Couple Day

par Levy-chan

Les jours passent et le mariage approche à grand pas. Mon stress ne cesse d’augmenter et ChaeLin a beau tenter de me rassurer, ça ne marche pas. Sa lune de miel avec Jisoo à dû s’écourter à cause de l’entreprise des parents de Jisoo. Ils avaient besoin de son aide et finalement la mère de ChaeLin aussi donc ça tombait bien. Sandeul et YooRah se sont fiancés entre temps et nous avons fêté ça comme il se doit. Je soupire. Je me rends compte que l’on grandit tous désormais. Nous sommes encore jeunes mais nos responsabilités sont déjà grandes. Chanyeol dirige l’entreprise de mon père qui en ce moment profite de sa retraite anticipée avec ma mère sur une île pour un petit mois. Sandeul a repris les rênes du grand restaurant de ses parents et YooRah étudie la comptabilité pour travailler avec lui. Jisoo dirige maintenant les entreprises de textiles de ses parents et ChaeLin fait des études de design d’intérieur pour succéder à sa mère. Je continue mes études pour devenir infirmière et le weekend je suis la secrétaire de Chanyeol. Nos vies n’ont plus rien de réellement amusant et je pense que ça me manque un peu. Nous avons enfin trouvé un appartement dans le centre de Busan, non loin de l’entreprise de mon père. Chanyeol n’a pas trop de chemin à faire comme ça. Ma grand-mère a vendu sa maison et s’est installé dans une maison sur la côte coréenne avec son nouveau compagnon. Elle refait enfin sa vie. Je suis très heureuse pour elle. Je regarde par la fenêtre de la chambre. Elle donne sur une petite rue marchande que j’aime beaucoup. L’appartement est beaucoup trop grand pour seulement deux personnes mais Chanyeol a toujours des goûts de luxe. Le fils de riche ! Le lit est énorme. La chambre tout court est immense en fait. Mais j’ai eu le droit d’y apporter ma touche de couleur. Je voulais de la douceur. Un peu de rose clair pour éclaircir la pièce. Les draps sont nacrés. Tout est clair dans cette chambre. J’ai peut-être abusé. Mais je m’en fous. Les cours deviennent de plus en plus compliqués mais je m’en sors plutôt bien. Être infirmière ce n’est pas ce que j’ai toujours voulu. Plus petite, je me voyais à la tête de l’entreprise de mon père mais en grandissant, je ne voulais plus de ça. Je voulais mon propre travail, gravir les échelons sans l’aide de mes parents. Et j’y arrive. Doucement mais sûrement.


La porte d’entrée vient de claquer, m’avertissant que Chanyeol vient de rentrer. Bien plus tôt que d’habitude. Je me lève de ma chaise et le rejoint dans le salon. Plusieurs boites sont déposées sur la table et il me regarde avec un grand sourire. Je ne sais pas ce qu’il mijote encore. Il s’approche de moi et me prend dans ses bras. Il me serre un instant et me relâche en embrassant mon front. Il ne l’ouvre toujours pas et ça a le don de m’énerver. Je le regarde avec insistance.


« J’ai trouvé les alliances. Mais plusieurs modèles. Alors je les ai ramené et tu vas choisir » dit-il enfin.

« Nos parents ne devaient pas s’en charger ? »

« Hors de question. C’est à nous de le faire, flemmarde va ! »


Je soupire. Il est vrai que j’avais la flemme de devoir choisir les alliances. Elles me plaisent toutes alors c’est un peu compliqué. Il me fait m’assoir et ouvre chaque boite. Et là je pleure intérieurement. Elles sont toutes belles, elles brillent toutes et j’ai envie de dire oui à toutes. On fait comment dans ce cas ? Je souffle. Ça va être compliqué et il ne va pas me lâcher. Je les regarde avec attention et une attire l’œil. Pas celle de la future mariée mais celle du futur marié. Une chevalière toute simple mais vraiment jolie. Je pense que ça ne sert à rien de continuer à réfléchir. Je choisis la boite avec la chevalière. La bague de la mariée est simple aussi avec des diamants incrustés et ça me va.


« Tu es sûre ? »

« Oui »


Il sourit et remballe les autres boites avant de sortir de l’appartement. Je n’ai pas compris mais je ne cherche pas plus. Je retourne à mes devoirs. Il va falloir que je m’entraine à piquer pour les prises de sang. Je vais lui demander de m’aider. La porte d’entrée claque à nouveau. Je m’empresse de retourner dans le salon. Il est affalé sur le canapé, ses longues jambes posées sur la table basse. Sa chemise est légèrement déboutonnée. Affreusement sexy. Je secoue la tête. Ce n’est pas le moment de fantasmer. Je m’assois à ses côtés et le regarde avec un grand sourire. Je le vois lever les yeux en l’air et remonter sa manche. Il a bien compris. Je commence à m’entrainer. J’ai tellement peur de lui faire mal. Je relève la tête et remarque qu’il a les yeux fermés. S’il s’est endormi et que je pique mal, il va se réveiller en sursaut le pauvre. Je commence à enfoncer l’aiguille une première fois après avoir tâter la veine. Il ne tressaille pas c’est un bon point pour moi. J’enlève l’aiguille car je n’arrive pas à toucher la veine avec. Alors je recommence encore et encore. Je tâte, je pique. Quand enfin je trouve une bonne veine, je commence à enfoncer l’aiguille dans sa peau. Chanyeol tressaute et crie qui me fait sursauter.


« Tu m’as fait mal ! »


Et là, c’est la panique. J’en lâche l’aiguille et les larmes me montent. Je ne voulais absolument pas lui faire mal. Tout en paniquant, je récupère la seringue et lui mets un pansement. Je m’approche de lui et le câline en m’excusant, toujours les larmes aux yeux.


« Haneul ? »

« Tu as encore mal ? »

« C’était pour rire. Je n’ai pas eu mal »

« Tu te moques de moi là ? »

« Non. C’était trop drôle de te voir paniquer comme ça » se moque-t-il.


Je vais l’étrangler. Vraiment. Je me relève d’un coup et l’évite. J’ai vraiment eu horriblement peur de lui avoir fait mal. Je l’entends rire et m’appeler mais je ne trouve pas ça drôle. Ses bras m’attrapent et m’empêchent d’avancer plus. Il s’excuse et m’embrasse. Je fais quand même la moue. J’ai encore envie de le frapper. Il ne change pas. Il reste fidèle à lui-même. Ça ne me dérange pas mais parfois c’est lourd. Surtout ses blagues nulles. Il m’entraine vers la chambre. Le jour décline doucement. J’ai passé toute ma journée à étudier en attendant son retour. Il s’assoit sur le lit et me fait assoir à califourchon sur lui.


« Tu sais que c’est exactement ce mois-ci que l’année dernière tu as croisé mon chemin ? » dit-il, le visage dans ma poitrine.

« C’est ça »

« Ta première impression ? »

« Les Park ont un fils ? Merde alors j’étais pas au courant »

« Sérieux ? Ils ne te l’avaient pas dit ? » s’étonne Chanyeol.

« Non. Alors je te laisse imaginer ma surprise de te voir dans la cuisine aux côtés de ta mère qui me présente son fils aîné » soupirais-je.

« Ah bah j’imagine oui. Et tu as pensé quoi ? »

« Que t’avais l’air d’un abrutit »


Il pince ma peau et me regarde méchamment.


« Je plaisante. J’ai pensé que tu étais plutôt mignon et vachement grand. »

« C’est tout ? »

« Oui. Ensuite tu m’as montré ton vrai visage et je t’ai détesté »

« Tu veux savoir ce que j’ai pensé de toi ? »

« Encore une qui va finir dans mon lit ? » dis-je en caressant ses cheveux.

« Comment tu as deviné ? »

« Je te connais bien maintenant donc ça ne m’étonne même pas » soufflais-je.


Il rit, le nez toujours dans ma poitrine. Ses mains se baladent dans mon dos et il me serre contre lui un peu plus.

« Mais tu sais, si je t’ai approché c’est parce que je t’ai trouvé jolie. Tu m’as plus dès le début en fait. Mais je ne voulais rien de sérieux. Juste quelqu’un sur qui me défouler. Mais tu m’as frappé à plusieurs reprises alors j’ai compris qu’avec toi ça allait être compliqué » confie-t-il.

« Je l’ai eu dure avec toi aussi je te signale. T’as jamais vraiment été très tendre avec moi au début »

« Je sais et je m’en excuse. Seulement j’étais un idiot … »

« T’es toujours un idiot je te rassure. Mais un idiot avec un bon boulot donc ça va je te pardonne » riais-je.


Il me fait basculer sur le lit et mordille mon cou pour se venger de mes mots. J’explose de rire.


« T’es vraiment une garce, ça a pas changé non plus. »

« Mais tu m’aimes comme ça. Tu serais triste si je changeais »

« Je pense oui. Mais je suis content de t’avoir approché le premier. Quand Jisoo a voulu sortir avec toi, je n’ai jamais été autant en colère que ces semaines là. Je ne pouvais pas te laisser à quelqu’un d’autre. »

« Mais tu as fait beaucoup d’erreurs aussi »

« Je sais et j’en suis désolé. J’étais perdu. J’avais des sentiments pour toi et ça me faisait peur. Je n’étais jamais tombé amoureux »

« Ah bon ? Je pensais que tu avais peur de l’amour parce qu’une nana t’avait brisé le cœur »

« Non du tout. Juste je n’étais jamais tombé amoureux. Tu me hantais. Je n’arrivais pas à faire autrement que te surveiller ou te faire surveiller. »

« T’es un peu psychopathe Yeol » souriais-je.

« Je ne vois pas en quoi »


Je ris toute seule. Il est mignon mais vraiment je ne savais pas qu’il m’avait fait surveiller et c’est quand même légèrement flippant tout ça.


« Et maintenant, tu me fais toujours surveiller ? » demandais-je.

« Parfois, ça m’arrive. Quand j’ai des doutes, quand j’ai peur, quand tu restes trop longtemps loin de moi » avoue-t-il.

« T’es pas sérieux ? »

« Je suis désolé. J’ai tellement peur de te perdre. J’ai tellement peur que tu refuses au final de m’épouser. Que tu fuis, que tu ne m’aimes plus, que tu trouves mieux ailleurs »


Je vois ses yeux s’emplir de larmes. Chanyeol est devenu très émotif depuis quelques temps. Je ne sais pas trop comment d’ailleurs. J’attrape son visage de mes mains et le force à me regarder. Comment peut-il croire une seule seconde que je le laisserais. J’ai tellement galéré à l’avoir auprès de moi. Je ne vais pas partir de sitôt.


« Je resterais là. Tu n’as pas à t’en faire Yeol. »

« Je le sais bien mais tu m’as abandonné tellement de fois que j’ai toujours cette peur en moi. Haneul, je t’aime du plus profond de mon âme, vivre sans toi je n’arrive pas à l’imaginer une seule seconde tu sais »

« Je sais Yeol »


Je me blottis contre son torse. Mon visage doit être affreusement rouge. Je l’aime tellement et qu’il me fasse ce genre de confidences, je ne suis pas encore habituée à croire. Ma vie est devenue toute rose alors que je fuyais ce genre de relation. Je me dis qu’heureusement je n’ai pas toujours fuit. Désormais ; j’ai enfin le droit d’être heureuse et avec l’homme que j’aime le plus au monde. Quand je repense à nos débuts, c’était tout de même voué à la catastrophe au final. On ne s’entendait pas, je rêvais de le tuer pendant que lui rêvait de me baiser dans tous les recoins de sa maison. Je ne voulais plus croiser son chemin et il s’efforçait à être partout où j’allais. Il me poursuivait jusque dans mes rêves les plus intimes. Finalement, je me suis accrochée à lui. Vraiment. Désespérément. Avec l’envie qu’il change et devienne l’homme de ma vie. Le chemin fut rude mais au final nous y sommes arrivés. Je relève la tête. Ses yeux brillent encore mais il semble plus serein. Ses mains caressent mon dos et ma nuque. Mon cœur s’accélère. Sa chemise est déboutonnée. Ça fait un moment que nous n’avons rien fait et je dois avouer que ça me manque pas mal. J’ai envie de ressentir sa peau brûlante réchauffer la mienne. Je relève un peu plus la tête et attire soudainement son attention. Je le vois rougir.


« Tu aurais pu t’habiller un peu plus » souffle-t-il.

« Qu’est-ce que tu racontes ? »


Il ne dit rien de plus et me fait basculer sur le dos. Son souffle s’est accéléré et le mien aussi par la même occasion. Il rabat mes bras au-dessus de ma tête et emprisonne mes poignets d’une main. Mon haut n’est pas si provoquant que ça. Sa main libre se fait exploratrice et il finit par vite lâcher mes poignets. J’ai des frissons le long de ma colonne vertébrale. Je ne peux pas retenir mes gémissements et je n’en ai aucune envie de le faire. J’ai besoin de m’exprimer un peu. Nos vêtements ne restent pas longtemps. J’ai extrêmement chaud. Chanyeol aussi. Sa peau est bouillante. Bien trop. Ce qui n’est pas normal. Je le vois fermer les yeux puis les rouvrir avant de s’effondrer sur moi.


« Je crois que je suis malade Haneul » soupire-t-il, sa tête contre ma poitrine. « Je suis désolé. J’en ai envie mais … »

« Personne ne va en mourir » riais-je.


Je le fais basculer sur ma droite et attrape ma robe de chambre que je passe afin de couvrir ma nudité. Il souffle de mécontentement et étend ses longues jambes. Je lui tends un caleçon qu’il enfile avec difficulté. Je rabats les couvertures sur lui et en profite pour toucher son front. Il est brûlant. Une grippe certainement. Ou beaucoup de cumul de fatigue. Je ne sais pas trop. Il ferme les yeux et l’instant d’après je l’entends ronfler. Je souris et pars dans la cuisine. Je vais m’occuper de lui. Je me décide à cuisiner une soupe ainsi qu’un peu de porridge. Je prépare une bassine d’eau chaude avec une serviette aussi. Et je l’embarque dans la chambre, au moins en cas de sueurs froides je l’ai à côté ! Je m’organise comme je peux. C’est la première fois que Chanyeol tombe malade comme ça. Depuis que je le fréquente, à vrai dire, il n’est jamais tombé malade en ma présence. Il est temps de devenir infirmière Haneul ! Je m’emballe un peu mais ça m’éclate. Je m’active autour de Chanyeol. Je lui rajoute des coussins et l’entends grogner. Je rajoute une couverture aussi. Je touche son corps. Il commence à avoir des sueurs froides. J’attrape ma serviette qui baignait dans l’eau chaude et commence à lui passer sur tout le corps. Puis je rabats les couvertures et retourne à la cuisine. La voix de Chanyeol résonne dans l’immense appartement.


« J’ai faim ! »

« J’arrive »


Je sens que ça ne va pas être une partie de plaisir en fait. Il est grognon quand il est malade. Il va être mon pire patient je crois. Je m’active et apporte un plateau repas à sa majesté. Il est assis dans le lit, toujours torse nu. Il a complètement ignoré le t-shirt que j’ai posé à côté de lui. Ses bras sont croisés sur son torse et il me regarde. Ses sourcils sont légèrement froncés. Je pense qu’avant la fin de la journée, je vais le frapper parce qu’il va me saouler. Je dépose le plateau mais il n’y touche pas.


« Tu ne comptes pas me nourrir ? » demande-t-il, le plus sérieusement du monde.

« Tu peux bouger les bras non ? »

« Non »


Je soupire et m’installe près de lui. Je lui donne à manger comme à un gosse. Au moins je m’entraine pour mon futur enfant. Il grimace quand c’est trop chaud, soupire quand je suis trop lente, râle que ce n’est pas assez salé. Je ne dis rien sinon je risque de le tuer là. Une fois le repas terminé, il se rallonge, m’ignore et allume la télé face au lit. Je récupère mon plateau et encore une fois je me retrouve dans la cuisine. Autant faire le ménage en fait. Ça occupera mon esprit. Je commence donc par la cuisine. Vaisselle, rangement, poussière, balaie, serpillère. Tout. Vraiment tout. Mon ménage est parfois stoppé par la grosse voix de Chanyeol qui me rappelle à l’ordre. Pour manger, parce qu’il a froid, parce qu’il veut un bisou, puis un câlin, puis parce qu’il n’arrive pas à attraper la télécommande parce qu’il a trop mal partout. Il m’épuise. Mais je ne dis rien et m’exécute. Il est trop mignon en fait. Son petit sourire charmeur là ! Je craque comme une idiote. Quand enfin j’ai terminé le ménage intégral de l’appartement, la nuit est déjà tombée. Il ne me reste qu’un jour de repos avant de reprendre l’école. Chanyeol observe avec intensité la télé quand je le rejoints dans la chambre après une longue douche. J’enfile un short et un t-shirt à lui avant de me glisser sous les draps.


« Tu as été une parfaite infirmière » chuchote Chanyeol en me serrant contre lui.


Je ne fais que sourire et l’embrasse rapidement. J’espère tomber malade pour lui faire vivre le même enfer.