Une attention particulière

par Levy-chan

La journée est passée bien trop vite à mon goût. Mais alors bien trop vite ! Nous assistons au dernier cours de la journée et je ne veux qu’une chose c’est qu’il s’éternise. Il ne veut pas durer toute la nuit que je reste ici pour échapper à l’espèce de barge qui ne cesse de me fixer depuis le début du cours. Je tourne la tête vers lui et un sourire radieux s’affiche sur ses lèvres. Il n’attendait que ça. Je détourne le regard et le reporte sur le tableau, c’est plus intéressant. Je soupire. J’appréhende tellement en ce moment. Il demande de plus en plus mon attention. Il couche avec moi tous les jours ou presque. Au tout début, ce n’était pas réellement comme ça mais ses demandes sont de plus en plus nombreuses et abusives. Il profite de moi à n’importe quelle heure de la journée et ne se soucie carrément plus si j’ai quelque chose à faire ou non. Ce mec se croit tout permis. Putain de fils de chaebol ! Moi qui suis fille de riche, je suis pas comme ça ! Je suis respectueuse ! Et vulgaire mais ça c’est juste dans ma tête. Ouais, bon d’accord, quand je parle c’est la même. En même temps, c’est dans mon caractère.


Je continue mon monologue et regarde autour de moi. ChaeLin dort tranquillement, YooRah jette des boulettes de papier sur SoYeon qui ne réagit pas. MinWoo et JooYoung emmerde deux types qui ont le parfait profil de l’intello boutonneux et Chanyeol continue de me fixer. Sortez-moi de là ! J’écris ce que le prof d’histoire explique pour me changer les idées. Mon voisin se lève et disparait de mon champ de vision pour être remplacé par Chanyeol. J’hallucine ou quoi ? Il fait quoi cet idiot là ? Je rage intérieurement et l’ignore. Mais avec lui à côté, impossible de me concentrer. Pourquoi est-ce qu’il a changé de place ?


« Tu marmonnes quoi ? » me demande-t-il.


Mes lèvres bougent encore toute seule quand je me tape un monologue. Faut vraiment que je stoppe cette habitude. Je le regarde méchamment et ne prend pas la peine de dire quoi que ce soit. Il fronce ses sourcils. Il a vraiment une mauvaise habitude lui aussi avec ses sourcils. Il me jette un bout de papier que j’ignore. Je l’entends souffler d’agacement. Oh bordel j’adore le contrarier ! Mais … Mais qu’est-ce que je fais moi ? Je ne devrais pas l’énerver encore plus ! Ce soir, il va se faire un plaisir de se venger. J’essaye de deviner ce qu’il va me faire. Attacher mes poignets au lit ? Me ligoter ? Il va quand même pas me fouetter, si ? Non, stop ! STOP ! Haneul tu pars trop loin là ! Bon dieu, faites qu’il ne fasse rien de tout ça ! Qu’il me prenne comme d’habitude et qu’on n’en parle plus. Okay ?


« A quoi tu penses perverse ? » chuchote le grand con à mes côtés.

« Qui est une perverse ? »

« Toi »

« Pourquoi tu dis ça ? »

« Ton visage est tout rouge et tu t’affoles là »

« Quoi ? »

« Et ça m’excite énormément quand tu as des pensées perverses comme ça »


Il me sourit encore. Chanyeol je vais te crever ! Il me met mal à l’aise. Beaucoup trop là. Heureusement qu’il chuchote. Je prie pour que personne n’ait entendu quand même. Comment peut-il tenir de tel propos comme ça ? Dans la classe en plus. Je ne suis de base pas gênée par ça. Mais là, on est en cours et ce type me fait perdre tous mes moyens. Mon assurance fout le camp quand il est là, ma fierté se fait toute petite. Il me reste seulement ma grande gueule. Mais je parle souvent avant de réfléchir et ça entraine des situations non voulues. Chanyeol rapproche son bureau, prétextant qu’il ne comprend pas et que j’ai accepté de lui expliquer brièvement. Le prof ne dit rien, il a même l’air heureux que je me propose d’aider ce cas désespéré. J’aime pas ça. Son bureau se colle au mien. Sa chaise couine lorsqu’il la fait glisser sur le sol. Il la colle à la mienne et s’assoit. YooRah me lance des regards assassins. Ah mais tu le veux, vas-y prend le ! Je te le donne avec joie. Elle croit que ça me réjouit qu’il soit aussi proche ?

« Tu veux pas qu’on aille à l’infirmerie ? » propose Chanyeol, tentant de me déconcentrer.

« Non »

« Je m’occuperais de toi comme il faut »

« Non »

« Qui a dit que tu pouvais refuser ? »

« Le cours »


Je l’entends souffler. Il sait que si on s’engage plus loin dans cette conversation, elle sera interminable. ChaeLin s’éveille doucement et tourne le regard vers moi. Elle aperçoit Chanyeol, ce qui ne lui plait pas vraiment. Elle grimace et repose sa tête sur son bureau pour une nouvelle sieste, écourtée par le magnifique lancé de craies du prof. Elle atterrit sur le front de mon amie, la faisant couiner. ChaeLin se frotte le front et s’excuse en se repositionnant pour écouter le cours. Mais ses yeux se ferment tout doucement. Je trouve ça tellement drôle. Je l’observe en souriant mais une main se posant fermement sur ma cuisse me ramène à la réalité. Park Chanyeol est à mes côtés. Je tourne mon regard vers lui et fronce les sourcils.


« Tu m’excites encore plus avec cet air sévère »

« Ta gueule Chanyeol »

« Et ça aussi, ça m’excite. Ta façon de parler quand je t’énerve. Je pense pas pouvoir attendre jusqu’à ce soir »

« C’est ce que tu feras »


Il retire sa main et souffle de frustration avant de poser sa tête sur son bureau. Dormir lui permet de ne pas voir les minutes défiler. Je ris toute seule. Il est vexé, du coup il boude. Il est comme un petit enfant qui ne peut pas avoir sa sucette. C’est assez mignon. Pas plus. Il ne se réveille que lorsque la sonnerie retentit. Pourquoi je suis pas de corvée ménage moi ? Chanyeol se lève brusquement, range ses affaires, range les miennes puis empoigne mon poignet pour me trainer hors de l’école. Je n’ai pas le temps de dire quoi que ce soit que je me retrouve jetée dans la voiture de monsieur Chanyeol. Le chauffeur me salue. Il me vouvoie encore alors que j’ai un statut de servante chez les Park. Enfin, je vais pas lui vouloir. Puis je me souviens même pas de son nom. Chanyeol ne parle pas et patiente tout le long du trajet. Il espère que je monte tout de suite ? Il a vu la vierge celui-là. J’ai encore beaucoup de chose à faire avant. Le repas, JiYi doit prendre son bain, madame va vouloir boire un verre de vin avec monsieur. Ensuite, ils vont vouloir manger. Puis après le repas, JiYi va vouloir jouer. Non, vraiment, mon emploi du temps est chargé le soir. La voiture s’arrête enfin dans la cours de la maison et Chanyeol en sort le premier sans un regard pour moi. Il est lunatique ce type. Il m’exaspère. Je remercie le chauffeur et descend à mon tour. J’aperçois les servantes qui travaillent avec moi courir dans tous les sens. Je soupire et me dirige vers la porte de l’arrière-cour. Je passe d’abord par ma chambre pour me changer et poser mes affaires. Je m’étale quelques secondes sur mon lit pour soulager mon dos.


« Bon, courage Haneul ! Ce soir, pas de révisions ! Tu vas pouvoir dormir ! »


Bah quoi ? Faut bien que je m’encourage et que je me motive non ? Je me relève et cours presque dans la cuisine. Tous les ingrédients que j’ai demandés sont là. Je m’attaque au repas avant que les Park ne rentrent. J’entends la voix de JiYi appeler après moi et apparaitre dans la cuisine. Elle est tellement adorable cette petite. Elle ressemble à Chanyeol mais caractériellement elle est son opposé. Ils sont si différents. Elle aime parler aux gens, Chanyeol grogne et se retire dans sa chambre quand y’a du monde. JiYi sourit souvent, le seul sourire de Chanyeol que je connaisse c’est celui qui veut dire « je vais te baiser ici ». Je n’ai jamais vu de vrai sourire étirer les lèvres de Chanyeol. JiYi pète la forme, son grand frère est plutôt amorphe et lent à la maison. Haneul tu vas faire cramer le dîner ! J’écoute JiYi me raconter sa journée d’école pendant que je termine le repas. La seule chose qu’ils ont en commun, c’est qu’ils n’aiment pas les études. JiYi me le fait bien comprendre quand je l’aide pour ses devoirs. Je finis toujours par les faire sans lui expliquer tant elle s’en fiche et m’ignore. Une des nombreuses servantes part mettre le couvert et les accompagnements. Les Park viennent de rentrer, d’où la disparition de JiYi. Ils sont dans le salon. La voix grave de monsieur Park s’élève, appelant son fils.


« Et ça crie encore » soupirais-je.


Les pas de Chanyeol sur les escaliers résonnent dans toute la maison. Aussi discret qu’un troupeau d’éléphants lui. Je laisse mon oreille écouter rapidement ce qu’il se passe. La porte de la cuisine s’ouvre assez brusquement et JiYi me saute dans les bras. Je manque de tomber à la renverse. La petite Park cache son visage dans mon tablier et sanglote. Je sais qu’elle n’aime pas quand son père hurle sur Chanyeol. Elle l’aime tellement son grand frère. Mais moi non plus je n’aime pas quand monsieur Park hurle sur son fils car je subis par derrière toute la colère de Chanyeol. Je serre JiYi contre moi et tente de la rassurer. Monsieur Park hurle encore la même chose depuis quatre mois.


« Tu as vu tes notes ? »

« Qu’est-ce que ça peut te faire ? »


Chanyeol, tu es désespérant. Si seulement tu parlais avec politesse à ton père. Sois compréhensif et souris plutôt que de vouloir provoquer les coups que ton père t’assène. En fin de compte, on n’est pas si différent Chanyeol et moi.


« Ne me parle pas comme ça Chanyeol ! Tu es une honte ! Et tu comptes reprendre l’entreprise ? Tu n’as aucun espoir. Jamais je ne laisserais ma fortune à un incapable comme toi ! »


Puis le calme plat. C’est assez stressant en fait. Ce silence pesant. Les deux servantes qui servent le dîner reviennent en cuisine. Elles gardent la tête baissée et me passent sous le nez. L’ambiance n’est pas géniale ce soir. JiYi se détache de moi et trottine jusqu’à la porte pour observer la scène qui se déroule juste derrière. Je ne vois pas grand-chose mais je suppose que madame Park est allée se chercher une bouteille de vin dans la cave familiale pour éviter de voir le conflit et que monsieur Park a ses poings terriblement serrés et qu’il se contrôle pour ne pas cogner son fils. Chanyeol, lui, il doit regarder son père avec une envie irrésistible de lui sauter à la gorge ou de lui dire des horreurs mais comme à son habitude, il ferme sa bouche. La première fois qu’ils se sont disputés à propos des notes de Chanyeol et que monsieur Park a giflé son fils à quatre reprises, j’ai été choquée. Mon père ne m’a jamais fait ça. Jamais. Il me passait un savon oui. Mais il n’a jamais hurlé comme un forcené, se donnant ainsi en spectacle devant tout le monde, il ne m’a jamais frappé comme ça pour ce genre de chose. Dans ma vie, j’ai dû prendre deux gifles. Une pour avoir saccagé la maison en organisant une grande fête quand ils sont partis en voyage d’affaire et l’autre pour avoir un jour fuguée parce qu’ils refusaient de me laisser aller dormir chez ChaeLin. C’est tout.


« J’en veux pas de ton entreprise ! Je vais créer ma propre entreprise et te couler ! » hurle Chanyeol.


JiYi fait demi-tour et me ressaute dessus. Bon dieu mais où se trouve sa mère dans un moment pareil. Je la garde contre moi. La tempête qui fait ravage dans le salon n’est pas prête de finir si ça continue. Devrais-je intervenir ? Je lâche JiYi et lui demande de m’aider à poser tous les plats pour le dîner sur le chariot. Elle accepte et rapidement on a fini de tout poser.


« Ah oui tu crois ça ! Petit merdeux ! Je vais te faire passer l’envie de me parler comme ça ! »


Je pousse le chariot hors de la cuisine, en explosant presque la porte au passage. Faut bien que je fasse du bruit pour les prévenir de mon arrivée non ? JiYi me suit de près. Elle jette un regard apeuré vers son père, dont les deux mains sont posées sur la ceinture de son pantalon. Il allait réellement le battre ou c’est du bluff ? Je ne sais pas vraiment quoi penser. Là je ne pense qu’à une chose c’est de pousser mon chariot jusqu’à la table. Chanyeol me regarde méchamment. Enfoiré je te sauve les miches là ! Il détourne brusquement le regard et remonte à l’étage. Monsieur Park le suit rapidement, s’excusant pour le retard qu’il aura pour le dîner. Madame réapparait enfin. Elle évite toujours la tempête mais oublie souvent qu’elle a une fille aussi. JiYi se précipite d’ailleurs dans les bras de sa mère qui semble amorphe. Je lâche le chariot et laisse une servante déposer les plats sur la table tandis que je m’approche de madame Park. J’ai à peine fait trois pas qu’une forte odeur de vin me chatouille les narines. Madame est totalement saoule. J’attrape JiYi et lui demande d’aller s’assoir à table pendant que j’amène madame dans la cuisine.


« Vous avez encore trop bu » soufflais-je.

« Je suis en droit de faire ce que je veux Haneul. »

« Que va penser monsieur de tout ça ? »

« Je me fiche de lui. Il ne me regarde même plus en ce moment de toute façon. Alors que je sois saoule lui importe peu »

« Vous ne devriez pas faire ça. JiYi est là »

« Je … Tu as raison Haneul … Tu as raison »


Madame Park part soudain dans un fou rire. Je ne sais pas vraiment quoi lui donner pour que les effets de l’alcool se dissipent. Mais apparemment, elle n’a besoin de rien. En quelques minutes, elle a l’air d’aller mieux. Elle m’offre un petit sourire et sort de la cuisine pour rejoindre JiYi à table. Je la suis quelques secondes plus tard et constate la présence de monsieur Park et l’absence de Chanyeol.


« Chanyeol ne mangera pas ce soir. » déclare monsieur en croisant mon regard.


J’acquiesce et retourne dans la cuisine. Je le plains quand même à Chanyeol. Je me demande ce que lui a fait monsieur lorsqu’il était encore à l’étage. Je tente de ne pas trop y penser et me sers une assiette de riz avec le porc que j’ai préparé. J’ai pas forcément envie d’attendre les autres servantes. Je prends mon assiette, des baguettes et je m’enferme dans ma chambre. J’ai pas vraiment faim mais il faut bien se nourrir non ?


Je soupire en m’asseyant à la table chauffante. Je glisse mes jambes sous la couverture et profite de la chaleur. Nous sommes en Décembre et il fait assez froid en ce moment. Je frissonne et m’attaque à mon repas. Je pensais au tout début être tombée dans une famille riche plutôt normale. Une famille ayant les mêmes règles que moi. Madame ne buvait pas comme elle le fait maintenant, Monsieur était calme et ne levait pas la main. Enfin en même temps, il n’y avait pas Chanyeol. Les Park l’avaient envoyé au Japon je crois bien. Ou alors c’était en Chine. Enfin tout ça me dépasse. L’ambiance a tellement changé maintenant. Seule JiYi reste la même. Je termine mon assiette et retourne dans la cuisine. Je n’entends plus de bruits dans le salon, j’en déduis qu’ils ont fini. JiYi est plantée en plein milieu de la cuisine. Elle m’attend pour son bain. Je dépose mon assiette, enlève mon tablier et lui tend la main qu’elle attrape rapidement pour me tirer jusqu’à la salle de bain. Je ne me ferais jamais à la grandeur de cette pièce. Même chez moi, elle est pas énorme comme ça.


Pendant que JiYi quitte ses vêtements, je fais couler l’eau chaude dans la baignoire. Je déverse un peu de produit pour faire mousser et j’attends un peu avant de couper l’eau et rajouter un peu d’eau froide. Mademoiselle adore les bains moussant par ma faute. Elle plonge dedans et en ressort seulement la tête, toute fière d’avoir de la mousse partout. JiYi a eu sept ans je crois. Elle est adorable, je l’adore cette gamine. Même si parfois, jouer avec elle m’emmerde plus qu’autre chose. Je la laisse barboter une bonne demi-heure. Je lui lave les cheveux et la laisse se rincer. Une fois terminé, elle sort d’elle-même du bain et attend que je l’enveloppe dans une serviette. Ce que je fais avant de l’amener dans sa chambre. Elle pèse son poids celle-là. Je galère un peu à monter les marches et enfin j’arrive à sa chambre. JiYi glisse de mes bras et se précipite sur son lit.

« JiYi tu vas tremper les draps. Viens ici que je te sèche »


Elle m’obéit tout de suite et patiente le temps que je la sèche. Elle court ensuite les fesses à l’air jusqu’à son armoire pour prendre un pyjama. Elle en possède combien sérieux ? Elle trouve une chemise de nuit et un short qu’elle enfile avant de se vautrer sur son lit. Je la relève et l’entraine vers la chambre de ses parents. Madame Park doit être en train de lire, ou de décuver, je ne sais pas trop. Je donne un coup à la porte et ouvre sans attendre de réponse. Madame Park tourne lentement sa tête vers nous et rajuste ses lunettes avant de sourire. Elle tend les bras vers sa fille qui se jette sur elle. Elle sera douée en coup de boule cette gamine, sérieusement. Les embrassades durent quelques minutes puis JiYi sort. Je souhaite une bonne nuit à madame et referme la porte. Nous faisons la même chose pour son père. Une fois devant la porte du bureau, j’hésite un peu. J’espère qu’il n’est pas au téléphone. Je frappe et cette fois j’attends une réponse. Un faible oui se fait entendre, nous donnons le signal d’entrer. JiYi s’engouffre à l’intérieur et se précipite sur son père pour l’embrasser. Les bisous ne durent que quelques secondes, monsieur est plus froid mais n’en reste pas moins aimant. JiYi revient vers moi, je souhaite à monsieur une bonne nuit puis ferme la porte derrière moi.


JiYi part se coucher tranquillement après m’avoir fait d’innombrables bisous sur les joues et quelques câlins. Elle n’a pas osé dire bonne nuit à Chanyeol et je la comprends. Il doit être dans un état de colère extrême. Je ferme doucement la porte de la chambre et descends les escaliers pour rejoindre la cuisine. Je ne sais pas trop quoi faire. Chanyeol n’a pas mangé, je devrais peut-être lui faire un sandwich. Pourquoi je m’inquiète pour lui là ? Haneul, tu comptes lui faire un casse-croûte sérieux ? Faut vraiment que j’arrête de me parler à moi-même, ça va plus. On dirait un peu une folle. Oh et puis merde, je vais lui faire ce foutu sandwich. En dix minutes, j’ai préparé un plateau repas que je lui monte. Je frappe d’abord doucement à la porte de sa chambre mais pas de réponse. Je frappe un peu plus fort mais rien du tout. Ça me gonfle. Je pose le plateau sur le meuble juste à côté de la chambre et pousse la poignée qui cède. Alors il n’a pas fermé à clés ? Haneul, si t’es rentrée dans la chambre c’est justement parce que c’est ouvert. Foutue conscience.


« Chanyeol ? »


Et je me prends un vent. Il est vivant ? Il est mort ? Sans réponse de sa part je vais finir par me faire des idées et pencher pour la deuxième option. Je récupère le plateau et ferme la porte. Merde ! Merde, je ne vois rien et mes yeux ne s’habituent pas rapidement au noir. Je cherche son bureau que je finis par discerner lorsque mes yeux s’habituent enfin à l’obscurité. Je dépose le repas sur le meuble et me retourne. Son lit est droit devant. Je fais quoi ? Je suis censée faire quoi ? Partir ? Et si son père l’avait frappé avec sa ceinture, il doit être blessé. Je ne devrais pas le soigner ? Bordel, Haneul ! Pourquoi tu t’inquiètes pour ce psychopathe ? Je l’aime pas vraiment, il est juste bon au lit. Mais de savoir qu’il est battu comme ça. J’aime pas. J’ai envie de le soutenir un peu quand même. Je n’ai pas le temps d’atteindre le lit que deux bras enlacent brusquement ma taille. C’est lui. Sa respiration frappe ma nuque. Elle est irrégulière. Il faisait quoi avant que j’arrive ce pervers ?


« Tu n’as pas reçu mon message ? »

« J’ai pas mon portable »

« Fille inutile »

« Ta gueule »


Il ricane et me pousse vers l’avant. Mes tibias butent contre le lit et je m’étale comme une merde à plat ventre sur le matelas. Toujours personne d’intéressé par ma vie ? Il s’assoit sur mes fesses et allonge son buste contre mon dos, son visage trouvant sa place au creux de mon cou. Je ne sais pas vraiment quoi penser là. Et pourquoi je suis excitée comme ça moi ? Haneul contrôle tes réactions bordel ! Je ne le sens plus sur moi. Où est-il ? Faut vraiment que j’arrête de me causer à moi-même quand on commence ce genre de chose. Je me retourne et m’installe correctement sur le lit. J’attends. Je l’attends lui. Je sens le matelas s’affaisser sur ma droite. Il est là. Mon ventre me brûle. Ce mec me fout dans un de ces états ! Il attrape mes chevilles et tire dessus pour m’allonger. Je ne résiste pas, il ne vaut mieux pas. Il attrape mes poignets et les ligote. Je suis foutue. Je suis foutue. JE SUIS FOUTUE !


« N’essaies même pas de me résister. Je ne suis pas d’humeur à supporter ça »


Sa voix flippante me fait carrément de l’effet. Aish, Park Chanyeol ferme-là et prend-moi ! Il se place entre mes cuisses. Je le sens au-dessus de moi. Je ne sais pas ce qu’il compte faire et j’avoue que j’ai un peu peur. Va-t-il me violenter ? Va-t-il me faire mal pour se venger du comportement de son père ? Mais à ce moment-là, ne devrait-il pas aller frapper son père plutôt que moi ? Je suis innocente moi. Et en plus je prends soin de lui. Enfoiré ! Ses mains se posent sur mes joues. J’ai du mal à le distinguer dans le noir.


« Tu parles encore seule Haneul »


En même temps c’est de ta faute ! Passe aux choses sérieuses que j’arrête de me faire tout un tas de films sale con ! Je fulmine de l’intérieur. Il déboute mon chemisier et fait sauter mon soutien-gorge avec. Il libère mes poignets afin de pouvoir me débarrasser de mes vêtements plus facilement. Mais mes poignets ne restent pas libres très longtemps. Ils se retrouvent une nouvelle fois attachés. Je soupire et patiente. Je ne vais pas l’empêcher de faire quoi que ce soit ce soir, alors pourquoi est-il aussi lent ?


« Ton père t’a-t-il fait mal ? »

« Mêle toi de ton cul »

« Mais tu as sûrement des blessures profondes ! »

« La ferme Haneul »

« Tu sais que ça pourrait s’infecter »

« J’ai dit la ferme Haneul ou je te viole ! »

« C’est pas déjà ce que tu fais depuis quatre mois ? »


Je le sens se crisper de colère. Dieu que je suis conne parfois. Mais le provoquer reste l’une de mes passions. Ses lèvres se posent contre mon cou puis ses dents mordillent ma peau. Il me marque inlassablement jusqu’à ma poitrine. Il s’attarde sur mes tétons. Je gémis. Je suis sensible. Il le sait. Sa bouche continue de descendre. Elle se stoppe à mon nombril. Ma respiration est irrégulière. Je vais crever de plaisir bordel ! Chanyeol arrache-moi le reste de mes vêtements et prend-moi ! Je te supplie là ! Ma jupe d’uniforme de servante vole à travers la pièce. Je la retrouverais demain. Il dépose doucement ses lèvres sur ma culotte et dépose des baisers sans me l’enlever. Je vais mourir de plaisir. Je tremble, beaucoup trop à mon goût. Putain, Park Chanyeol qu’est-ce que tu me fais ? Il se relève et remonte vers moi, tout en descendant ma culotte de ses mains. Je me tortille sous lui.


« Et bien, tu as d’étranges réactions aujourd’hui » sourit-il. Enfin je pense qu’il sourit.

« C’est de ta faute sale con ! »

« Je ne fais pourtant rien de spécial »


Ça l’amuse ? Il ment putain. D’habitude, il me déshabille avant même que je touche ce foutu lit et me baise directement. Pourquoi des préliminaires ? Il veut tester quelque chose de nouveau ? Le problème c’est qu’on est pas en couple. Je suis son objet, rien de plus. Et je ne veux pas être plus. Je continue de me torturer l’esprit lorsque je sens un doigt entrer en moi. Je me courbe et me contracte directement. Je laisse un gémissement s’échapper. Chanyeol est vraiment doué en fait. Vraiment. Le meilleur coup de ma vie pour le moment. Un deuxième doigt. Un troisième. Et alors que je suis au bord de l’orgasme, il les retire d’un coup sec. Je grimace et pose mon regard sur lui. Je ne sais pas vraiment ce qu’il fait là. Je le sens se positionner entre mes cuisses correctement. Le bout de son membre vient buter contre mon entrée. Oh attend un peu mec ! Il est où le préservatif ? Okay, je prends la pilule mais on avait convenu de rapports protégés non ? Il nous fait quoi le petit ?


« Tu fais quoi là ? »

« Je marque mon territoire. Pour te faire comprendre à qui tu appartiens. »

« Chanyeol faut te calmer sérieusement. Je l’ai bien compris ça. Pas besoin de le faire de cette manière »

« La ferme Haneul »

« Ne me dis pas de la fermer ! Je t’interdis de … Ah ! »


L’enfoiré ! L’espèce de malade ! Le gros con ! Il m’a pénétré d’un coup pour me faire taire. Ça a marché évidemment. Je sens que je vais pleurer. J’ai mal, il n’a pas mis de préservatif. Il me prouve une nouvelle fois que je suis seulement son objet personnel. Je sens que je pleure. La sensation est tellement différente sans protection. Est-ce que je pleure de douleur et de plaisir maintenant? C'est la question que je me pose là. C’est tellement agréable. Un peu trop d’ailleurs. Pourquoi il n’est pas brutal comme d’habitude ? Pourquoi il ne mord pas comme à chaque fois qu’on le fait ? Les larmes coulent sans que je puisse les contrôler. Les coups de rein de mon partenaire deviennent plus rapides et plus violent. Il me soulève lorsqu’il décide de s’assoir. Je n’ose même pas le regarder. Je suis en train de chialer tout ce que je peux. Ses coups me font gémir de plaisir. Rien n’est comme d’habitude putain ! Qu’est-ce qu’il lui prend ? Son membre grossit encore en moi. J’ose relever la tête lorsque je sens que je suis au bord de l’orgasme et sur le point de m’évanouir. Chanyeol a les yeux fermés et sa respiration est irrégulière. Il se contrôle, il se retient, je le vois bien. Mais si il lâchait prise, il serait capable de me tuer.


Mon ventre se tend et je manque d’air. Mes jambes se crispent et je m’accroche désespérément à ses épaules. Mon orgasme est violent et il est obligé de plaquer sa main sur ma bouche pour ne pas alerter la maison. Il me suit de près et se retire rapidement pour se déverser sur mon ventre. Quelques spasmes parcourent son corps avant qu’il ne s’étale à mes côtés. Je transpire, j’en peux plus. Et je me pose beaucoup trop de questions pour ma santé là. Pourquoi est-ce différent de d’habitude ? Pourquoi n’a-t-il pas mis de préservatif ? Pourquoi était-il doux ? On est pas en couple, je le répète. Je soupire. Il ne répondra jamais à mes questions. Je décide de me lever mais monsieur me stoppe dans mon élan, me repositionnant sur son lit. Il se soulève et attrape des mouchoirs pour nettoyer mon ventre. C’est quoi cet élan là ? Mais qu’est-ce qu’il lui arrive ? Il est tombé amoureux de moi ou quoi ? Impossible. Haneul, c’est impossible. Ce monstre n’a pas de sentiments. Tu le sais mieux que quiconque.


« Demain ce sont les vacances de Noël » dit-il.

« Je sais et alors ? De toute façon, je ne peux pas bouger à cause du repas qu’organise ta mère. Je ne pourrais même pas voir ma mère »

« Quand t’ai-je dit que tu pouvais te plaindre ? »

« Oh ta gueule. »

« Sais-tu pourquoi j’ai été comme ça avec toi ? »

« Non »

« Je pars pendant une semaine avec mes amis pour skier. Je voulais te faire comprendre que ton corps ne réagit que lorsqu’il est en contact avec moi »

« Et ça m’avance à quoi ? »

« Seul moi peux te satisfaire Haneul. Et ma façon d’être de ce soir, c’est pour que tu ressentes le manque de mon corps contre le tien, c’est pour que tu n’ailles pas voir ailleurs »

« Et tu penses que ça va marcher ? »

« Il vaut mieux sinon je te tue »


Je n’aime pas son ton mais je préfère hocher la tête pour lui faire entendre que j’ai compris. Il semble satisfait. Je lui tourne le dos et réfléchis. Ses bras s’emparent de ma taille et il m’attire contre son torse. A ce rythme, je ne vais pas survivre. Il a bien trop d’attention aujourd’hui et je ne supporte pas ça. Nous ne sommes pas un couple merde ! Heureusement qu’il part en vacances !