Chapitre unique

par latikadawson

«-Mais matez moi son cul… Hum… Une merveille.

-Putain, et regarde sa bouche, je suis sûr que ça ferait une parfaite petite suceuse !

-Il est vraiment canon ce mec, bordel. »



Une tronçonneuse ? Non, pas discret. Alors une hache peut-être ? Hum… Trop de giclures. Oh ! Un katana ! Propre, net, léger et on en a un à la maison en plus de ça… Ouais, un katana c’est plutôt pas mal. Allez, emballé c’est pesé ! Hum… Je vais tous les tuer. Sehun en tout premier, et bien lentement pour faire durer le plaisir, puis je continuerais avec l’autre imbécile de Jongin avant de trancher ce pervers de Luhan en morceaux. Ouais… Je vais faire ça. Je suis un génie.



«-Tu es sur qu’il est gay ?

-Ah oui ! T’as vu ses manières ! En plus il parait qu’il… S’amuse… Avec un dernière année dans les chiottes du bahut. »



Bordel. Comment ça se sait ça ? C’était discret pourtant… Pas assez on dirait. Ils rigolent et moi je ne sais pas ce qui me dérange le plus, le fait qu’ils le matent avec de la bave aux coins de leurs rictus moqueurs ou qu’ils en parlent comme d’un objet. La jalousie me brûle pendant que je me noie sous la colère.



«-Ouh… Un dernière année ? Je le connais peut-être alors…

-Pourquoi Luhan ? Tu voudrais te joindre à eux ?

-Pourquoi pas…

-En tout cas moi je le mettrais bien dans mon lit.

-Toi, Jongin ? Je ne savais pas que c’était ton genre… T’as des envies de Yuke ou quoi ?

-Hum… J’sais pas, je pense que je me laisserais bien dominer par un grand mec de son genre… »



Je me tends, je surchauffe. Oh… Sehun, ferme ta gueule avec tes questions ou je vais exploser.



«-Ah ouais ? »



Putain… Il ne la ferme pas…



«-Bah carrément, ce mec est bandant, tellement putain de beau ! »



Je boue. C’est fini. Je lâche un grognement de rage, les trois me regardent, étonnés.



«-Bah Yifan, y’a un truc qui va pas ? »



Oh Sehun est bientôt mort. T’aurais mieux fait de fermer ta gueule mon pote. Je m’avance vers lui, l’attrape par le col de l’uniforme et le plaque presque contre moi.



«-Yah ! Il t’arrive quoi, là ? C’est le fait qu’on parle de… Tao qui te met dans cet état ? »



Il me lance un petit sourire, comme un rictus moqueur que je voudrais bien lui faire ravaler, et moi, un regard noir. Il arrête de rire, il a compris que je ne plaisantais pas. Sehun a beau être mon ami, ma situation a beau être secrète et mon homosexualité, cachée, là je craque. Je penche ma tête sur le côté, mes doigts toujours crispés sur sa chemise, j’approche ma bouche de son oreille jusqu’à ce que mon souffle tape sur sa peau, il se tend. D’un coup d’œil je remarque que Tao a arrêté ce qu’il faisait pour nous observer. Je détourne rapidement le regard, ne voulant pas être détourné de ma colère pour jouer les amoureux transis et me met à murmurer.



«-Déjà, il s’appelle Zitao, pas Tao. Tao, il n’y a que moi et uniquement moi qui puisse l’appeler ainsi, compris ? Ensuite, pour répondre à toutes vos questions, oh que oui… Son cul est une merveille, sa bouche est une merveille et comme tu dis, c’est une parfaite petite suceuse. Oui il est beau, oui il est bandant et vous ne savez même pas à quel point il l’est encore plus sans un seul vêtement, nu, tremblant et gémissant sous mes coups de reins, me suppliant de m’arrêter tout en m’hurlant d’aller plus fort, plus loin, de ne surtout rien stopper. C’est aussi un parfait dominant, qui est capable de manier une brute comme moi, c’est vous dire à quel point il peut être bon. »



Je lâche le col de Sehun, qui reste la sans bouger, la bouche ouverte. Personne ne parle et alors que je commence à m’éloigner, je continue.



«-Au fait, Luhan, oui, tu connais ce dernière année puisqu’il s’agit de moi. Seulement jamais tu ne nous rejoindras. Jamais aucun de vous n’auras ce que j’ai moi, Jongin, ne rêve pas, tu ne l’auras jamais dans ton lit, aucun d’entre vous ne le verras comme je peux le voir et jamais il ne gémira le nom d’un autre. Alors arrêtez de matez mon copain, il m’aime, je l’aime et il m’appartient. Je me casse, vous m’avez soulé bande d’obsédés. »



Après ça, et non sans leur avoir lancé un dernier regard noir, je les laisse en plan et me retourne. Je m’éloigne vers la sortie de l’université lorsque j’entends des pas précipités derrière moi et que mon nom résonne dans la cour. Je m’apprête à me retourner mais mon assaillant est plus rapide, je sens sa main à lui s’emparer de mon poignet.



«-Yifan… »



Il se place face à moi et me regarde avec de grands yeux, son visage inquiet est tellement mignon que je sens toute ma rage me quitter définitivement. Tu es tellement adorable mon panda…



«-Je t’ai vu te disputer avec tes amis, tu vas bien ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ? »



Il s’affole, c’est tellement mignon que j’en oublie que je dois lui répondre. Devant mon manque de réaction il me secoue le bras et moi je fais quelque chose que je n’ai jamais fait ici, ni même dans aucun lieu public, je le tire contre moi et l’enlace.



«-Yi-yifan ? »



Il reste sans bouger, stoïque, alors que je le sers plus fort contre moi.



«-Zitao… Je t’aime. »



Je sens doucement ses bras se placer timidement autour de mon corps, il n’ose pas. C’est de ma faute.



«-Mais… Yifan, tu avais dit que tu ne voulais pas que… Enfin… Tu ne voulais pas que les gens saches que toi et moi et que… Que tu es gay. »



Je desserre lentement mon étreinte avant de monter une de mes mains à sa joue. Mon front se pose contre le sien, il se détend doucement et je sens son souffle chaud contre mes lèvres. Je me sens tellement désolé envers lui d’avoir voulu nous cacher, je me sens surtout en colère contre moi-même en réalité. Je veux que tout le monde sache qu’il est avec moi, je ne veux plus qu’on pense qu’il soit célibataire, Huang Zitao est à Wu Yifan.



«-Je… Si tu le veux bien… ça n’a plus d’importance mon ange. »



Ses yeux s’ouvrent un peu plus grand et un magnifique sourire nait sur ses lèvres.



«-C’est tout ce que je veux. »



Doucement, il ferme les yeux, alors je prends ça comme une invitation et lentement, je dépose ma bouche contre la sienne. Plus rien ne compte, ni les étudiants dans le campus, ni mes trois imbéciles d’amis qui doivent être choqués, ni même ma réputation ou une quelconque autre connerie du genre. Juste lui, il n’y a que lui qui compte pour moi, maintenant et toujours et aujourd’hui je me rends compte que ça fait longtemps que j’aurais dû dire aux autres et montrer aux gens, que je l’aime.

J’aime Huang Zitao, il m’aime aussi, et plus jamais ça ne sera un secret.





«-Tu crois pas qu’on a été un peu loin ? »



Luhan regarde ses amis, légèrement inquiet. L’un des trois garçons, un sourire satisfait collé au visage, tourne son visage face au sien.



«-Mais non Lulu, regarde-moi les ces deux-là, c’est tout ce Zitao désirait.

-Ouais mais bon, j’espère que Yifan va pas nous faire la gueule trop longtemps… Et s’il apprend que c’est Zitao qui nous a demandé de faire ça ?

-Ne t’inquiète pas, va, regarde le, il a déjà du oublier tout ce qu’on a dit et dans tous les cas, il nous en voudra pas. »



Luhan reporte son attention un peu plus loin, en effet, Yifan a surement l’esprit ailleurs…



«-Oh… Il sait que s’il continue comme ça le dirlo va les mettre à la porte pour trouble de la vie publique ? »



Sehun et Luhan explose de rire, leur ami, quant à lui, ne fait pas un bruit. Sehun reprend la parole, toujours hilare.



«-N’empêche, j’aurais jamais pensé que Yifan irait aussi loin dans ces propos !

-M’en parle pas, j’en ai presque eu la trique !

-Putain, t’es vraiment un pervers Luhan !

-Non, je suis gay et ado ! C’est les hormones et le manque, c’est différent !

-Ah ? T’es en manque ?

-Arrête tout de suite de me regarder comme ça Sehun. Je ne vais certainement pas coucher avec toi.

-C’est ce que tu dis… Moi je te promets que dans le mois qui vient je t’aurais déjà mis dans mon lit plus d’une vingtaine de fois. »



Alors que le chinois rougit violement, un couinement désespéré de Jongin les sort de leur discussion.



«-Jong ? Ça ne va pas ?

-J’ai… J’ai dû dire que je voulais me faire dominer ! »



Fou rire général.





« -Finalement ce n’était pas si dur de montrer aux autres que tu m’aimes…

-De quoi tu parles Zitao ?

-Oh… rien. On y va ?

-Oui, allons-y. »



Non, c’est vrai, ce n’était pas si dur que ça. En même temps, je t’aime tellement…