Chapitre 1

par Kaorie

Ce matin n'était qu'un jour de plus dans ma vie monotone, sans saveur et sans but ; bien que mon réveil n'ait pas sonné, il affichait déjà dix heures et demi, mais aujourd'hui l'envie de mourir était bien plus présent que l'envie de sortir.

Je n'avais pas non plus envie de sortir quand je vis les rayons du soleil qui t'entait de s'infiltrer dans ma chambre malgré la présence d'un rideau. Mon regard s'attarda un instant sur ce fin filet de lumière : il semblait faire si beau dehors. Je m'imagine à l'extérieur, la douce brise d'été qui caressait mon visage et les rayons du soleil qui se reflétait sur ma peau. En effet, j'aurais pu faire tout ça, mais rien de ce programme n'était à l'ordre du jour.

Laissant de côté ces rêves qui jamais ne se réaliserons, je me lève non sans mal du lit qui me manquait déjà. Face à moi, je peux voir malgré l'obscurité mon reflet : celui d'un jeune homme qui n'en avait plus rien à foutre de la vie, avec ces cheveux blonds en bataille, un visage plein de cernes, le teint terne et un corps qui m'auraient presque donné envie de vomir. Au final, mon miroir ne reflétait pas grand chose, juste une enveloppe corporelle usée abîmer et vide. Ma peau blanche ne me donnait plus cet aspect de pureté.

Dans le fond, je ne ressemblais plus à rien.

J'étais déjà mort.

D'un mouvement brusque, je fais claquer la porte de ma salle de bains : à présent, je devais me laver, l'odeur de renfermé me collait à la peau et mes vêtements portaient l'odeur d'un cadavre. Je me glisse sous la douche en ayant à peine pris le temps de faire chauffer l'eau. Un frisson parcourt tout mon corps, c'est très froid, mais la chaleur arrive petit à petit. Sur un gant, je fais couler du gel douche et je commence à frotter. Je frotte encore et encore, plus vite, plus fort jusqu'à en rendre ma peau-rouge, jusqu'à me faire mal.

Qu'est-ce qui n'allais pas chez moi ? Pourquoi j'étais si malade ?

Peut-être que si je continuais de frotter assez fort, je ferais partir ma maladie, mais le gant fini par m'arracher la peau sur ces zones les plus sensibles. Mon corps tout entier me brûlait, une douleur de plus. Le gant, ainsi que mon corps s'effondraient lamentablement sur le carrelage froid de ma bouche.

Je suis resté ainsi très longtemps, le regard fixant le vide jusqu'à trouver une étincelle de courage pour me lever et aller voir d'où provenait le cri que je venais d'entendre. Rapidement sécher et habillé de vêtement correct cette fois, je me poste à la fenêtre du salon pour entrouvrir le rideau et scruter l'extérieur : une bande de jeunes. Depuis combien de temps n'étais-je pas sortie avec des amis ?

« - Voyons Yoongi, tu n'as pas d'amis. », je me fit une réflexion à voix haute pour combler le silence envahissant de la maison.


L'horloge du salon annonce midi, j'éteins alors la télévision que je ne regardais pas vraiment et je me poste devant l'entrée de la maison, tête baisser, les deux mains dans le dos. Je patiente ainsi une dizaine de minutes. Ma mère entre la première et m'effleure la joue du bout du doigt avent de s'éclipser dans la cuisine, mon père arrive juste après en refermant la porte calmement. Son regard perçant, je le sens sur moi, il me regarde avec insistance avent de m'envoyer son poing en pleine figure. Je percute le mur. Puis il s'en va dans la cuisine pour le déjeuner.




Le déjeuner se passe comme chaque jour : dans le calme, après avoir quitté son boulot mon père est passé prendre ma mère à son boulot et ils reviennent déjeuner ensemble puis il la dépose de nouveau au travail pour ne rentrer que très tard. Le midi, ils parlent de leur matinée, des dernières rumeurs ou bien, ils regardent la télévision ensemble avent de partir à nouveau. Mon paternel m'ignore presque continuellement, ma mère bien qu'elle aussi ai un peu de mal avec ma maladie, continue toujours de me parler et essaie le plus possible de garder une attitude « normale » avec moi.

Ma maman est très gentille et courageuse, je suis toujours triste de la voir partir : pour aller, travailler, faire les courses ou pour un rendez-vous. Elle m'apporte de la compagnie, car contrairement à moi, elle a un contact avec l'extérieur, je refuse catégoriquement de sortir. Je suis persuadé que c'est inscrit sur mon front, que les gens me jugent. La peur de revoir ceux qui ont causé ma descente aux enfers n'est plus supportable, je suis plus en sécurité chez moi.

J'ai même coupé mon téléphone après avoir changé de numéro, ils l'auraient retrouvé, j'en suis sûr. Même les réseaux sociaux sont devenus un enfer, je n'y vais plus, j'ai tout supprimé pour ne plus recevoir de messages de haine. Aujourd'hui, je suis tranquille, mes bourreaux ont arrêté d'envoyer des lettres anonymes de menaces chez moi. C'est pour ça que je préfère garder les rideaux fermés, ainsi, ils ne risquent pas de me voir.

A présent, seul chez-moi, pour une nouvelle après-midi : les mains tremblante et tous les sens en alerte au moindre bruit, je traîne comme à chaque fois sur l'ordinateur. Je connais les sites parlant du symdrômes que porte, par cœur. J'y consacre mes journées : pour trouver une solution, de l'aide, des gens dans mon cas et certains ont l'air de bien le vivre, je les envie.

Une première larme coule, c'est terrible de ne pas réussir retenir ses pleurs, ce n'est pas comme si je n'étais pas habitué à cette situation. Il y a vraiment des choses qui m'échappent, je ne suis pas seul dans cette situation et pourtant, j'ai l'impression d'être le seul à le vivre ainsi. Peut-être que le problème ne venait pas de moi, mais bien des gens autour de moi qui refusais de comprendre que je n'avais rien demandé et que tant bien que mal, j’essayais de guérir.

Sans éteindre l'ordinateur, je cours dans ma chambre allumer mon téléphone. J'ai si mal commencé ma journée, j'ai encore la marque que le coup-de-poing de mon père à laissé ce midi, par-dessus toute la messagerie de mon téléphone est plein de messages d'inconnues, comme avent : ils n'ont certainement pas eu trop de mal à me retrouver.

Je ne préfère pas les lires, je me concentre sur mon objectif premier après avoir essuyé l'écran plein de larmes. Ces derniers temps, je me suis souvenu d'un site « Suicide Hotline », un site pour les gens dans mon cas, en difficulté et lassé de la vie. Il y avait tellement d'articles, de conseils sur pleins de sujets et surtout le numéro de téléphone du site qui était affiché sur toutes les pages du site. Je me suis renseigné dessus, et je pense que ce numéro est fait pour moi : il a été créé pour venir en aide au gens dans mon cas et dans les situations les plus graves, il aide les gens à quitté ce monde d'une manière qui leur correspond, et pour l'écriture d'une lettre aux proches. C'est macabre, mais certain cas son trop désespérés.

Je me lance.

Je compose plusieurs fois le numéro, avant de l'effacer : pour le composer de nouveau. Je porté le téléphone à mon oreille et mon cœur s'arrête de battre : quelqu’un me répond.

« - Allô ?
- Vous êtes bien là... Suicide Hotline ? Ma voix tremblait. »

La voix à l'autre bout du fil semblait hésitante, je venais peut-être de composer le mauvais numéro. Avent que je ne raccroche, la voix me répond.

« - Oui...Vous êtes au bon numéro, je vous écoute. »