Étincelle

par mariethekpopaddict

불꽃 (Étincelle)

«Kyungsoo?»

«Mmm...»

S'il y a une chose que j'aime de Kim Jongin, il s'agit certainement de sa voix. Particulièrement, lors des moments comme celui-ci, lorsque nous sommes seuls et qu'il m'appelle doucement par mon nom comme s'il avait peur de me brusquer.

Comme s'il avait peur de me perdre.

Son ton est doux, mais ses mots résonnent toujours en moi, laissant derrière eux un frisson qui parcourt mon corps et qui me procure un sentiment de chaleur au niveau de ma poitrine.

À l'appel de mon nom, je me retourne pour le regarder, déposant ma main sur ma joue et mon coude au sol pour soutenir ma tête. Le sable, sous mon corps, caresse légèrement mes mollets et mes pieds nus. Le soleil, haut dans le ciel, réchauffe l'entièreté de mes membres et me donne l'impression d'être plus léger qu'à l'habitude. Devant moi, étendu de tout son long, Jongin semble si paisible, si accessible. Ses yeux sont fermés. Quelques mèches de ses cheveux reposent sur ces derniers, elles vont et viennent avec le vent telle l'eau de l'océan au bout de nos pieds. Ses bras sont placés le long de son corps et, à l'occasion, ses mains se referment pour y emprisonner quelques grains de sable qu'il relâche par la suite. Comme s'il tentait de s'y accrocher pour se prouver que tout est réel, qu'il est bel et bien là. Et si ce n'était de ses petits mouvements occasionnels ou de son petit sourire de satisfaction au bout de ses lèvres, j'aurais facilement pût croire qu'il dormait.

Ce sont des moments comme celui-ci qui me rappellent pourquoi j'aime Kim Jongin dans toute sa simplicité.

Ce sont des moments comme celui-ci qui me permettent de mettre de côté les souvenirs moins heureux que je partage avec ce dernier.

Et qui me permettent d'oublier la façon dont il m'ignore dans les couloirs, comme si je n'étais qu'un autre inconnu.

Ou encore l'attitude qu'il utilise en présence de «ses amis», me traitant comme le premier idiot venu.

Puisqu'au-delà des apparences et des personnes qui ont fait de nos vies ce qu'elles sont, moi et Jongin partageons beaucoup plus qu'une histoire passagère, beaucoup plus qu'un secret.

Nous avons décidé de partager nos vies. Nous avons décidé de nous «ouvrir» l'un à l'autre, malgré nos différences.

Je me souviens de la première fois où je l'ai vu, il venait à peine d'emménager à côté de chez moi. Il était si petit à l'époque, il semblait si fragile. Il m'avait regardé avec ses yeux hésitant avant de me serrer la main.

«Kim Jongin.»

«Do Kyungsoo.»

Même après 6 ans, je me rappelle toujours aussi bien du premier sourire que Jongin m'a offert, je n'ai jamais été le même depuis. Il semblait si sincère et je savais que je ne pourrais jamais m'en passer. Cette journée-là, je n'aurais jamais deviné à quel point cette rencontre allait tout changer.

Les jours ont passé, puis ces derniers se sont transformés en mois et les mois se sont transformés en années. Avec le temps, j'ai oublié ma vie avant Jongin. J'ai oublié ce que c'était que de vivre sans Jongin. Je me suis accoutumé à lui. Il n'y a rien qui me rend plus heureux, plus satisfait, que de le serrer dans mes bras la nuit et de le réconforter dans ses périodes d'incertitudes et de questionnements. Il n'y a rien qui me rend plus fier que l'idée d'être la personne à qui il va quand tout semble s'effondrer autour de lui, mais aussi celle avec qui il veut partager ses bons moments, ses réussites.

Ma vie entière tourne autour de ce dernier et je ne voudrais la vivre autrement.

Au départ, tout a commencé comme la plupart des histoires. Quelques discussions, des visites brèves, chez lui, chez moi. Puis, les discussions sont devenues des confessions sur nos peurs, nos craintes et nos rêves. Les visites brèves sont devenues des nuits blanches à jouer à nos jeux préférés et à rire de nos bêtises. Sans le savoir, nous avons commencé à nous attacher l'un à l'autre. Nous avons commencé à ajuster nos vies de façon à pouvoir inclure l'autre personne, en lui fournissant une place irremplaçable. Pendant que la plupart des êtres humains passent leur vie à chercher une personne comme celle-là, le tout est venu à nous de façon si naturelle que j'ai osé croire au destin, ne serait-ce que pour un bref moment.

Lorsque j'ai cru perdre Jongin pour la première fois, j'ai eu si peur et si mal. Il avait un si grand impact sur ma vie et j'ai réalisé qu'il était si facile pour lui de me blesser.

Lui et moi sommes si différents et pourtant nous sommes si similaires. Alors que plusieurs me décriraient comme une personne intellectuelle et discrète, elles diraient exactement le contraire de Kim Jongin; qu'il est insouciant et excentrique. Pourtant, au final, nous ne sommes que deux adolescents vivant dans cette petite bulle que nous avons créée, à l'abri du reste du monde, apeurés par le jugement d'autrui.

C'est une des raisons qui a poussé Jongin à rencontrer et à rester avec «ses amis» actuels. L'autre étant le fait qu'il allait mieux avec l'image qu'ils projetaient. La mienne n'étant pas assez populaire. Sur le coup, j'avais de la difficulté à accepter cette nouvelle réalité où Jongin m'ignorait le jour, pour me retrouver comme à l'habitude la nuit. Pendant un moment, j'ai cru le perdre à l'instar d'autres adolescents qui ne le percevaient que comme une simple connaissance, alors qu'il était mon tout.

Puis, je commençais à m'éloigner de lui, jaloux. Jongin sembla sentir mon détachement, car ses visites se firent plus longues, malgré mes réponses courtes et mon attitude qui démontrait clairement mon désintéressement envers sa nouvelle vie. Un jour, alors qu'il m'avait insulté pour la première fois devant ses amis, histoire de démontrer son autorité, je me suis surpris à barrer ma fenêtre, l'empêchant de me rejoindre la nuit pour la première fois en trois ans.

Et en ces trois ans d'amitié, je n'avais jamais vu Kim Jongin pleurer. Pourtant, il était facile de constater, à l'aide du faible éclairage offert par la lampe sur ma table de chevet située à côté de ma fenêtre, les quelques larmes qui coulaient sur ses joues alors qu'il frappait de toutes ses forces sur cette dernière, me criant de lui ouvrir. Je voulais jouer les cartes de l'ignorance et de l'indifférence, mais à la vue devant moi, j'en fus incapable. Chaque coup qu'il donnait dans la vitre, chaque cri de désespoir qu'il lançait me donnaient l'impression qu'il me frappait directement en plein cœur. Au final, avec les mains tremblantes, je décidais de lui ouvrir ma fenêtre et, par le fait même, de lui laisser une chance.

Il était passé si rapidement par cette dernière, pour m'entourer de ses bras, que je ne pût empêcher un petit cri de sortir de mes lèvres, surpris. Et je réalisais qu'il était si facile pour lui de me blesser, mais qu'il était encore plus facile pour lui de me guérir.

Et de me faire oublier.

Son étreinte se fit plus forte, il positionna sa tête au niveau de mon cou, de sorte que ses larmes coulèrent légèrement le long de ce dernier. Sa respiration était irrégulière, je sentais son torse se lever légèrement pour entrer en contact avec le mien à plusieurs reprises. Et dans le chaos que nous étions en train de vivre, je sentis ma frustration s'éloigner. De façon automatique, je plaçais mes mains sur son dos, serrant son chandail, le suppliant physiquement de rester. Par mon action, Jongin se mit à pleurer de plus belle et pour le réconforter, je déposais ma tête sur la jonction entre son épaule et son bras.

«Hyung...»

Le tout sortit de façon saccadée, mais il était si près de moi, qu'en prononçant ce mot si familier, ses lèvres vinrent doucement en contact avec la base de mon cou me faisant frissonner violemment. Et il me fallut quelques grandes respirations pour calmer les battements frénétiques de mon cœur.

J'ignore combien de temps nous avons passé ainsi, à ne pouvoir se détacher l'un de l'autre. Cependant, je me rappelle très bien qu'il fût le premier à relever sa tête, prenant la mienne au passage lentement avec ses mains. Je n'avais pas réalisé que je pleurais jusqu'au moment où ses pouces caressèrent mes joues pour y enlever quelques larmes. Puis, mon regard vint en contact avec le sien. J'aime les yeux de Jongin, le fait qu'ils soient parfaitement symétriques et d'un brun invitant, même réconfortant. Mais par-dessus tout, j'aime cette étincelle particulière que je retrouve dans son regard, comme s'il était toujours heureux. Mais à ce moment-là, je me souviens ne pas l'avoir aperçu.

«Je suis désolé Kyungsoo.»

J'ai toujours pensé qu'il était irréalisable, pour moi et lui, de ne jamais se réconcilier après de tels évènements. Avec la relation que nous avions battis, ils nous étaient impossible de ne pas passer à travers les obstacles que la vie mettrait sur nos chemins, en particulier des évènements aussi banals que ceux-là. Cependant, parmi les petits scénarios de réconciliations que j'avais eu le temps de m'imaginer, rien ne m'aurait préparé à ce qui était sur le point de se produire...

Je réalisais ce qui se passait que lorsque ses lèvres vinrent en contact, hésitantes, avec les miennes. Les mains de Jongin tremblaient légèrement sur chacune de mes joues, là où il les avait laissées auparavant. L'une d'entre elles se fraya un chemin jusqu'au dos de mon cou, nous rapprochant et rendant le baiser un peu plus intime. Mes yeux se fermèrent lentement et je répondis à ce dernier, incertain, n'ayant jamais vécu rien de tel avec qui que ce soit. Son autre main continua de caresser ma joue, pendant que ses lèvres bougèrent doucement telles synchronisées avec les miennes. Le tout créa en moi un sentiment indescriptible. Je me sentais devenir léger en-dessous de ses caresses et des frissons nouveaux parcoururent mon corps en entier.

Je mentirais si je disais que je n'avais jamais ressenti d'attirance pour Jongin. Cependant, avec le temps, je m'étais convaincu que le tout n'était pas partagé et qu'il valait mieux pour moi d'essayer d'oublier, malgré les petits évènements qui me faisaient douter à l'occasion. J'ai toujours pensé qu'il s'agissait du fruit de mon imagination et que j'avais tendance à exagérer les choses car, au fond de moi, j'espérais toujours que Jongin partage cette attirance. Mais alors qu'il me déposa lentement sur mon lit, sans jamais défaire notre baiser, je compris que je n'avais jamais rien imaginé. Qu'il y avait toujours eu des caresses en trop, même inappropriées considérant la relation que nous avions. Qu'il y avait toujours eu des petits gestes avec des intentions secondaires et des «au revoir» beaucoup trop longs et difficiles.

«À quoi penses-tu hyung?»

«À nous.»

Les yeux de Jongin sont maintenant grand ouverts et sa tête est légèrement penchée de mon côté. En entendant mes mots, il se relève pour pouvoir se recoucher aussitôt, par-dessus moi, ses avant-bras dans le sable de façon à ne pas m'écraser en-dessous de lui. Je franchis les quelques centimètres qui nous séparent pour déposer un petit baiser sur ses lèvres, heureux qu'il n'y ait personne à la plage en cet après-midi tardif.

Non, nos vies ne sont pas parfaites. Mais en ce moment, j'aime penser qu'elles le sont.

Je sais que nous avons encore du chemin à faire avant d'être parfaitement heureux. D'abord, nous allons devoir trouver la confiance d'afficher notre relation en public et Jongin va devoir apprendre à se détacher de cette image qu'il s'est créée pour m'accepter dans sa vie, lorsqu'il y a des personnes autour de nous.

Mais j'ai espoir que tout viendra en son temps.

Jongin me sort encore une fois de mes pensées, en se penchant pour me chuchoter quelque chose à l'oreille. Puis, il se relève à nouveau pour se coucher dans sa position initiale à côté de moi. Et je ne peux m'empêcher de le regarder jusqu'à ce qu'il soit parfaitement immobile au sol, mon regard se portant instinctivement sur son visage.

Je me suis trompé.

S'il y a quelque chose que j'aime de Kim Jongin, c'est la façon dont il ne peut empêcher un petit sourire de s'afficher aux coins de ses lèvres ou le fait qu'il ne peut cacher cette étincelle de bonheur qui apparaît dans ses yeux, après qu'il m'ait murmuré doucement à l'oreille:







«Je t'aime.»