Une journée presque ordinaire

par Levy-chan

Oh mon dieu ! OH MON DIEU ! Chanyeol m’a demandé de l’épouser ! Oh mon dieu, je suis choquée, bouleversée, émue ! Je n’arrive pas à y croire. Je vais devenir Madame Park. Oh mon dieu ! J’observe ma bague depuis hier soir. Je n’ai presque pas dormi, j’ai la tête dans le cul, je suis toujours en pyjama et je ne cesse d’admirer cette bague. C’est pire que lorsque j’ai reçu ma bague de fiançailles. Je suis amoureuse de ce bijou. Quand Chanyeol s’est agenouillé, quand il m’a fait sa demande, j’étais tellement choquée. Je ne m’y attendais pas bien que j’espérais au fond de moi qu’il le fasse assez vite. Oui, ça fait bien longtemps que j’ai arrêté de cracher sur les dramas et que je rêve d’une fin mignonne, dégoulinante d’amour. Oui, j’ai beaucoup changé en un an. Peut-être trop, peut-être trop vite aussi. Mais c’est de sa faute. Il me change, il me fait penser différemment. Et en fin de compte, j’aime ce côté fleur bleue que je me découvre au fil des jours. J’ai appelé ChaeLin dans la foulée, avant qu’elle ne s’envole pour sa lune de miel. Elle et Jisoo sont partit à Hawaii pour deux semaines. Ils ont bien de la chance. Ils seront seuls, sans la famille derrière, ils pourront passer du temps sans se prendre la tête pour savoir s’il faut aller voir les parents de l’un ou de l’autre. Elle était si heureuse pour moi. Elle m’exprimait sa joie avant de couper cour et de me dire qu’elle devait raccrocher. Je suis un peu triste de me retrouver seule du coup. YooRah est repartit ce matin sur Séoul avec Sandeul. Ils se bougent pour trouver un appartement ici afin de revenir vivre sur Busan. Nous n’avons discuté de ça qu’hier, ils sont plutôt rapides ces deux-là. Mais c’est mignon aussi.


Je trouve tout mignon. Ça en devient flippant presque. Chanyeol passe plusieurs fois devant moi mais je ne fais pas vraiment attention à lui. J’admire toujours cette bague.


« Tu comptes l’épouser cette bague ? » lance mon fiancé.

« Serais-tu jaloux d’un bijou ? »

« J’ai bien l’impression que tu la regardes plus amoureusement que moi » se moque-t-il.

« Oh ça va hein ! »


Il rit et me somme de sortir du lit et de m’habiller. Aujourd’hui, ma mère nous a demandé de l’accompagner faire les magasins. Elle veut absolument que j’essaie déjà une robe. Elle était au courant de ce que voulait faire Chanyeol. Et maintenant, elle est à fond. En fin de semaine, nous allons déguster gâteaux et mignardises pour choisir le futur dessert. Elle va trop vite à mon goût. Oui, je suis très heureuse d’épouser Chanyeol. Mais si tout va trop vite, je vais fuir. Et Chanyeol aussi je pense. Puis le marié n’est-il pas censé ne pas voir la robe ? En tout cas, ma mère se fiche pas mal des coutumes ou quoi. Elle veut que Chanyeol donne aussi son approbation pour la robe. Ça va être joyeux, je vous le dis. Je pense que j’ai le temps avant d’en trouver une qui convient à monsieur. Je m’habille en vitesse, ma mère klaxonne dans la cour. Chanyeol râle de ma lenteur. Et quand enfin je suis prête, il me jette ma veste à la figure, attrape mon sac à main et disparait de la chambre. C’est qu’il est pressé le gars. Je bougonne et sors de la maison après avoir embrassé ma grand-mère. Je me retrouve à l’arrière dans la voiture. Ma mère discute joyeusement avec mon fiancé et ne m’accorde qu’un petit bonjour avant de reprendre sa conversation. Avant, elle avait du mal à l’accepter, maintenant c’est tout le contraire. C’est assez drôle ce changement de comportement. Elle démarre et prend la direction du centre-ville. On se gare non loin d’un immense magasin proposant des robes de mariée. Je fais la grimace. Certaines sont beaucoup trop extravagantes à mon goût. Ma mère m’attrape par le bras et me fait entrer dans la boutique. Une femme au sourire trop blanc nous accueille non sans lorgner sur mon fiancé.


« Vous désirez ? » demande-t-elle d’une voix nasillarde.

« Ma fille voudrait essayer une robe pour son futur mariage. J’ai prévenu Seolhyun que nous venions aujourd’hui. » répond ma mère.

« Oh je vois. Et vous jeune homme ? »

« Je suis le futur époux »


La vendeuse n’affiche plus son joli sourire, mais une profonde déception. Je vais m’énerver. Je devrais avoir l’habitude mais en ce moment ça m’agace plus qu’autre chose. Chanyeol pouffe de rire, je lui balance mon coude dans les côtes avant de suivre ma mère qui ne cache pas sa joie de voir arriver son amie Seolhyun. Cette femme, ça faisait très longtemps que je ne l’avais pas vu. Elle a pris un sacré coup de vieux. Elle prend ma mère dans ses bras et se tourne vers moi.


« Oh mon dieu, c’est Haneul ? Ce que tu as grandi ! La dernière fois que je t’ai vu tu devais avoir à peine douze ans ! » sourit Seolhyun.

« Seolhyun ! Je te présente mon futur gendre, Park Chanyeol »

« Oh, le fils Park ? Et bien ! Enchantée ! »

« De même » sourit Chanyeol en serrant la main de la femme.


Elle nous fait signe de la suivre et nous nous retrouvons dans une pièce où se trouve une cabine d’essayage. Je stresse. Je vais vraiment devoir faire un défilé ? Pas que ça me dérange, mais les deux, là, ils vont me juger. Je les connais. Limite, si ma démarche est mauvaise ils vont me demander de repartir dans la cabine et de défiler correctement. Je ne suis pas mannequin moi. J’appréhende déjà. Seolhyun m’invite en entrer en cabine. Elle a sélectionné quelques-unes des robes du magasin. La première que je passe est affreuse. De couleur crème, elle fait plus terne qu’autre chose, longue et sans relief. Je déteste. Et vu la tête que tire Chanyeol, il n’aime pas non plus. Je repars en cabine très vite. La deuxième a des tons noir et gris. Elle a un peu de volume mais elle est beaucoup trop courte à mon goût. Lorsque je sors, le regard de Chanyeol en dit long. Je fais très vite demi-tour pour passer la troisième robe. Celle-ci est bordeaux, pas du mon style. Ma mère a l’air d’apprécier et la tête de Chanyeol se décompose. J’ai l’impression que cette séance va durer des heures. Je défile plus d’une quinzaine de fois et à chaque fois rien ne va. J’en ai marre, j’ai chaud, je suis fatiguée, la vendeuse qui nous a accueillis squatte mes essayages et tente d’engager la conversation avec mon fiancé. Elle est sans gêne et je vais finir par lui péter les dents. Quand enfin je trouve la robe qui a mes yeux, est parfaite, je sors avec un grand sourire. Ma mère s’est levée. Elle inspecte la robe, le volume, le tulle, les paillettes, le bustier. Tout ! Et quand elle a fini, elle semble satisfaite du résultat.


« Celle-là est parfaite ! » s’exclame-t-elle en se tournant vers Seolhyun.


Elle non plus, elle n’y croyait plus au bout de la quinzième robe. Chanyeol s’est levé à son tour et s’approche de moi. Il fixe la robe, scrutant le moindre détail. J’ai peur que ça ne lui plaise pas. Et je n’ai pas le courage d’en essayer une autre. Elle est parfaitement cintrée en plus ! Il sourit et attrape ma main avant d’y déposer un baiser sur le dos.


« Tu es parfaite dedans » chuchote-t-il en se rapprochant de moi.

« Je crois que ce que tu fais ne plait pas forcément à la vendeuse » dis-je, jalouse.

« Parce que tu penses qu’elle m’intéresse ? »


Je fais la moue. J’ai juste envie de l’emmerder un peu. Il m’attrape par la taille et m’embrasse par surprise. Ce n’est pas un baiser tout mignon. Non ! C’est celui qu’il me réserve pour la nuit celui-là. Et il ose le faire devant ma mère ! La vendeuse est rouge. De honte ou de rage. Je m’en contrefous. Elle disparait enfin de mon champ de vision. Il me lâche enfin et j’avoue que j’ai du mal à reprendre ma respiration. Il est complètement fou. Mais ma mère était tellement concentrée dans sa discussion avec Seolhyun qu’elle n’a rien capté. Tant mieux ! Je suis rouge écrevisse. J’ai honte tout d’un coup. Quel idiot ! Et il est fier de son coup. Il me lance un grand sourire de fierté et retourne s’assoir, croisant ses longues jambes. Pourquoi tant de perfection en lui ? Mes jambes ont l’air énorme à côté des siennes. Je me sens complexée parfois. Je suis petite, pas maigrichonne, j’ai des formes, je n’ai pas un corps d’athlète et mes jambes ressemblent à des poteaux. Qu’est-ce qu’il peut bien me trouver ?


« T’es la plus douée au lit » me chuchote Chanyeol, revenu vers moi en quelques secondes.


Je me retourne vers lui, mes yeux grands ouverts. Il se moque encore de moi. Il se met à rire et me serre dans ses bras.


« Parce que tu es celle que je veux c’est tout »

« Mais pourquoi tu me dis ça ? »

« Parce que tu as dit tout haut ce à quoi tu pensais »


Et je revire au rouge. Je n’arrive pas à croire que j’ai encore fait ça. J’avais pourtant réussi à stopper au moins ça. Car arrêter de me parler à moi-même, je crois que c’est impossible. C’est quelque chose qui fait partit de moi, de ma nature, de ma façon d’être. Et je crois qu’il l’a bien compris. Il me lâche enfin. Mon cœur va finir par me lâcher s’il continue. Je peux enfin enlever ma robe de princesse. Seolhyun la remet dans son sac de protection et nous sommes de la suivre jusqu’à la caisse. Ma mère vient de sortir son chéquier. Elle a insisté pour que ce soit elle qui paie. Chanyeol voulait que sa mère participe aussi mais maman a réussi à le convaincre de faire payer le repas à ses parents. Au moins, ils font dans l’équitable. Mes parents paient la robe de mariée, le lieu, et ceux de Chanyeol le repas pour la populace. Oui, parce qu’on ne sera pas qu’une centaine. On sera très certainement trois cent ou plus. Et sur toutes ces personnes, je n’en connaitrais qu’une cinquantaine à peine. La vendeuse qui nous a accueillis nous fuit du regard et ne nous souhaite même pas une bonne journée. Nous sortons enfin de cet antre. J’ai besoin d’air, de repos, d’une sieste, d’un câlin. Ma mère nous amène ensuite dans une boutique de chaussures afin que je trouve les talons qui iront avec la robe. C’est une tâche qui s’avère très facile. En moins d’une heure, j’ai trouvé mon bonheur. Une paire de talons à bout rond. Je n’aime pas les bouts pointus. Ma mère paie et nous sortons, souhaitant une bonne journée au vendeur. Nous nous arrêtons ensuite devant un fleuriste. Je sais ce que je souhaite. C’est très cliché un peu mais je veux des roses blanches. Un bouquet de roses blanches avec une seule rose rouge au centre. Le fleuriste visualise très facilement mon bouquet et nous donne rendez-vous la veille du mariage pour récupérer mon bouquet.


La journée est passée à une vitesse folle. Après le fleuriste, nous sommes allés manger. Mon père nous a rejoints d’ailleurs au restaurant. Ensuite, mon père est partit avec Chanyeol pour choisir son costume. Je suis restée avec ma mère. Elle a observé ma bague, fière de voir que je la porte. Pourquoi ne devrais-je pas la porter ? Elle m’a ensuite demandé si nous allions déménager. Je lui ai répondu que je ne savais pas vraiment. Je n’ai pas très envie de quitter ma grand-mère pour le moment. Puis nous sommes bien là-bas. Puis elle en est venue à la question enfant. J’ai failli m’étouffer sur le coup. Enfant ? Elle a bien dit enfant ? Mais je ne veux pas d’enfants tout de suite !


« Tu devrais y penser ! »

« Mais on n’est pas pressé ! » 

« Penses un peu à ton père et moi. On vieillit. On aimerait être grands-parents assez vite »

« Mais je ne fais pas des gosses sur commande maman. Alors oui on en aura mais tu attendras. Et ça va, vous n’avez que la quarantaine avec papa, donc vous avez toute la vie devant vous »


Ma mère soupire. Elle m’agace quand elle fait ça. On dirait qu’elle me tape un caprice. Oui je veux des enfants. Je veux pleins de mini Chanyeol. Mais pas tout de suite. Et je ne pense pas qu’il veuille un enfant tout de suite non plus. Nous restons encore un moment dans le café où mon père nous a laissé. Et lorsque j’aperçois Chanyeol dans l’entrée après deux heures, je suis soulagée. Ma mère va enfin me lâcher et le saouler à lui ! Mon père a l’air ravi de l’achat qu’il vient de faire. Il s’installe aux côtés de ma mère pendant que Chanyeol s’assoit à ma droite. Il commande un café, mon fiancé fait de même. Il me montre son costume. Il a l’air tout fier de ce qu’il va porter. C’est en fait un costume très simple mais en même temps sur lui, je suis certaine que ça fait très classe. Il doit être vraiment très beau dans ces vêtements. Il me tarde de le voir porter ça. Nous restons encore une demi-heure assis et enfin nous bougeons. Mes parents nous abandonnent et nous donnent rendez-vous pour la dégustation des desserts. Je les embrasse et enfin je suis seule avec Chanyeol. Je lui attrape la main et nous allons encore un peu nous promener dans Busan. Nous sommes en plein été et pourtant il ne fait pas si chaud mais c’est tellement agréable.


« Ton père m’a demandé quand est-ce que nous nous déciderons à faire un enfant »

« Ma mère m’a fait la même »

« Je lui ai dit bientôt »

« Je lui ai dit d’attendre longtemps »

« Tu ne veux pas d’enfants ? »

« Si mais pas tout de suite »

« Et si j’en veux un maintenant ? » demande Chanyeol

« Je te dirais que non pas maintenant, dans tes rêves, t’attendras encore quelques temps »

« T’es chiante ! »

« Yeol ! Tu te sens d’élever un enfant là, maintenant, tout de suite ? »

« Pas besoin de hausser la voix … » souffle mon fiancé.

« Répond ! »

« Non je ne me vois pas faire ça … »

« Bah voilà. Alors on attendra que tu sois prêt »


Je mets fin à la conversation. Ça ne sert à rien de débattre le dessus. Il le sait très bien qu’il n’est pas encore capable d’élever un enfant. Surtout vu le modèle que lui a laissé son père. Il a besoin de grandir encore un peu. Il m’attrape par la hanche et continue d’avancer. On regarde les vitrines des magasins sans rien acheter. On se promène dans les rues marchandes. C’est agréable de passer du temps un peu ensemble. En ce moment c’est compliqué. Vu qu’il gère l’empire de mon père, il n’est plus aussi présent. Alors on profite le plus possible de ce moment en tête à tête. Et ce n’est que quand la nuit tombe que nous nous décidons à rentrer. Ma grand-mère est absente comme souvent depuis qu’elle a trouvé un nouveau compagnon de vie. Ils vont au restaurant, au cinéma. Ça dépend des soirs et des humeurs de chacun. Chanyeol me demande de m’assoir dans le salon, de regarder la télé, de boire un thé car ce soir c’est lui seul qui cuisine. Je m’attends au pire mais je ne dis rien. J’ai envie de fumer une cigarette mais j’ai promis à ma grand-mère d’arrêter ces conneries qui tuent la santé. Alors pour patienter, je m’assois sur le canapé et zappe. Je finis par me faire un thé et par jouer aux mot-croisés. Chanyeol prend tout son temps et une bonne odeur commence à chatouiller mes narines. J’ai la nette impression qu’il s’est amélioré mon Chanyeol.


« Chaud devant ! » s’exclame-t-il en sortant de la cuisine avec deux assiettes encore fumantes.


Il en dépose une devant mes yeux. Il a cuisiné un katsu curry. Je suis aux anges. J’adore ce plat ! J’aime surtout le curry. Il revient avec un plat de tofu au kimchi, ainsi que des ribs. Il s’installe à mes côtés et nous commençons à manger. J’aime être avec lui et passer du temps comme ça. On mange, on rit, on parle de tout et de rien mais surtout pas du mariage. Au fond, je pense qu’il est aussi stressé que moi mais qu’il tente de ne pas le montrer. Soit il ne le montre pas pour pas que je stresse encore plus soit il le montre pas parce qu’il veut faire le mec en mode blasé et tout. Je penche pour la deuxième hypothèse personnellement. Il a certes changé mais il reste quand même fidèle à lui-même. Une fois nos plats terminés, monsieur débarrasse. Je décide de monter à l’étage afin de prendre une douche rapide. Je suis exténuée par cette journée. J’ai mal aux pieds au final et un mal de dos atroce. L’eau chaude me détend d’ailleurs. Mes muscles se relâchent un peu et enfin je sens que ça va un peu mieux. Lorsque je sors de la douche, Chanyeol entre dans la salle de bain. Il fonce sous la douche et ne retient pas un cri de joie.


« Mon dieu que ça fait du bien ! » s’exclame-t-il.

« Cette journée m’a tué »

« Moi aussi. Mais pas assez pour ne pas te sauter dessus »


Il sort, une serviette nouée sur les hanches. J’ai chaud d’un coup. Il est vrai que ça fait un petit moment que nous n’avons rien fait à cause de tout le boulot que nous avions. Ce qui n’est pas dans les habitudes de Chanyeol. Il ne me laisse pas le temps de connecter mes pensées et mon cerveau. Il me soulève et m’amène dans la chambre. Je fais un plongé sur le lit et ma serviette m’abandonne. La lâche ! Chanyeol est au-dessus de moi et ne tarde pas à plonger sur ma peau, la parsemant de baiser brûlant, laissant des traces de son passage. Il bloque mes bras et me torture lentement, me faisant suffoquer. Ses caresses, ses baisers, c’est affreux pour moi. J’ai toujours du mal à respirer. La fièvre l’emporte à chaque fois et je suis souvent au bord de l’évanouissement. Mais là c’est pire car nous ne l’avons pas fait depuis quelques jours ou semaines. Sa serviette ne tarde pas à rejoindre la mienne alors qu’il continue à embrasser chaque parcelle de ma peau, me faisant trembler, me grisant. Je vais mourir encore et encore. Mais tant que c’est dans ses bras ça me va ! Chanyeol devient plus entreprenant et les préliminaires ne durent pas plus longtemps.


Lorsque je le sens en moi, j’ai l’impression de perdre pieds. Cette sensation exquise me fait trembler de la tête aux pieds. Je n’en peux déjà plus. J’ai les joues certainement rouges et j’ai du mal à respirer correctement. La peau de Chanyeol est brûlante. Il transpire. Il souffle. Il gémit. Il va finir par avoir ma peau ! J’agrippe ses épaules, je m’accroche désespérément à lui, tentant de happer un minimum d’air pour ne pas succomber. Il bascule en arrière et s’assoit sur le lit. Cette position est devenue sa préférée. Il dit qu’il peut voir chacune de mes expressions et qu’il peut m’éviter aussi de mourir en cas de suffocation comme j’ai l’habitude de faire. Il ne veut surtout pas que je tombe dans les pommes pendant l’acte. Sa tête contre ma poitrine, il accélère ses coups de rein, me faisant presque hurler. J’ai l’impression que ça ne va jamais s’arrêter. Ma tête tourne, j’ai de plus en plus chaud, je crie désormais. Il accélère encore et nous atteignons en même temps l’apogée. Il bascule sur le dos, m’emportant avec lui. Il est essoufflé. Sa cage thoracique se lève et se baisse à une sacrée vitesse. Il me tient contre lui, refusant de me lâcher. Je suis bien là, comme ça. J’ai l’impression d’être sur un nuage. Ma tête est vide là, je ne pense plus à rien du tout. Je me sens tomber de son torse. Je me retrouve sur le côté, lui en face, ne cessant de me regarder. Il sourit. Je dois sourire aussi. J’ai toujours très chaud au visage alors j’ai l’impression de ne rien sentir à ce niveau. Je me sens bien avec lui, c’est aussi simple que ça.


« Je t’aime » chuchote-t-il alors que je sombre doucement dans le sommeil.