"Always be with you."

par shinzoliga

La nuit venait de tomber. Luhan était seul. Comme tous les soirs depuis un mois. Ce n'était pas une obligation, il pourrait aller voir les autres, rire avec eux comme avant. Mais rien n'était comme avant. Comme tous les soirs, il ouvrit sa fenêtre et sauta dehors, n'étant pas à l'étage, c'était plutôt simple. Il lança un dernier regard vers le dortoir de son groupe, son cœur eut un pincement. Il hésita un instant et secoua la tête. Ses yeux parcourirent les fenêtres éteintes, il imaginait les dix autres dormirent profondément, sans soupçonner ce qui allait se passer dans la nuit. Il s'éloigna finalement, les pas le guidant mécaniquement à son but. Ça faisait un mois pile aujourd'hui. Il n'y croyait pas. Il ne voulait pas y croire. Ça faisait un mois que sa vie avait changé, un mois qu'il était devenu cette ombre, cette personne vide, sans âme. Il l'a perdu. Il l'a perdu.

Heartless.

Il regardait à peine la route. Ses yeux étaient vide, mais aucune larme ne coulaient. Il avait promis qu'il ne pleurerait pas, alors il ne pleurait pas. Depuis un mois, ses yeux n'avaient pas versé une seule larme. « Pour lui » se répétait t-il chaque jour. Il l'a perdu. Il n'était plus là. Luhan aimerait tant le revoir. Lui, son soleil, sa vie. Lui et son sourire. Lui et son visage angélique. « Lui. Lui. Lui. » Il se répètait ce mot pour ne pas dire son nom. Trop dur. Jamais il se l'était redit depuis qu'il était partit. Il se rappelle si bien. Tout leurs souvenirs, leurs rêves, leurs projets. Il y pense tous les jours. Toutes les heures. Toutes les secondes même.

« - Un jour on fera le tour du monde ! Avait-il dit tandis qu'il était couché tous les deux dans leurs lits respectif.
Le tour du monde ?, Luhan avait rit en s'asseyant pour regarder le jeune homme.
Bien sûr ! Quand le groupe s'arrêtera, je t’emmènerais partout ! Le matin, on mangera un croissant en France, on déjeunera le midi aux Caraïbes et on finira par un dîner sous les étoiles dans une des plus belle plage du monde.

Luhan avait de nouveau rit, attendrit par cet homme qui rythmait les battements de son cœur. Il avait cette chose en lui, cette chose qui le rendait indispensable. Il l'avait dans chacune des parcelles de sa peau et de son âme. Depuis la première fois qu'il l'avait vu, le chinois avait su qu'il était fait pour l'aimer et qu'il ne le quitterait plus jamais. C'était écris. Il le savait. Luhan se leva de son lit en souriant pour s'allonger dans les bras de son amoureux. « Je t'aime » lui avait-il soufflait. « Je t'aime aussi, mon amour. » avait répondu l'autre en embrassant tendrement son amant. « Bien plus que tu ne peux l'imaginer, que personne ne peut l'imaginer. » Il souri. « Ne me laisses jamais. » avait soufflait Luhan. « Je resterais avec toi à jamais. » »

Mais il n'était pas resté. Il l'avait laissé. Et Luhan comptait allait le retrouver.

Mindless.

Plus rien ne comptait pour lui. Plus rien ne l’intéressait. Les fans, le groupe, sa famille, ses amis. Rien. Il s'était forgé une carapace incassable. Il entendait quand on lui parle, quand on lui dit de se ressaisir. Oui, il entend, mais il n'écoute pas. Il ne veut pas se reprendre, à quoi ça sert ? A quoi ça sert de se battre pour vivre quand on a perdu sa raison de le faire ? A rien. Strictement rien.

« « Mais ressaisis toi Luhan ! Dis nous quelque chose ! » disait Wufan. « Tu crois qu'il aimerait te voir détruit comme ça ? Tu crois que ça lui ferait plaisir s'il était encore là ? » Luhan l'avait regardé sévèrement et avait dit ses premiers mots depuis un mois « Mais il n'est plus là. » Alors, le leader l'avait giflé. La colère, la peur, la tristesse. Tout ça l'avait envahit, Luhan le savait, il ne lui en voulait pas. « Fais quelque chose putain, bouges toi ! » Il n'avait pas répondu, la force de la claque l'ayant envoyé au sol. »


Luhan l'avait écouté finalement, il avait décidé de se bouger. Ses pas, lents et monotones, le guidèrent vers lui. Vers là où il reposait depuis l'accident. C'est sa faute. C'est sa faute si il est mort.

Ils s'étaient disputés, encore à cause d'une de ses crises de jalousies stupide. « Je suis désolé. » Il aurait voulu le lui dire, maintenant c'est trop tard. Il était sortit en trombe de la maison après leur dispute, tellement énervé qu'il n'avait pas fait attention. Et il se fit percuter. Devant ses yeux. Luhan s'était précipitait et s'agenouilla auprès de lui. Il se rappellait ce moment où, allongé sur le sol dur et froid, son amant lui avait soufflé « Ne pleure pas. » Il lui avait prit tendrement la main et fais promettre « Ne pleure plus jamais. » Puis, de ces lèvres froide, avait embrassé sa main. « Je t'aimerais toujours. » Luhan avait fermé ses yeux, en les rouvrant, il était mort. « Chanyeol ! » « Chanyeol, réveille toi ! Ouvre les yeux putain, regarde moi » avait-il crié d'une voix rauque. « Chanyeol ! » L'ambulance, les gens qui s'attroupaient tout autours, rien de tout ça ne l'arrêtait, personne n'osait lui dire la vérité. Lui dire qu'il ne se réveillera pas. Lui dire qu'il était mort. Un des ambulancier lui dit de s'écarter, mais il n'écoutait pas. Il laissa tomber sa tête sur le torse de celui qu'il aimait plus que tout. « Réveille toi.. » soufflait-il avant que deux homme l'éloigne de force. « Lâchez moi, cria t-il toujours plus fort. Laissez moi avec lui. »

Mais ils ne l'avaient pas laissé. Depuis, il est seul. Sans lui. Sur un coup de tête, il l'avait perdu. Il n' était plus là. Luhan avait tant de chose à lui dire. Toutes ces choses qu'il avait toujours voulu lui souffler à l'oreille.

Un mois que ça durait. Qu'il n'avait plus d'âme, plus de cœur, plus de vie. Il serra contre lui la boite qu'il avait soigneusement glissé dans sa poche avant de partir. Le jour est venu pour lui de le retrouver. Dans les triste allées de pierres, il s’avançait en silence. Sans une hésitation, il progressa jusqu'à lui. Luhan ferma les yeux un instant et souffla. Il y était. Ses yeux s'ouvrirent lentement et il dévisagea la pierre tombale.

« Park Chan Yeol.
27 novembre 1992 – 31 juin 2013 »


Il s'assit à côté, une étincelle éclairant enfin ses yeux. Sa main caressa la pierre froide aux niveaux des inscription. « Je suis là. » souffla t-il. Il attarda sa main contre le nom du jeune homme. « Je te rejoins enfin. » Son autre main, toujours posée contre son torse, s'en sépara enfin, serrant la boite comme si sa vie en dépendait. Elle en dépendait. Il l'ouvrit lentement, sa respiration calme qui soulevait son abdomen et son cœur battant donnait comme une douce mélodie pour accompagner cette scène tragique. Finalement, ses doigts sortirent la plaquette. 10 pilules. « Je te rejoins.. » Il passa de nouveau sa main sur les lettres inscrites. Une pilule. Luhan sourit, il n'avait pas était aussi détendu depuis longtemps. Il s'était pas sentit aussi heureux qu'avant de le rejoindre. Qu'avant de mourir. Deux pilules. Il ne comptait pas s'arrêter, abandonner au dernier moment. Pourquoi faire ? Rien ne le retenait. Trois pilules. Il papillonna des yeux, sentant les effets arriver. « Tu peux encore arrêter » lui soufflait une voix dans sa tête. Quatrième pilule. Il sourit de nouveau. « Tu peux encore arrêter. » Non. Il ne voulait pas. Cinquième pilule. Luhan avança sa main et caressa la tombe une nouvelle fois, toujours en souriant. Sixième pilule. Il fronça les sourcils et mis sa main devant sa bouche, une nausée lui retournait le ventre. Un effet secondaire, sûrement. Peu importait de toute façon à présent. Septième pilule. Il se mordit la lèvre sentant sa nausée remonter. Huitième pilule. Luhan ne put tenir plus longtemps, il se pencha sur le côté et vomit. Sa main essuya sa bouche et regarda sa plaquette. Plus que deux et il le rejoindra. Deux dernières et ils seront de nouveau ensemble. Neuvième pilule. Sa tête tournait horriblement, il posa une main sur la pierre pour s'appuyer et leva les yeux vers elle. Vers lui. Il avança son visage, les yeux clignant rapidement pour ne pas s'évanouir et il posa ses lèvre sur son nom inscrit. « Je t'aime. »souffla t'il. Il resta, le front transpirant contre la froideur de la pierre. Il allait le retrouver enfin. Il s'imagina ce qu'il lui dira en le retrouvant dans les cieux. Il s'imagina aussi, eux deux, sur une plage de sable fin, finissant un dîner de roi. Chanyeol se pencherait vers lui et prendrait possession de ses lèvres, lui glissant un « je t'aime » sincère. Ce qui aurait pu se passer si ils ne s'étaient pas disputaient, ce 31 juin 2013. Une larme coula sur sa joue. Dixième pilule.


« Un corps inanimé retrouvé dans un cimetière.
C'est une mort silencieuse, douce, comme une prière.
Je te rejoins, je t'aime toujours autant que je t'aimais.
Et on ne se quittera plus jamais. »