Descente en ville. partie 1

par eucma

Chapitre XVI: Descente en ville.       (15 Décembre 2011)          

Partie 1

  Cellule de Répression de l’opposition.

 

Tous les militaires s’affairaient, couraient dans les vestiaires à la recherche de leur équipement d’assaut.

La cour intérieure était remplie de trois fourgons blindés qui accueillaient au fur et à mesure les soldats. Pendant plus d’une semaine, le commandant et ses lieutenants avaient mis au point un plan d’attaque contre le criminel sur qui ils avaient concentré toutes leur recherches ; VI.

Après des jours et des jours d’espionnage, d’enquêtes et d’interrogatoires, ils avaient enfin réussi à remonter jusqu’à la base de l’immense réseau clandestin qui s’était révélé à eux et avaient localisé son quartier général ; un cabaret d’un des endroits les moins bien fréquentés de la capitale.

Aujourd’hui, l’assaut contre les rebelles au Partie allait être donné.

 

Le commandant se préparait, silencieux, dans son bureau. Il resta immobile quelques minutes, les yeux fermés, et chuchotait à lui-même :

 

« Privilégier les étages et salles interdits au public. Aller directement vers les pièces principales, le trouver le plus rapidement possible. Pourvu que ce soit bien lui…

Il faut que je le retrouve, comme ça je les aurais tous retrouvé ; Kwong Ji Yong, Dong Young Bae et Kang Dae Sung, il ne me manque plus que Lee Seung Hyeon… ça ne peut pas être une coïncidence, VI était son nom durant sa carrière solo. Il faut que je le retrouve, le plus rapidement possible… »

 

Il sortit enfin de son bureau et fût rejoint par son second qui l’attendait dans le couloir. Tous deux se dirigèrent jusqu’aux véhicules d’assaut et montèrent dans l’un d’eux. Le convoi s’ébranla et quitta l’enceinte blindée du bâtiment.

 

Club The Last Night.

 

11h54. heure vide du cabaret ; les salles de restaurations et de danses vides avaient un aspect lugubre et presque inquiétant. Au premier étage, une dizaine d’hommes au visage concentré discutaient à voix basse dans un petit salon. Parmi eux, se tenait le jeune propriétaire du night club, Lee Seung Hyeon. Ils feuilletaient ensemble un dossier, étalé sur une table basse.

Soudain, le talkie-walkie de l’un d’eux grésilla :

 

« Chef ! Les chiens du Partie se ramènent, ils sont devant le bâtiment ! »

 

Tous se dressèrent d’un seul coup et commencèrent à s’agiter. VI éleva la voix :

 

« S’il vous plaît, restez calme, nous allons les accueillir comme ils le méritent. Jason, Jin Guk, Kim, allez prévenir les autres. Je pense que cette après-midi va nous être très… instructive. »

 

Tous les hommes coururent à leur poste, laissant leur chef seul dans la pièce. Il regarda sa montre et sourit :

 

« Midi, ils sont pile à l’heure. »

 

Il rassembla les papiers étalés devant lui, récupéra le plateau d’argent qui avait servi à apporter des boissons et sortit un  briquet de sa poche avec lequel il enflamma les feuilles.

Il resta à contempler leur combustion, les yeux dans le vague, puis versa les cendres dans un cendrier. Une fois cela fait, il se réinstalla dans son fauteuil et nettoya avec un mouchoir de soie un semi-automatique, récupéré dans la poche intérieure de son veston.   

 

 Commando de la Cellule de Répression.

 

Silencieusement, les militaires, casqués et protégés par des gilets pare-balles, se divisèrent pour inspecter les différentes pièces, arme en main.

Le commandant Choi Seung Hyeon et trois de ces hommes montèrent les marches d’un escalier une à une, pour se rendre au premier étage. La tension était presque palpable, accentuée par le lourd silence qui régnait sur les lieux.

Soudain des bruits retentirent au rez-de-chaussée : des éclats de voix et des tires de balles. Les claquements secs et sinistres d’une mitraillette emplissaient jusqu’à l’overdose les crânes des soldats. Les calibres 7,62 millimètres sifflaient comme des serpents s’apprêtant à mordre la chaire humaine. Les premiers cris de douleur retentirent.

Ils continuèrent néanmoins leur ascension, méfiants à l’extrême. Les quatre hommes arrivèrent dans une petite anti-chambre luxueuse, meublée comme une salle d’attente de ministère, vide. Ils fouillèrent les pièces adjacentes – un bureau et une petite salle de bain – puis entrèrent  dans l’appartement privé du propriétaire. Le commandant serra les dents le studio, prêt à tirer.

Deux chuintements feutrés brisèrent le silence, suivis des gargouillis de douleurs des deux soldats qui s’effondrèrent, l’un touché à la nuque,  l’autre à l’intérieur du genou. Soudain, son second cria de surprise et roula à terre, entraîné par une silhouette noire ; vaguement familière. Les deux hommes luttèrent de leurs poings, trop près l’un de l’autre pour pouvoir tirer. Puis,  le lieutenant Bang Min Soi réussi à plaquer son assaillant au sol et pointa le canon de son Desert Eagle contre la carotide de celui-ci. Il poussa au loin d’un coup de pied le semi-automatique de son adversaire. Enfin immobilisé, ils purent voir son visage ; ses cheveux noirs étaient rasés très court, son regard isolant et plein de haine. Le lobe de son oreille droite était empalé par une fine tige métallique.

Lee Seung Hyeon, VI.

Le lieutenant, hors de lui, semblait être devenu incontrôlable. Il frappa au visage le jeune homme étendu au sol et l’insulta violemment. Celui-ci se débattit et tenta de renverser son ennemi, mais il n’obtenu qu’un second coup de poing dans la lèvre qui se mit à saigner.

 Choi Seung Hyeon était figé à sa place. Il fixait son ancien ami, devenu hors-la-loi, d’un regard dur et nostalgique. Les cris de son second le tirèrent de sa torpeur :

 

« Reste à terre ! Ne bouge pas connard, sinon je te butte ok ?! Personne ne dira rien, c’est pas une pourriture dans ton genre qui aura quelqu’un pour pleurer devant sa tombe. Il me suffira de dire devant mes supérieurs ‘’ il m’a attaqué, je n’ai fait que me défendre ‘’ et l’affaire sera réglée. »

 

Mais le jeune homme, comme une bête capturée, chercha désespérément une échappatoire. La scène, longue de quelques secondes se ralenti pour Choi Seung Hyeon ; il vit son ancien camarade sortir une lame crantée de sa manche, son lieutenant serrer plus fort la gâchette de son revolver. Lui n’était que spectateur, le sang glacé par l’adrénaline. Ses réflexes furent rapides et incontrôlés, il pointa son Beretta en direction des deux hommes. Son doigt appuya sur la détente. Pendant un quart de seconde, il vit la balle – calibre 45 – sortir de la gueule noire de l’arme et se diriger vers sa cible. Un autre quart de seconde plus tard, le bruit du tir retentit, pareil à un coup de canon.