Prologue

par LofyKpop

J'étais dégoûté.

La colère, la haine et l'incompréhension se mélangeaient dans mon esprit, provoquant en moi une agitation qui ne me quittait plus depuis quelques semaines. J'avais toujours vécu à Busan et n'avais jamais quitté cette ville pour une autre. Enfin, je ne pouvais plus dire ça maintenant... Mes parents m'avaient annoncé que nous déménagions il y a seulement quatre semaines. Quatre putains de semaines que je me torturais mentalement. Tout ce que j'avais construit en l'espace de dix-sept ans s'anéantissait en seulement quatre semaines. Je quittais tout pour partir, les yeux fermés, dans une ville inconnue.

Absolument tout.

Mes amis, ma famille, ma ville, mon lycée, mes repères. J'allais quitter mes meilleurs amis, ceux avec qui j'avais les plus grands fous rires, ceux qui ont toujours était là pour moi, ceux en qui je vouais une confiance totale. Je quittais ma grand-mère, Tamao, cette femme qui m'a vu grandir, qui a toujours su ce qui était bon pour moi, cette femme que j'aimais tant. Je quittais cette ville, si grande, dans laquelle j'avais vécu les moments les plus forts de ma vie. Je quittais mon lycée dans lequel j'avais rencontré les trois quarts de mes amis, ce lycée dans lequel je me sentais à ma place.

Je ne pourrais probablement plus voir mes amis. Ou rarement alors. Je partais vivre à Séoul. Plus de quatre cent cinquante kilomètres me séparaient de mes amis. Aucun retour possible. De toute ma vie, je n'ai jamais autant pleuré... Je me sentais perdu, anéanti, j'avais cherché par tous les moyens de rester ici. Habiter un appartement seul ? Ou vivre chez un ami proche qui me l'avait proposé et laisser mes parents et ma sœur partir loin de moi ? Impossible, mes parents auraient refusé de suite. Et moi-même, je n'aurais pas supporté de vivre sans eux. Je devais me résigner tant bien que mal à déménager et cela que je le veuille ou non.

Le pire, c'est que je ne connais aucune des raisons qui poussent mes parents à déménager. Mes parents ne m'avaient en aucun cas expliqué pourquoi ce changement de vie s'imposait. Lorsque je leur avais posé la question du pourquoi du comment, ma mère avait soudainement blanchi et mon père, gêné, m'avait demandé de ne pas y prêter attention. Leur réaction m'avait fait mauvaise impression. Me cachaient-ils quelque chose ? Oui, surement. C'était obligé même ! Ma sœur Mutsumi, d'un an mon aînée, m'avait dit qu'ils cherchaient à nous protéger lorsque je lui avais fait part de mes doutes. Nous protéger ? Oui mais de quoi ? Elle avait ensuite détourné le sujet, comme si elle ne voulait pas en dire plus.

J'étais sûr d'une chose : Mutsumi en savait plus que moi. Elle était absolument tout mon contraire : Elle en parlait comme si c'était la meilleure chose qu'il lui soit arrivé, imaginait tous les projets qu'elle pourrait faire dans sa nouvelle chambre, mais surtout, elle n'éprouvait aucune tristesse à quitter ses amis et Dieu sait combien elle en avait ! Ma sœur était énormément populaire dans son lycée, avait des amies qui la suivaient partout comme des toutous et un petit copain minable qui ne méritait pas un seul regard d'elle. Enfin, ça, c'est mon avis. J'étais son petit frère, certes, je me devais de la protéger quoi qu'il en coûte. Je ne supporterais pas de la voir détruite pour un connard qu'elle aimerait malgré tout. Je connaissais ma sœur, c'était une éternelle romantique accro aux livres fleur bleue et lorsqu'elle avait un chagrin d'amour, ça pouvait durer des mois et des mois...

Personnellement, les filles ne m'intéressaient plus depuis longtemps. J'avais déjà eu des petites copines mais ce n'était pas vraiment des relations sérieuses. Sauf qu'un jour, j'ai commencé à avoir une des relations des plus étranges avec un de mes camarades de classe. Au début, nous étions juste des amis proches... jusqu'au jour où il m'avait avoué ses sentiments. Je ne m'étais jamais imaginé être gay un jour avant ça. Et pourtant, je l'avais embrassé. Sur un coup de tête de plus ! Mais je m'étais surpris à aimer ça et je ne l'avais pas regretté. Il a été mon premier amour. Bien que je n'aie plus de sentiments pour lui et que notre histoire soit finie depuis longtemps, j'ai encore des contacts avec lui, il est une personne importante pour moi et je pense que c'est réciproque.

Une voix me fit lever la tête, m'interrompant dans mes pensées. C'est ma mère, qui est à l'entrée de ma chambre, avec un carton dans les mains.

- JungKook, peux-tu ranger tes vêtements dans l'armoire ? me dit-elle, un sourire aux lèvres.
- Faudrait déjà que je sache où ils sont ses fameux vêtements, Maman...
- Dans ce carton, jeune homme ! dit-elle en me tendant le dit carton qu'elle tenait dans les bras.

Ma mère me fit un clin d’œil avant de partir, me laissant seul dans cette chambre seulement équipé de mon lit. Je ferais la décoration de ma chambre dans la semaine qui vient si j'ai pas la flemme..

Je partis me coucher après avoir obéi à son ordre. Demain était un jour spécial et ça serait bête de se réveiller avec une tête affreuse.