Autant dire la vérité

par Levy-chan

J’ai passé trois jours aux côtés de Chanyeol. Trois jours. Et je trouve cela tellement court ! Je n’avais vraiment pas envie de le laisser partir lorsque les trois jours ont pris fin. Je voulais le garder encore un peu pour moi et profiter de sa présence. Et là, je me retrouve dans la voiture de mes parents roulant en direction de Séoul, en direction de la maison des Park. Ma mère a tenu à me ramener, je ne sais pas vraiment pourquoi mais je l’en remercie. Je soupire. Je ne compte même plus. Je n’ai juste pas envie de retourner dans la maison des Park, recommencer à travailler pour et devoir supporter la présence de GaYoon, ses sourires faux. Je n’ai pas envie de la voir se coller à Chanyeol, à tenter de l’embrasser et tout ce qui va avec. Je n’ai pas envie de voir Chanyeol faire semblant d’être heureux de l’épouser. Je ne vais pas survivre en restant là-bas je le sais. Il ne me reste pas beaucoup de semaines de cours heureusement. Après cette première année, ma mère a été claire, je ne resterais pas à Séoul. Elle m’a déjà inscrite dans une école de commerce à Busan. Et je suis plutôt contente qu’elle ait fait ça en fin de compte. Je veux reprendre l’entreprise de mon père, il faut bien que je me forme. Et cette école est la meilleure de Busan. Je pourrais rentrer tous les soirs chez ma grand-mère, je n’aurais pas de corvées, je ne serais au service de personne. Ma mère conduit doucement et j’observe le paysage. Je crois que j’ai mis trop d’espoir dans ma relation avec Chanyeol. Je pense que je vais sortir perdante de cette histoire. Même si au fond de moi j’espère que Chanyeol va réussir à s’opposer à sa famille, je reste perplexe. Il a beau me promettre monts et merveilles, je le sens mal. Très mal. Ma mère donne un coup de frein brusque et soupire. Nous venons d’arriver devant la maison des Park. Elle n’a pas envie de me laisser là mais elle sait que jusqu’à la fin de mon année, elle n’a pas vraiment le choix. Elle préfère me laisser gérer cette situation et pour ça, je la remercie. Mon père se tourne vers moi et me sourit. Il sort le premier de la voiture et se dirige directement vers le coffre qu’il ouvre pour en sortir mon sac de voyage. J’aperçois le père de Chanyeol dans la cours. Il semble surpris de voir mon père et affiche un sourire crispé. Mon père lui fait peur je crois.


« Monsieur Kang ! Je ne m’attendais pas à vous voir ici. » dit-il en s’approchant de la voiture.

« Je ramène ma famille, rien de bien impressionnant »


Papa soit plus poli s’il te plait. C’est quand même mon patron encore. Je souffle et sors tant bien que mal de la voiture. Mon père pose brusquement ma valise sur le sol et offre un faux sourire à monsieur Park. Je désespère là. Mais ça ne semble pas perturber le père de Chanyeol qui continue à sourire et semble à l’aise. Il me salue, salue ma mère et continue de parler avec mon père. J’embrasse ma mère, lui souhaite un bon retour à Busan. J’embrasse ensuite mon père et me dirige vers la porte des employés. HyeKyo m’accueille avec un grand sourire et m’ouvre la porte. Elle me demande si mon séjour s’est bien passé et si j’ai pu profiter de la présence de Chanyeol. J’ouvre de grands yeux. Comment elle sait ? C’est quoi ce bordel ? On était pas assez discret ?


« Chanyeol me confie beaucoup de choses ma petite. Je suis là depuis sa naissance » sourit HyeKyo en m’offrant un clin d’œil.


Je souris mais je suis pas bien en vrai. Il lui confie beaucoup de choses ? C’est-à-dire ? Il ne lui a quand même pas dit que lui et moi tout a commencé par une histoire de fesses, si ? Je vais le tuer ! Il peut pas garder ça pour lui ? Bien que je sache que HyeKyo ne dit rien, elle garde tous les secrets, même ceux de madame Park. Je ne dis rien et pars m’enfermer dans ma chambre. Ma valise reste à côté de l’entrée et je m’affale sur mon lit. J’en ai marre de ma vie. J’attrape mon portable et préviens ChaeLin et YooRah de min retour à Séoul. Elles sont toutes les deux très contentes et me souhaitent un bon retour. Je les verrais demain en cours. Je suis pas motivée à y retourner mais tant pis. Je dois encore tenir les quelques semaines qu’il me reste à passer dans la capitale. Je me relève et me change. Il est tant d’enfiler la tenue de combat des employés de la maison. J’ai l’impression que ma jupe est encore plus courte que d’habitude bordel ! Je tire dessus sans grand succès. Je dois en avoir une autre. Je fouille dans mes tiroirs et en retrouve une que j’enfile. Celle-ci est plus longue. Je passe le chemisier et sors de ma chambre. HyeKyo est en cuisine avec deux hommes qui sont sûrement de nouveaux employés car je ne les connais pas. Ils me saluent, je fais de même et disparais dans le salon. D’autres employées sont présentes et font le ménage. Elles me sourient en me voyant et me demandent où j’étais. Je m’entends bien avec les employés des Park. Toutes ces personnes sont uniques et adorables. Je les aide à ranger le salon et je finis à l’étage. La chambre de JiYi est rangée pour une fois, je n’ai donc rien à faire ici. Je passe devant la chambre de Chanyeol mais celle-ci aussi est propre. Je fais un tour dans celle des parents et passe un coup de balai, ouvre grand les fenêtres pour aérer, refais le lit puis j’atterris dans le bureau de monsieur Park. Je ne touche pas aux papiers éparpillés sur le bureau et fais juste la poussière, passe un coup de balai et aère aussi. Je suis devenue extrêmement rapide dans les tâches ménagères à force. Je sors de la pièce et traverse le couloir, empruntant les escaliers qui se trouvent de l’autre côté et donnant sur la salle à manger. Monsieur Park vient de rentrer et monte directement dans son bureau comme à son habitude. Il ne me reste qu’une pièce à nettoyer. La cave à vin. J’aime bien cette pièce, elle est spacieuse et joliment décorée alors que ce n’est que la cave à vin. Parfois, je regarde d’où viennent les bouteilles que la famille possède. Beaucoup viennent de France. Je descends à la cave et y trouve madame Park. Je me disais bien qu’elle était absente de la maison. Enfin elle ne l’est pas totalement. Elle sursaute en me voyant et cache un verre dans son dos. Je ne suis pas aveugle, sérieusement. Puis je me fiche pas mal qu’elle picole, JiYi n’est pas encore rentrée. Elle ne le verra pas dans cet état pitoyable. Elle me sourit tristement. Je sais qu’elle n’aime pas qu’on la prenne en flagrant délit.


« Donnez-moi votre verre » dis-je.

« Haneul, tu ne diras rien ? »

« Comme d’habitude. »

« Je sais que je ne devrais pas faire ça »

« Exactement. Mais vous le faites quand même »

« Tu ne peux pas comprendre »

« Vous ne pensez donc jamais à JiYi ? Peut-être qu’avec monsieur ça ne va pas mais JiYi a besoin d’une mère ! »


J’ai envie de la gifler. Elle ne pense qu’à son mari, qu’à l’image qu’elle lui renvoie. Mais jamais elle ne pense à JiYi. Pauvre gamine. Elle baisse les yeux et semble sur le point de pleurer. Ce ne sera pas la première fois que je fais pleurer madame. Je l’engueule souvent quand je la prends sur le fait. Elle me tend son verre, tremblante et je n’hésite pas une seconde à le jeter dans le sac poubelle que je me traine depuis l’étage. Elle ne semble pas choquée et me remercie d’être comme je suis.


« Tu sais Haneul, je ne suis pas pour ce mariage arrangé » me lance-t-elle avant de disparaitre de la cave.


Je ne comprends pas vraiment ce qu’elle a voulu me dire. Elle n’est pas d’accord avec le mariage arrangé donc elle noie sa peine dans l’alcool ? Je ne comprends plus cette famille qui se dévoile de plus en plus au fil des mois. Rien ne va dans cette famille. Le père est plus qu’absent, la mère devient une alcoolique, le fils aîné est violent et la dernière va finir délinquante. Je ne compte plus tous les appels de la directrice qui raconte que JiYi se bat souvent et pas qu’avec des filles, toutes les fois où elle a insulté sa maîtresse, ses camarades. Je soupire et continue mon travail. Je passe un coup de balai rapidement, dépoussière les bouteilles qui en ont besoin. Je me stoppe enfin et regarde autour de moi. Bientôt je ne ferais plus tout ça et dans un sens ça va me manquer un peu. Je ferais ça chez ma grand-mère. Ça m’occupera quand je n’aurais rien à faire. Je souris. Je me trouve très con sur le coup. J’attrape une bouteille et tente de lire l’étiquette. Je sursaute en entendant la porte s’ouvrir. Je ne me retourne pas, c’est sûrement madame qui pense que je ne suis plus dans la cave et qui espère pouvoir picoler une dernière fois avant de devoir jouer à la mère de famille. C’est fatiguant à la longue. Je reste concentrée sur l’étiquette d’une bouteille que je viens d’attraper.


« Non, Madame, vous ne pouvez pas rester ici. Remontez dans le salon. »

« Je sais que je ressemble à ma mère mais quand même » me souffle une voix que je connais par cœur.


J’en lâche presque la bouteille et Chanyeol la rattrape. Il pouffe de rire en voyant l’expression de mon visage et range le vin à sa place. Il se retourne ensuite vers moi et patiente. Qu’est-ce qu’il attend ? Que je lui saute dessus ? Je suis pas d’humeur, vraiment. Je suis déprimée et j’aurais préféré que ce soit madame Park à sa place comme ça j’aurais pu me défouler sur elle en l’engueulant. Je l’entends soupirer et je me retrouve projetée contre son torse. Il m’enlace et pose son menton sur ma tête. Mon cœur s’emballe. Bordel, t’es censé avoir l’habitude maintenant saloperie d’organe ! Je ne bouge pas et l’enlace à mon tour. Je serre le tissu de son haut entre mes doigts. Je profite de sa chaleur et ferme les yeux. Il m’a manqué, je ne vais pas le cacher. Mais j’ai toujours cette peur en moi. Cette petite voix qui me dit qu’il va se marier quand même et que je n’aurais rien. Chanyeol me détache de lui et me regarde. Il m’embrasse avant de filer hors de la cave. Si notre histoire doit se dérouler comme ça, non merci. Autant y mettre un terme. C’est con parce que j’ai tellement galéré à lui dire que je l’aimais et tout mais bon, j’ai l’impression que le cacher au monde va me faire sentir encore plus mal. Je passe pour la maîtresse, et j’ai horreur de cette impression. Je reste un petit moment dans la cave. J’ai pas envie de remonter, de supporter la vue de GaYoon. Si je pouvais la faire disparaitre, je le ferais avec plaisir, sincèrement. Je ne la supporte pas, encore moins maintenant que je sais que Chanyeol m’aime et qu’il est sincère avec moi.


Je finis par remonter quand HyeKyo crie mon nom à travers la maison. Je prends soin de fermer à clé la pièce pour que madame ne tente pas d’y faire un tour et je prie pour qu’elle n’ait pas de double des clés. Je rejoints HyeKyo dans la cuisine et nous préparons le dîner. Les parents de GaYoon sont là ce soir apparemment. Ils peuvent pas venir un weekend ? Demain j’ai cours, j’ai pas que ça à faire. Les deux nouveaux employés font les serveurs et je les remercie vivement. Ils me sauvent la vie. J’aide encore HyeKyo et une fois que tout est fini, je retourne dans ma chambre. Je ne sais pas si j’ai des devoirs mais tant pis, je verrais demain avec ChaeLin. Je récupère mon téléphone et remarque que Sandeul m’a envoyé un message. Il semble très heureux à travers son message. Il me raconte que lui et YooRah ce sont énormément rapprochés depuis quelques temps et qu’il a eu le courage de lui demander d’être sa petite-amie. Il attend toujours sa réponse. Je ris toute seule. J’espère qu’il ne prendra pas de vent le pauvre. Mais connaissant YooRah, elle le fait exprès, elle teste sa fiabilité. Je lui souhaite bon courage et à demain. Je regarde mes autres messages. Il semble que Jisoo et ChaeLin sont en froid à la vue des messages que les deux m’envoient. Je leur conseille de discuter et d’éviter de me mettre dans leurs histoires. Ils s’excusent presqu’en même temps, c’est assez drôle. Chanyeol ne cesse de m’envoyer des messages où il râle, disant qu’il ne supporte pas ce repas. Je l’ignore et retourne en cuisine une fois changée. Un short et un pull feront l’affaire pour manger puis aller me coucher. HyeKyo m’attend déjà avec un des nouveaux. Je m’installe et je discute avec HyeKyo. Je n’ai pas vraiment faim mais si je ne touche à rien, HyeKyo va me frapper. Alors autant avaler le repas rapidement. Une fois terminé, je déserte la cuisine.


« Tu pourrais me répondre »

« Chanyeol, retourne à table »

« Non »

« Si quelqu’un nous voit ensemble … »

« Je m’en fiche »


Monsieur fait son têtu. Il fera moins le malin si son père nous surprend. Je le laisse me câliner et m’embrasser, j’en ai besoin aussi. Mais je ne lâche pas et le renvoie dans la salle à manger où ses parents doivent se demander ce qu’il fait. Il râle, grogne mais y retourne quand même. Je souris en le voyant faire. Il ressemble à un gosse. Je m’affale sur le lit et m’enroule dans la couette. Je vais pouvoir dormir. Je me relève pour fermer la porte de ma chambre. Je me rejette sur le matelas et éteints la lumière. Un peu de repos, un peu de tranquillité. Je vais pouvoir dormir et éviter de penser à mon histoire avec Chanyeol. Ça me pourrit la vie en fait. Je ne cesse de me poser des questions sur l’avenir qu’on pourrait avoir seulement pour moi je n’en vois pas. Je suis pessimiste, défaitiste, tout ce que vous voulez mais qu’est-ce que j’y peux ? J’ai le droit de douter sur quelque chose qui au final ne tient presque pas. Il a beau être amoureux, il finira par faire ce que son père lui demande. Et jamais je ne m’enfuirais avec lui comme il me l’a proposé pendant les trois jours que nous avons passés à Busan. Il est fou et il raconte n’importe quoi je crois bien. Bon, et si je fermais les yeux ? Dormir me fera du bien. Oui vraiment, j’en ai bien besoin. A trop réfléchir, je vais finir aussi folle que Chanyeol à la fin. Je finis par sombrer dans les tréfonds de mes pensées.


Et c’est quand je sens une chaleur inconnue que j’ouvre les yeux. Il fait encore noir dans ma chambre. J’en déduis qu’il est deux heures du matin par là. J’attrape mon portable et l’allume. La lumière m’aveugle et je grogne. Pourquoi est-ce que j’ai chaud comme ça d’abord ? Trois heures, j’étais pas loin. A une heure près vous allez pas me faire chier hein ! Je retourne mon portable sur ma gauche et le visage de Chanyeol endormi apparait dans mon champ de vision. Pourquoi il est là lui ? Si quelqu’un le trouve ici, je suis morte, il est mort, on est mort. Je peux pas être plus claire. Je le secoue un peu mais j’ai oublié une chose. Chanyeol a quand même le sommeil lourd parfois. Alors quand il dort bien, tu peux le faire tomber du lit que ça ne changera rien. Je fais comment ? Je le secoue encore et monsieur grogne. Il est dans mon lit et il ose grogner. Je vais le frapper. C’est ce que je fais au final. Il ouvre enfin les yeux et me regarde méchamment. Je vais lui faire passer l’envie. Je lève ma main en signe de menace et il sourit. Okay j’attaque. J’en lâche mon portable et le frappe sur l’épaule.


« Mais arrête ! T’es trop violente avec moi alors que j’ai rien fait ! »

« Qu’est-ce que tu fais là ? »

« Je voulais dormir avec toi »

« Oui et ? GaYoon dort seule ? »

« Elle n’est pas là »

« Oh grande nouvelle »

« Haneul, j’ai tout raconté à mes parents pendant le repas »


Et je me stoppe. Il a quoi ? Il a pas fait ça ? Pas aussi tôt ? Pas sans moi ?


« J’ai tout avoué. Ils ont commencé à me demander où j’ai pu aller pendant trois jours alors j’ai tout dit. J’ai dit aux parents de GaYoon que je refusais le mariage, que je ne l’aimais pas. »

« Et ? »

« C’est parti en couille à un moment, j’ai pas compris »

« Mais toi aussi ! Pourquoi tu l’as fait devant autant de monde ? Tu pouvais pas d’abord en parler avec ta mère ? Si tu l’avais fait tu aurais su qu’elle est contre ce mariage arrangé, tu aurais pu convaincre par la suite ton père »

« L’avis de ma mère importe peu à mon père. De toute façon c’est fait. Je crois que mon père m’a renié »


Il se blottit contre moi. Son père lui fait seulement la gueule. Il doit être tellement en colère. Je crois que mon avenir dans cette maison va être plus court que prévu. Je le sens bien. Je lui caresse les cheveux et réfléchis. Et si je leur disais que Chanyeol s’est inventé tout ça ? Qu’il a cru que je l’aimais ? Non je ne peux pas faire ça, je n’ai pas envie de lui faire ça. Je ne suis pas comme ça. Mais j’ai peur. Maintenant que tout le monde est au courant, rien ne sera pareil. Je ne pourrais sûrement pas rester ici, c’est sûr. Chanyeol me bascule et passe au-dessus de moi avant de s’écraser de tout son long sur mon corps. Il cache son visage dans mes cheveux.


« Je sais que je n’aurais pas dû le faire mais je ne supporte plus ce qu’ils me font subir. Devoir choisir mon costume, la robe de GaYoon. Je ne veux pas choisir sa robe. Je ne veux pas l’épouser. Elle est trop narcissique »

« Tu es narcissique »

« Oui mais c’est pour ça que tu m’aimes »

« Oula non. Heureusement tu as d’autres critères qui font que je t’aime sinon tu ne serais pas là »


Il mord mon épaule en signe de mécontentement. Quel gamin, je vous jure.


« Ma mère avait l’air soulagé quand j’ai dit que je refusais. »

« Bien sûr vu qu’elle est contre »

« Les parents de GaYoon ont quitté la table après la discussion. GaYoon a tenté de me faire revenir sur mes paroles mais je ne l’aime pas. Elle a accepté ce mariage parce que ses parents n’ont plus d’argent c’est tout »

« Elle est certainement amoureuse de toi, sinon elle n’aurait pas tenté de te retenir »

« Je m’en fiche »

« Tu n’es pas conciliant »

« Tu as dit que tu ne l’aimais pas »

« Et alors ? Mon avis ne compte pas, c’est ton avenir »

« Je ne veux pas de cet avenir »


Je craque, il est adorable. Je l’aime vraiment. Mes sentiments sont en train de mourir là. Mon cœur s’affole d’être bien trop proche de Chanyeol. Mes joues chauffent. Il se relève sur ses coudes et me regarde. Il sourit et mordille sa lèvre inférieure. Il finit assis sur mes hanches et ses mains passent sous mon pull. Je frissonne. Je l’aime à en crever. Et justement, je crois que je vais mourir là. Mon pull vole quelque part dans la pièce et mon short le rejoint sûrement. Chanyeol m’embrasse et ses lèvres descendent le long de mon cou, suivent mes clavicules puis descendent encore jusqu’à ma poitrine. Il s’attarde un moment, connaissant chacun de mes points faibles. Je le déteste pour ça. Pourquoi est-ce qu’il me donne autant de plaisir ? Je le repousse et le fais basculer. A mon tour de le faire souffrir un peu ! Il ne me stoppe pas lorsque je pose mes mains sur son boxer. Avant quand je n’étais qu’un simple plan cul, enfin pas si simple que ça, il ne m’autorisait à rien faire. Il n’aimait pas quand j’avais le contrôle sur lui. Je lui retire son boxer et le jette quelque part. J’entends son souffle devenir plus fort, son rythme cardiaque vient de s’accélérer. Il attend, il ne sait pas comment réagir en fait. J’attrape doucement sa virilité dans mes mains et fais de lents mouvements. Il se crispe et son souffle s’emballe. Je souris et le prend en bouche. Il se détend un peu et l’une de ses mains atterrit dans mes cheveux qu’il empoigne doucement. Je continue mes mouvements et j’accélère un peu. Son rythme cardiaque part en vrille et je l’entends gémir un peu plus. Ses jambes se tendent et je ralentis, sans m’arrêter totalement. Je le fais languir, je le fais souffrir un peu comme il le fait si bien quand nous faisons l’amour. Je le sens se relever et m’arrêter. Je ne dis rien, je sais ce qu’il veut. Je me laisse faire et de toute façon il arrive très bien à me déplacer facilement.


Mais à la différence de d’habitude, je me retrouve sur lui à califourchon. Il me laisse devenir maîtresse de la soirée. Je crois que j’aime bien ce nouveau concept. Il attend. Doucement, je fais entrer sa virilité en moi. Je grimace légèrement. Je ne suis pas habituée à cette position. La sensation est tellement différente. Il empoigne mes hanches et me fait bouger d’abord doucement puis il accélère ses hanches. Je me retiens de hurler. Si je me lâche, je réveille la maison et je n’en ai pas envie. Je n’arrive plus à penser correctement. On est dans le noir mais je sens que je vois trouble. L’air me manque et je suffoque. Seulement, Chanyeol ne m’entends pas, saoulé par le plaisir, il ne fait pas attention à moi. Cette position lui plait j’ai l’impression. Je ne suis pas à l’aise mais je suis heureuse que la lumière soit éteinte. Bref, si je pensais à survivre ? Ce serait bien non ? Chanyeol nous fait basculer et je me retrouve sur le dos.


« Et si tu pensais à respirer un peu ? »


Je ne dis rien. Je ne peux pas parler. Je n’arrive pas à prendre une respiration normale. C’est de sa faute, c’est lui qui me fait ça. C’est de la faute à mes putains de sentiments. Je vais mourir. Je m’accroche à lui.


« Mourir … Je vais mourir »

« Tu ne vas pas mourir Haneul. Respire. Tu dois être toute rouge. Je vais allumer la lumière »

« Non ! »

« Tu te la joues timide maintenant ? »


Ça le fait marrer ? Quel enfoiré ! Je le frappe à l’épaule et tente en vain de respirer. Il me rend tellement bizarre dans l’intimité. Je ne sais pas, c’est étrange. Mes sentiments se décuplent. C’est assez douloureux.


« Respire Haneul … Respire »


Je ne l’entends presque plus alors je m’accroche à ses épaules. Je ne veux pas tomber dans les pommes. Pendant les trois jours où il était là, j’ai perdu connaissance à plusieurs reprises et ça a bien fait rire Chanyeol. Je ne veux pas qu’il se moque encore de moi. Désespérément je tente de happer de l’air. Et enfin mes poumons acceptent de gonfler et je respire correctement. Chanyeol accélère encore une fois et nous venons en même temps. Je suis exténuée et lui aussi. Il s’effondre à mes côtés et me serre dans ses bras. Je lui mordille le menton et me colle un peu plus à lui.


« Tu as toujours peur de l’avenir ? »

« Oui Yeol »

« Mais tu crois en moi ? »

« Oui je te l’ai déjà dit »


Il ne rajoute plus rien et je l’entends ronfler doucement. Je suis sûre qu’il sourit. Je pense que je vais laisser faire le temps et voir ce que les jours à venir nous réservent.