Chapitre 1 : Stay strong

par Gaïa-sama

L’injustice appelle l’injustice ; La violence engendre la violence



CHAPITRE 1 : Stay strong.



Entrainé depuis l’âge de 6 ans, Taekwondo, Aïkido, Karaté, tous ces arts martiaux qui ont guidés ma vie… Moi c’est Kai, la terreur du quartier de Gangnam, fils du chef du gang le plus violent et le plus riche de la mafia. J’ai ma propre bande, on attaque toujours en équipe, jamais un tout seul. Chacun des membres qui compose mon gang est comme un frère pour moi, on a grandi ensemble, vécu des choses qui nous on liés… Pour rien au monde je les trahirais.

La vie a toujours été dure, pour chacun d’entre nous. On voit, chaque jour, nos pères partir de la maison sans savoir s’ils vont revenir. J’ai vu ma mère mourir d’inquiétude, mes frères, tous plus grands que moi, partir de la maison et revenir couvert de sang, et pas toujours le leur. Voilà comment est ma vie… Bercée par les cris de douleur, le sang et l’inquiétude.

Ce style de vie m’a appris que la violence n’est pas quelque chose de grave, le sang pas quelque chose de sale et que la mort est une fin heureuse. L’indulgence ? Connaît pas. La peur ? Connaît pas. Est-ce que la vie avait été indulgente avec moi ? Et est-ce qu’elle m’avait vraiment donné le droit d’avoir peur ? Non, je ne crois pas.



Je me levais doucement de mon lit, quelques blessures d’hier soir restaient encore un peu douloureuses mais je faisais avec. Je vis quelques appels manqués de mon meilleur ami, mais je décidais d’aller à la douche avant de le rappeler… A tous les coups il voulait que je vienne l’aider quelque part.

J’ouvrais l’eau chaude et m’appuyais contre la paroi de la douche. L’eau qui coulait sur mes blessures me faisait un mal de chien, je me dépêchais donc de finir cette torture et sortait. Je mis un pantalon assez serré, noir enduit, un débardeur assez long, noir uni et par-dessus ma veste en cuir fétiche. Je me regardais dans le miroir en face… Heureusement, je n’avais pas de blessures visibles au visage, sinon mon père m’aurait tabassé. Je passais vite fait ma main dans mes cheveux, leur donnant une forme un peu désordonnée, mais assez stylée puis j’allais prendre mon téléphone.



Je raccrochais et courais dans le couloir, m’arrêtant 30 secondes pour enfiler mes chaussures et mettre une casquette sur la tête puis partais vers le QG le plus rapidement possible. Quand Tao disait qu’il y avait urgence, c’est que c’était vraiment grave. J’arrivais dans l’embrasure de la porte et les vis tous assis.



Le blond debout qui n’arrêtait pas de se passer la main dans les cheveux, c’était Tao, mon meilleur ami. Ensemble depuis qu’on est né, Tao était le fils d’un mec de la bande à mon père. Il avait un niveau en art martiaux au moins 10 fois plus élevé que moi, mais sa force physique étant moins importante, je restais toujours plus fort que lui. Toujours habillé en noir, des chaines aux poignets ou accrochées au pantalon, il avait l’habitude de souligner ses yeux d’un trait noir discret pour le rendre plus dur.

Assis en face, le grand mec blond, c’était Kris. Il disposait d’une vitesse de course incroyable, d’une force imparable mais manquait cruellement… De sérieux. Oui je sais, quand on le regarde comme ça, on dirait que c’est le plus effrayant mais en fait c’était un vrai boulet. Il ne devenait sérieux que quand on touchait à Tao.

A droite de Kris, Suho. Le plus effacé de la bande, mais surement le plus intelligent. C’est lui qui trouvait les points faibles de gars en face et nous les transmettaient pendant le combat d’une manière assez… Etrange, pour pas qu’ils comprennent et change leur technique. Suho préférait, la plupart du temps, s’éclipser du combat après nous avoir fait part de ces points faibles, mais quand ça devenait trop dur ou trop sérieux pour nous il accourait et devenait vraiment violent.

A ses côtés se trouvait Lay. Il était froid, distant et pas franchement drôle, mais il avait un grand cœur et était toujours prêt à aider si quelqu’un était dans le besoin. Il était sculpté comme un dieu et un seul de ses coups pouvait en mettre 2 à terre. Son protégé c’était Suho, malheureusement, les autres gars ne le savaient pas. Plusieurs sont morts à cause de ça…

Et enfin, assez reculé dans la pièce, le pire juste après moi, Sehun. Ce mec était juste sans pitié. Quand il frappait, c’était dans les pires endroits directement. Pas de coups au hasard, que des coups bien placés. Si quelqu’un tentait de lui faire vraiment mal, il prenait un malin plaisir à le torturer jusqu’à ce qu’il crève. Mais oui, il était toujours moins pire que moi…

Moi, je m’énervais très vite. Dès que j’étais énervé, j’étais lancé, plus personne ne pouvait m’arrêter. Je pouvais me prendre des tonnes de coups puissants qui mettraient n’importe qui à terre, des coups à la tête, saigner à en perdre tout le sang de mon corps, je n’arrêtais pas tant que le dernier n’était pas fini. Je ne sais pas d’où je tirais ma force, mais ça me convenait.





Je m’assis à côté de Lay et attendais de voir ce que Tao avait à dire.





J’entendis Sehun grogner quelque chose par rapport à sa torture, puis il se plaça devant Tao.





Tao me regardait avec grands yeux, alors que les autres commençaient à se lever pour aller faire autre chose. Je restais sur le canapé, et comme je m’y attendais, Tao m’y rejoignis.





Je l’entendis soupirer et le vis partir sur la pile de matelas qui jonchait le sol. Le QG était en fait un entrepôt industriel où on avait décidé d’installer quelques trucs… Des matelas à foisons pour se poser, de la musique, des paniers de basket, et le plus important un carré réservé aux combats. Sans vraiment chercher à se faire mal, on adorait s’entrainer entre nous. Exploitant les faiblesses ou les forces des autres, c’était vraiment enrichissant.



Je mis de la musique et tira Tao jusqu’au carré, un sourire aux lèvres. Il se plaça devant moi, d’abord un peu perdu, puis plongea son regard dans le miens, un rictus s’étant placé sur ses lèvres.





Je connaissais les gestes de Tao par cœur, et je sais aussi qu’au vu de sa force inférieure à la mienne et sa résistance ridicule, je gagnerais. Je vis ses pieds bouger vers la droite, je savais donc qu’il allait frapper à gauche, ses yeux me regardant intensément, il allait frapper sur le visage. Ça n’a pas loupé, j’arrêtais son bras lui fit faire un tour sur lui-même et fit passer Tao par-dessus mon épaule. Mais il fit un geste que je n’avais pas prévu, une fois par terre, il me balança un coup de pied dans le bas du dos, tapant sur une blessure d’hier et me faisant tomber les deux genou au sol. Je laissais échapper un cri, mais me releva tout de suite pour flanquer un coup de poing dans le ventre de Tao. Je vis que Tao allait répliquer, quand il s’arrêta net.





Je baissais les yeux et vis du sang sur le sol.





Je m’avançais vers lui, enlevant mon tee-shirt en même temps. Lay était toujours celui qui guérissait nos blessures, que ce soit physiques ou morales d’ailleurs. Je m’asseyais en face de lui et attendis qu’il nettoie tout ça.





J’adorais les tatouages. Non sérieusement, j’en avais seulement trois : le premier étant celui du gang, on avait tous le même, au même endroit. C’est un sigle représentant un E, un X et un O imbriqués. EXO, c’est le nom de notre gang. Et il était sur mon torse, juste au-dessus des pectoraux. Le deuxième est une écriture « Hope » sur l’intérieur de mon poignet et enfin, le dernier est une croix inversée sur tout mon dos, de la nuque au bas du dos.

Alors que Lay allait finir de me soigner, on entendit trois coups à la porte. Tao se chargea d’ouvrir et on tombait sur un gigantesque mec, les cheveux un peu en batailles et les oreilles décollées. Il me regarda longtemps, louchant presque sur mon torse nu et se décida à parler.





Je rigolais au ton qu’il avait employé. Volontairement mauvais, on sentait qu’il venait de forcer pour paraitre plus effrayant qu’il ne l’était. Je me levais et m’avançais vers lui, collant presque mon visage au sien et murmurant :

Je le vis pâlir, mais il ne recula pas.

Je le vis serrer les poings, plisser les yeux et s’avancer lentement vers moi. Je ne bougeais pas, il allait faire quoi ? M’attaquer juste pour ça ? Je me mis à rire quand je le vis avancer un poing plutôt lent dans ma direction. Je l’arrêtais, maintenant son poing dans ma main.

Sur ces paroles, je lui mis un coup de genou qui lui arracha un léger cri. Suho me tira en arrière puis releva l’homme aux oreilles décollées. Il l’amena vers la sortie en s’excusant pour le coup que je venais de lui donner, ferma la porte et se retourna vers moi.

J’entendis Sehun rigoler et il me mit une petite tape sur l’épaule.

Je m’approchais rapidement de lui, prenant sa tête entre mes mains et déposant mes lèvres sur les siennes. Sehun adorait qu’on l’embrasse, pour lui c’était aussi commun et banal que de se serrer la main… Mais je ne sais pas pourquoi, il détestait quand c’était moi !

Je sentis un poing s’écraser dans mon ventre et décidais de lâcher sa tête. Je me reculais en rigolant, essuyant ma bouche d’un revers de manche.



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On arrivait dans le parc le plus malfamé de Séoul, attendant un gang qui nous en voulait pour être plus fort qu’eux. C’était souvent le cas, le soir, beaucoup nous provoquaient pour qu’on viennent se battre avec eux, et qu’ils puissent prouver qu’ils sont plus fort. Malheureusement pour eux, ils perdaient toujours.

Un groupe d’environ 10 personnes se dessinait au loin. Les batards… On était 6 et ils se ramenaient à 10… Ils s’arrêtaient à quelque pas de nous, le leader me regardais avec tout l’assurance du monde dans ses yeux, à ce moment-là j’avais envie de lui arracher. Il allait vite la perdre son assurance. Puis, on se lançait.

Comme d’habitude, je m’attaquais directement au leader alors que les autres s’occupaient de tous ceux qui voudraient venir m’attaquer par derrière. Suho prenait part au combat ce soir, et je le voyais bien remonté… Tant mieux. Je lançais ma première attaque, coup de poing dans le ventre, je ne lui laissais pas le temps de réagir, coup de pied dans son genou droit. Il s’effondrait au sol. Je levais ma jambe et lui écrasais la tête sur le bitume avec… Quand j’entendis quelques bruits métalliques derrière moi, puis Lay hurler.

Je pris le risque de me retourner, et constatais que tous, sauf le leader avaient des battes de baseball en métal, et que l’un d’eux venait de tabasser Suho avec. Sehun me cria quelque chose que je ne compris pas, quand je sentis une intense douleur derrière la tête. Je tombais au sol sous le choc, n’entendant plus rien pendant un court instant, complètement sonné.

Je sentais mon sang accélérer dans mes veines, l’adrénaline et la colère monter. J’étais prêt. Je me relevais difficilement mais en souriant, et me retournait vers mon adversaire. Trois coups, il n’avait plus sa batte, et il n’était plus rien sans. Cinq coups, il était au sol et avait perdu, je pense, une bonne partie de ses dents. Je me décidais à aller aider les autres. Lay venait d’en mettre deux au sol et s’acharnait dessus, Sehun en martyrisait un dans un coin, tandis que Kris et Tao en avaient chacun deux. Il m’en restait donc deux.



La soirée était terminée, enfin pas pour moi. On rentrait doucement au QG soutenant Suho qui avait pris cher… J’étais encore énervé. Je détestais les gangs qui n’étaient pas capable de se battre seulement avec leur force physique. Et je détestais encore plus ceux qui ne se battaient pas loyalement. Suho poussa une plainte, on décidait donc de s’arrêter un petit instant, le posant sur le banc, je caressais ses cheveux, essayant de calmer sa douleur avec un peu de douceur…

Un bruit se fit entendre derrière nous, je me retournais lançant un regard noir à la personne qui se tenait maintenant à quelques mètres, m’attendant à en revoir un du gang de tout à l’heure… Mais c’était quelqu’un d’autre. Quelqu’un que je ne connaissais pas. Ses cheveux étaient noirs et retombaient un peu sur son front. Il n’était pas spécialement grand, pas spécialement musclé. Assez bien habillé, plutôt sombre, plutôt serré. Un épais trait d’eye-liner soulignait ses yeux qui me fixaient. Je ne pouvais pas distinguer le reste de son visage, caché par un masque et par la nuit. Il s’avança doucement vers Suho, je fis un geste protecteur, me mettant entre les deux, mais ses yeux me rassuraient. Je ne sais pas pourquoi.

Je m’écartais alors doucement, comme hypnotisé et le laissais voir Suho. Il sortit quelque chose de son sac… Je me penchais pour voir ce qu’il faisait. Il venait d’attacher les cheveux de Suho en arrière pour éviter qu’ils retombent sur les plaies de son visage et avait essuyé le sang qu’il avait un peu partout sur le visage. Pourquoi il faisait ça au juste ? Est-ce qu’il nous connaissait ?

Il se retira de devant Suho et allait partir, quand il jeta un coup d’œil vers moi. Il avança sa main vers mon visage, un mouchoir en main et la plaqua sur mon front. Putain, pourquoi je n’ai pas réagis ? J’attrapais son bras pour le repousser, mais au lieu de l’enlever il prit le mien et posa ma main sur le mouchoir toujours sur mon front.

Sur ces paroles, il s’en alla, aussi silencieusement qu’il était arrivé. On se regardait tous, ne comprenant pas qui c’était ce gars et pourquoi il venait de nous aider. Mais on décidait de laisser ça de côté et de se dépêcher de ramener Suho au QG.

Une fois Suho soigné et en endormi, il fallait que je retourne chez moi. Et ça n’allait pas être de tout repos. Pour tout vous dire, mon père tenait à sa réputation, et il ne supportait pas que son fils laisse apparaitre quelconque marques de faiblesse. Chaque blessure visible était un signe de faiblesse… Enfin pour lui. Et là, vu la tête que j’avais, j’allais prendre cher.

Je rentrais doucement, en espérant qu’il soit sorti. Mais il était là, m’attendant de pied ferme.





Je retournais enfin dans ma chambre, rampant à moitié. Mon père aimait particulièrement me mettre des coups de pieds dans l’estomac… Je me déshabillais lentement, en faisant attention à ne pas trop frotter sur tous les endroits abîmés de mon corps puis désinfectais tout. Je mordais dans mon oreiller, retenant mes cris quand je passais le désinfectant sur les grosses plaies ouvertes, puis recouvrais tout ça avec de grosses compresses. Je récupère assez vite, ça ira bien mieux demain…

Je mis un jogging en guise de pyjama, alla me passer la tête sous l’eau pour enlever le sang séché dans mes cheveux et m’installa dans mon lit. Une fois bien calé, je soufflais. La journée était enfin finie… J’avais l’impression que ma vie était un éternel recommencement… Toutes les journées étaient les mêmes, je trainais au QG avec les autres. Puis le soir venaient les ennuis. S’ils étaient honnêtes on gagnait sans problèmes. S’ils étaient comme ce soir, on gagnait mais on s’en sortait avec beaucoup de mal. Puis je rentrais, soit mon père me foutait la paix, soit il me tabassait encore un peu. Comme si je n’avais déjà pas assez subis…

Mes pensées allaient dans tous les sens, puis je repensais à la personne de tout à l’heure. Elle ne semblait pas être effrayée par moi, ni par la quantité de sang sur nos mains, non plus par l’état de Suho. Qui était-il pour connaitre la douleur que Suho ressentait ? Et surtout, qui était-il pour avoir pu me toucher sans réaction de ma part ?

Cette personne occupait maintenant toutes mes pensées. J’avais envie de la recroiser et de lui poser des questions… Demain. Demain je retournerais sur ce banc et j’attendrais de voir s’il revient. Demain, je changerais un peu l’itinéraire platonique de ma vie… Demain.

Oui, demain tout ira mieux.