Chapitre 3

par Kaorie

-Semaine 1 -

Si je devais donner un nom à cette première semaine, je pense qu'elle porterait celui de « Putain, ou est-ce que je suis encore tombé ? ». Après avoir été balancé ici et de rapide au revoir à mes parents, bien que je soupçonne mon père d'avoir espéré que cela soit des adieux : ils sont partis comme s'ils fuyaient la peste sans m'en dire plus sur l'endroit où ils venaient de me jeter. Comme à chaque fois, j'ai pris l'initiative de mener mes recherches sur l’hôpital qui m’accueillait, et les gens qui m'entourent.

Bien que mon premier jour fût celui où je m'installais, découvrais ma chambre en priant de ne pas avoir de colocataire bizarre, ou même pas du tout – et ce fut le cas : je rangeais mes affaires qui allaient prendre l'odeur infeste qu'ont les lieux médicaux. L'infirmière m'avait souri en essayant de me rassurer. Elle était très gentille et douce avec moi, et je lui en étais reconnaissant.

Grâce à elle, j'ai pu apprendre que l'endroit n'était pas vraiment un hôpital, mais une clinique privée, et que je serais le cobaye d'un traitement expérimental visant à soigné les troubles que moi et d'autres personnes partageons. Le déroulement de ma première semaine et de mes journées en général m'a été dévoilé : j'ai le droit pour le moment de faire un peu ce que je veux, les médecins vont m'observer et je vais ainsi bénéficier d'un temps d'adaptation afin de ne pas être stressé quand le traitement va commencer, en fin de semaine, je vais commencer à voir un psychologue pour m'aider à supporter tout ça. Et le reste de mes journées sera assez banal : petit déjeuner à 8h30, 12h30 le repas, pas de goutte et le dîner à 19h. Entre-temps je peux sortir dans les jardins de la clinique, parler à d'autre gens et des livres ou une télévision sont à notre disposition, et si je ne peux rien faire de tout ça c'est que je suis avec un médecin.

Et c'est ainsi que ma semaine s'est déroulée.


-Semaine 2-

Je pense que les semaines suivantes ne méritent pas de porter de noms, ou du moins, je ne peux pas me permettre d'en donner un qui reflète la vérité et représente la torture infligée aux gens comme moi. Après une batterie de tests en fin de semaine dernière et en début de celle-ci, histoire de bien la commencer : j'ai eu « l'immense joie », de commencer mon traitement, le médecin en chef est lui-même venu me venter les mérite de ce dernier ! Je lui ai souri et il est parti.

J'ai très attentivement observé les dix pilules que contenait mon gobelet en plastique : chacun d'une couleur différente et de taille, les effets restaient encore à découvrir et ce n'était pas le plus excitant dans l'histoire. J'en accusais d'avance certaine d'être des calmants, des somnifères et le plus petits avec sa couleur étrange qui se cachait sous les autres devaient être celui qui leur permettrait d'effectuer mon lavage de cerveau.

Face à mon verre d'au et mes cachets dans la main, j'affrontais une fois de plus le sentiment d'avoir été abandonné.

Je fais un tour sur moi-même, pour atteindre mon placard et prendre mon téléphone que j'avais caché à l'intérieur et je sélectionne l'un des rares numéros que j'y avais enregistre. La sonnerie retentit, mais mon interlocuteur me répond plus rapidement cette fois.

« -Qui est-ce ?

-Je suis, le jeune homme de la dernière fois, vous savez, celui qui mène une existence lassante, et répétitive .

-Ah oui. Je me souviens de ton appel. Dis-moi ce qui ne va pas aujourd'hui.

-Je fais de nouveau face à la solitude. Mais c'est bien plus fort qu'avant, je sais ce qui m'attend dans cet hôpital et je n'ai plus envie d'y faire face seul, ou même pas du tout. Je suis mort de peur, je veux guérir, mais pas comme de cette façon.

-J'imagine. Mais parfois pour guérir, pour se débarrasser de quelques choses et vivre la vie que tu mérites, il faut souffrir, plus ou moins longtemps, et plus ou moins fort. Pense que grâce à ces traitements, tu seras bientôt comme tout le monde. Mais si tu acceptes, parle-moi de ta maladie il y a peut-être une autre façon de t'aider. »

J'aurais presque eu envie de rire de sa remarque, mais les larmes sont arrivées trop rapidement. Il ne doit sûrement pas savoir de quoi il parle. Les gens, mes amis, ma famille et l'ensemble des médecins et infirmières m'ont bien fait comprendre que j’étais malade, rongé et pourrie jusqu'à l'os.

« -S'il te plaît, explique-moi. Commence pas me dire comment tu t'appelles, parle-moi de ta maladie, de ta vie, à chaque fois que tu vas mal appelle moi, même si c'est en plein milieu de la nuit.

-Yoongi... Je m'appelle Yoongi, j'ai 18 ans et je déteste ma vie, je me déteste et je ne sais pas par ou commencer pour changer cela.

-C'est un bon début, maintenant parle moi de ce que tu fais en ce moment, en général dans ce hôpital.

-J'essaie de m'en sortir, je vois des psys, des médecins, je commence bientôt un traitement lourd et là, je dois prendre mes médicaments, mais...J'ai peur de leurs effets sur moi.

-Ce sont des professionnelles qui te donnent ce traitement, ils savent ce qu'ils font, prend les, c'est un pas vers la guérison.


-Je ne suis pas sûre que l’homosexualité se guérisseuse ainsi... Mais je le ferais.

-... Pardon... ?

-Vous avez bien entendu : je suis gay. Et je me bats contre, je fais vraiment ce que je peux. Je suis désolé d'être ainsi...Merci encore à une proch- …

-NON ! Attend, je ne peux pas te laisser partir comme ca . C'est loin d'être une maladie, beaucoup son comme toi et-....

-Ce n'est pas parce que d'autre sont comme moi que cela est normal, pas d'après la réaction des gens autour de moi. À une prochaine fois. »

Je n'ai pas vraiment compris sa réaction sur le moment, elle est vraiment différente de toutes celles que j'ai pu rencontrer. Si ce n'était pas une maladie, je ne serais pas là.

Une fois mon téléphone rangé, je prends mes médicaments comme m'a conseillé l'homme au téléphone il y a quelques minutes. En prévention, je m'allonge sur mon lit, et j’attends de voir l’effet que ces médicaments auront sur moi.


-Semaine 3-

Ma seconde semaine entre ces quatres murs je ne l'ai pas vraiment vus passé. Les médicaments me font dormir, je suis un légume, une larve, je suis réduit au plus bas de mes capacités intellectuelles de façon à ce que je ne puisse plus penser quand je vois mon psychologue : je pense que c'est ainsi qu'ils comptent me faire un lavage de cerveau. Et durant mes rares moments de lucidité, j'appelle cet homme pour lui raconter, mais moins longtemps qu'avant, je ne suis pas prêt à entendre ce qu'il a à me dire sur ma maladie ; mais il continue de m'aider quand même, et quand j'irai mieux, je le remercierais beaucoup.

On toque à ma porte, et c'est mon infirmière qui entre. À l'inverse de moi, elle ne sourit plus, je crois que le moment fatidique est arrivé, les choses sérieuses commencent. J'enfile la tenue d'examen qu'elle me donne, et je me laisse faire quand elle doit me faire une piqûre, puis je monte dans le fauteuil roulant qui me conduis jusqu'à mes bourreaux.


- - - - - - - -

Recouvert d'un drap et d'une couverture, je grelotte, je pleure, je crie, j'ai mal,j'ai envie de rentrer chez moi ou de mourir. Avec tous les médicaments et instruments chirurgicaux qu'il y a ici, ce n'est pas le matériel qui manque. Je suis seul et j'ai peur de fermer l'œil, par crainte de revoir les images de mon après-midi.

Quand je suis arrivé dans la salle, il faisait sombre, le docteur était derrière une fenêtre et me parlait à l'aide d'un micro et le son sortait dans la pièce où je me trouvais. Face à moi, un écran était allumé, la séance s'est déroulée de la manière suivante : des électrodes ont été branchées sur ma tête pour observer les réactions de mon cerveau lorsqu’il faisait défiler des images. Parlons un peu de ces images, des hommes et des femmes plus ou moins vêtue, les images passaient de manière aléatoire. Je recevais un choc électrique presque à chaque photo d'hommes, sûrement mon cerveau réagissait-il. Et bien sûr, mes poignets et mes chevilles étaient fermement attachés pour que je ne bouge pas.

Maintenant, j'ai peur, j'ai mal. J'ai besoin de quelqu'un.

« - Bonsoir, c'est Yoongi...

-Je suis content que tu n'aies pas hésité à m'appeller si tard.

-C'est une urgence... J'ai encore trop peur pour vous en parler, mais ne me laisser pas seul face à mes cauchemars.

-Alors laisse moi te parler, un peu de tout mais surtout de n'importe quoi. Je te parlerai jusqu'à ce que tu arrives à dormir, ou que tu décides de raccrocher.

-Ca me convient. »

Et l'homme me parla toute la nuit, je me suis réveillé avec le téléphone dans ma main, et ceux durant toute la semaine. C'est quand même dingue d'appeler plus souvent un inconnu que ces propres parents

-Semaine 4-

Je préfère ne pas parler de cette semaine.