CHAPITRE 4 // First contact //

par Gaïa-sama

« C’est malsain. Tu le considère vraiment comme quelqu’un d’humain, n’est-ce pas ? Mais Luhan Il est mort. MORT ! Tu ne comprends pas ça ? »



Après avoir soigné Tao, on s’installait devant la console, notre bouffe étalée un peu partout sur la table. J’avais mis un jeu de combat, ce genre de jeu nous amusait beaucoup. Tao faisait en sorte de prendre un personnage bon en arts martiaux, tandis que moi je prenais un personnage avec un sabre et on s’imaginait des histoires avec les personnages, comme si c’était nous qui nous nous battions… Oui, de vrais gosses.

Je gigotais sur place, content d’avoir enfin réussi à gagner ! C’était toujours Tao qui gagnais et ça m’énervais, mais là j’étais bien trop content pour me contenir… Je me laissais retomber sur le canapé, posant ma tête sur les jambes de Tao en souriant.

Il me regarda étrangement, je continuais de sourire en attendant qu’il réagisse, mais il semblait gelé sur place. Je fronçais les sourcils et reporta mon regard dans le sien, il se mit à rougir et il se pinça les lèvres.

Je restais un instant sans comprendre, puis j’explosais de rire.

Il se mit à rire avec moi et je me redressais doucement.

J’acquiesçais et m’enfonçais un peu dans le canapé. Je regardais autour de moi… Est-ce que Sehun était là ? Est-ce qu’il me voyait ? Je fis un petit sourire en me disant qu’il m’avait peut-être vu gagner la partie. Je commençais à m’agiter sur le canapé, qu’est-ce qu’il faisait avec ses sucettes, Tao ? Un bruit de verre me fit sursauter. Je me levais rapidement et courrais vers la cuisine…

Un verre était cassé à l’entrée de la cuisine, un peu plus loin Tao était par terre, assis sur les genoux et les yeux fermés.

Je lui caressais le dos doucement en me taisant. Il se tenait la tête et avait toujours les yeux fermés. Je pouvais quelques fois sentir de petits spasmes le parcourir… Puis ça se calma, lentement. Je l’aidais à se relever et l’amenais vers le canapé où il s’allongea.

Je l’aidais à aller jusqu’à la chambre où je lui lançais de quoi se mettre en pyjama et fis de même. On se glissait tous les deux dans le lit en soupirant.

Je pris son bras droit et commençais à faire de petites caresses de haut en bas. Je savais qu’il aimait bien ça et que ça l’apaisait, et je voulais qu’il s’endorme rapidement. Surtout que je savais qu’il n’aimait pas trop ma maison le soir. Une fois que sa respiration s’était calmée je ralentissais mes caresses puis les arrêtais. Je fixais le plafond en réfléchissant… Maux de têtes, vomissements, ce genre de crises… Est-ce que ça n’était vraiment pas grave ? Tao me le dirait si c’était quelque chose de grave… Non ?

Je soupirais, j’étais inquiet et je n’avais qu’une seule envie en ce moment, c’était que Tao aille mieux… Et Sehun. J’avais envie de voir Sehun, de regarder la télé avec lui ou de discuter pour me changer les idées. Et ça, ça m’effrayait. J’étais déjà attaché à lui, comment était censé terminer cette histoire ? Une amitié entre un esprit et un humain, c’était quelque chose d’insensé. Je ne savais même pas pendant combien de temps il allait rester comme ça, combien de temps j’allais pouvoir rester dans cette maison. Parce-que… Si moi seul le voyait, comment j’étais censé expliquer à ma future famille, si future famille j’avais, que j’habitais avec un ami à moi ?

Je rigolais doucement. Ils me prendraient pour un fou, et j’aurai eu la même réaction si ça ne m’arrivait pas en ce moment. En y pensant… Est-ce que c’était Sehun qui avait cassé le verre tout à l’heure ? Le verre était à l’opposé de Tao, donc je ne pense pas que ce soit lui. Est-ce qu’il l’avait fait pour que je vienne l’aider ?



Minuit neuf. Sehun n’était toujours pas là. A qu’elle heure était-il censé arriver ? Est-ce qu’il avait une heure précise ou bien, est-ce que c’était dû au hasard ? Je montais rapidement les marches et me stoppais devant la porte de la chambre de Sehun. Je tapais deux petits coups, mais personne ne répondit. J’ouvrais donc lentement la porte… Mais je n’avais fait qu’un pas pour rentrer que la porte se ferma violemment derrière moi.

Un bruit assez fort retenti dans la pièce, je levais immédiatement mes yeux sur la peinture en face de moi et ce que j’y vis me figea sur place. La peinture… N’était plus une peinture. Une horloge en métal sortait doucement du mur, dans un bruit assourdissant. Les mêmes engrenages que ceux dans la petite montre de Sehun tournaient et faisaient tourner les aiguilles.

Tic, Tac, Tic, Tac…

Un vent qui sortait de je-ne-sais-où secoua les meubles placés au milieu de la pièce. De Minuit dix, elle passa à une heure, deux heures et ainsi de suite pour retomber sur minuit dix… Puis le bruit se stoppa progressivement, les engrenages s’arrêtèrent et l’horloge redevint la peinture que je connaissais bien. Un long moment de silence prit place dans la pièce, jusqu’à que Sehun apparaisse juste devant la peinture, une grimace sur le visage et sa montre dans la main.

Il releva le visage doucement et pâli quand il me vit. Il se recula un peu, apeuré par mon expression qui devait refléter mon incompréhension totale.

Je croyais avoir saisi le sens de cette horloge. En réalité, l’aiguille n’allait pas de minuit dix à minuit dix, mais de minuit dix à midi dix. Douze heures. Pourquoi je m’étais buter à penser que cette horloge affichait minuit et pas midi ? En y réfléchissant bien Sehun n’apparaissait que la nuit, puis restais jusqu’au matin. Ensuite j’allais travailler, et du coup je ne le voyais pas disparaitre.

Je fis le tour de la pièce rapidement, touchant du bout des doigts les meubles qui étaient placés si étrangement et me planta devant Sehun.

Il secoua la tête, ses yeux s’humidifiaient un peu plus à chaque fois que je pensais me rapprocher de la vérité. Je m’écartais de lui et allait passer une nouvelle fois mes doigts sur la peinture. Je retraçais le chemin des aiguilles doucement.

Je me retournais vivement au ton que Sehun venait d’employer. Ça ne sonnait pas comme un conseil, mais plutôt comme… Une menace ?

Il sembla continuer de s’inquiéter, se mordant la lèvre inférieure et tripotant ses mains, comme à son habitude. Je soupirais et tentais d’ouvrir la porte, qui s’était miraculeusement laisser ouvrir. Je sortais doucement et me retournais vers Sehun pour l’inviter à venir avec moi en bas.

Il finit donc par me suivre en bas. Il s’installa sur le canapé pendant que je rangeais un peu mes affaires. Il s’allongea et regardait le plafond, il semblait… Perdu.

Je continuais de ranger, jusqu’à que son visage apparaisse juste en face du mien. Il ne souriait pas, il ne boudait pas non plus… Il semblait assez triste en fait. Je levais un sourcil, je ne comprenais pas du tout son comportement ce soir…

Il leva une main, lentement et l’arrêta à quelques centimètres de mon visage.

Il fit une petit grimace avant de lâcher sa main et de baisser la tête. En baissant la tête, il tomba sur le livre que j’avais entre les mains et fit de gros yeux, relevant son visage paniqué vers le mien.

Je regardais le livre qu’il désignait, qui n’était autre que celui qui portait le même nom que l’inscription sur l’horloge. Je raffermissais ma prise sur le bouquin et replongeais mes yeux dans ceux de Sehun.

J’ouvrais le livre où je m’étais arrêté et lus le premier passage que je voyais.

« Pour le sauver, il me fallait un lien. N’importe lequel, tant que ça pouvait me lier à lui. Pour que tous les sacrifices que j’allais faire l’atteigne directement. »

Je voyais le visage décomposé de Sehun et arrêtais ma lecture… J’avais totalement oublié que cette histoire parlait d’une histoire entre un fantôme et d’un humain. Est-ce que tout ce qui était écrit dans ce livre l’avait été par quelqu’un ayant vécu la même chose que moi ? Je reculais, m’écartant un peu de Sehun et continuant de lire à tout vitesse.

Un lien… Alors il fallait un lien entre les deux personnes ? Sacrifices… Quel genre de sacrifice il fallait faire pour pouvoir le sauver ? Est-ce que sauver Sehun le renverrais dans le royaume des morts, où est-ce qu’il resterait ici, avec moi ?

« Le sang. J’avais trouvé mon lien. Il fallait que mon sang circule dans son corps, ne serait-ce qu’une goutte. »

Je sursautais. Depuis quand il criait de cette manière sur moi ? Il semblait en colère, et j’avais l’impression qu’il voulait que je le lâche, mais il ne s’approchait pas. Il était comme … Effrayé par ce livre.

Je le posais doucement sur la table et me rapprochais lentement de Sehun. Il sembla se calmer, sa colère se dissipa rapidement et il tomba allongé sur le canapé, comme vidé. Je m’asseyais à côté de lui et vis qu’il pleurait. Pas de petites larmes, non. Un torrent de larmes dévalait ses joues.

Je levais la main pour aller essuyer ses larmes, mais me stoppais à quelques millimètres de son visage. Je ne pouvais pas… Il ne fallait pas que je le touche. Et quand il était dans cet état-là, c’était dur. Très dur. Il était si innocent, si gentil… Comment j’étais censé faire pour le consoler si je ne pouvais pas le toucher ?

Il acquiesça doucement. Je lui fis un sourire encourageant et partais chercher mes affaires. J’écartais un peu les meubles et me contentais de mes Tanto pour la démo. J’allais éviter d’arracher la tapisserie avec mes vrais couteaux…

Sehun s’était assis correctement et me regardait avec des yeux ébahis alors que je n’avais pas encore commencé. Ses larmes s’étaient doucement arrêté, j’étais content. Je me mettais en position, fermais les yeux et soufflait lentement… Puis je me laissais emporter par le plaisir, celui de faire tous ces mouvements que j’affectionnais le plus. Sans m’arrêter, je lançais mes Tanto un peu plus loin et récupérais mon Bokken pour finir la démonstration.

J’étais essoufflé, un genou à terre et un bordel sans nom autour de moi… Mais j’étais content. Je relevais le visage pour regarder Sehun qui était… Incroyablement mignon. Ses yeux brillaient comme jamais, il avait fermé ses mains en poing et les gardaient devant son visage, comme pour m’encourager… Et il avait emprisonné sa lèvre inférieure entre ses dents, me fixant toujours, comme hyper concentré.

Je rigolais, non sans avoir une légère envie d’aller lui faire un câlin avec cette bouille, et me relevais doucement.

Il se leva d’un coup et courra me rejoindre avec son regard persévérant. Je rigolais doucement et lui tendais un Tanto. C’est quand il le prit que je compris quelque chose… Il ne pouvait pas me toucher moi, certes. Mais je pouvais toujours sentir qu’il était là, qu’il existait, quand je lui donnais des trucs… Sa main, je l’ai senti prendre le Tanto… J’en avais presque des frissons de bonheur.

Il se plaça derrière et moi, je lui montrais des enchainements lents et assez simple pour qu’il puisse les reproduire rapidement. Il semblait être vraiment intéressé par ce que je lui disais, et c’était vraiment rigolo à voir. L’innocent Sehun apprenait à se servir de couteaux, en bois certes, mais c’était quand même assez bizarre !

Je m’écartais et allais m’asseoir sur le canapé. Il me regardait, ne semblant pas comprendre ce que j’attendais qu’il fasse. Je lui fis un petit signe de la main pour qu’il continue de reproduire les enchainements que je lui avais montrés tout seul.

Il sembla hésiter un moment et finis par refaire doucement les mouvements que je venais de lui enseigner. Il se débrouillait pas si mal d’ailleurs, bien que ce soit des mouvements faciles, il fallait quand même les faires avec une certaines agilité, chose qu’il faisait très bien. J’applaudissais doucement et le vis revenir rapidement sur le canapé en rougissant.

Il me disait ça d’une manière tellement mignonne, ses yeux fixés dans les miens et son petit sourire timide aux lèvres… Mon cœur avait fait un bond. Puis deux, puis trois… Et je le sentais s’accélérer, mes yeux ne voulant pas se détacher des siens. Je me reprenais doucement. Je ne pouvais pas ressentir ce genre de chose pour Sehun… Il fallait que je me l’encre dans la tête… Je ne pouvais pas le toucher, il n’était pas humain...

Non, il ne fallait absolument pas que je m’attache.





On était samedi après-midi, Sehun devait réapparaitre demain soir, ce qui me laissais le temps de retourner à cette librairie. Pas pour rendre le livre, mais pour parler à ce mec bizarre. En me remémorant le jour où j’étais venu demander le livre, je m’étais rendu compte qu’il semblait connaitre des choses sur ce bouquin.

Je poussais la porte et rentrais pour la seconde fois dans ce silence angoissant. Cette fois, le jeune garçon leva la tête et un sourire malsain s’étira sur ses lèvres. Il s’avança doucement vers moi et croisa ses bras sur son torse.

Je le suivais doucement, traversant la petite librairie. Il fit coulisser une petite porte un peu cachée par les grandes étagères et me fit entrer. Il regarda d’abord la librairie avant de refermer la porte. La salle était petite, rien de plus normal. Seul une grande table, quatre chaises et lit la meublait. Le garçon me fit signe de m’asseoir, ce que je fis et il prit place en face de moi.

Il me fit un petit sourire flippant et se pencha un petit peu sur la table, approchant son visage du mien.

Son sourire s’était agrandi et il me regardait maintenant avec une certaine curiosité dans le regard.

Je ne répondis pas, ne sachant pas quoi dire. Il se leva brusquement et commença à faire des petits tours dans la pièce, bougeant ses mains au fil de ses paroles.

Il rigola, encore de son rire effrayant et se rassit brusquement en face de moi.

Je me levais doucement et commençais à partir quand il m’attrapa le bras, me stoppant dans mon élan.

Je le regardais sans comprendre puis enlevais doucement mon bras de sa main pour me dépêcher de sortir de cet endroit bizarre et effrayant. Une fois dehors, je me précipitais dans le premier parc et m’affalais bruyamment sur un banc.

De quoi parlait-il ? Tester ce qui est écrit dans le livre ? Parlait-il du lien de la dernière fois ? Ou… Y avait-il autre chose ? Quelque chose qui pourrait me mener à ma perte… Alors si je voulais sauver Sehun, il allait falloir que je me sacrifie ? Est-ce que c’était ça, les sacrifices mentionnés dans le bouquin ?

Je soupirais, il fallait que j’aille le lire ce livre. Mais pas dans la maison, il fallait que je le prenne et que j’aille le lire ailleurs. Parce-que Sehun était toujours là, même si je ne le voyais pas, et étant donné sa réaction la dernière fois, je ne pense pas que le lire chez moi soit la meilleure idée.

Je me dépêchais de rentrer, prenais le livre qui était toujours sur le meuble de l’entrée et repartais directement en direction du parc. Je sais pas pourquoi j’accélérais comme ça, ce n’est pas comme si Sehun allait me suivre et encore moins à la vitesse d’une voiture… Et depuis quand j’avais peur de Sehun déjà ? Je souriais, j’étais ridicule avec cette histoire. Il était adorable ce gosse.

« Ca avais marché. J’avais pu rester deux heures à ses côtés. Je pouvais le toucher, je pouvais l’embrasser, lui caresser les cheveux… Il était là. Comme jamais, il était là. »

Comment ? Cette personne avait réussi à toucher un esprit comme Sehun ? Alors c’était possible… Est-ce que la réponse à ma question était après ? Déterminé, je continuais de parcourir les pages lentement, imprimant chacun des mots dans mon crâne. Une tache de sang attira mon attention, un petit texte était écrit en bas…

« Couper, donner. »

Je ne comprenais pas vraiment le sens de ce texte, et mon téléphone me coupa du petit monde que je m’étais forgé avec ce bouquin. Je vis que c’était Tao, me raclais la gorge et répondis.

Il avait une voix faible et semblait triste en même temps. Qu’est-ce qu’il avait ?

Je raccrochais et rangeais mon livre rapidement pour arriver le plus vite possible chez Tao. Est-ce que c’était le même virus que la dernière fois ? Il fallait vraiment qu’il fasse plus attention… Je sonnais à la porte et un Tao blanc comme un linge m’ouvrit la porte.

Je posais doucement ma main sur son front, mais il ne semblait pas chaud. Je le vis se diriger vers la cuisine et prendre une tasse pour me faire un café. J’allais le stopper, quand il échappa la tasse des mains. Elle se brisa dans un fracas par terre et Tao regardait les débris d’un regard perdu.

Je le poussais doucement, il se laissait faire et continuais de fixer les débris de la tasse. Je ramassais tout ça rapidement, et allait avec Tao sur le canapé. Je lui passais une main dans le dos, doucement et attendais qu’il redescende sur terre.

Il se tourna vers moi et se mit à pleurer. Je ne comprenais pas ce qu’il avait, pourquoi il était dans cet état-là, et surtout, pourquoi il ne me disait rien.

Je stoppais mes gestes, fixant mes yeux dans ceux de Tao. Ce n’était pas une blague. Les larmes qui coulaient sur ses joues, son teint pâle… Non… Pas Tao… Je prenais ses mains doucement, comme pour m’encourager à entendre la suite.

Je serrais un peu plus fort sa main… J’avais compris ce qu’il voulait me dire par là… Et ça venait de m’anéantir totalement. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que ça devait tomber sur Tao ? C’était la seule personne que j’avais ici, la seule personne qui j’avais depuis le début… Il ne pouvait pas me laisser là tout seul …

Je me reprenais doucement, étant donné l’état de Tao, je ne devais pas craquer. Je pleurerais quand je serais tout seul, ça n’était pas à moi de pleurer… Je devais être fort pour lui. Je le tirais un peu vers moi et le pris doucement dans mes bras, essayant d’apaiser un peu ses sanglots.



Je rentrais lentement chez moi, il était au moins une heure du matin. J’étais resté tout hier et aussi tout cet après-midi chez Tao… Mais il fallait que je rentre, demain j’avais ma démonstration. Il faisait tout pour essayer de me montrer qu’il allait bien, mais ses nombreuses maladroitesses, ses crises incessantes et toutes les fois où il trébuchait ne me trompaient pas.

Je balançais mes affaires au sol et m’appuyais contre le mur de l’entrée. Je me laissais glisser le long, laissant enfin mes larmes couler. Je m’étais retenu, devant Tao, il fallait que je paraisse fort… Mais je n’en pouvais plus. Le fort et puissant Tao, celui qui m’impressionnait avec toutes ses figures d’art martiaux, l’enfant Tao qui aimait les magasins et la bouffe plus que n’importe qui ou quoi d’autre au monde… Il ne pouvait pas être dans cet état là… N’est-ce pas ?

J’ouvrais les yeux et tombais sur Sehun. Accroupis en face de moi, il me regardait avec une certaine inquiétude. Je lui fis un faible sourire avant de refermer les yeux, essayant de chasser les larmes qui continuaient d’affluer.

J’entendis ma voix se briser sur ce mot et sentis mes larmes redoubler. Le dire était encore plus dur que ce que j’avais imaginé. Sehun afficha une mine surprise, presque triste. Puis il s’approcha encore un peu, me faisant un sourire encourageant.

J’enfonçais ma tête dans mes bras en soupirant. Il fallait que je me calme, Sehun n’y était pour rien…

Je ne sais pas pourquoi à ce moment, une phrase du bouquin me revint en tête. Je me levais, sans vraiment fait attention à ce que je faisais, me dirigeais lentement vers la cuisine et attrapais un couteau. Je repartais m’asseoir là où j’étais juste avant. Sehun n’avait pas bougé, regardant sans comprendre ce que je faisais. Je regardais ma main et approchais lentement le couteau de celle-ci. Je vis Sehun gigoter sur place, se retenant de me stopper la main.

Je fis une petite entaille dans mon index et attendis qu’un liquide rouge en sorte. Je levais les yeux vers Sehun et plantais mes yeux dans les siens.

Je lui enfonçais le doigt dans la bouche, lui coupant la parole et priant très fort pour que ce qui était écrit dans le livre fonctionne.

« Couper, donner. »