Apprend-moi

par Levy-chan

J’entends ma grand-mère beugler des insultes. J’ai l’habitude de l’entendre hurler comme ça de bon matin. Je soupire et m’étire avant de me relever. Je me demande contre qui elle hurle ainsi. Sûrement Hyeri. Ma grand-mère prend un malin plaisir à lui mener la vie dure depuis quatre jours. Et moi, ça me fait tellement rire. Je sors du lit. ChaeLin dort encore. J’enfile une veste et un jogging par-dessus mon pyjama. Je laisse mes cheveux détachés et descends dans le salon. Hyeri se cache derrière Chanyeol qui tente d’éviter les coups de journal que ma grand-mère tente de donner à l’autre pimbêche.


« J’ai dit on ne touche à rien dans cette maison ! Surtout quand la personne ne fait pas partit de la famille et qu’elle s’invite sans demander à ma petite-fille. Je ne supporte pas les demoiselles dans votre genre ! »


Je ris discrètement. Chanyeol m’aperçoit et me lance un regard qui en dit long. Il veut que je l’aide mais je n’en ai pas l’intention. Je disparais dans la cuisine pour pouvoir manger tranquillement. La cuisinière de ma grand-mère est là. Madame Lim. Je l’aime beaucoup. Elle est ici depuis une petite dizaine d’années. Et sa cuisine est succulente. Elle dépose un bol de riz, une omelette et une soupe devant moi. Je salive déjà. Ma mère lui a demandé de me préparer en grande quantité afin que je récupère mon corps d’avant. Je me jette sur mon petit-déjeuner. J’ai vraiment trop faim. Après une vingtaine de minutes, je pose mes baguettes et soupire. Ça va beaucoup mieux maintenant que mon estomac est rempli. Je descends de mon tabouret et sors de la cuisine en remerciant Madame Lim qui me salue et se remet à préparer le repas de ce midi. Ma grand-mère a cessé d’hurler et est sûrement dehors avec ma mère. Elles ont cette habitude de se promener dans le jardin tous les matins.


Hyeri a disparu et Chanyeol est sur la terrasse en train de fumer. A mauvais garçon, mauvaises habitudes. J’hésite. J’ai envie de le rejoindre mais je n’ose pas vraiment. Je suis devenue une vraie poule mouillée avec lui depuis que ChaeLin m’a ouvert les yeux sur mes sentiments pour Chanyeol. Et là même si j’ai soudainement envie de le rejoindre, j’ai un peu peur. Même beaucoup là. Haneul ! Ce n’est pas dans ton habitude là. Bouge ! Et mon corps réagit enfin. Je me retrouve sur la terrasse. Il me regarde et sourit. Depuis qu’il sait que je suis amoureuse de quelqu’un, il n’arrête pas d’être gentil avec moi. Il a changé. Il est jaloux je le vois. Il veut vraiment que je tombe amoureuse de lui. Seulement je le suis déjà. Alors c’est un peu dur pour moi de garder le mystère sur ça. Je sais qu’il tente de savoir par tous les moyens qui est la personne dont je suis tombée amoureuse et moi je m’efforce de le cacher du mieux que je peux. Du coup, c’est un peu con, mais comme je l’ai dit, il ne sait pas ce que c’est qu’aimer et être aimé. Alors, je me vois mal lui dire que je suis amoureuse sachant que je suis une novice dans ce genre de relation aussi. Il écrase sa cigarette dans un cendrier que ma grand-mère a dû lui donner et il se rapproche de moi. Je me suis installée sur la balancelle. Il s’assoit et colle nos épaules. Il ne dit rien et regarde le paysage. Je fais la même chose. Rien ne nous perturbe. Ma mère et ma grand-mère passent à côté de nous et me sourient. J’ai envie de me cacher ou de mourir. Elles disparaissent rapidement à l’intérieur.


« Alors tu ne veux toujours pas me dire de qui tu es amoureuse ? » me demande Chanyeol.


Et c’est repartit.


« Non tu ne sauras rien. Je ne sais pas vraiment si je suis amoureuse en réalité »

« C’est Jisoo ? »

« Non »

« Sandeul ? »

« N’importe quoi ! »

« Alors dis-moi. Ça m’énerve et ça me donne envie de te sauter dessus pour te faire comprendre que tu m’appartiens »

Son visage est bien trop proche du mien. Je me sens rougir. J’en ai marre. Pourquoi est-ce qu’il me met dans cet état ? Pourquoi mon cœur s’emballe quand il est dans la même pièce que moi, et aussi proche de moi ? J’ai envie de me cogner la tête contre le mur là.


« Dans tes rêves »

« Donc tu ne veux pas continuer avec moi ? Le problème c’est que tu as dépassé le temps accordé Haneul. Donc je vais te sauter dessus que tu le veuilles ou non »


Son souffle s’écrase sur mon visage, ses lèvres sont trop proches des miennes, ses mains glissent sous mes vêtements. Je suis mal, très mal. Je n’arrive pas à bouger, je suis figée. J’ai envie qu’il me saute dessus, je suis vraiment tordue.


« Haneul, ne sois pas amoureuse d’un autre. »

« La ferme Channie »

« Ne m’appelle pas comme ça ! »


Pas besoin de s’énerver. Il a un problème avec ce surnom ? Pourtant toutes les nanas l’appellent comme ça. Je n’en ai donc pas le droit.


« Arrête de te causer. Je n’aime pas ce surnom. Trouves-en un autre si tu veux mais ne m’appelles pas comme ça »

« Yeol alors ? »

« Oui Yeol c’est bien »


En fait, quand il a peur que j’arrête tout avec lui pour un autre homme, il devient carrément mielleux le gars. Ça me fait marrer. Je pourrais lui demander de me payer des fringues qu’il serait sûrement capable de le faire. Son visage toujours trop près du mien, il me sourit.


« Haneul, ne tombe pas amoureuse d’un autre »

« J’ai compris »

« Alors dis-moi qui est-il »

« Oh mais tu m’emmerdes Park ! »

« C’est plus Yeol maintenant ? »

« Va te faire voir Park »

« Channie ? »


Cette voix de crécelle. Voilà Hyeri qui se ramène dans le salon. Je me lève d’un coup de la balancelle et reste debout, m’appuyant à la rambarde. Chanyeol me rejoint. Il sait que Hyeri est là. Il sait que si elle nous voit si proche, elle va encore faire une crise de jalousie alors qu’ils ne sortent même pas ensemble. L’intéressée débarque sur la terrasse. J’ai droit à un regard noir. Je soupire. Elle me fatigue. J’ai entendu dire qu’elle avait demandé un transfert dans notre école et qu’elle avait été acceptée. Je prie pour qu’elle ne soit pas dans notre classe mais je sens qu’elle va faire la demande. Seulement, dans notre classe, il y a YooRah et je sens que ça va très mal se passer entre elle et Hyeri. Elles sont toutes les deux amoureuses de Park Chanyeol. En fait, il me tarde de voir ça ! Je les laisse là. J’en ai marre de la voir minauder et ma jalousie s’intensifie. Je ne comprends pas pourquoi Chanyeol ne se doute pas de mon amour pour lui. Il est totalement aveugle. Il est comme Sandeul et Jisoo. Ça me déprime presque.


ChaeLin râle depuis l’étage. Aujourd’hui j’ai décidé d’aller dans le centre-ville de Busan pour faire les boutiques. On ne va pas rester enfermés pendant toutes les vacances. Déjà ces premiers jours m’ont suffi. Je refuse de rester enfermée ici et surtout la voix de Hyeri m’insupporte de plus en plus. Je monte rapidement à l’étage pour me changer et redescends tout aussi vite. Jisoo est déjà prêt et nous discutons des boutiques que nous aimerions voir. Il me demande quelques trucs sur Busan. Sandeul nous rejoint assez vite. ChaeLin le suit de près et Chanyeol arrive enfin avec Hyeri qui râle.


« Je ne me suis même pas maquillée »

« On s’en fout. Au pire, elle reste ici. Grand-mère se fera une joie de te tenir compagnie » ironise Sandeul.


Hyeri se fige un peu et finit par se taire. Enfin du calme. Je préviens ma grand-mère et nous sortons. Un van nous attend devant le portail. Chacun prend place à l’intérieur et le chauffeur de ma grand-mère nous conduit en plein centre-ville. Il fait assez froid mais c’est supportable. Hyeri colle toujours Chanyeol et ChaeLin tente de me pousser à les séparer pour attraper l’autre timbré. Je refuse et ignore les dires de ma meilleure amie. Je ne vais pas faire ça. Ça va pas ! Pourquoi j’irais faire ça ? J’ai plus l’impression qu’il veut rester avec elle là. Okay, c’est Haneul la jalouse qui cause je vous l’accorde. Je réagis un peu trop je trouve. Ça ne devrait pas vraiment m’atteindre à la base. Dans le sens où il ne sait pas et dans le sens où je ne veux pas être amoureuse de cet abrutit. J’en envie de me frapper. Comment ai-je pu tomber amoureuse de lui ? Je me le demande vraiment. Qu’est-ce qui a bien pu me faire tomber amoureuse chez lui ? Il est arrogant, égoïste, nul en cours, violent. La seule chose qui fait que nous avons un point commun, c’est la richesse de nos parents respectifs.


Je le scrute discrètement. Du moins, j’essaie. Mon cœur s’emballe lorsque Chanyeol se met à sourire à une remarque que fait Jisoo. Mes joues se mettent à chauffer. Oui, son sourire, pas celui qu’il fait quand il va frapper quelqu’un ou qu’il va me sauter dessus hein. Mais son vrai sourire, celui qui est sincère quand il se sent en sécurité, quand il n’a plus besoin de porter son masque de mec con. C’est ce sourire qui a commencé à me faire craquer je pense. Puis sa voix. Malgré tout, j’aime sa voix. Grave et douce à la fois. Celle qu’il utilise quand il me parle gentiment. Mes sentiments ont commencé à germer pendant qu’il me parlait sûrement. Je ne dirais pas que son physique n’y est pour rien car ce serait mentir. Physiquement, Chanyeol est un mec vraiment bien foutu. Mais ce n’est pas ça qui m’a fait tomber amoureuse sinon je le serais depuis la fin du mois d’août. Bon, et si je fermais ma gueule ? Je suis certaine de baver à force de le détailler. Sandeul me tire rapidement de mes pensées et me traine dans une rue marchande. Les autres nous suivent. Hyeri râle pour ne pas changer. ChaeLin et Jisoo sont de plus en plus proche et elle arrive à lui tenir le bras pour ne pas se perdre. Jisoo aurait-il ouvert les yeux ? Je l’espère pour ChaeLin. Le vent se lève soudainement, m’arrachant des frémissements. Ça c’était pas prévu. J’espère qu’il ne va pas pleuvoir ou neiger.


Après presque deux heures de shopping intense à supporter les plaintes de Hyeri, on s’arrête enfin dans un café. Un endroit pour riches. J’ai beau l’être, je préfère mes petits cafés familiaux à ces établissements fait pour se la péter. Sandeul s’y engouffre le premier. Il salue à peu près toutes les personnes présentes. Et là je réalise. C’est l’établissement de ses parents ! J’avais complètement oublié. Il nous fait signe de le suivre et nous nous installons à une grande table. ChaeLin réussit à placer Chanyeol entre Jisoo et moi, laissant Hyeri de côté. Celle-ci fulmine et moi je me marre. C’est tellement drôle de la voir tirer cette tête. Un serveur vient nous voir quelques minutes plus tard pour prendre nos commandes. Je demande un chocolat viennois. J’aime tellement ça et ça fait longtemps que je n’en ai pas bu. Les autres font de même et le serveur nous quitte quelques instants avant de revenir avec nos commandes. Une fois nos boissons sur la table, les discussions commencent. ChaeLin parle des cours, de la rentrée, de la présence de Hyeri. L’intéressée commence à parler, nous faisant part de son désir d’être dans notre classe pour pouvoir rester auprès de Chanyeol. Celui-ci ne réagit pas, il semble passionné par son café. Il remue la cuillère depuis cinq bonnes minutes. En fait, il m’exaspère. Il a une fille amoureuse de lui, qui lui fait part de son envie d’être près de lui et il ne réagit même pas. Quand je vous dis qu’il vaut mieux que j’enterre mes sentiments ! Voilà pourquoi ! Il n’a pas de réactions et se fiche pas mal de ce qu’elle raconte. Je n’aime pas Hyeri mais j’ai de la peine pour elle. Elle est tombée amoureuse du mauvais. Nous sommes restés quelques heures dans ce grand café. Je n’ai pas vu les parents de Sandeul.

« Et si on rentrait ? » propose Jisoo, tenant ChaeLin par les épaules.

« Bonne idée, j’ai froid » souffle Hyeri.

« Rentrez, j’ai une dernière chose à faire » dis-je en tendant mes sacs de vêtements à Sandeul.


ChaeLin et lui ont bien compris mon intention, les autres me regardent bizarrement, notamment Chanyeol. Seulement, ça me regarde moi et moi seule ce que je veux faire. Ils montent tous dans le van et je pars seule dans les rues de Busan. Le cimetière n’est pas très loin à pieds. Je marche tranquillement. Je croise des amis de mes parents, dis bonjour à des personnes qui travaillent pour mes parents ou avec eux. Je me sens bien dans cette ville, c’est quand même fou que je l’ai à ce point fui pour étudier à Séoul. Je m’arrête chez le fleuriste de ma grand-mère et achète des perces neiges. C’est de saison apparemment. J’y connais rien aux fleurs, je me fie au fleuriste. Je ressors toute contente. Ce sont de jolies fleurs en fin de compte. Les pétales sont blancs. Je continue mon chemin. Le cimetière n’est plus très loin maintenant. J’accélère un peu le pas. Il commence à neiger. Fait chier ! C’était pas du tout prévu ce temps ! Elle nous fait quoi la météo ? Je m’engouffre dans le cimetière et trace jusqu’à trouver là où repose mon grand-père. Je soupire. Ma grand-mère n’est pas venue depuis bien longtemps j’ai l’impression. C’est sale et les bouquets ont tous fanés. Je dépose doucement le mien, mon sac à main à côté et commence à nettoyer. Il faut bien un peu, ça fait pas vraiment très propre. J’enlève les fleurs fanées, je jette tout ce qui fait moche et très vite ça s’épure enfin. Le nom de mon grand-père apparait. Je souris, satisfaite. Bon, maintenant, nouvelle mission, remplir un vase d’eau pour mon bouquet.


Je ne connais plus vraiment le cimetière mais je trouve enfin une fontaine en plein milieu du cimetière. Je regarde à droite et à gauche et je remplis discrètement mon vase. Pas très classe mais je sais pas où trouver de l’eau à part ici. Je ris de ma connerie et repars vers la tombe de mon grand-père. Et je manque de faire tomber mon vase. Un intrus est devant sa tombe. Qui est-ce ? Pourquoi je me demande ça à moi-même ? Aish ! Faut vraiment que je perde cette habitude de me parler à moi-même. Je m’approche et mon vase est attrapé à la volée. Ma bouche s’ouvre et mes yeux s’écarquillent. Pourquoi est-ce que la vie me déteste ?


« Park Chanyeol ! Qu’est-ce que tu fous ici ? »

« La ferme. Un peu de respect et parles doucement »

« Je … Pourquoi t’es là ? »

« Grand-mère me l’a dit »


Je vais lui faire la gueule à ma grand-mère. Pourquoi est-ce qu’elle lui a dit où j’étais ? Je voulais être seule un peu. Je ne voulais pas forcément parler face à la tombe de mon grand-père, je voulais simplement me recueillir. Pourquoi est-ce qu’il est toujours là quand je recherche la paix ? Il met mon bouquet dans le vase et dépose le tout sur la sépulture sans cacher le nom de mon grand-père. Il recule et place ses mains dans les poches de son manteau, remontant le col de celui-ci pour couvrir son cou. Il a encore oublié son écharpe cet idiot. Il me laisse le champ libre. Je ne dis rien et m’agenouille. Pas un mot ne passe mes lèvres. Je pense à mon grand-père, à mon père qui est toujours dans la nature, à ma grand-mère qui cherche un nouvel ami avec qui partager sa vie, à ma mère qui galère à gérer l’empire que mon père a monté. Je pense à ChaeLin et j’espère qu’elle arrivera à quelque chose avec Jisoo, que Sandeul arrête de coucher à droite, à gauche et qu’il se trouve une copine fixe. Je pense à Hyeri. Cette nana que je ne supporte pas mais que je plains énormément. Chanyeol finit dans mes pensées. Il est omniprésent de toute façon. Il refuse de me laisser tranquille jusque dans mes pensées, c’est affreux.


Je sens une présence à mes côtés qui me fait ouvrir les yeux. Quand est-ce que je les ai fermés ? Chanyeol s’est agenouillé et semble prier. Je l’observe. Il est concentré ce qui me fait sourire. En fin de compte, je suis heureuse qu’il soit là, même si je devrais pas vraiment m’en réjouir. Mais je n’ai pas envie qu’il s’en aille. Je me relève et il m’imite. Je commence à avancer, il me suit. Nous sortons du cimetière. Je me demande comment est-ce qu’il est venu. J’aperçois le van une fois que nous arrivons sur un parking qui se situe en dehors du centre. Je comprends mieux mais c’est bizarre, le chauffeur de ma grand-mère n’est pas à l’intérieur.


« Je l’ai emprunté » lâche Chanyeol.


Tant qu’il ne l’a pas volé. Qu’est-ce que je raconte moi ? Je soupire et marche rapidement jusqu’au van. Je m’installe à l’arrière mais l’autre me suit. Il ne compte pas nous ramener chez ma grand-mère ou c’est comment ? Je me pose sur un siège et attend. Il ne semble pas vouloir bouger. Qu’est-ce qu’il peut être fatiguant. Il attend quelque chose, je le vois bien, mais quoi ? Haneul ! Il attend ta réponse ! Le délai est dépassé, il sait que je ne peux plus refuser. En fait, je n’ai plus vraiment réfléchis à ça depuis quelques jours. Il se rapproche de moi et mon cœur loupe un battement. Plus il se rapproche, plus je compte les battements de mon cœur. Un, deux, trois, cinq. Parfois mon organe défaille quand il s’approche encore et encore. Un, deux, quatre. Ça ne va plus. Mon cerveau est en ébullition. J’ai chaud, trop chaud. Il ne sourit pas mais il n’est pas non plus en colère. Il sort des clés de la poche interne de son manteau et appuie sur un bouton. Les portes sont verrouillées. Il compte me faire quoi ? Je panique intérieurement mais ça doit se voir sur mon visage. Je le vois se mordre la lèvre inférieure et relever les yeux vers les miens. Je ne sais plus où me mettre. Il m’attrape et me serre contre lui.


« Enfin seuls »


Pardon ? Pourquoi il dit ça lui ?


« Tu sais que ça fait un moment que j’attends qu’on soit seul. J’ai failli frapper Hyeri à un moment »

« Pourquoi ? Tu me veux quoi ? »

« Ta réponse »

« Tu as Hyeri, tu n’as plus besoin de moi »


Ma réponse ne lui plait pas. Sa mâchoire se contracte. C’est mauvais signe. Mon manteau est jeté sur les sièges au fond du van. Mon pull le rejoint très vite ainsi que mon pantalon. Je suis mal. Je suis en sous-vêtements et lui me reluque comme un vulgaire morceau de viande. Je ne sais pas quoi faire. Je n’ai plus de forces. Il se déshabille à son tour et se retrouve en boxer. La température dans le van augmente. Les vitres sont fumées mais ça me stresse. J’ai peur que l’on nous voit. Mais apparemment, lui il s’en fout un peu. Ses lèvres viennent prendre possession des miennes. Sa langue s’immisce dans ma cavité buccale à la recherche de sa jumelle afin de commencer une danse sensuelle. Je perds totalement pied. Je suis submergée par le plaisir mais pas seulement. Mes sentiments s’en mêlent et je ne contrôle plus rien. Ses doigts dégrafent mon soutien-gorge et sa langue vient jouer avec mes tétons. Je me cambre. Je suis de plus en plus sensible sous son touché et je me déteste pour ça. Je ne veux pas que mes sentiments prennent le dessus. Si je me mets à lui dire que je l’aime, je risque de le regretter. Je ne sais pas ce que c’est que d’avoir le cœur brisé et je ne veux pas savoir. Je vais enterrer mes sentiments et continuer à lui servir de défouloir lorsque la colère et la haine l’envahissent. Pour rester auprès de lui, c’est la seule chose que je peux faire.


Ma culotte rejoint mon soutien-gorge, suivit de près par son boxer. Ses mouvements sont lents et j’ai du mal à respirer. Il ne me prend pas comme avant. Il continue comme els dernières fois. J’ai l’impression qu’il a peur de me faire du mal. Je ne sais pas vraiment comment interpréter ses gestes. Je suis dans un état second. Ma respiration est saccadée. Les doigts de Chanyeol parcourent mon corps, comme s’ils le redécouvraient après des années d’abstinence. Je soupire, je frémis, je gémis. Je balance ma tête en arrière et profite de son touché, de ses lèvres sur ma peau, de sa langue qui trace un sillon de salive de mes clavicules à mon nombril. Je tremble de plaisir, d’appréhension. Je m’accroche à lui et tente de happer de l’air. Mais mes poumons le refusent. Je suffoque et je suis rouge de honte, de plaisir, j’en sais trop rien.


« Respire, tu vas finir par mourir » souffle Chanyeol en faisant aller sa langue sur mon ventre avant de descendre sur mes cuisses.


Je n’y arrive pas vraiment là. J’ai un trop plein d’émotions qui se mêlent en moi. Je ne sais pas comment les gérer. C’est compliqué car c’est nouveau pour moi. Je m’accroche à lui et inspire longuement, j’ai enfin trouvé de l’air. Il remonte son visage vers le mien et m’embrasse. Un baiser un peu trop passionné à mon goût qui encourage mes sentiments à se renforcer. Je suis foutue. Je sens son membre frotter mon intimité puis je le sens peu à peu en moi. Je ne retiens pas mes gémissements et plante mes dents dans la peau de son épaule. Il grimace et passe une main dans mes cheveux puis les tire un peu pour me faire lâcher prise. Ses mouvements sont lents et doux. Je me sens fondre totalement. C’est tellement bon. Je suffoque encore une fois et ses coups s’accélèrent. Il devient violent. Il relâche toute la colère qu’il a accumulée pendant un mois. Mais il est moins violent qu’au début de notre étrange relation. Je me demande si le fait que je sois amoureuse de lui pourrait l’aider à ne plus ressentir à ce point la haine et la colère. Je me demande si mes sentiments pourraient ou non l’apaiser. Ses coups de reins m’empêchent de réfléchir. Je sombre dans le plaisir sans pouvoir respirer. Si bien que lorsque j’atteints l’orgasme, c’est le trou noir.


Quand j’ouvre les yeux, je suis toujours dans le van. Je me relève et, ah bah oui, je suis toujours à poil. Chanyeol est à côté, aussi nu que moi. Je rougis et détourne le regard. Je suis certes habituée à le voir dans le plus simple appareil mais là c’est différent, je suis amoureuse ! J’ai envie de me frapper. Il a fallu que je tombe amoureuse de mon bourreau. C’est pas mal ça. Ça fait une très belle histoire de drama ! Il faudra que le sexe soit carrément pas présent mais ça le fait non ? Je me perds là. Je tente de récupère mes fringues mais Chanyeol se relève et l’attrape, me collant à lui. Il semble calme et reposé. Heureuse de lui faire cet effet. Il soupire contre ma nuque et me serre un peu plus. Il est bizarre là. On reste un long moment comme ça. La seule chose que j’entends ce sont les battements de mon cœur qui va mourir si je reste dans cette position. Chanyeol n’a toujours pas ouvert la bouche et ça me stresse. Il doit entendre mon cœur qui s’emballe totalement.


« Haneul »


ENFIN ! Enfin il l’ouvre !


« Oui ? »

« Apprend-moi à aimer »