur sa taille, hérissant les poils du corps du petit. Celui-ci ne savait plus s'il devait apprécier ce réconfort ou bien se mettre à trembler de peur... Il était perdu entre la réalité et ses sentiments, entre pleurer ou gémir de plaisir, entre s'enfuir ou bien rester.

Sehun réduisit la distance entre leur deux corps et huma la peau du frêle, la léchant au passage. Luhan gémit à ce contact, gigotant sous le corps du grand. Le brun dégusta la peau du roux sans retenue, se délectant des somptueux bruits qui sortaient de sa délicate bouche.

Luhan avait l'impression d'être important. A ses yeux, il avait certainement une certaine importance même infime soit-elle. Pourquoi serait-il venu chez lui après avoir fait ce qu'il avait fait ? Sehun devait l'avoir regretté, LuHan en était sûr. Sehun l'aimait bien. Un sourire satisfait élu domicile sur ses lèvres roses. L'autre avait lentement descendu sa main vers une zone au sud empoignant à travers le jogging du frêle sa virilité.

LuHan retint sa respiration. La main de Sehun frottait cet endroit avec précision et insistance, son regard perdu sur le faciès du soumis. Celui-ci était devenu une âme errante rejoignant le sombre qui l'engloutit sans prier garde.

LuHan était à sa merci.

Luhan était désorienté sur un chemin infréquenté par les esprits saints.

Il s'était fait fourvoyer par cet homme. Cet archétype d'un prince des ténèbres.

LuHan gémit les larmes aux yeux, incapable de se contrôler car la vie était ainsi faite. On ne pouvait renier ce que l'on était vraiment.

Il souffrit en silence, assaillit par la flamme du souvenir.

« Your only limit is You »

 

Une nouvelle semaine débuta. Le temps reprit son cours au plus grand désarroi du roux. Il n'avait plus la foi de faire comme si tout allait bien. Il ferma sa porte à clé, Sehun à ses côtés puis le suivit jusqu'à sa voiture. Il s'assit essayant de se vider la tête du mieux qu'il le put tout en regardant le paysage défiler. Lorsqu'ils arrivèrent sur le parking de l'université, Luhan soupira mais cela Sehun n'en avait que faire. A vrai dire, il avait autre chose dans la tête.


- Passe-moi tes clés. Dit-il.

Luhan écarquilla les yeux ne comprenant pas pourquoi l'autre lui demandait une telle chose.

- Passe-moi tes clés je t'ai dit !

LuHan lui passa ses clés d'appartement, ne voulant pas s'attirer les foudres de l'autre.

- Attends-moi à la bibliothèque après tes cours, je viendrai te chercher.

Lu Han baissa la tête prenant conscience qu'une fois sortit de la voiture, il reverrait ces deux énergumènes, ces traitres. Il n'était pas prêt. Lu Han était un lâche qui préférait fuir plutôt que d'affronter ses problèmes. Après tout, fuir était une meilleure solution, de son point de vu. Quel homme misérable était-il.

- Je n'ai pas envie d'y aller. Dit le roux d'une petite voix hésitante.

- J'en ai rien à faire de savoir ce que tu as envie de faire, tu vas aller en cours et arrêter de pleurer pour rien. Répondit l'autre d'un ton ferme.

- Mais...

- Sors de la voiture !

Le roux ouvrit la portière se confrontant au monde réel. Il marcha, la tête baissée jusqu'à sa salle de cours, le sol étant beaucoup plus intéressant. Tout était plus intéressant que de regarder le visage des gens, ou de sentir leur regard sur soi. LuHan aurait tant aimé être invisible. Mais, cela était impossible. On ne pouvait devenir entièrement invisible aux yeux du monde. Même si, les cours étaient intéressants, le roux pouvait sentir ces regards insistant derrière sa tête. Il avait tant cru que la véritable amitié existait, il avait tant cru qu'à son âge les gens étaient plus matures et responsables, ce n'était guère le cas. Même à son âge, les gens restent immatures et sans scrupules. On pense que les gens sont nos amis mais, ils ne réfléchissent pas une seule seconde avant de vous planter un couteau dans le dos. C'est ainsi que le temps est fait, il nous permet de mettre en lumière la vraie personnalité des gens. Ils ne sont jamais ceux qu'on imaginait réellement. Souvent, ils nous déçoivent, car on a trop souvent tendance à voir le bon côté de ces personnes, du moins Lu Han était comme cela. Il avait toujours pensé que Baekhyun était quelqu'un de bien malgré son extravagance, mais l'autre l'avait déçu, et cette déception était beaucoup plus douloureuse que pour Yixing. Yixing après tout n'était que le garçon calme, on n'arrivait pas vraiment à le cerner. LuHan se demandait comment il avait pu faire pour lui faire confiance. Il était sans doute trop bon et trop con. A présent, il pouvait avancer, seul certes, mais plus sainement. Cependant, comment pouvait-on avancer seul sans avoir envie de se retourner ? Lu Han était effrayé à l'idée de faire un pas sur cette nouvelle allée. Serait-elle plus agréable ? Serait-elle plus belle ? Ou bien, était-il dévastatrice ?

« Je suis seul. Je suis libre. Tout va bien, tout va bien... tout va bien. » Il essaya de se convaincre alors qu'en réalité, il pensait tout le contraire...

La journée fut éprouvante. Chaque jour était éprouvant. Rien n'allait, tout lui échappait et il ne pouvait rien y faire. Tout s'écroulait autour de lui, l'excluant du monde. Qui voudrait de lui ? Lu Han était répugnant. Il était laid, personne ne l'aimait, il n'était rien, il ne l'avait jamais été.

Lorsqu'il fut dans la bibliothèque, il s'empressa de trouver un coin reculé et tranquille. Il s'assit, seul, son carnet de note devant lui. Qu'est-ce qui n'allait pas chez lui ? Pourquoi tout le monde le blessait ? Peut-être qu'il le méritait, peut-être qu'il n'avait jamais été aimé, et qu'on lui avait toujours menti, il ne pouvait être sûr de rien. Sehun avait été l'élément déclencheur de tout ce cataclysme, pourtant, à lui, il ne lui en voulait pas, ou peut-être que si, un peu, rien qu'un petit peu. Il n'avait plus personne à qui se confier hormis lui-même, lui dans sa bulle de malheur.

« Je ne suis rien. Je ne vaux rien. Je suis un moins que rien. Je mérite de souffrir et d'être détester. Les gens comme moi ne devraient pas exister, ils devraient être enfermés et être maltraités. Leur sang devrait couler sur leur bras entaillés et leurs larmes ne jamais cesser de sortir de leurs yeux rougies par la culpabilité d'être des monstres de la société. »

Lu Han avait trouvé ce qui le décrivait le mieux. Il était un monstre. Tout était plus clair maintenant à ses yeux. Il ferma son carnet et lâcha son crayon sur la table. Les monstres sont exclus car ils sont différents des autres. Le roux était seul parce qu'il en était un. Personne n'aimait les monstres... Une larme roula sur sa joue à cette réalité. Il avait compris maintenant. Baekhyun et Yixing l'avaient quitté car ils ne voulaient plus faire semblant d'apprécier quelqu'un comme lui... Tout était clair. Il sécha ses larmes, admirant un point invisible face à lui, le cœur vide.

- T'es le parfait cliché du mec sans ami qui a peur du monde. Sortit une voix grave derrière lui.

Il se retourna admirant cet homme. Le seul qui lui donnait de l'importance. Le seul qui comptait à ses yeux. Mais pourquoi ne l'abandonnait-il ? Est-ce qu'il comptait le faire un jour ? Lu Han ne voulait pas penser à cette possibilité, Sehun n'oserait pas faire ça n'est-ce pas ?

- Arrête de penser et lève-toi, je n'ai pas que ça à faire.

Lu Han rangea ses affaires et suivit l'autre jusqu'à sa voiture. Comme d'habitude, il observa le paysage défiler, l'esprit tourmenté, mais plus léger que pendant la matinée. Cependant, il constata bien vite qu'ils ne prenaient pas le même chemin que d'habitude.

- On...on...

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que l'autre lui avait simplement fait signe de se taire. Il se tut alors, attendant avec une boule au ventre leur destination. Lu Han reconnut assez vite leur destination : l'habitation de Sehun. Cela n'annonçait certainement rien de bon.

Comment pouvait-on respirer quand quelqu'un contrôlait nos pensées ? Lu Han se posait la question alors qu'il criait, l'autre le tenant fermement par son poignet. Il le trainait comme un vulgaire animal derrière lui, lui lançant des regards noirs que le roux préférait ignorer. A ce moment précis, il n'arrivait plus à respirer. Sehun le fit violemment tomber dans l'entrée de son appartement.

- Je ne veux pas rester ici ! Laisse-moi partir !

Les larmes de Lu Han n'arrivaient jamais à apaiser sa peine. Ses larmes ne faisaient pas écho sur le cœur de Sehun. Le jeune homme le tira par les cheveux jusqu'à sa chambre, ignorant toujours ses gémissements de douleur.

C'est comme cela que les coups s'enchaînèrent sur son corps frêle. Peut-être que son esprit allait s'envoler au ciel grâce à Sehun. L'autre lui donnait des coups de pieds dans l'estomac sans s'arrêter comme s'il attendait que le faible, l'implore d'arrêter. Mais comment pouvait-il ne prononcer ne serait-ce qu'un seul mot quand finalement la seul douleur qu'il ressentait était celle de son cœur ?

- Je fais tout pour toi et c'est comme ça que tu me traites ! T'es qu'une pauvre petite merde Lu Han !

Lu Han rampa jusqu'au toilette et vomit tout ce que son estomac contenait, le cœur aussi lourd qu'une pierre. Le corps aussi meurtrit que son esprit tourmenté. Néanmoins, derrière toutes ces atrocités se trouvait une lumière bien plus apaisante, le regard de Sehun dans le sien.

Luhan était un monstre.

Sehun était là pour le punir et lui imposé ses lois.

Lu Han était là pour obéir.

Le sombre le gagna, l'apaisant, ainsi il ne pensait à rien. Le temps s'étant comme arrêté, juste le temps d'un instant. Il s'était évanoui après cette pluie de coups. Son corps devait être rempli d'ecchymoses, mais c'était de sa faute, il n'aurait pas dû crier. Il n'y avait plus d'espoir pour lui.

Lorsqu'il ouvrit ses paupières, il faisait sombre tout autour de lui, mais il n'était plus dans les toilettes. Non, il était sur un lit, torse nu, Sehun ayant sa tête posée sur son épaule. Il semblait admirer son chef d'œuvre, redessinant les moindres détails de celui-ci du bout des doigts.

Parfois les regards voulaient tout dire. Parfois ils n'exprimaient rien. Sehun était une page blanche. Il était sans expression et indéchiffrable. Son regard n'exprimait aucune pitié. On ne pouvait pas savoir ce qui lui était passé par la tête, et pourquoi il faisait telle chose. Là, il avait le regard plongé dans celui de LuHan qui était effrayé par sa présence.

- J'ai pris des affaires à toi ce matin, c'est pour ça que j'ai pris tes clés. Prononça-t-il. Tu vas rester un peu ici jusqu'à t'être fait entièrement pardonné de ton comportement inacceptable. Lorsque j'aurais décidé que les choses iront mieux tu pourras retourner chez toi.

Luhan ne put répondre. Il ne savait pas quoi dire. Il savait qu'être ici allait l'enfermer un peu plus dans ce monde atroce. Sehun n'allait certainement plus l'épargner. Et, LuHan se demandait jusqu'où il irait la prochaine fois... Ces coups n'étaient qu'un avant-goût il en était sûr et certain.

Ce n'était que le début d'une tourmente sans fin.