Chapitre 11

par eli

Auteur: Hiera Ramuk

Titre: Too fast to live, too young to died

Personnages : Miyawaki, Hakuei, Hyde, Toshiya, Gackt, Tora, miyavi, Uruha, Zero




Chapitre 11 :





Ses paupières tremblèrent légèrement avant de s’ouvrir lentement. Satsuki fut d’abord ébloui par la lumière du jour mais petit à petit, il commença à distinguer une silhouette qui se tenait devant la fenêtre et qui semblait contempler le paysage. Le blond voulut l’interpeler mais sa gorge était si sèche qu’aucun son ne traversa ses lèvres. Sa voix était comme éteinte et puis il se sentait si fatigué ! Finalement, le brun se retourna vers lui et lui sourit avec beaucoup de tendresse avant de venir s’asseoir au bord du lit.

- Je suis tellement soulagé que tu sois enfin réveillé, souffla Aoi. Me pardonneras-tu un jour de t’avoir impliqué dans cette histoire, mon ami ?

Satsuki ne pouvait pas répondre, mais son regard le faisait à sa place et malgré son envie de replonger dans un long sommeil réparateur, il prit le temps de détailler le brun. Aoi semblait différent. Il avait l’air fatigué comme s’il manquait cruellement de sommeil. D’ailleurs, lui qui était habituellement un homme si soigné, si distingué, faisait peine à voir dans sa tenue tellement négligée ! En effet, le brun n’était ni coiffé, ni maquillé. Il portait une simple chemise blanche à manche courte ainsi qu’un jeans un peu trop grand pour lui. Satsuki l’observa longuement, se demandant si c’était bien Aoi qu’il avait sous les yeux.

- Pardon, souffla Satsuki d’une voix roque et presque inaudible.

Ce simple mot, lui irrita la gorge. Depuis combien de temps n’avait-il pas parlé ? Mais surtout, combien de temps avait-il été inconscient ?


Aoi le dévisage à son tour, comme s’il ne comprenait pas pourquoi Satsuki s’excusait. Ce n’était pas à lui de le faire. Il n’avait rien fait sinon mettre sa vie en danger pour lui. Le brun glissa sa main dans celle de son ami, prenant garde à ne pas lui faire mal en touchant au cathéter par mégarde et la serra tendrement.

- Ne t’excuse pas, déclara Aoi.

- Tu as tout perdu à cause de moi, articula difficilement Satsuki.

Aoi lui fit un non de la tête et le blond l’interrogea du regard. Pour toute réponse, Aoi lui adressa un sourire avant de se pencher vers son oreille pour lui murmurer quelque chose qui surpris le blond. Aoi déposa ensuite un baiser sur son front avant de lui demander de se reposer. Satsuki hocha légèrement la tête et ferma les yeux alors que le brun quittait sa chambre.


Aoi lui adressa un dernier regard avant de rejoindre Hakuei qui l’attendait dans le couloir.

- Merci de m’avoir accompagné, déclara le brun en se plantant devant lui.

- Tu as changé Aoi, murmura Hakuei.

- Tu aimes le nouveau moi ? Demanda presque timidement le brun.

Hakuei se contenta de sourire et Aoi y répondit presque bêtement. Hakuei était le seul homme à le faire réagir de cette manière. Son côté mystérieux et détaché le faisait complètement fondre et peut-être plus aujourd’hui qu’avant.

- Je te ramène au garage ? Demanda le brun alors qu’ils sortaient de l’hôpital.

- Pour quoi faire ? Rétorqua Hakuei. Je ne supporte plus ces idiots. J’ai besoin d’air.

Aoi lui adressa un regard surpris et suspendit même son geste avant de crisper ses doigts sur la poignée de la portière côté conducteur.

- Emmène-moi faire une très longue balade loin de tous ces obsédés débiles. J’ai besoin de vacance, déclara Hakuei en s’installant sur le siège passager.

Un large sourire fendit le visage d’Aoi qui se mit immédiatement au volant de sa Mercedes noire.



OoOoOoO



- Alors c’est vrai qu’entre toi et Hakuei, c’est fini pour de bon ? Questionna Tora avec un petit sourire moqueur.

- Oui, soupira Hyde en prenant un air très triste. Il a demandé le divorce et m’a laissé tout seul avec les enfants sur les bras et sans pension alimentaire en plus !

- Si tu veux, tu peux venir te consoler chez moi, déclara Gackt en passant un bras autour des épaules.

- Vraiment ? Fit Hyde en étirant largement ses lèvres.

- Bien sûr et j’ai déjà tout un programme pour nos nuits torrides ! Rétorqua Gackt alors qu’un large sourire se dessinait sur ses lèvres.

- C’est dommage mais je vais devoir dire non, soupira Hyde en prenant un petit air triste. J’ai d’autres projets.

À la surprise générale, Hyde repoussa doucement Gackt avant de se diriger vers Miyawaki qui n’osa pas bouger lorsqu’il passa un bras autour de ses épaules. L’adolescent piqua même du nez lorsque son aîné déclara :

- Miyawaki a décidé de quitter son père pour vivre avec moi ! Félicitez-nous ! Nous venons de récupérer ses affaires et nous allons fêter ça dignement ce soir ! Il me tarde d’ailleurs de lui faire découvrir les plaisirs d’adulte !

- T’es sûr ? Fit miyavi en arquant un sourcil de surprise.

- Bien sûr, rétorqua Hyde très sérieusement. Pourquoi en doutes-tu ?

- Parce que l’autre derrière toi est à deux doigts de te tuer ! s’exclama Tora avant d’éclater de rire.

- Hyde…, grommela Zero.

Hyde se raidit en entendant son ami fulminer de rage derrière lui. D’ailleurs, il n’osa pas se retourner. Depuis quand Zero était-il là ? Et pourquoi personne ne lui avait dit qu’il était entré dans le garage ? Hyde adressa un regard désespéré à ses amis qui se contentèrent de rire aux éclats.

- Enlève immédiatement tes sales pattes de MON chéri, grogna Zero.

Hyde retira immédiatement son bras et recula prudemment vers Gackt tout en adressant son plus beau sourire à Zero qui enlaça de manière possessive l’adolescent.

- Mon invitation tient toujours, rétorqua Gackt en passant un bras autour des épaules de Hyde qui lui adressa une petite moue.

- Alors Miya-chan va vraiment vivre avec toi ? Questionna Toshiya.

- Oui, acquiesça Zero.

- Ben ça nous fera deux beaux mecs à mater maintenant, lança Tora à miyavi.

- Je vous préviens, j’ai fait installer des rideaux, rétorqua Zero.

- T’es pas cool ! Gémit miyavi.

Pour toute réponse, Zero lui adressa un regard noir avant de reporter son attention sur Hyde qui lui adressa son plus beau sourire.

- Elles sont où ses affaires ? Demanda Zero.

- Dans le coffre de ma voiture, répondit Hyde.

- Bien, vous nous monterez tout ça tout à l’heure, déclara Zero en s’en allant avec Miyawaki. Et exceptionnellement, je vous invite à fêter ça avec nous.

La même lueur éclaira les yeux des cinq hommes réunis dans le garage de Kyo. C’était la première fois que Zero les invitait à monter chez lui, d’ailleurs il le regrettait déjà.

- J’espère que tu viendras Kyo, ne nous laisse pas avec ces obsédés, lança Zero avant de disparaitre à l’angle d’un mur.

Kyo qui avait le nez dans le moteur d’une voiture s’était contenté d’adresser un petit geste de la main à son ami. De toute façon, il avait l’habitude de monter prendre une bière chez lui. Il était d’ailleurs l’une des rares personnes que Zero laissait entrer dans son appartement.



OoOoOoO



- Je suis désolé Satsuki, j’ai travaillé tard aujourd’hui et…

Uruha se figea dans l’encadrement de la porte de la chambre d’hôpital de son amant. Le lit était vide. L’estomac du châtain se contracta douloureusement et d’une main tremblante, Uruha ouvrit la porte de la salle de bain qui se trouvait sur sa gauche. Satsuki n’y était pas. Il n’était nulle part. Les yeux du châtain se mirent à lui piquer mais il se mordit violemment la lèvre inférieure pour ne pas pleurer. Il était trop tôt pour ça et puis, il s’était promis de ne plus le faire pour cet homme.


Après avoir pris une profonde inspiration, Uruha entra franchement dans la chambre et en fit le tour. Il n’y avait plus rien. La chambre était non seulement déserte mais elle avait également été vidée des affaires de son amant. Satsuki avait-il était transféré ? Non…


Le visage d’Uruha s’assombrit. Satsuki était parti comme un voleur et cette fois-ci le châtain avait bien plus mal que la première fois. Alors toutes ces belles promesses n’avaient été que des mensonges. Satsuki n’était décidément qu’un beau salaud. Après tout ce qu’il avait fait pour lui, voilà comment il le traitait.


Uruha se prit la tête entre les mains et retint un cri de rage. Non, il ne pleurait pas pour lui. Il ne voulait pas et il ne le ferait pas.


La rage au cœur et les yeux pleins de larme, le châtain quitta furieusement l’hôpital. Il avait besoin de faire un tour pour se vider la tête. C’était de toute façon mieux que de vider une bouteille bien que ce n’était pas l’envie qui lui manquait.



OoOoOoO



Saga lui remplit son verre de Jack Daniels avant de s’accouder au comptoir pour le dévorer des yeux. Kaoru esquissa un léger sourire tout en portant son verre à ses lèvres. Décidément, Saga ne changerait jamais. Aoi était parti et voilà qu’il avait déjà tourné la page et qu’il en convoitait un autre, ce qui n’était d’ailleurs pas pour déplaire au brun qui était curieux de découvrir la saveur de son cadet.

- Je finis mon service à trois heures, souffla Saga.

Kaoru jeta un furtif coup d’œil à sa montre sans pouvoir réprimer un sourire. Saga savait toujours s’y prendre pour attiser le désir chez ses proies. Comment allait-il pouvoir patienter aussi longtemps ?

- Je pensais que le nouveau patron t’intéresserait davantage, déclara le brun en portant son verre à ses lèvres.

Saga leva les yeux au plafond tout en poussant un profond soupir. Il n’y avait aucun risque qu’il puisse séduire le nouveau gérant du club. C’était à croire qu’il n’était pas de ce bord-là.

- Aoi ne te manque pas trop ? Se hasarda Kaoru.

- Je suis inconsolable, rétorqua Saga avec une pointe d’ironie. Je me disais d’ailleurs que tu pouvais peut-être me consoler.

Kaoru ne put s’empêcher d’éclater de rire devant tant de franchise. Il n’y avait pas à dire, Saga était du genre direct et ne passait pas par quatre chemins lorsqu’il voulait quelque chose.

Un homme brun s’approcha d’eux et Saga se redressa tout en soupirant profondément. Il savait déjà ce que son patron allait lui dire. Il connaissait le refrain par cœur.

- T’as pas des clients à servir au lieu de draguer ? Rétorqua Ken en allumant une cigarette.

Pour toute réponse, Saga lui tira la langue avant de s’en aller à l’autre bout du comptoir. Ken s’installa à côté de Kaoru qui se retourna vers lui pour le détailler. Il n’avait jamais vu son ami aussi classe.

- Moi qui pensais que tu irais pointer au chômage, déclara Kaoru.

- C’est ce que j’aurais dû faire, soupira Ken en se massant les tempes. Ou alors j’aurais dû me casser une jambe le jour où j’ai accepté de reprendre la gérance du club.

- C’était de toute façon plus ou moins toi qui faisais tout avant, fit remarquer Kaoru.

- Ouais mais avant ce n’était pas moi qui signais des chèques avec plein de zéro et qui devais m’occuper de ces vieux croulants de parrains de mes deux ! Mais quel enfoiré cet Aoi ! Se barrer en me laissant dans une telle galère !

Kaoru se retint de rire et se contenta de tapoter amicalement sur l’épaule de l’ancien barman. Ken était compétant, il le savait et Aoi n’aurait pu trouver meilleur gestionnaire pour ses affaires.



OoOoOoO



Il était tard lorsqu’Uruha arriva chez lui. Le châtain avait roulé une bonne partie de la nuit. Se concentrer sur la route lui avait permis de ne pas trop penser à Satsuki qui venait à nouveau de lui briser le cœur. Mais comment avait-il osé lui faire ça ? Uruha avait tant bien que mal réussi à le venger. Il avait lavé son honneur et battu à plat de couture ce salopard de Die. Il n’avait pas fait ça pour Aoi, mais pour lui ! Alors pourquoi lui avait-il fait ça ? Pourquoi était-il encore parti ?


Le châtain parvint à retenir ses larmes jusqu’à son appartement, cependant lorsqu’il referma la porte, il ne put s’empêcher d’éclater en sanglot. Il avait si mal ! Lentement, Uruha se laissa tomber à genoux devant sa porte d’entrée. Il n’avait pas la force de se lever et de regagner son lit. Tout ce qu’il pouvait faire, c’était pleurer contre sa porte.


Deux bras se refermèrent sur lui et Uruha se raidit tout en ouvrant les yeux de surprise. Cette étreinte…

- Mais pourquoi pleures-tu mon chéri ? murmura Satsuki à son oreille.

Uruha se retourna lentement vers son amant qui encadra son visage avec ses mains après en avoir essuyé les larmes.

- Tu… tu n’es pas parti ? Balbutia le châtain.

- Pourquoi veux-tu que je parte ? S’étonna Satsuki. Tu m’avais demandé de rester avec toi. C’est ce que je compte faire, sauf si tu as changé d’avis.

- Mais non idiot ! S’exclama Uruha en l’embrassant avec violence.

Satsuki perdit l’équilibre et se retrouva allongé dos au carrelage. Uruha continua de l’embrasser avec fougue et passion. Il l’aimait tellement ! D’ailleurs il avait bien failli le perdre à cause de Die.

- Quand je ne t’ai pas trouvé à l’hôpital, j’ai eu peur que tu sois parti, murmura Uruha à bout de souffle.

Satsuki lui caressa doucement le visage avant de le serrer dans ses bras. Uruha s’allongea sur lui et nicha son visage dans son cou, respirant ainsi la douce odeur de son amant.

- Il parait que tu as foutu le bazar sur le champ de course, chuchota Satsuki en lui caressant les cheveux.

Uruha ne répondit pas et se contenta de sourire légèrement.

- On m’a aussi dit que tu as exigé d’être celui qui affronterait Die et que tu lui as donné la leçon de sa vie. Je pense qu’on n’est pas prêt de le revoir dans les parages, lui ou Shinya d’ailleurs.

- Je devais laver mon honneur, vu la manière dont ce gros pervers m’avait regardé la dernière fois. Je devais lui montrer que j’étais un homme, pas une jolie poupée.

- Tu n’as pas fait ça pour moi alors ?

Uruha se redressa et lui adressa un petit sourire avant de répondre :

- Ni pour Aoi, ni pour toi. J’ai juste démontré à tout le monde que le meilleur pilote c’est moi.

- Menteur, rétorqua Satsuki en le reversant délicatement sur le sol pour lui faire l’amour.





Fin