Cours de sport

par Levy-chan

J’entends un réveil au loin. Est-ce le mien ? Non je dois vraiment rêver. Je tends l’oreille et garde mes yeux fermés. Si c’est bien mon réveil. Mais pourquoi sonne-t-il aussi tôt ? J’ai à peine dormir une heure. Je râle et m’enfouis sous la couette, seulement, quelque chose m’en empêche. Quelque chose me retient et m’empêche de me retourner pour tourner le dos à ce fichu réveil. Je suis bien sous la couette, je veux pas me lever. Le quelque chose me retourne très facilement et me plaque contre mon matelas. Un truc froid touche ma joue, mon nez, ma lèvre supérieure. Je fronce mes sourcils et garde les yeux encore et toujours fermés. Je ne veux pas me réveiller ! Y’a personne qui est foutu de le comprendre dans cette baraque ? Très vite, je sens un truc mouillé sur ma joue, mon oreille et enfin mon cou. Qui ose me faire ça ? QUI ? Je ne suis pas du matin. Mais vraiment pas ! Je vais le niquer ce quelque chose. Mes sourcils se froncent au maximum et mes paupières daignent enfin s’ouvrir un peu. Je vois pas grand-chose mais c’est un bon début. Par contre, impossible de bouger, je suis bloquée par ce quelque chose. J’ai chaud là. Le quelque chose me tient chaud. J’entends un rire. Putain, je le connais ce petit rire perfide là ! Mes yeux s’ouvrent enfin en grand pour découvrir cet abrutit de Chanyeol au-dessus de moi. J’ai dit je suis pas du matin bordel ! Il me sourit et plonge sur la peau de mon cou. Ses dents me pincent et me font mal. Ses mains bloquent mes poignets le long de mon corps. Sa force m’énerve sérieusement. Je vais aller faire un peu de boxe et de musculation et je vais lui niquer sa gueule à celui-là.


« Tu sais que tes lèvres bougent mais qu’aucun son ne sort ? »


Je me stoppe net. Faut vraiment que j’arrête de me parler à moi-même et de bouger mes satanées lèvres de temps en temps. Heureusement que je ne le fais pas à chaque fois. Je me tortille sous son corps. Au cas où vous l’avez pas remarqué, j’essaye de me barrer, de lui échapper. Ce mec est un monstre qui m’indiffère certes, mais un monstre quand même. Et il avait fallu que je postule avant l’été dans sa maison pour devenir servante, cuisinière et baby-sitter. Ah non, j’ai oublié autre chose. Je suis aussi devenue l’esclave sexuelle de ce taré ! Je ne savais même pas que les Park avaient un fils aîné. J’étais bien moi, juste avec la mignonne petite JiYi, à jouer aux poneys, à la barbie et autres jeux de son âge. Mais non, maintenant je suis devenue un jouet, celui de son grand frère. Mais le pire dans tout ça, c’est que je m’en fous royalement. Je ne sais pas s’il pense me blesser dans ses gestes mais ça ne me touche pas réellement. En fait, je pense même que cette situation m’arrange. Il est comme un plan cul pour moi. Et vraiment, ça me va. J’ai horreur de l’amour, je ne veux pas d’une histoire de couple, je ne veux rien de tout ça. Oui, je sais ce que vous allez dire. Je n’ai jamais vécu ça, blablabla. Seulement, à la différence de certains, moi, je ne veux pas connaître ça. L’amour m’effraie. Réellement. J’ai peur de tomber amoureuse, de souffrir de ce trop-plein d’amour, bref c’est bien trop emmerdant pour moi tout ça. Chanyeol m’offre du sexe et moi je calme sa colère. Notre relation se résume à ça. Enfin, il a quand même bien fait comprendre que j’étais son objet à toute l’école au préalable.


Dans tout ça, j’en ai oublié de tenter de fuir de mon putain de lit pour échapper à la bête ! Ses mains ont lâché mes poignets. Il me regarde glisser hors du lit et me relever. Il m’observe tout le temps ce mec c’est assez incroyable. Mais ce qui est encore plus étrange, c’est que je rougis à chaque fois. J’ai l’impression d’être une pucelle timide. J’ai envie de me baffer quand je fais ça putain ! POURQUOI EST-CE QUE JE ROUGIS ? Okay, Haneul, arrête de parler solo, ça fait extrêmement peur là. Mais Chanyeol est incroyablement beau. Comment ça j’exagère ? Pas du tout. Il est le mec populaire comme dans les dramas là. Le fils de Chaebol qui a de bonnes notes, dont le sourire hypnotise toutes les nanas de l’école ainsi que les professeurs … Je m’emballe un peu. Ce mec est à chier en cours, son bulletin scolaire filerait des boutons à ma mère ! Mes joues ne sont plus en feu. Je m’étire. Je l’entends siffler. Ce mec est vraiment con. Il m’exaspère. J’ai envie de le frapper jusqu’à ce que mort s’en suive, vous voyez. J’entends mon lit grincer, signe que le grand Chanyeol bouge.


« Qui a dit que tu pouvais te lever ? » me demande-t-il en me retournant.

« Moi-même trou du cul »

« Insolente »

« Va dans le salon, faut que je prépare le petit-déjeuner » soupirais-je. Il va pas me lâcher ce con.

« C’est toi mon petit-déjeuner tu sais »


Okay. STOP ! Je vais vomir. Poussez-vous je vais vraiment vomir. Il sait que j’ai horreur de ce genre de parole mielleuse merdique. Il le sait. Ça fait quatre mois qu’on apprend à se connaître de temps en temps et il sait que j’ai horreur de ça. Putain, je vais le frapper, l’enterrer vivant et ne jamais le ressortir de sous terre. Je sais, j’ai des réactions assez étranges mais l’amour, les petites phrases de ce style, ça me met mal à l’aise. J’ai horreur de ce genre de chose. Et lui, ça l’amuse. Il en profite et en joue. Il adore me voir réagir comme ça. Je finis par le pousser hors de ma chambre lorsque j’entends madame Park m’appeler. Il ne faudrait pas qu’elle le trouve ici. Elle m’apprécie okay, mais elle n’aimerait pas vraiment me voir dans les bras de son fils encore en pyjama. Elle risquerait de me foutre dehors. Il sort sans demander son dû et me laisse enfin me changer. En quelques minutes, j’ai enfilé l’uniforme de l’école où j’étudie. L’une des plus prestigieuses et des plus coûteuses aussi. Je laisse mes cheveux détachés et cours presque dans la cuisine pour préparer les assiettes du petit-déjeuner ainsi que le panier repas de Chanyeol et le mien. Je ne reste jamais très longtemps, donc une fois que tout est fait, j’attrape mon repas pour ce midi, le fourre dans mon sac et sors par la porte de l’arrière cours. ChaeLin doit m’attendre. Elle est au courant pour ma situation, mon statut de servante et tout le reste et ainsi que le fait que Chanyeol me voit comme un sex-toy. Elle n’a pas vraiment dit grand-chose. Ça ne l’étonne même pas que j’ai accepté sans rien dire. Serais-je prévisible maintenant ?


Mais je lui ai juste caché la partie du pourquoi j’ai dit oui. Chanyeol, à première vue, est un mec cool, classe, sympa, drôle et nul en cours. Et c’est vrai. Mais ce type est réellement violent. Je ne sais pas vraiment si monsieur Park le bat. J’ai du mal à le concevoir. Mon père n’a jamais levé la main sur moi, ma mère s’en chargeait. Mais je pense que c’est ça. Je les entends parfois se hurler dessus et quand la tempête se calme, soit il vient dans ma chambre soit il me traine jusqu’à la sienne et me viole presque. Enfin je dis viol, mais je suis consentante donc je ferme ma gueule. Donc je reprends mon explication. Pour contenir cette haine, cette colère, il se défoule parfois sur les élèves. Mais il a trouvé à travers le sexe, une façon d’évacuer tout ça encore plus vite. Donc je suis sa bienfaitrice ! Je m’emballe encore. Je me cherche des excuses en fait. Seulement, en acceptant ça, jamais je n’aurais pensé que je n’aurais plus le droit de coucher ailleurs. Et j’avoue que ma liberté en prend un coup. Il est pas mauvais au lit, loin de là, mais j’aime être libre de choisir de temps en temps un autre partenaire. Mais apparemment non, je ne peux pas. Je n’ai pas le droit de parler à d’autres hommes, ni de les câliner, ni de leur sourire. Je lui ai demandé si il voulait pas non plus que je me trimballe avec un drap sur la face tel un fantôme pour ne voir personne. Il a ri et accepté. Cette fois-là, j’ai loupé une possibilité de me taire. Ah oui, y’a autre chose aussi. Je dois le rejoindre quand il en a envie. Et ça, je vous avoue que c’est le plus chiant. La meilleure élève de la classe va souvent à l’infirmerie depuis quelques semaines. Mais le pire dans tout ça, c’est que personne ne le voit ! PERSONNE ! Pourtant c’est flagrant. Qui est-ce qui manque en cours ? Chanyeol et moi ! Les gens doivent penser qu’on tricote à l’infirmerie. Ça doit être ça.


« Haneul je te parle ! » s’impatiente ChaeLin.

« Désolée. »

« Encore en train de marmonner. Je t’entendais »

« Faut vraiment que je perde cette foutue habitude ! »

« On a quoi ce matin ? »

« Tu changes assez vite de sujet au final »

« Ouais, on a quoi alors ? »

« Sport »

« Super. J’ai envie d’y aller comme d’embrasser les fesses de YooRah »


Aaah YooRah. J’ai oublié de vous parler d’elle. Kwon YooRah. Je la connais vite fait depuis que je suis gosse. L’entreprise de son père sous-traite avec celle de mon père. Elle est riche grâce à ma famille cette connasse et elle ose me regarder de haut. Elle ne m’emmerde pas. Elle préfère s’attaquer aux plus faibles qu’elle. YooRah est le cliché type de la méchante dans les dramas. Seulement, même si je suis l’héroïne de cette histoire, j’ai tellement un sale caractère qu’elle n’ose pas m’approcher. J’en ris à chaque fois. Mais elle ne m’aime pas. Elle est amoureuse de Chanyeol, ça se voit à dix kilomètres mais lui, il s’en sert comme d’un trou de plus avec lequel il va s’amuser. Je suis d’un vulgaire bordel. Fallait pas qu’il me réveille lui aussi. Je reviens sur YooRah. Oui vous avez bien compris. Je n’ai pas le droit d’aller voir d’autres messieurs pour m’amuser mais par contre lui, il peut s’envoyer toutes les nanas du lycée c’est normal ! Je n’ai pas accepté cette close mais malheureusement je n’ai pas de pouvoir dans cette relation. Mon seul pouvoir, c’est quand je lui dis non ou que je décide de lui hurler dessus pour me défouler. Mon seul pouvoir, c’est mon genou dans ses bijoux quand je n’en ai pas envie et qu’il tente de me pousser à bout. Sinon je n’ai aucun autre pouvoir. Et personnellement, pour l’avoir vu s’énerver, je vais éviter de trop souvent me rebeller ou refuser. Je veux vivre. Je pensais que j’avais trouvé un travail calme avec quelques règles de maison. Mais depuis la fin de l’été, je tente plutôt de survivre. Je dois faire comme si de rien n’était devant les Park quand Chanyeol est dans les parages. Je dois faire attention à ses mouvements et les miens. J’essaie de ne pas croiser son regard quand ils sont tous présent et que je sers le repas. Je reste le plus loin possible pour éviter qu’il fasse un geste déplacer. Je cache du mieux que je peux notre étrange relation mais lui tente de tout foutre en l’air. J’y tiens à ce boulot bordel ! Il m’aide à payer les frais de scolarité. Vous me direz, je devrais plutôt demander à ma mère mais je ne veux pas. Elle a assez de problèmes comme ça avec mon père qui a pris le large. Celui-là, le jour où il revient, je vais me faire un plaisir de le frapper jusqu’au coma. Sincèrement. Je la laisse tranquille, je lui donne des nouvelles, prends des siennes et tente parfois de la rassurer. Mais à priori, je ne suis pas vraiment douée. Elle finit toujours par me hurler dessus. Elle m’en veut d’être partit. Désolée de vouloir réussir mes études. Enfin tant pis.


ChaeLin me pousse vers le gymnase. Je soupire. J’aime pas le sport. Malgré mon caractère de merde, ma passion pour la baston et tout le reste, je ne suis pas vraiment musclée. Je suis donc assez nulle en sport. Et devinez qui est bon dans cette matière. D’ailleurs c’est la seule où il est doué. Le reste est une catastrophe. Chanyeol est considéré comme le meilleur sportif. Mais c’est tout. Malgré sa belle gueule, il n’arrive pas vraiment à amadouer nos professeurs pour avoir une meilleure note. Et il ne supporte pas quand je reçois mes notes. Je suis dans le classement des meilleurs de l’école. Je n’ai aucune facilité, je travaille comme un forcené c’est tout. Pas de secret. Le travail, y’a que ça de vrai. D’où mes quasi nuits blanches. Je m’étire pendant que ChaeLin me traine jusqu’au vestiaire. Notre classe est déjà là, et la moitié des filles sont prêtes. L’uniforme pour le sport est un peu dégueulasse. Un vieux jogging bordeaux trois fois trop grand pour la majorité et un débardeur blanc ou gris ça dépend si il est propre ou non. YooRah raconte sa dernière sortie en ville, expliquant aux quelques oreilles qui lui prêtent attention qu’elle s’est achetée une tonne de vêtements faisant presque exploser son armoire. Laissez-moi la frapper violemment ! Je l’ignore et pars me changer. ChaeLin m’observe et rit.


« Toujours aussi peut musclée toi » me fait-elle remarquer.

« La ferme »

« Moi aussi je t’aime »


Je lui lance mon plus beau regard noir et la fusille. Je la hais. Elle me fait à chaque fois la remarque depuis quatre mois que les cours ont débuté. Et quand nous étions à Busan, elle ne manquait jamais une occasion de me le faire remarquer. Quand est-ce que j’ai dit que je l’aimais celle-là ? Je souffle bruyamment et enfile le vieux débardeur sur mon corps. Je ne sais pas ce qu’on va faire. Si on doit courir, je rends les armes et je me dispense moi-même. Je déteste courir. Ou alors, si vous voulez me faire courir, offrez-moi l’acteur WooBin et là je suis sûre de battre tous les records du monde. ChaeLin sort la première et je la suis en trainant des pieds. On a cours avec l’autre classe de première année. C’est cool, je vais pouvoir un ancien ami. Sandeul. Je ne savais même pas qu’il était ici. Il avait légèrement oublié de me prévenir. Mais bon, je suis contente qu’il soit là. Je déconne bien avec lui. Il est adorable ce gars. Je l’aperçois avec ses amis et m’empresse de le rejoindre en tirant ChaeLin par le bras. Celle-ci est aussi rouge que la culotte que je porte aujourd’hui. Elle est amoureuse de Sandeul depuis le bac à sable mais n’a jamais osé lui dire. En même temps, toutes filles saines d’esprit, même amoureuses n’oseraient. Ce type est connu pour être un coureur de jupons. Je fréquente que des obsédés ou bien ? En même temps, Sandeul est beau, il est intelligent, sportif, grand, musclé, et son sourire achève toutes les filles. Qui ne tomberait pas amoureuse ? Même quand j’étais gosse, je l’étais. Enfin je l’aimais bien. J’aimerais bien qu’il capte un peu ChaeLin mais en même temps non. Je veux la protéger de ce prédateur.


En parlant prédateur. Le mien vient de faire son entrée. Il discute avec MinWoo et JooYoung, ses deux amis de toujours apparemment. Ils se connaissent depuis qu’ils portent des couches à ce que j’ai compris. Ils sont tous aussi cons l’un que l’autre en tout cas. Mon regard se perd rapidement dans le vide pendant que Sandeul me raconte sa dernière conquête. Est-ce que j’en ai quelque chose à faire ? Je m’en balance mais je fais semblant de m’intéresser. Il n’a que ça en tête et à force j’en ai un peu marre. ChaeLin est rouge et regarde ses pieds qui paraissent apparemment plus intéressant qu’autre chose.


« Au fait, ça fait longtemps que Chanyeol ne t’a pas emmerdé » me lance Sandeul.


Enfin il change de sujet. Bon pas forcément un que j’apprécie mais tant pis. Sa remarque me fait rire. Ils pensent tous que je suis le souffre-douleur de Chanyeol depuis qu’il a annoncé publiquement que j’étais son objet. Ils ont tous assez mal compris en fin de compte. Mais ça m’arrange. J’ai pas vraiment envie que ça s’ébruite ce genre de chose. Je serais légèrement dans la merde si jamais les gens étaient au courant. Autant qu’ils pensent que je suis son punchingball, c’est mieux. Puis ce n’est pas tout à fait faux. Je lui sers de victime aussi. Mais mon visage impassible le fait tellement rager que moi, ça me fait rire. Il a jeté mon sac par la fenêtre, il a renversé mon plateau repas, salissant mon uniforme, il m’a souvent ridiculisé. Mais j’ai un putain de self-control que mon visage est toujours resté neutre. Et ça, ça ne plait pas à monsieur Chanyeol. Mais alors pas du tout.


« Bien ! Rassemblez-vous ! » s’exclame notre professeur de sport.


On s’exécute tous et on l’encercle, prêt pour écouter ses directives. Je veux pas courir. Je veux pas courir. JE VEUX PAS COURIR !


« Aujourd’hui nous allons faire du volley et ce pendant trois mois. Dans trois, vous aurez une note globale. » explique le prof de sport.


Volley ? Ouais ça va, je me débrouille bien. Mais j’ai peur du ballon. Donc je suis pas une super coéquipière. Tant pis. Le prof continue son speech et forme les équipes. Je me retrouve dans le groupe de Sandeul et ChaeLin. Je vois cette dernière très heureuse. ChaeLin est une bête en sport et une mauvaise perdante. Je sens que ça va être sympa l’ambiance. Les matchs commencent. Mon équipe joue contre une autre où je ne connais absolument personne. On gagne la partie assez vite. J’ai touché la balle à plusieurs reprises et j’ai marqué quelques points. Je ne suis pas si nulle que ça. Sauf qu’à un moment, j’ai bien failli péter le nez de Sandeul en prenant de l’élan.


Les matchs s’enchainent. Et notre équipe se retrouve en face celle de Chanyeol. J’aperçois YooRah avec lui. Je me débrouille en volley, j’ai bien envie de tenter de lui péter le nez à elle. Mais je sens qu’on va avoir du mal. Comme je l’ai dit, Chanyeol est un sportif et il est plus doué que ChaeLin et Sandeul réunis. Le match commence et la partie tourne à leur avantage. YooRah donne des coups assez puissants et vise parfois ChaeLin, parfois moi et plus particulièrement SoYeon. Je ne vous ai pas parlé d’elle, je sais. Elle est la victime type d’un drama. Elle est discrète, plutôt jolie ce qui attise la jalousie de YooRah, intelligente et calme. YooRah l’a détesté dès le premier jour et depuis, elle se déchaine sur elle. Je ne connais pas vraiment SoYeon donc je ne me mêle pas vraiment de ce qu’il se passe mais parfois, ça me démange. Perdue dans mes pensées, je vois SoYeon s’effondrer à mes pieds en couinant. Elle a reçu la balle dans l’épaule assez violemment. YooRah affiche un grand sourire. ChaeLin s’avance vers elle mais Sandeul l’empêche de faire quelque chose qu’elle regrettera. J’aide la pauvre SoYeon à se lever. Elle me remercie et se masse l’épaule.


« Faites une pause ! » hurle le prof.


J’accompagne SoYeon s’assoir et lui masse l’épaule. Elle aura certainement un énorme bleu d’ici la fin de journée. Elle me remercie avec un sourire timide. Bon dieu qu’elle est adorable quand elle sourit ! Je ne serais pas hétéro, je lui aurais demandé de sortir avec moi. Je trouve ça dommage qu’elle se cache derrière cette frange un peu trop longue.


« Je pense que tu devrais attacher ta frange. Tu ne vois pas bien la balle avec tout tes cheveux sur les yeux »

« Tu as raison mais je n’ai pas de pince »


J’en sors une de ma poche et attache ses cheveux sur le côté. Elle me remercie encore une fois et nous nous levons. Sandeul est en train de boire et me tend sa bouteille lorsque je passe près de lui. Je l’accepte avec plaisir et observe l’équipe adverse. Chanyeol m’observe durement et ses lèvres bougent. Je n’ai donc pas le droit de boire dans cette bouteille. Oh et puis merde ! J’ai soif, je vais pas me dessécher pour lui faire plaisir. Je lui offre un grand sourire et bois une gorgée avant de la passer à ChaeLin. Les sourcils de monsieur Park se froncent puis enfin il se détourne. Grand dieu que j’aime le provoquer. C’est la seule chose que je peux faire. Il ne peut rien me faire, il y a bien trop de monde. Il ne peut pas me déshabiller ni s’amuser à m’exciter pour que je lui saute dessus. Rien de rien et ça me fait jubiler.


Un coup de sifflet nous informe que les matchs reprennent. Le dernier avant la fin du cours. Je reprends ma place initiale. YooRah minaude autour de Chanyeol en roulant vulgairement des hanches. ChaeLin fait mine de vomir provoquant l’hilarité générale de notre équipe. La concernée nous jette un regard assassin avant de reprendre sa place. Le match débute et c’est l’apocalypse sur le terrain. Notre équipe perd et ChaeLin beugle. Quand je vous dis qu’elle est mauvaise perdante. Elle court partout sur le terrain et marque quelques points. Je ris toute seule.


« Haneul ! Baisse-toi ! » hurle Sandeul.


J’obéis et évite de justesse une balle que Chanyeol a lancé. Il a frappé fort ce connard. Il me cherche ou bien ? Je vais le niquer ! Il me prend pour cible plusieurs fois avant de réussir son coup. Je reçois la balle en plein visage. Non pas mon nez ! Je m’écroule comme une merde sur le sol et je recouvre mon nez de mes mains. Je pisse le sang. Je vais m’évanouir. J’ai horreur de la vue du sang ! Je vais faire une crise de panique. Sandeul se précipite vers moi, mais il est devancé par Chanyeol qui me soulève et m’amène à l’infirmerie en un temps record. Bon sprinteur le Chanyeol ! L’infirmière me prend en charge et soigne mon hémorragie. Elle me file un cachet pour la douleur et m’oblige à m’allonger sur l’un des lits. Chanyeol ne me lâche pas et reste avec moi. Je ne suis pas d’accord ! Je ne veux pas rester avec ce malade là. J’ai beau me foutre de tout mais le type a failli me péter le nez donc dégage de là Park Chanyeol.


« Tu te parles encore à toi-même » se moque l’autre fils de chaebol.


« Je t’emmerde sale con »

« Tu ferais mieux de surveiller tes paroles quand nous sommes seuls comme ça »

« Tu ne peux rien faire. L’infirmière est là »


J’ai pas trouvé autre chose de mieux à dire. J’ai plus de répartie en fait. Je suis sonnée et j’ai mal au nez bordel ! Il sourit. Son fameux sourire carnassier qui n’annonce rien de bon pour moi. L’infirmière a surement été congédiée. Elle le trouve tellement beau qu’elle ne conteste jamais ses demandes. On est donc seul dans cette infirmerie et la porte est très certainement fermée à clés. Je le hais là. Mais mon corps n’est pas tout à fait d’accord avec moi. La couette recouvrant mon corps est subitement jetée au loin et mon corps se voit soulever. Il me pose sur mes pieds et me plaque la seconde d’après contre le mur. Mon dos aime les murs, c’est une fatalité que j’ai compris en quatre mois. Comme dans les dramas. Vive ma vie ! Vous la voulez ? Je vous l’offre gratuitement. IL est grand et séduisant en plus cet idiot. Je peux pas vraiment résister quand je vois comment il me regarde. Je suis excitée rien qu’en le voyant m’observer. Mes cuisses se serrent automatiquement et il rit. Ah ! Tue-moi Park Chanyeol, je t’en prie ! Mais cesse de me torturer rien qu’avec un regard. Je deviens une petite pucelle en chaleur lorsqu’il me touche. Bon dieu, où est donc passée mon assurance ? Si vous la voyez, faites-moi signe ! Ses mains se baladent allègrement sur mon corps caché par la tenue de sport. Ses doigts ne tardent pas à se faufiler sous le débardeur et à caresser la peau de mon ventre. Je me tends sous son touché. Je vais crever. Respire pauvre idiote. Je stresse. Va-t-il être doux ? Violent ? Brusque ? Tendre ? Je ne sais pas et ça me stresse.


Sa bouche s’accroche à la peau de mon cou et la mordille, la suce, laissant une trace violâtre. Il me marque encore une fois. Il aime ça, marqué son territoire ce petit con. Mes mains viennent se poser automatiquement sur son torse et je ne bouge plus. Sa respiration s’abat sur ma nuque et me file des frissons. Je trésaille quand mon débardeur est retiré brusquement. Mon soutien-gorge suit très vite, libérant ma poitrine. Je suis rouge. Et j’ai envie de me frapper. Mon jogging s’échoue sur le sol. La vue à l’air de lui plaire. Il retire son t-shirt qui rejoint le reste de mes vêtements. Mes pieds sont nus eux aussi. Quand est-ce qu’on m’a retiré mes baskets ? Aucune idée et ça n’a pas vraiment d’importance en fait.


« Ne me résiste pas Haneul, tu sais que je déteste ça »

« Je sais »

« Tu sais pourquoi je fais ça, là, maintenant ? »

« Oui »

« Tu n’as pas le droit d’approcher un autre mec que moi. Tu n’as pas le droit de boire dans sa bouteille. Mais apparemment ça t’amuse de me provoquer »

« C’est assez jouissif. Surtout de voir la tête que tu tires quand je n’obéis pas »


Et voilà ! Fallait que je l’ouvre encore. Haneul apprend à la fermer. Son regard devient noir. Il est furieux. Pourquoi je ne sais pas me taire ? Pourquoi d’adore le provoquer comme ça ? Pourquoi je lui tends des perches pour qu’il se venge ? Aish j’y peux rien, j’aime trop sa tête quand il est énervé. Il plaque sans douceur ses lèvres contre les miennes. Il est assez énervé je le ressens. Sa langue force la barrière de mes lèvres sans ménagement et rejoint sa jumelle pour la maltraiter. Il mord ma lèvre inférieure, ma langue, mon menton, laissant une fine trainée de bave. Ses lèvres tracent un sillon jusqu’à ma clavicule gauche. Il me marque encore sans relâche. Je vais avoir du mal à tous les cacher, surtout à la maison. Mes doigts tombent sur ses hanches et je fais tomber son jogging. Il n’aime pas quand je tente de prendre des directives quand il est en colère. Il repousse mes bras contre le mur et me somme de ne plus bouger. Sale con.


« Reste sage ou je vais te faire mal »


Je sais qu’il ne rigole pas. Il tente de refouler sa colère, cette violence qui s’empare de lui quand il est contrarié. Je prie pour qu’il n’arrache pas ma culotte, j’en ai pas pris une autre. Son jogging descend de ses hanches pendant qu’il s’attaque à mes tétons. Il en effleure un et un gémissement franchit mes lèvres. Je me maudis d’être aussi réactive là. Mais ça a l’air de le satisfaire. Ses dents attrapent l’autre et il joue un petit moment avec. Je gémis. Mon ventre gonfle au rythme de ma respiration, mon cœur s’emballe. Pourquoi il me fait cet effet ? Mes mains s’accrochent à ses épaules, glissent le long de dos, le griffent un peu. Il remonte jusqu’à mon visage et colle son corps à moi. Ce qui me satisfait moi, c’est l’effet que je lui fais et son érection me le prouve assez. Mes mains glissent jusqu’au ses hanches une nouvelle fois et caressent l’élastique du boxer qu’il porte.


« Putain » crache-t-il lorsque son portable se met à sonner.


Il hésite et finit par décrocher. Il ne parle pas, il écoute son interlocuteur. J’en profite pour me rhabiller. Je sais qu’on ira pas plus loin et ça m’arrange. Il grogne et insulte la personne avant de raccrocher. Il se rhabille à son tour et s’arrête un instant. Il m’attrape la nuque et colle mes lèvres aux siennes.


« Ce soir, tu viens dans ma chambre »


Il sourit et sort de l’infirmerie. Je souffle bruyamment et m’assoit sur le lit. Vie de merde ! Sérieusement. Je pensais y échapper pour aujourd’hui mais non. La sonnerie annonçant le début des prochains cours retentit. Je me lève sans envies et rejoins ma classe en trainant des pieds. Il a réussi à m’épuiser en ne faisant presque rien. Je souffle encore et encore. Je n’ai pas hâte d’être à ce soir.