Réaction en chaîne

par Muffchou

P.V 1







Point de vue extérieur


Pour une fois que la rue était bondée, les gens ne se marchaient pas dessus. On entendait quelques bruits de voiture, mais rien d'autre. Un samedi matin parfait, sans dispute, sans rien. Dans le calme absolu, c'était bien cela ! Il y avait alors un groupe de quelques personnes rassemblées devant le café «  Next door », qui attendaient d'autres personnes peut-être ?

Tout cela pour que le jeune propriétaire leur demande un service qu'il aimerait qu'il accepte tous sans exception.


Point de vue N°2 :


Entre vous et moi, je dormais très mal ces derniers temps. Les cours à l'université, hyper compétitifs, qui me bouffaient mes journées et me stressaient, et les longues heures de trajet que je devais faire avant de réussir à atteindre mon petit appartement dans la banlieue de Séoul, rétrécissaient de beaucoup mes heures de sommeil déjà moindres. Les cernes qui commençaient à se dessiner sous mes yeux en étaient bien la preuve. Bah, de toutes manières, je réussissais à tenir debout, malgré tout. Le vendredi soir, en rentrant de mes cours, je n'avais donc qu'une seule envie : m'allonger et regarder un épisode d'une super série que j'avais commencé, avec un bon bol de chips, avant d'aller me coucher, pour ne me réveiller que le lendemain matin, vers seize heures. Et encore, peut être que j'aurais dormi plus si j'avais le choix.


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Hors, non. Mon téléphone vibra à peine la porte de mon appart poussée et mon sac jeté au sol avec violence. Et à cet instant, quand mon regard se posa sur le texto écrit en quelques secondes, à la hâte, par mon PROPRE meilleur ami, me priant de venir avec lui à une réunion avec SES potes, le lendemain même à SEULEMENT dix heures, que j'eus fortement envie d'envoyer à cet idiot de Byun Baekhyun d'aller se faire enculer. Parce qu'après tout, je n'étais pas forcément obligé d'y aller. J'aurais pu faire ça et juste m'enrouler sous ma couette en priant très fort pour qu'il ne me vienne pas me traîner de force, avec toute son énergie et son immense sourire aux lèvres . Mais en vérité, j'angoissais de laisser mon ami seul avec quelques uns de ses potes étranges. Enfin, je ne les connaissais pas. Cependant un meilleur ami est un meilleur ami, et j'allais devoir sacrifier quelques heures de mon sommeil pour cet idiot. Sauf qu'il allait me devoir un max de nourriture. Beaucoup, beaucoup de nourriture. Je lui répondis, simplement :





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Je regrettais vite ma décision. Le lendemain matin, quand le son strident de mon réveil se mit à sonner dans mes oreilles. J'hésitais à rester là ou à me lever... Et se lever gagna, malgré mon envie de rester au lit. Je n'allais pas abandonner Baek, tout de même. Je me traînai dans la cuisine pour aller attraper de quoi manger rapidement. Le tout alla rapidement dans mon estomac, et une fois fini je me dirigeais lentement vers la salle de bain pour passer un coup dans mes cheveux bruns foncés, suffisamment courts pour ne pas nécessiter beaucoup de soin. Ça me faisait promptement chier. Je me lavais rapidement puis enfilai des vêtements propres, avant d'attraper ma veste et de m'élancer dehors en me rendant compte que j'allais rater mon transport si je ne me dépêchais pas. Évidement, je le loupais de quelques secondes seulement. Bâtard.



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Ce fut donc à bout de souffle que j'atteignis le café que m'indiquait Baek dans son message. Il était presque à l'autre bout de Séoul, bien loin de là où j'habitais, et je jurais que je n'y retournerais pas deux fois de suite. Beaucoup trop loin. J'espérais que ce qui se tramait ici était important, ou je n'aurais plus foi en l'humanité.


J'arrivais près de la porte, un endroit plutôt sympathique, ce café, en vérité. Il n'y avait personne dehors, alors j'en conclue qu'il fallait rentrer. Pourtant, le panneau sur la porte indiquait que le café était fermé... Je m'étais peut être tromper ? C'était pourtant bien le café «  Next Door ». Mais où était Baek, putain ! Ma main était à peine en train de glisser dans la poche de mon jean pour harceler de messages mon meilleur ami, lorsque la porte s'ouvrit en grand sur un garçon. Peut être un peu plus jeune que moi je dirais, mais cependant plus grand, avec une peau mate et des cheveux plutôt longs qui tombait sur son visage carré, visiblement teints en un châtain foncé à la limite du brun. Je devais probablement paraître débile à le fixer. Ses yeux foncés s'étaient écarquillés un moment, puis il s'était retourné, se décalant de la porte pour, apparemment, laisser les autres personnes présentes le voir :


«  Sehun ? Tu connais ce petit ? »


D'accord. Lui, je n'allais pas l'aimer. Mais alors pas du tout.